a

17 juillet 2006

Une trahison française

Ne parlons pas de l'inexistante «communauté internationale», ne parlons que de mon pays, la France.

La France s'est bruyamment enorgueillie d'avoir fait adopter la résolution 1559. À la mort de Rafic Hariri, là encore elle a lourdement réclamé l'application de cette résolution et le départ des Syriens.

Bien lui en a pris, les Syriens sont partis. Walid Joumblatt, trop heureux de comparer régulièrement dans les médias français la présence syrienne au Liban à l'occupation nazie de la France, nous aura ainsi fait comprendre que, si les Français avaient été suffisamment nombreux à manifester Place de la Concorde, les nazis seraient partis sans demander leur reste.

Puis la France a encore insisté: l'application de la résolution 1559, c'est aussi le désarmement du Hezbollah.

Le gouvernement du Liban, particulièrement conciliant, s'est aligné sur ses amis et anciens protecteurs français. Les armes syriennes ont quitté le pays, les négociations ont été entamées pour normaliser le Hezbollah, et rigoureusement rien n'a été fait pour inquiéter la communauté internationale: comme, par exemple, lancer un vaste programme de développement militaire et de restructuration de l'armée libanaise, de façon à se donner rapidement les moyens de l'indépendance du pays. Vous savez, ce genre de chose qui permet à Jacques Chirac d'admirer nos chars, nos hélicoptères, nos missiles et nos avions de chasse tous les 14 Juillet.

Rien de tel n'a été fait. Il faut donc comprendre que le Liban, confiant dans la parole donnée, a compté sur la communauté internationale: si un ennemi attaquait le Liban, la communauté internationale assurerait sa défense.

Cela me semble la seule logique possible. Imaginons que la Syrie, d'un seul coup, décide de bombarder lourdement le pays. Évidemment la communauté internationale interviendrait, défendrait le pays et Damas n'aurait bientôt plus une pierre plus élevée que les pavés de la mosquée des Omeyades.

Les brillants esprits de L'Orient-le Jour, qui ne parlent plus que de la «violence légale» qui devrait être réservée à l'État libanais, semblent avoir raté un épisode: la tutelle syrienne ayant disparu en moins d'un semaine, et sans aucune phase de transition négociée, il n'y a pas eu de transfert de la force armée de la Syrie à l'armée libanaise, mais de la Syrie à la communauté internationale.

Et voilà que, jour après jour, une «force étrangère» rase le pays (c'est bientôt le phare de Manara qui ne dépassera pas le niveau de la piscine des bains militaires), et la France s'écrase. Israël franchit la ligne bleue, puis la ligne rouge. Après une vague tentative pour dire quelque chose («on peut se demander s’il n’y a pas, aujourd’hui, une volonté de détruire le Liban»), Jacques Chirac est allé prendre son ordre de mission auprès de ses maîtres à Saint-Petersbourg. Silence gêné.

En imposant le désarmement du Liban (protection assurée jusque là, qu'on le veuille ou non, par la tutelle syrienne), la communauté internationale et la France s'engageaient tacitement à assurer la protection du pays du cèdre. Le silence de sa honte couvre le bruit des bombes au phosphore.

2 commentaires:

Dom a dit…

Je suis totalement d'accord avec votre analyse et j'ai totalement honte de nos gouvernants, qui trahissent non seulement "nos chers amis" libanais, rwandais et autres mais aussi le peuple français qui ne les a pas élus pour cela.

Anonyme a dit…

Bonjour Nidal
Vous parlez de bombes au phosphore qui, comme on le sait, sont normalement interdites, mais les cadavres, que l'on a vu se consumer sur les photos, sont très "parlants" (sur ce lien notamment: http://vcoders.org/photos/displayimage.php?album=1&pos=52 )… les Palestiniens y ont droit également semblent-ils.
Nous essayons avec quelques amis de faire analyser ces photos par un spécialiste des armes toxiques et radioactives mais comme tout scientifique il demande des précisions, où l'attaque a eu lieu, quand, combien de victimes .... en tout cas il nous faudrait le nom de la source des photos et si possible un mail pour pouvoir entrer en contact avec eux. Avez-vous des contacts susceptibles de nous renseigner ?
Les preuves doivent être scientifiques et traitées de façon scientifiques autrement les sionistes crieront au mensonge.
Merci d'avance si vous pouvez nous aider !