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17 juillet 2006

L'âme de la rue Hamra

Le 3 juillet 2006, le Washington Post a publié un article intitulé «Searching for The Soul of Hamra Street» («À la recherche de l'âme de la rue Hamra»), consacré à la grande actrice Nidal Ashkar.

Au détour de cet article plein de sensibilité, qui parle de mon quartier favori de Beyrouth (allez savoir pourquoi), le journaliste Anthony Shadid balance l'énormité destinée à faire pleurer dans les chaumières néo-conservatrices: «Recently the writer Noam Chomsky delivered a lecture at Masrah al-Madina, an occasion imbued with its own symbolism: an American Jew speaking in predominantly Muslim West Beirut at a theater run by Ashkar, who is from a Maronite Christian family.» («Récemment l'auteur Noam Chomsky a tenu un discours au Masrah al-Madina, une occasion pleine de son propre symbolisme: un juif américain parlant dans le Beyrouth Ouest majoritairement musulman dans un théatre tenu par Ashkar, qui vient d'une famille chrétienne maronite.»)

Le nombre de présuposés en une seule phrase est sidérant, et l'identification de Nidal Ashkar à son origine religieuse maronite un pur contresens.

Samir Kassir (Histoire de Beyrouth): «Quelques années ne s'étaient pas écoulées qu'il [Roger Assaf] défrayait la chronique, en 1968, en mettant en scène Majdaloun, pièce écrite par un intellectuel du PSNS, Henri Hamati, et jouée par Nidal Achkar, fille de l'un des dirigeants du même parti. La pièce, qui dénonçait la passivité de l'État au Sud-Liban et appelait à soutenir la Résistance palestinienne, fut interdite manu militari le soir de la première. La troupe et le public se transportèrent alors au café Horseshoe où Majdaloun fut donnée, en un happening qui reste l'un des moments les plus forts de la mémoire du Beyrouth intellectuel.»

C'est donc en l'honneur de cette grande actrice, et en clin d'œil au contresens de l'article du Washington Post, que j'adopte aujourd'hui le pseudonyme de Nidal.

2 commentaires:

sindibad jouha a dit…

ana maghribi atammana lakoumou attawfik
in chaallah allah ay3awankoun

nayla a dit…

peux pas croire que tu sois francais. tu disseques et commentes si bien. rares sont les libanais a comprendre aussi bien que toi la situation libanaise. encore moins regionale. merci et bravo.