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06 décembre 2006

Haaretz trouve des traces de Polonium 210 en Israël... en 1957

Voici la deuxième partie d'un article publié aujourd'hui dans Haaretz par Akiva Eldar, le spécialiste des affaires diplomatiques de ce quotidien israélien. J'ai publié dans mon précédent billet une traduction de la première partie du même article, consacré à un sujet différent (la Ligne verte dans les manuels scolaires israéliens)

L'article est curieusement tourné, faisant explicitement un lien avec les événements londoniens tout au long du premier paragraphe, sans pourtant rien raconter d'autre qu'un accident radioactif survenu il y a cinquante ans en Israël. Le livre cité a été publié en janvier 2006 (d'après le site de son éditeur). C'est donc un article à classer dans ce genre très particulier: «Je n'ai rien dit, hein, mais je vous laisse y réfléchir».

On ne conseille pas aux citoyens britanniques qui sont entrés en contact avec l'ancien espion russe Alexandre Litvinenko de s'approcher de trop près du dernier livre de Michael Karpin, «La bombe dans le sous-sol: comment Israël est devenu une puissance nucléaire, et ce que cela signifie pour le Monde» (chez Simon and Schuster). D'un autre côté, le livre est recommandé aux citoyens israéliens préoccupés par l'ambiguïté du gouvernement sur le nucléaire et les dangers d'une fuite radioactive. Karpin révèle dans son livre que le Polonium 210, la substance radioactive utilisée pour tuer Litvinenko, a tué plusieurs scientifiques israéliens il y a quelques décennies. Des scientifiques de l'Institut Weizmann ont été exposés à cette dangereuse substance, que l'on a trouvé à un certain nombre d'endroits à Londres que l'espion décédé avait visités, ainsi que dans trois avions de British Airways qui avaient volé sur la ligne Moscou-Londres.

Selon le livre, une fuite a été découverte en 1957 dans un laboratoire de l'Institut Weizmann contrôlé par la Commission à l'énergie atomique (AEC). Des traces de Polonium 210 furent trouvées sur les mains du professeur Dror Sadeh, un physicien qui faisait des recherches sur les matériaux radioactifs, ainsi que sur plusieurs objets au domicile du professeur. L'AEC a géré l'accident dans le plus grand secret. Après une courte enquête, dont les résultats n'ont pas même été présentés aux personnels, le laboratoire a été scellé hermétiquement pour plusieurs mois.

Un mois après la fermeture du laboratoire, un étudiant en physique est mort d'une leucémie. Quelques années plus tard, le professeur Yehuda Wolfson, le supérieur direct de Sadeh, est lui aussi mort, et le professeur Amos de Shalit, le directeur du département, est mort d'un cancer en 1969 à l'âge de 43 ans.

Quand la fuite a été découverte, Sadeh était terriblement anxieux, mais les tests ont indiqué qu'il était en bonne santé. Mais selon le livre de Karpin, les tests n'ont pas concerné sa moelle. Sadeh et sa femme cachèrent les faits à leur famille et à leurs proches, jusqu'à sa mort prématurée. La cause de son décès était un cancer.

Les autorités israéliennes n'ont jamais reconnu que la fuite et les décès étaient liés, mais des proches de Sadeh ont confirmé que l'État avait pris ses responsabilités dans l'accident et donné une compensation à sa famille.

1 commentaire:

Objective viewer a dit…

Bonjour
Je vous conseil de lire les sites suivantes vous seriez moins myope:

Isravalley.com

http://www.israel21c.org.
Salut,