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31 août 2006

Un producteur israélien travaillant pour la LBC?

L'Orient-Le Jour a l'art, lorsqu'il traite un sujet inévitable, de toujours n'en aborder que les aspects les moins intéressants. Puisque le documentaire sur Ron Arad, annoncé par la LBCI, fait beaucoup de bruit au Moyen-Orient, la quotidien francophone de la bourgeoisie chrétienne libanaise se fend d'une brève, dont voici le contenu intégral (le site ne conservant pas d'archives, je recopie tout):

Un documentaire sur Ron Arad, programmé par la LBCI, intrigue Israël et les milieux médiatiques

Le documentaire que promet de diffuser la LBCI sur le pilote israélien Ron Arad, disparu en 1986, continue d’intriguer plusieurs responsables politiques et médiatiques, à leur tête l’État hébreu qui a déjà demandé copie du film qui sera bientôt diffusé sur la chaîne privée.

Depuis le lancement, il y a quelques jours, de la promotion annonçant la projection de ce film sur le pilote israélien – dont on suppose qu’il a été fait prisonnier par le Hezbollah en 1986 lorsque son avion s’est écrasé au-dessus du Liban –, les médias et principaux concernés attendent impatiemment la projection de ce qui constituera un véritable scoop médiatique.

Interrogé hier par la CNN, le PDG de la LBCI, Pierre Daher, a estimé que la diffusion de ce documentaire, qui était prévue à l’origine début juin, a été reportée «pour des raisons de programmation». Selon le journal koweïtien as-Siassa, le programme sera diffusé «la semaine prochaine».

M. Daher, qui a indiqué avoir acheté ce documentaire au journaliste et directeur du service d’informations locales du nouveau quotidien al-Akhbar, Ibrahim el-Amine, a exprimé des doutes sur le fait que ce film puisse être utile pour retrouver l’aviateur porté disparu depuis.

M. Daher a toutefois indiqué que la chaîne «n’a pas de comptes à rendre ni à Israël ni au Hezbollah concernant la diffusion de ce documentaire», qu’il a acheté au seul journaliste ayant pu rencontrer l’aviateur, du fait de ses relations solides avec le Hezbollah.

La LBCI a en outre précisé que ce film apportera des informations extrêmement détaillées et documentées sur les négociations portant sur l’échange des prisonniers.
Il est heureux d'apprendre que la LBCI n'a pas de comptes à rendre à Israël. Quant à l'implication d'Ibrahim el-Amine, piste certes intéressante, elle permet aussi de «mouiller» le nouveau quotidien al-Akhbar, clairement orienté contre la politique américaine dans la région, et donc contre l'actuel gouvernement libanais.

Cependant, les médias israéliens fournissent une autre information.

Haaretz titre carrément: «Israeli who aided Lebanese TV: Ron Arad film sheds no new light»:
An Israeli television producer who participated in a Lebanese television channel's production of a documentary on Ron Arad said Tuesday that he believed that never-before-screened footage of the captured Israeli navigator was authentic, but that it cannot shed new light on his capture.
[...]
According to Naftali Glicksberg, an Israeli television producer involved in producing the program on Hezbollah for Lebanese television channel LBC, the footage of captured navigator Ron Arad is very old and was almost certainly taken before December 1989. Glicksberg also stated that the shooting location of the footage cannot be determined.
[...]
Glicksberg reported that another Israeli producer and a French production company were also involved in the production. He stated that he saw the footage of Arad a year ago in Paris, and that in it, Arad appears speaking Hebrew. He added that the Arad film is "very short," and appears credible.
Une dépêche du Jerusalem Post confirme:
Israeli TV producer Naftali Glicksberg, who participated in the production of a leading Lebanese TV station's film on Ron Arad, believes that the scenes of the missing Israeli navigator are authentic and that he is easily identifiable, according to an interview on Army Radio.
Un article d'Arutz Sheva ne dit rien d'autre:
The video clip was no surprise to Naftali Glicksberg, an Israeli television producer who was involved in producing the program which is to air on the Saudi-owned LBC Channel.
Même topo sur la BBC et sur le Daily Star. L'Orient-le Jour est le seul média à n'avoir pas entendu parler de cela (quant à téléphoner à un autre média libanais pour poser des questions, c'est beaucoup plus usant que de regarder CNN).

Nous avons donc Naftali Glicksberg, «un producteur de télévision israélien impliqué dans la production du programme consacré au Hezbollah pour la chaîne de télévision libanaise LBC». Ce dernier indique également qu'un autre producteur israélien et une maison de production française ont participé à la production. Un autre article de Haaretz est plus explicite:
Glicksberg said he and another Israeli producer, Osnat Trabelsi, were hired by a French production company affiliated with the Lebanese company. Glicksberg added that he had been working with the French company - not directly with the Lebanese one.
La version impliquant Naftali Glicksberg et celle prétendant que le documentaire a été acheté à Ibrahim el-Amine sont incompatibles.

La mention de Naftali Glicksberg est importante en ce qu'elle est la seule confirmation, pour l'instant, de la véracité des images montrant Ron Arad. L'occultation de cette information par L'Orient-Le Jour permet à la fois de pondre une dépêche totalement dépourvue de la moindre information intéressante, mais aussi de cacher à ses lecteurs la LBC ferait intervenir au moins des producteurs israéliens dans la réalisation d'un document qui, tenez-vous bien, tombe parfaitement à point: le Hezbollah détiendrait encore un autre soldat israélien, et cela depuis 20 ans.

Une grande chaîne de télévision libanaise avec des producteurs israéliens sur un sujet aussi sensible, voilà qui n'est tout de même pas commun.

La LBC est la grande chaîne chrétienne du Liban. À l'origine, c'est l'organe de propagande des Forces libanaises de Bashir Gemayel, milice d'extrême-droite chrétienne qui a pris le pouvoir grâce à l'invasion du Liban par ses alliés israéliens. Elle fut fondée et commença à émettre grâce au soutien technique et financier du Christian Broadcasting Network du téléévangéliste étatsunien Pat Robertson, puis avec le soutien des Français (désireux de contrer l'influence américaine sur la télévision des Forces libanaises pro-israéliennes, ce qui laisse rêveur). À ce sujet, on peut lire Satellite Realms: Transnational Television, Globalization and the Middle East, par Naomi Sakr, 2001. [Pat Robertson, faux-nez des services américains, et également fondateur de la radio de propagande de l'Armée du Liban-Sud (milice libanaise mercenaire des occupants israéliens), Voice of Hope.]

Disons que, depuis, elle s'est largement normalisée. Il reste à savoir si la LBC appartient bien à des actionnaires libanais, ou si elle est contrôlée par les Saoudiens.

Selon Juan Cole, Amerlocain qui voit des explications ethno-religieuses partout, la LBC est «Christian-owned». D'après Arutz Sheva, la LBC est «Saudi-owned». Ce qui semble contradictoire, à moins qu'il s'agisse de milliardaires saoudiens chrétiens.

En 1997, une étude donnait pour la LBC une répartition capitalistique clairement libanaise:
The survey said shareholders of the LBC include the Daher family 20 per cent, Suleiman Franjieh 10 per cent, Issam Fares 10 per cent, Iman Issa el Khoury 10 per cent, other 33 per cent, Rimon Arbaji 2 per cent, Michel Pharaon 3 per cent, Nabil Bustani 4 per cent, Salahedine Osseiran 4 per cent, investcom holding 4 per cent.
Cependant, selon Haaretz:
The channel was established by Christian forces in Lebanon, but is currently also owned by Saudi parties and the Al-Hayat newspaper, whose offices are located in London and Beirut. The channel is regarded as credible in relation to other Lebanese and Arab channels.
Le Hayat est un quotidien en langue arabe propriété des Saoudiens, dont on apprend notamment que:
En 2001, un décret royal a autorisé la distribution d'Al Hayat (propriété du prince Khaled bin Sultan, fils du ministre de la Défense) sans censure préalable, comme c'était le cas pour certains autres journaux saoudiens et le quotidien panarabe Asharq al-Awsat.
La loi libanaise limite les possibilités de contrôle étranger sur une télévision nationale. Comme Future TV (la télévision du clan Hariri), la LBC se doit donc de créer des montages complexes, de se «diversifier» sur le satellite pour contourner cette limitation.
Under Law 382/94, no individual or family was allowed to hold more than 10 per cent in a television company. Licences could only be granted to Lebanese joint stock companies, owned by Lebanese nationals, who were not permitted to hold stock in more than one broadcasting company. Stations applying for a licence had to commit themselves to covering the whole country and broadcasting for a minimum of 4000 hours per year, ensuring that 40 per cent of their programming was locally produced. Insofar as Lebanon's satellite channels could claim they had bases outside the country, it seems they were not subject to these regulations. For example, Prince Alwaleed bin Talal bin Abdel-Aziz, the Saudi prince with a 30 per cent shareholding in ART, told an advertising journal in an interview published in 1999 that ART, through its parent company Arab Media Corporation, had a 50 per cent share in LBC's satellite arm, LBC-Sat.
Répartis entre LBC et LBC-Sat, il semblerait y avoir (si quelqu'un trouve des documents plus factuels, je suis preneur) un actionnariat basé, essentiellement, sur Issam Fares, Suleiman Franjieh et le prince Al Walid ben Talal ben Abdel-Aziz (détenteur de la cinquième fortune du monde).

Pour résumer (parce que moi aussi je commence à m'y perdre...):
– il s'agit d'un document révélant, ça tombe drôlement bien, que le Hezbollah détiendrait un soldat israélien depuis 20 ans;
– ce document est diffusé sur une chaîne fondée par une milice pro-israélienne, dont l'un des propriétaires est l'influent et pro-américain prince souadien;
– le patron de cette chaîne déclare avoir acheté ce programme à Ibrahim el-Amine, fondateur avec Joseph Samaha d'un nouveau quotidien anti-américain de Beyrouth;
– tous les médias israéliens, eux, citent un producteur de télévision israélien qui aurait été associé à la production du documentaire de la LBC, et qui déclare avoir vu la vidéo de Ron Arad à Paris un an auparavant.

Conclusion? Non non, pas de conclusion. Mais quelqu'un ment. Et qui? Comme Angry Arab News Service, sur ce sujet, je vais me contenter de ricaner bêtement.

17 commentaires:

laroque a dit…

Très curieusement!!,il y a quelques jours(sans précisions,je n'arrive pas à remonter dans les infos du site,mais j'en suis absolument certaine)le nom de Ron Arad apparaissait sur Arouts,site qu'on trouve en lien sur "desinfos.com"tout comme MEMRi et bien d'autres aussi instructifs.Même si cela"hérisse le poil"il faut les lire pour savoir et comprendre jusqu'où les extrémistes peuvent tenter d'emmener ceux qui se laissent prendre à leur piège.Et derrière eux n'oublions pas l'AIPAC qui les finance,y compris en France.

Ibn Kafka a dit…

Bravo! Sur LBC, je sais qu'elle est liée aux Forces libanaises de Ja'ja, mais quant à son actionnariat... Sleyman Frangié, ce n'est pas l'ex-député pro-syrien du nord, ami intime de Bashar el Assad, fils de l'ex-président du même nom, lui-même ami intime de Hafez el Assad? Ce serait surprenant...

Nidal a dit…

Salut Ibn. Je n'en connais pas d'autre. Sauf erreur, il n'est pas le fils, mais le petit-fils du Sleiman Frangié qui fut président de la République. En effet, Tony, le fils du Président et père de l'actuel Sleiman, a été assassiné par Samir Geagea en 1978.

Comment Sleiman Junior est devenu propriétaire d'une partie de la chaîne fondée par les Forces libanaises (qui ont assassiné son père, comme indiqué ci-dessus), ça effectivement, je n'en ai pas la moindre idée.

En revanche, pour l'aspect «pro-syrien» ou «anti-syrien», je ne pense pas avoir besoin de trop rappeler à quel point ces termes sont, surtout dans le cas des dirigeants politiques, des fumisteries. Tiens, aujourd'hui, L'Orient-Le Jour accuse Aoun (antisyrien historique), au motif qu'il a critiqué Siniora (qui a fait l'intégralité de sa carrière politique dans des gouvernements collaborant avec la Syrie), accuse donc Aoun d'être «piloté» par Damas. C'est tellement vide de sens que ça tourne parfois au désopilant.

Karim a dit…

Cette note est très intéressante.
Je pense que la contradiction entre "Christian-owned" et "Saudi-owned" s'explique de la façon suivante :

La LBC (chaîne libanaise hertzienne) doit être distinguée de la LBC International (LBCI, chaîne satellitaire).
Les actionnaires que vous citez sont ceux de la chaîne hertzienne. (Frangie a toutefois vendu ses parts à Daher il y a deux ans).
Quand à la superstructure LBCI, qui détient la LBC terrestre à 51 %, elle est en effet financée par des investisseurs saoudiens comme le prince Al Waleed.
Ce n'est pas si surprenant que cela si l'on se souvient que la monarchie wahhabite a financé les milices chrétiennes durant la guerre, au nom de la lutte contre le panarabisme laïc nassérien.

J'en profite pour vous féliciter pour la qualité de votre blog, que j'ai découvert récemment, et qui comble un vide.

Anonyme a dit…

dela part de hervéP
je suis tout a fait admiratif de la qualité de votre blog.la presse conventionnelle me semble bien palichonne face à vos "chroniques"(comment peut-on appeller vos écrits?...des écritblogs!) j'ai une question toute simple (simpliste?): comment le hezbollat s'est implanté au liban?

Anonyme a dit…

Nidal,

Malheureusement je crains que ton analyse cette fois est totalement erronée.

D'abord pour l'actionnariat de la LBC. Il faut distinguer LBC de LBCI. LBC est detenu en majorité par la famille El Daher. LBCI est detenu à 51% par Kingdom Holdings de Walid Ben Talal. Les 49% restants appartiennent entre autre à la famille El Daher.

Sleiman Frangié n'a plus d'actions dans la LBC. Pour ceux qui s'intérrogent sur comment une personne comme Sleiman Frangié a pu être actionnaire de la LBC, c'est tres simple. Pendant l'occupation Syrienne, il a été imposé à la LBC pour contrôler la rédaction, notamment politique. En effet, on se souvient de Nader Succar qui fut briévement imposé à la LBC.

Pour ce qui est de la production du documentaire. Il a été produit par une société Française, et la LBC a acheté les droits exclusifs à sa diffusion. Ce qui est quand même trés différent que de dire que la LBC a mandaté un producteur Israélien pour la production de ce documentaire. Vous imaginez bien que la LBC ne ferait pas l'erreur de mandater un producteur Israélien pour la production d'un documentaire.

Lama a dit…

salut nidal,

je suis veritablement impressionnee par ton travail de recherche. Ton blog fait partie, depuis le debut de la guerre, de mon passage oblige de la journee. Et en plus tu as eu la gentillesse de publier nos diffrentes actions sur Paris.
je voulais t'en informer d'autres:
differents concerts qui ont pour but de recolter des dons auront lieu: le 5 septembre au 9 billards avec expos(5 euros l'entree) et egalement au theatre du rond-point(35 euros)..
Nous organisons avec mon collectif "paix au Liban" une soiree de lecture de textes autour du Liban mais aussi sur la place de l'homme dans la societe contemporaine a l'Atelier du Plateau le 28 septembre (titre de la soiree: de l'arabe "mahboul", devenu fou)
Voila, et encore bravo pour la justesse de tes points de vue
Lama

Nidal a dit…

Merci, c'est intéressant. La remarque a déjà été faite par Karim ci-dessus. Cependant, je ne suis pas certain que cela invalide «totalement» mon «analyse» (analyse, qui par ailleurs, se limite essentiellement à reproduire différents extraits de presse).

Pour commencer, cette nette distinction entre LBC et LBCi, est-elle très nette? N'est-ce pas, comme le suggère Naomi Sakr en 2001 (lien dans l'article), plus un montage financier compliqué destiné à masquer l'importante participation étrangère et ainsi contourner la loi libanaise sur les médias audiovisuels. Ainsi la brève de L'Orient-Le Jour présente Pierre Daher comme PDG de la LBCi; si Pierre Daher n'est actionnaire que de LBC comme tu l'indiques, il est tout de même PDG de LBCi, de fait je pense qu'il s'agit d'une distinction de façade destinée à contourner une limite légale libanaise sur la répartition capitalistique.

De plus, si je relis la même dépêche, il est bien indiqué que le reportage sera diffusé sur LBCi, donc l'importance du propriétaire saoudien est dans tous les cas non négligeable.

Par ailleurs, dans mon passage opposant deux présentations opposées: «Christian-owned» et «Saudi-owned», l'un par Juan Cole et l'auter par Arutz 7, j'ai pris soin, en reprenant certes la mention «LBC» présente dans les deux textes, de vérifier qu'ils faisaient tous deux référence à la même chaîne internationale, LBCi (Cole parle bien de la chaîne accessible par satellite et Arutz 7 à la chaîne diffusant le documentaire en faisant un «coup mondial»).

Enfin, sur le rapport entre le producteur israélien et la LBC, mon titre est volontairement un raccourci provocateur, mais je maintiens qu'il n'est pas factuellement faux.

– D'abord Daher explique qu'il a acheté le documentaire à Ibrahim el-Amine, pas à une maison de production française.

– Dans ta propre explication, on a bien un producteur israélien qui a «produit» un documentaire politiquement explosif pour le compte (même indirectement) d'une télévision libanaise. Le lien client-prestataire n'est pas un lien désintéressé: c'est bien un lien de «travail» (le prestataire travaille pour le client).

– L'idée d'une livraison «clé en main» d'un documentaire totalement terminé à la LBC, qui ne se serait pas trop posée de questions, ne correspond pas vraiment aux tournures utilisées dans les documents que je cite. La maison de production française est présentée ainsi: «a French production company affiliated with the Lebanese company». Dans l'autre article: «Naftali Glicksberg, an Israeli television producer involved in producing the program on Hezbollah for Lebanese television channel LBC», puis «another Israeli producer and a French production company were also involved in the production».

– Même en admettant l'ignorance totale de la LBC quant aux conditions de production, pourquoi les lecteurs de L'Orient-Le Jour sont-ils privés de cette information qui: 1. est le seul témoignage avérant le document présenté; 2. indique qu'au moins un israélien a travaillé sur ce documentaire; 3. qu'un producteur israélien a accédé au film de Ron Arad un an avant tout le monde (Haaretz sachant parfois, contrairement à L'O.-Le Jour, mettre deux idées bout à bout, le second article du quotidien que je cite, pose carrément la question qui fâche: «When asked why he did not inform Israeli authorities eight months ago, he [Glicksberg] said, “whoever needed to know knew. Certain authorities knew.”»)

En tout cas, «Anonymous», n'hésite pas à indiquer un pseudonyme pour poster ici, cela facilite le suivi des discussions du forum pour tout le monde.

gabrielf a dit…

en t cas ce sont les premıers pas vers une visıon constructive entre libanaıs et israeliens...ils ont bosser ensemble sur un truc et ca c cool...

Ibn Kafka a dit…

Nidal: oui, je sais que pro- anti-syrien sont des étiquettes à date de péremption très brèves au Liban. Mais si je ne me trompe Sleyman Frangié fut battu par les FL (donc le courant idéologique soutenu par LBC) aux dernières élections, dans son fief de Zghorta je crois. Mais l'explication donnée par "utilisateur anonyme" rend la chose plus compréhensible - il aurait été l'oeil de Damas.

Je partage pour le reste ton analyse sur les liens LBC et LBCi et sur la commande du documentaire faite à Glicksberg. La complicité de LBC avec Israël sur ce coup semble évidente. Il est par ailleurs rageant ici au Maroc de voir combien de jeunes se branchent sur LBC pour leurs programmes de variété, certains, excessivement peu au fait des complexités libanaises, prennent pour argent comptant les "infos" diffusées sur cette chaîne.

Karim: effectivement, il n'y a pas de logique confessionnelle dans les actions séoudiennes au Liban, sauf sans doute dans son opposition au Hezbollah. Il est désopilant de lire les odes à l'amour de Jumblatt à l'Arabie séoudite trois secondes après ses critiques contre l'obscurantisme supposé du Hezbollah. Aussi désopilantes ont été l'invocation de Moussa Sadr pour tenter de rabattre leur caquet au Hezbollah par les sunnites, sachant que le noyau des fondateurs du hezb a son origine dans le mouvement de Sadr, créé en 78 et dont j'ai oublié le nom.

Bach a dit…

Nidal - Voilà je suis désormais sous ce nom là, au lieu de Anonymous. Je lis avec attention tes posts, et en général d'accord avec tes analyses pertinentes (même si dans certains cas je trouve que c'est monté de toutes pièces, comme ton post sur un coup d'état).

En bref :
" Pour commencer, cette nette distinction entre LBC et LBCi, est-elle très nette? N'est-ce pas, comme le suggère Naomi Sakr en 2001 (lien dans l'article), plus un montage financier compliqué destiné à masquer l'importante participation étrangère et ainsi contourner la loi libanaise sur les médias audiovisuels."

-- Non la distinction entre les 2 entités n'est pas pour cacher la participation étrangère dans la LBC. Comme tu dois le savoir, la LBC a été fondé par les Forces Libanais, avec une aide financière américaine et plus tard française. A la fin de Taef, la LBC était la seule télévision Libanaise qui n'était pas sous le contrôle de la Syrie et des Pro-Syriens au Liban. Il y a eu plusieurs tentatives d'intimidation et de fermeture de la LBC, la plus notoire étant dans les années 90, quand l'état Libanais a ordonné la LBC de libérer les locaux qu'ils occupaient dans les 12 heures qui suivaient. Le soir même le journal télévisé diffusait d'un local improvisé.

Bref, pour faire court, la LBC a oeuvré pour se métamorphosé d'un organe de media fidèle à un parti politique à une télévision Libanaise indépendante de toutes pressions extérieures. Son objectif, et l'objectif de Sheikh Pierre El Daher a été de faire de la LBC une vrai entreprise. C'est donc pour cela que la LBC fut la première à diffuser via satellite leurs programmes en Europe, Etats Unis et en Australie. Mais pour un business plan pareil, il fallut rapidement trouver des fonds pour poursuivre ce développement à l'international. Ainsi Walid ben Talal rentra dans l'actionnariat de la LBCI.

Il est important de noter que le mécanisme n'est pas du tout compliqué, et que l'annonce de cette entrée dans l'actionnariat ne fut pas du tout un secret et fut présenté aux medias en grande pompe. Il n'y a vraiment rien a cacher dans l'actionnariat de la LBCI. La famille El Daher en détient une minorité. Pour la LBC, la famille El Daher en détient une majorité.

"Ainsi la brève de L'Orient-Le Jour présente Pierre Daher comme PDG de la LBCi; si Pierre Daher n'est actionnaire que de LBC comme tu l'indiques, il est tout de même PDG de LBCi, de fait je pense qu'il s'agit d'une distinction de façade destinée à contourner une limite légale libanaise sur la répartition capitalistique."

-- Il est pdg de la LBC, de la LBCI, de la société de production qui produit les différentes émissions de la LBC (Star Ac à la libanaise, et entres produits d'endemol), et finalement d'autres sociétés de pubs.

"De plus, si je relis la même dépêche, il est bien indiqué que le reportage sera diffusé sur LBCi, donc l'importance du propriétaire saoudien est dans tous les cas non négligeable."

--Pas tout à fait. Walid Ben Talal n'a aucun mot à dire sur la ligne éditorial de la LBCI. C'est bien ce qu'il a été convenu. Par ailleurs, il faut savoir que la LBCI diffuse, pour la plupart, des programmes de la LBC, mais l'ordre du programme est simplement changé pour correspondre au décalage horaire entre tous ses pays.

"Par ailleurs, dans mon passage opposant deux présentations opposées: «Christian-owned» et «Saudi-owned», l'un par Juan Cole et l'auter par Arutz 7, j'ai pris soin, en reprenant certes la mention «LBC» présente dans les deux textes, de vérifier qu'ils faisaient tous deux référence à la même chaîne internationale, LBCi (Cole parle bien de la chaîne accessible par satellite et Arutz 7 à la chaîne diffusant le documentaire en faisant un «coup mondial»)."

-- En fait je pense que la confusion vient du fait que LBCI diffuse aussi au Liban. En effet, LBC est terrestre, LBCI est satellitaire. Sauf que l'audimat Libanais au Liban reçoit bien LBCI au Liban aussi. Cela n'est pas si surprenant que ça, connaissant la mentalité des Libanais qui veulent se vanter à toute occasion de faire mieux que leur voisin, et donc d'avoir accès à la chaine satellitaire et non celle diffusé en hertzien.

"– D'abord Daher explique qu'il a acheté le documentaire à Ibrahim el-Amine, pas à une maison de production française."

-- Oui car ce même journaliste travaille pour la maison de production française.

"– Dans ta propre explication, on a bien un producteur israélien qui a «produit» un documentaire politiquement explosif pour le compte (même indirectement) d'une télévision libanaise. Le lien client-prestataire n'est pas un lien désintéressé: c'est bien un lien de «travail» (le prestataire travaille pour le client)."

-- Non pas pour le compte de la LBC. Ce documentaire a été produit pour le compte de cette société de production, qui par la suite a cherché un acheteur. Cet acheteur s'avère être la LBC, qui par ailleurs a demandé à avoir l'exclusivité. Donc si la LBC a demandé l'exclusivité, c'est bien la preuve que le documentaire n'a pas été produits pour son compte, sinon, le documentaire aura de fait été de son exclusivité.

"– L'idée d'une livraison «clé en main» d'un documentaire totalement terminé à la LBC, qui ne se serait pas trop posée de questions, ne correspond pas vraiment aux tournures utilisées dans les documents que je cite. La maison de production française est présentée ainsi: «a French production company affiliated with the Lebanese company». Dans l'autre article: «Naftali Glicksberg, an Israeli television producer involved in producing the program on Hezbollah for Lebanese television channel LBC», puis «another Israeli producer and a French production company were also involved in the production»."

--Malheureusement la phrase "affiliated to the LBC" est erroné. Cette société n'a aucun lien financier ou dans son management à la LBC ou LBCI.

"– Même en admettant l'ignorance totale de la LBC quant aux conditions de production, pourquoi les lecteurs de L'Orient-Le Jour sont-ils privés de cette information qui: 1. est le seul témoignage avérant le document présenté; 2. indique qu'au moins un israélien a travaillé sur ce documentaire; 3. qu'un producteur israélien a accédé au film de Ron Arad un an avant tout le monde (Haaretz sachant parfois, contrairement à L'O.-Le Jour, mettre deux idées bout à bout, le second article du quotidien que je cite, pose carrément la question qui fâche: «When asked why he did not inform Israeli authorities eight months ago, he [Glicksberg] said, “whoever needed to know knew. Certain authorities knew.”»)"

-- Là je suis d'accord avec toi. Je ne sais pas pourquoi L'Orient Le Jour, a omis de préciser ses informations.

En synthèse, tout un brouhaha médiatique pour rien sur cette affaire. Je pense qu'il faut gratter un peu plus, pour comprendre quel est l'objectif réel de toute cette attention autour de ce documentaire, de Sheikh Pierre El Daher et de la LBC. Je te laisse faire, et je suis sur que tu trouveras ;-)

Nidal a dit…

Merci, Bach.

- «Oui car ce même journaliste [Ibrahim el-Amine] travaille pour la maison de production française.»

Par curiosité: c'est une conclusion de ta part, ou tu le sais formellement?

Ibrahim el-Amine était un éditorialiste reconnu du Safir jusqu'en octobre 2005, et certains prétendent qu'il en a été évincé sur pression du groupe Hariri.

Par ailleurs, il me semble que c'est un proche du PSNS et de la Résistance.

Du coup, j'ai un peu de mal à voir quelle maison de production audiovisuelle française travaillerait avec un personnage aussi fameux et, disons, «encombrant». De plus, j'ai un peu de mal à imaginer qu'avec un tel profil, il collabore dans cette structure française, avec des «producteurs israéliens» sur un tel sujet. (Remarque, je n'en fais pas non plus une impossibilité, n'est-ce pas.)

– «Malheureusement la phrase “affiliated to the LBC” est erronée. Cette société n'a aucun lien financier ou dans son management à la LBC ou LBCI.»

J'en conclus que, comme pour le point précédent, tu sais de quelle maison de production française il s'agit. Tu peux fournir plus de précisions: le nom de la boîte, et/ou des liens vers des articles en ligne qui expliquent cela?

Bach a dit…

Ibn Kafka - " La complicité de LBC avec Israël sur ce coup semble évidente." Franchement je trouve cette phrase troublante. Complicité? évidente? Il n'y a aucune complicité entre les deux. D'ailleurs, je souhaite te rappeler que l'armée Israélienne a ciblé la LBC lors de sa dernière agression sur le Liban.

En effet, un dénommé Suleiman, employé de la LBC, responsable du poste de l'antenne de la LBC à Fatka a été tué. Donc, je doute fort qu'il y ai complicité.

Par ailleurs, il n'y a rien de rageant à ce que la jeunesse marocaine suive la LBCI. En effet, il semblerait que toute la jeunesse Arabe soit accro à cette chaine. Ses informations jusqu'à présent ont toujours été neutres, ses programmes innovateurs. La LBC est la principale référence médiatique Arabe. D'ailleurs, lorsqu'un évènement se passe au Moyen Orient, toutes les télés du monde, re-diffuse les images de la LBC.

Par ailleurs, du fait de son professionalisme, la LBC a été mandaté pour construire la nouvelle chaine d'information Iraqienne.

Ibn Kafka a dit…

bach: sur LBC meilleure source d'infos du monde arabe, c'est peut-être vrai si celui se limite aux chaînes les plus vues à Achrafiyeh...

Idris-Liban Sud a dit…

Le film "Hezbollah - Attaque par le Mandataire" qui décrit le retrait israélien du Liban et les attaques de terreur ultérieures contre Israël qui ont été réalisées avec le soutien de la Syrie et de l'Iran.

Le film décrit non seulement les actions militaires de l'Israël, mais reflète aussi l'effet du terrorisme du Hezbollah sur la population en Israël.
pour voir le film cliquer : http: // switch3.castup.net/cunet/gm.asp ? ClipMediaID=191786*ak=null.

Vous pouvez aussi cliquer pour télécharger une copie du film (19.4 MB): http: // switch3.castup.net/cunet/gm.asp ? ClipMediaID=191784*ak=null pour télécharger une copie du film (19.4MB).

La fièvre d'espion balaie Hizbullah après le fait de "découvrir" deux réseaux Israélien Mossad qui ont inclus des agents chiites libanais

L 'Appareil de Sécurité Spécial efreysante du Hizballah est ayant découverte deux réseaux d'espionnage d'agents libanais que le Mossad a plantés à l'intérieur du Hizbullah auparavant et pendant la guerre du Liban. Un a travaillé de Beyrouth, le deuxième dans le Sud Liban. Les deux réseaux, selon les sources, ont planté des appareils d'écoute et un équipement de surveillance aux postes de commandement du Hizballah auparavant et pendant la guerre. Ils ont aussi saupoudré de la poudre spéciale de phosphore à l'extérieur des habitation de bâtiments les de commndement de guerre d'Hizbullah et les lanceurs de fusée comme des marqueurs pour les attaques aériennes. Les avions militaires d'Israël et les hélicoptères étaient capables de frapper ces endroits avec la grande exactitude. Bien avant la guerre, le réseau de Beyrouth avait pénétré les cercles intérieurs du Hizbullah

Bien avant la guerre, le réseau de Beyrouth avait pénétré les cercles intérieurs de l'échelon du Hizballah et annonçait sur leurs activités et mouvements aux contrôleurs israéliens. Son centre a été trouvé dans le district chiite de Beyrouth de Dahya, la citadelle Hizbullah. Les coups de téléphone anonymes courts donneraient leur rendez-vous aux agents pour ramasser des ordres et équipement d'espionnage et des cachettes pour retransmettre leurs renseignements.
Le deuxième réseau a été composé de deux cellules opérant du village d'Itrun le Kibboutz opposé Yaron et Bint Jubeil. Dirigé par les vétérans de l'Armée libanaise du Sud (la force qu'Israël a créé pendant son occupation), son emploi devait "peindre" des cibles pour la Force aérienne israélienne et l'artillerie. Leur chef était Mahmoud Al-Jemayel.
Halil Mantsur, un villageois d'Itrin, était responsable des communications par la clôture de sécurité; Muhammed Bassem, un chiite de Bint Jubeil, a dirigé des opérations de terrain. Le reseau avait 20 opératives recrutés des villages libanais du Sud et un certain nombre de Palestiniens des camps autour de Saida. On leur a payé $500 par mois pour espionner sur Hizballah. Un taxi local a conduit l'opératives à leurs attributions et les a rendus à leurs maisons. Le réseau de Beyrouth était le plus sophistiqué.


La décision française de construire les ponts temporaires et des routes leur réparation va faciliter la contrebande des armes lourdes et des fusées par le Hizbullah. Ce aussi longtemps que les contrôles sur la frontière syrienne ne sont pas établis par la FINUL.

Nidal a dit…

Idris, merci pour le lien vers ce film de pure propagande. La dernière phrase du «documentaire» serait à hurler de rire si la situation n'était pas si affreuse. Pour faciliter la navigation, voici un lien cliquable vers ce film.

Pour ce qui est de ta traduction d'un article exposant l'infiltration du «Hizballah», mon cher «Idriss-Liban Sud», l'envie m'a pris, puisque tu ne l'as pas fait, d'en identifier la source.

Et là c'est assez drôle.

L'extrait en anglais est disponible sur un forum du site des Forces libanaises. Lequel message indique, comme source de cette «information», le site DEBKAfile. Voici le lien vers l'article originel.

DEBKAfile, cher «Idriss-Liban Sud», dont j'ai le plaisir de te rappeler qu'il s'agit d'un site israélien basé à Jérusalem et «spécialisé» dans le terrorisme, le renseignement, les affaires militaires, la politique et la sécurité.

Debka est tellement biaisé que beaucoup suggèrent qu'il s'agit, ni plus ni moins, d'un site officieux du Mossad.

Nidal a dit…

Idris, merci pour le lien vers ce film de pure propagande. La dernière phrase du «documentaire» serait à hurler de rire si la situation n'était pas si affreuse. Pour faciliter la navigation, voici un lien cliquable vers ce film.

Pour ce qui est de ta traduction d'un article exposant l'infiltration du «Hizballah», mon cher «Idriss-Liban Sud», l'envie m'a pris, puisque tu ne l'as pas fait, d'en identifier la source.

Et là c'est assez drôle.

L'extrait en anglais est disponible sur un forum du site des Forces libanaises. Lequel message indique, comme source de cette «information», le site DEBKAfile. Voici le lien vers l'article originel.

DEBKAfile, cher «Idriss-Liban Sud», dont j'ai le plaisir de te rappeler qu'il s'agit d'un site israélien basé à Jérusalem et «spécialisé» dans le terrorisme, le renseignement, les affaires militaires, la politique et la sécurité.

Debka est tellement biaisé que beaucoup suggèrent qu'il s'agit, ni plus ni moins, d'un site officieux du Mossad.