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08 juin 2008

Sarkozy aime les Libanais, comme il aime les Cochinchinois, les Malgaches, les Sénégalais et les Marocains

«En montant cette union sacrée, pour le Liban, de la République dont la majuscule est l’objet de la fierté des Français, des francophones, des démocrates.»
Mahmoud Harb
Alors, tu es content, Mahmoud? L'Homme blanc (avec un grand H) est venu t'apporter les Lumières (avec un grand L) de la République (avec un grand R)? C'est dommage qu'il ne soit pas venu avec son grand ami Johnny, qui t'aurait en même temps appris l'amour avec un petit Q.

Est-ce que ça n'est pas le plus beau jour de la vie de ton joli pays, Mahmoud? Ton mignon petit pays que la France éternelle, dans son incommensurable grandeur, a choisi d'aimer. Oui Mahmoud, Saïd Sarkozy aime ton petit pays et ses joyeuses peuplades folkloriques. Et tous les Français aiment aussi ta riante petite contrée et ses tribus bariolées.

C'est pour cela que Saïd Sarkozy, il est venu chez toi (et comme ta peuplade est très hospitalière, il a tout de suite compris qu'il était chez toi chez lui; mais ne va pas t'imaginer que tu serais chez toi chez nous sans visa, notre grandeur d'âme a tout de même des limites). Il est venu chez toi non pas avec quelques milliards d'aide au développement, ni avec des annonces de mesures économiques pour aider ton petit pays, il n'est même pas venu pour t'annoncer que notre politique inepte à l'encontre de ton pays allait changer (au contraire, avec Saïd Hollande, il est venu répéter que la politique de la France au Liban ne changerait pas, et ça, ça valait bien la peine de se déplacer).

Non, Saïd Sarkozy aime tellement ton pays, Mahmoud, qu'il est venu pour t'offrir sa seule présence. Et celle des autres saïd français. Comme ça, tu as pu approcher la République avec un grand R, et rêver à la Liberté, à l'Égalité et à la Fraternité (avec un grand LEF). Et même, Mahmoud, il a accepté de se faire prendre en photo avec toi. Tu sais, c'est une photo de toi avec le représentant sur Terre de la philosophie des Lumières, tu penseras bien à la mettre dans un cadre avec autour une guirlande qui clignote.

Mahmoud, je sais que la politique internationale de notre grand et beau pays dont le R majuscule nous rend si fiers est un peu compliquée pour toi. Je m'en vais donc te livrer cette citation d'un grand film philosophique de chez nous, et tu vas tout comprendre:
«C'est notre Raïs à nous, c'est monsieur René Coty. Un grand homme, il marquera l'histoire. Il aime les Cochinchinois, les Malgaches, les Sénégalais, les Marocains... C'est donc ton ami. Ce sera ton porte-bonheur.»
OSS 117 – le film
À peine arrivée à Beyrouth, Carla Bruni est vendue aux enchères, nue, chez Christie's. Saad Hariri en aurait proposé plus de 200 chameaux.
Et maintenant, Mahmoud, je ne résiste pas au bonheur de reproduire (intégralement) ce que tu as écris dans ton journal, L'Orient-Le Jour (grand L, grand O, grand L, grand J), à la suite de la visite du Président Coty Sarkozy. C'est à mon avis le plus bel hommage que tu pouvais rendre aux scénaristes d'OSS 117. J'apprécie aussi le fait que ce soit qualifié, par ton journal, d'«ANALYSE» (en majuscules).
ANALYSE
De l’union sacrée tricolore pour le Liban
L'article de Mahmoud HARB

Nicolas Sarkozy, président «d’ouverture», aime à citer Jean Jaurès et le fait bien plus que les éléphants du parti de la rose rouge. Il est quasiment impossible aujourd’hui de résister à la tentation de contourner les failles de l’anachronisme, pour suivre son exemple en saluant l’union sacrée – expression chère au leader de la SFIO – des dirigeants français pour le Liban. En saluant la visite à une Beyrouth martyrisée par ceux-là qui prétendent la défendre, de cette colossale délégation des plus hauts responsables de l’État français. En reconnaissant que si Nicolas Sarkozy est – et doit être – quelque part gêné aux entournures par l’échec de sa diplomatie à obtenir ce que le petit Qatar a réussi, par le piège dans lequel Bernard Kouchner a poussé le patriarche Sfeir, il s’est très bien rattrapé hier, sans même avoir à battre sa coulpe. En montant cette union sacrée, pour le Liban, de la République dont la majuscule est l’objet de la fierté des Français, des francophones, des démocrates.

En France, Nicolas Sarkozy est souvent accusé de verser dans la communication volubile plutôt que dans l’action efficace. Sa visite au Liban serait-elle pour autant un coup de com’ d’un président en quête de cote de popularité, d’une hausse dans les sondages, d’une petite place sur la scène internationale ? La réalité semble être tout le contraire. Car si le président B.C.B.G. voulait faire dans la publicité, il se serait probablement contenté de se faire accompagner par les ténors de son parti ou par les gardes rapprochés de sa «task force» ministérielle.

Bien au contraire, Nicolas Sarkozy a tenu à associer à sa démarche «toute la France, pour dire que le Liban a le droit de penser à l’avenir». À commencer par son Premier ministre François Fillon, même si les relations entre les deux hommes seraient houleuses, même s’il n’est pas coutume que le président de la Ve République voyage avec le chef de son gouvernement. Et puis François Hollande, même si le PS et l’UMP sont deux formations adversaires. Et encore François Bayrou, même si son Modem rachitique tente désespérément de chasser sur le territoire du parti de la majorité présidentielle. Sans oublier la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, ni le président des Radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet. Ni Marie-Georges Buffet, même si la présence de cette dernière n’a ravi que Khaled Hdadé, chef du Parti communiste – fantôme – libanais, même si le PCF continue de soutenir des positions tiers-mondistes anachroniques et des résistances souvent obscurantistes, comme s’il incombait aux seuls habitants du tiers-monde de combattre le «Léviathan» de la mondialisation, sans pouvoir aspirer à la démocratie républicaine. Et certainement pas «populaire».

Et si tous ces dirigeants de l’opposition ont bien voulu se ranger sous la houlette de Nicolas Sarkozy, si le président français a enfreint aux coutumes protocolaires de la République, c’est parce que la France nous a très bien compris, comme aurait dit le général de Gaulle. C’est dire que Paris a réalisé que «la partie qui se joue actuellement au Liban intéresse de près tous les Européens», selon les mots de Régis Debray. Et il est vrai que, sur ces modestes 10 452 kilomètres carrés morcelés en périmètres de sécurité, se joue une lutte féroce entre les Lumières et l’obscurantisme, la pluralité éclairée et l’homogénéisation totalitaire, entre la nahda et l’inhitat, entre la parole et le kalachnikov, entre la démocratie confessionnelle bariolée et la théocratie monochrome, entre la croissance durable – même si souvent inéquitable – et la révolution permanente, le massacre perpétuel.

«Il n’y aura pas de paix et de stabilité dans la région s’il n’y en a pas au Liban.» Sarkozy l’a souligné fort à propos. Si la liberté perd la bataille au Liban, les Barbares – au sens où l’entendaient les historiens antiques, c’est-à-dire ceux qui se trouvent ou se placent à l’extérieur du règne de la civilisation de l’époque – viendront frapper aux portes des Romes modernes. D’où l’importance cruciale de l’union sacrée de la France – et des puissances démocratiques – pour le Liban.

Ces Libanais désunis n’ont pas de comptes à demander à une France à laquelle ils doivent déjà beaucoup. Néanmoins, au nom des valeurs tricolores de la liberté, de l’égalité et de la fraternité desquelles «procède l’attachement particulier du Liban à la France», comme l’a merveilleusement affirmé le président de la République Michel Sleiman, il est des inquiétudes libanaises que Paris devrait lever. Et notamment en ce qui concerne «cette nouvelle page (qui) est peut-être en train de s’ouvrir avec la Syrie».

Nicolas Sarkozy a déjà lancé quelques signes réconfortants à cet égard, en se situant dans la continuité de la politique libanaise de Jacques Chirac et en conditionnant l’amorce de la normalisation des relations entre Paris et Damas à l’ouverture d’une ambassade syrienne à Beyrouth et au respect de la paix civile et de la stabilité au Liban. Mais les Libanais ont vécu beaucoup trop de déceptions pour savoir qu’un petit accord entre l’Occident et les Assad entraîne souvent une grande hécatombe au Liban. Il incombe à la France qui partage avec le Liban «les grandes valeurs de la démocratie, des droits de l’homme et des libertés publiques» – encore une excellente expression de Michel Sleiman – de briser cette règle assassine de l’histoire de la région. En attendant une union sacrée des Libanais, pour le Liban…

9 commentaires:

dominique a dit…

Rarement lu papier plus époustouflant, bravissimo !

Robert a dit…

Hilarant, en effet.

Ce Mahmoud qualifie Sarko de "président d'ouverture" !!

Longtemps que je n'avais pas autant ri !

Moi qui croyais que les Libanais connaissaient bien la France...

Anonyme a dit…

Le plus ridicule, c'est cette phrase où l'apprenti journaliste veut montrer qu'il est moderne et civilisé :

"Marie-Georges Buffet, même si la présence de cette dernière n’a ravi que Khaled Hdadé, chef du Parti communiste – fantôme – libanais, même si le PCF continue de soutenir des positions tiers-mondistes anachroniques et des résistances souvent obscurantistes, comme s’il incombait aux seuls habitants du tiers-monde de combattre le «Léviathan» de la mondialisation, sans pouvoir aspirer à la démocratie républicaine. Et certainement pas «populaire»."

Encore un abruti qui pense qu'en glissant le mot "Leviathan", il aura une crédibilité de politilogue.

Plus loin, il nous explique que "sur ces modestes 10 452 kilomètres carrés morcelés en périmètres de sécurité, se joue une lutte féroce entre les Lumières et l’obscurantisme"

Les "Lumières" étant bien évidemment représentées par le criminel de guerre Walid Joumblatt, le raciste puant Amin Gemayel et le tueur de masse Samir Geagea !

ch'roro a dit…

Union sacrée, expression chère à Jaurès ? il me semble bien qu'elle est postérieure de quelques jours à sa mort, et que cette union s'est dessinée lors de ses funérailles, avec le ralliement de la gauche à la guerre.
Enfin, on ne peut pas être brillant analyste et brillant historien...

Lio a dit…

Stupéfiant en effet.
Le plus triste dans l'histoire c'est de se rendre compte qu'il n'y en a pas un pour rattraper l'autre dans l'histoire ! Mais qu'est venue donc faire dans cette galère Marie-Georges Buffet, François Hollande ou François Bayrou ? Quels blasons ont-ils à espérer redorer aux côtés de Sarkozy ? Ils espéraient rentrer dans l'Histoire peut-être ? Ce doit être ça.

Le plus risible, c'est d'entendre nos représentants ou nos médias français dénoncer systématiquement l'influence de la Syrie dans les rapports de force politique libanais alors qu'eux-mêmes ou les Etasuniens jouent exactement le même jeu (mais de l'autre côté) en venant jouer les amis des Libanais ("oh mais nous faisions que passer, mes chers amis").

Et puis, comme d'habitude, pas un mot sur ce voisin tranquille, qui ne jure que par sa sécurité et qui s'appelle Israël.

A quand le prochain : "Vous en avez marre de ces barbus, et bien on va vous en débarrasser" ?

Anonyme a dit…

C'est pas un journaliste, c'est un Fatal Flatteur, c'est ça ? il a la langue au cirgae.

SInon, Nidal, attention à l'ironie sur les majuscules : je confirme qu la fRance s'écrit bien avec R majuscule.

Cobab

Lou a dit…

Non mais ! Il s'en occupe! ça va pas traîner !

article aussi sur l'Orient le jour:

Sarkozy a abordé avec Sleiman la stratégie de défense, le retour des réfugiés et l’aide militaire à l’armée


"Le président français Nicolas Sarkozy a assuré aux responsables locaux que son pays s’oppose à l’implantation des réfugiés au Liban et dans les pays qui les accueillent. S’exprimant devant le président de la République, Michel Sleiman, et des autres responsables gouvernementaux, M. Sarkozy a aussi indiqué en toute franchise que la France considère Israël comme un pays à l’entité définitive et dont l’existence n’est pas discutable. Cela ne veut pas dire que « nous sommes d’accord avec la politique qu’elle applique au Moyen-Orient. Au contraire, nous sommes pour l’instauration d’un État palestinien et en même temps, nous soutenons le droit au retour des milliers de réfugiés, lorsqu’un compromis sera trouvé ». Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner est alors intervenu pour préciser que le Premier ministre israélien Ehud Olmert lui a assuré que Tel-Aviv est prêt à permettre le retour des réfugiés palestiniens, sans toutefois préciser le nombre de personnes qui seront autorisées à retourner chez elles." (...)

Khalil FLEYHANE

http://www.lorientlejour.com/page.aspx?page=article&id=374055

Anonyme a dit…

Sincerement bravo un post trop vrai et trop marrant il est peut etre temps que les libanais comprennent que par rapport a la douce France ils ne sont qu'une ancienne colonie....Un peu comme une ex-copine qu'on a plaisir a revoir pour mieux savourer nos prouesses d'antan....
libano-francaise pas fiere d'etre les 2

Adra Raphael a dit…

C'est un couriel que j'ai envoyé à l'orient le jour, il ya deux ans environ,que je venais de redecouvrir sur son site,une trentaine d'année aprè avoir quitté le Liban.En lisant quelques articles, le souvenir de mon enfance au Liban m'est revenu du fond de la mémoire et ce couriel s'en est suivi. Je le ressort pour l'occasion de mes archives e-mail car j'ai trouvé qu'il rejoint un peu le billet de NIDAL sur Mahmoud.

Par ailleurs, au cours de mes recherches médicales, j'ai découvert un syndrome répandu chez beaucoup d'arabes musulmans en France et particulièrement dans la communauté libanaise et dont la propagation est rapide. C'est une maladie infectieuse dont le réservoir est humain et se transmet d'homme à homme par l'intermédiaire d'un parasite "le plasmodium Libani". Il n' y pas encore de vaccin. Sa prévention est possible mais difficile car nécessite une hygiène de vie rigoureuse. Les règles de préventions sort du cadre de cet article et seraient éventuellement publiées ultérieurement. Il s'agit du Syndrome de "ABED"; du nom d'un musulman Libanais complexé qui a fait des études en France et s'est trouvé un travail dans lequel il était vite au contact d' une clientèle francaise un peu bourgeoise. Son nom Abed et son accent lui pesait et ne trouvait pas de francaise "bourgeoise" qui voulait bien de lui. Pourtant Il ne demandait qu'à s'assimiler quelquesoit le prix. Il a paufinait sa voix,il a érradiquer non sans mal le roulement des "R", rasé sa moustache,il a changé son nom ( de Abed il est passé à Albert), il a maigrit pour mieux enfiler les pantalons à pince de l'époque,il a acheté la plus belle voiture du quartier (il ne savait pas encore qu'en France on n'affiche pas sa richesse ,surtout pour un étranger,sous peine de passer pour un trafiquant ou autre magouilleur). Il ne manquait pas une occasion pour fustiger les "F"alestiniens et pour leur expliquer que Libanais et arabe ce n'est pas pareil et que la cuisine Libanaise est parmis les trois meilleurs du monde juste après la Francaise. Il s'est même intéressait au vin et a monté une cave. Après beaucoup de peines,il a finit par trouver une Francaise et l'a préférée à celle qui l'attendait au Liban. Il a baptisé ses enfants, leur a donné des noms francais (christophe...)....Je l'ai perdu de vue depuis. Mais je sais qu' il va de concession en concession et actuellemnt je sais qu 'il est antiislamiste et militant antiraciste à la fois. je suis convaincu que maintenant,il clame tout fort sa laïcité pour être à la page... En fait, c'est un exemple petit format de ce que peut-être rachida dati ou l'autre sécrétaire Fadela Amara. C'est sûrement un homme malheureux complètement disloqué dans son idendité et sa personalité. Je suis sûre aussi qu' il n'osera jamais amener son épouse ni sa belle famille découvrir le mode de vie musulman de sa famille au Liban.
J'ai aussi d'autre syndromes sous la main : du Libanais, du Maronite...


Bon voici le couriel envoyé à l'orient le jour après cette brève excursion hors-sujet :




"­­"J aime bien votre journal et surtout votre français libanophone(traduit litéralement de l'arabe;pardon,du libanais),chatié,exquis et délicieux.Je vous adresse toutes mes félicitations,car vous me semblez incarner la modernité(occidentale) en orient.Le meilleure compliment qu'on puisse faire à un libanais de votre espèce et particulièrement du sexe féminin,c' est qu il parle bien français.ce n' est pas votre faute,car vous avez tellement reçu de "signal" pendant la récré, que vous avez pris l'habitude d'enchaîner rapidement le français après l'arabe;pardon,le libanais.Remember aussi,que les élèves comme vous qui s'appliquaient bien en français bénéficier,ainsi que leurs mamans parfois,en guise d'encouragement,des caresses sur le derrière des prof français envoyés à bon prix par le ministère français de la coopération dans les écoles des frères(fréres) de tout genre.Par contre,je me permet de vous conseiller de ne pas laisser vos enfants ni vos femmes trop s'approcher des soldats de la légion française envoyés dans le cadre des forces de l'ONNU,car autrement plus virils.

j'aurais souhaité vous flatter pour votre indépendance d'esprit voire financière vis à vis du groupe hégémonique (Solidaire) que vous semblez bien apprécié.Malheuresement,je manque d'arguments.

Adra Raphaël ""