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04 juin 2008

L'AIPAC crie, Obama aboie

Obama à l'AIPAC...

Les bêtises américaines habituelles. L'intégralité de son discours est disponible sur le site du Washington Post, c'est atterrant de bout en bout.

Mais quelques détails dépassent le «consensus» habituel américain. Il n'y a pas une phrase décente dans toute cette intervention, et je ne vais pas me cogner la traduction intégrale de ce genre de divagations; je me contente de reproduire ici quelques éléments qui, même dans l'ambiance politique américaine particulièrement «biaisée», dépassent ce qui, même là-bas, est communément admis.

But any agreement with the Palestinian people must preserve Israel's identity as a Jewish state, with secure, recognized, defensible borders.
(«Mais tout accord avec le peuple palestinien doit préserver l'identité d'Israël en tant qu'État juif, avec des frontières sûres, reconnues et défendables.»)
And Jerusalem will remain the capital of Israel, and it must remain undivided.
(«Et Jérusalem doit demeurer la capitale d'Israël, et doit rester unifiée.») Pour rappel, l'ONU refuse que Jérusalem soit la capitale d'Israël, et considère que Jérusalem Est est un territoire occupé.
The threats to Israel start close to home, but they do not end there. Syria continues its support for terror and meddling in Lebanon, and Syria has taken dangerous steps in pursuit of weapons of mass destruction, which is why Israeli action was entirely justified to end that threat.
Nous avons donc, selon Obama, la tentative de développer des armes de destruction massive par la Syrie. Mais Obama n'étant pas Bush, on est donc prié, cette fois-ci, d'y croire.

Ne pas rire, Obama évoque de grands prédécesseurs pour sa manière de gérer la «menace» que représente, selon lui, l'Iran:
They forget the example of Truman, and Kennedy, and Reagan. These presidents understood that diplomacy, backed by real leverage, was a fundamental tool of statecraft.
Reagan, le même Reagan que dans l'Irangate?

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Jerusalem capitale d'Israel...A part l'ONU, tout le monde s'accorde...L'autre jour, à l'eurovision (oui, j'ai honte), la nana qui donnait les notes d'Israel a commencé son speech par "from Jerusalem, the holy capital of Israel"...le nouvelobs fait des articles dans lesquels il oppose Teheran à Jerusalem...Le "Monde" a fait l'erreur quelques fois...
Bref, demandez autour de vous quelle est la capitale d'Israel, et vous verrez que le bourrage de crânes marche bien...

Lou a dit…

Une bonne partie de ce discours est traduite par Contreinfo:

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2034

Anonyme a dit…

Comment Barack Obama a appris à aimer Israël

(...)
La dernière fois que j’ai parlé avec Obama, c’était pendant l’hiver de 2004 lors d’une réunion dans le quartier de Hyde Park à Chicago. Il était en pleine campagne de primaires pour obtenir l’investiture démocrate à un siège au Sénat des Etats-Unis, siège qu’il occupe à présent. Toutefois, tous les sondages le donnaient à la traîne.

Alors qu’il arrivait du froid et qu’il enlevait son manteau, j’allai le saluer. Il me salua chaleureusement et me dit : « Désolé, je n’ai pas beaucoup parlé des droits palestiniens maintenant, mais nous sommes dans une rude course aux primaires. J’espère que quand les choses se calmeront je pourrai être plus franc ». Se référant à mon militantisme, y compris aux chroniques que je publiais dans le Chicago Tribune où je critiquais la politique israélienne et américaine (il m’a dit) : « Continue ton bon travail ! ».

Toutefois, Obama a commencé progressivement son virage vers le camp de l’AIPAC dès 2002 quand il se prépara à passer des modestes milieux politiques de l’Illinois à la scène nationale. En 2003, Forward relata comment il avait : « fait la cour à la circonscription pro-israélienne ». Il parraina conjointement un amendement au Code des pensions de l’Illinois permettant à cet Etat de prêter de l’argent au gouvernement israélien. Parmi ses premiers commanditaires figurait Penny Pritzker - maintenant présidente des finances de sa campagne nationale - rejetonne d’une famille libérale, mais ardemment sioniste qui possède la chaîne d’hôtels Hyatt (Le Hyatt Regency sur le Mont Scopus a été construit sur des terres dont les propriétaires palestiniens avaient été expulsés de force lorsque Israël occupa Jérusalem-Est en 1967). Il s’est aussi adjoint plusieurs conseillers pro-israéliens de premier plan.
(...)

Ali Abunimah -

The Electronic Intifada

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=1089

Anonyme a dit…

hello, juste un rapide commentaire pour dire que votre est blog est passionnant. keep up the good work !

Anonyme a dit…

bonsoir

j'apprécie de lire votre blog car il me permets de mieux comprendre la complexité du Liban .
Il m'arrive souvent de regretter vos longs silences.

Anonyme a dit…

Le discours devant l'AIPAC? Mouais, plus de stratégie que de contenu à mon sens. C'est creux, c'est-à-dire très parlant pour l'Américain (désormais on peut dire aussi le Français) débile-moyen. En bref, un discours intelligent:

- dans l'air du temps (=pas de concession à la sécurité d'Israel/ pas de souplesse face au nucléaire iranien/ au nom de l'américano-humanisme, nécessité d'un accord de paix israelo-arabe)

- fondé sur une pseudo-info inédite, pour se distinguer du second candidat (=Jérusalem indivisible). Mais mis à part les bouffeurs de Shoa matin-midi-et-soir, qui est dupe? ce qui n'a pas pu être fait en 60 ans de carnages programmés, le sera-t-il par cette déclaration?

- avec une promesse susceptible elle d'être tenue, passée inaperçue dans presque tous les médias: "En tant que président, je mettrai en place un Protocole d’Accord afin de fournir une aide de 30 milliards de dollars à Israël pour la décennie à venir". Mais bon, "pour la décennie à venir" manque de précision, laissant ainsi une marge de manoeuvre...

Ce qui est effrayant n'est pas tant le discours simpliste (mais réfléchi) d'Obama devant l'AIPAC, mais le fait de mesurer à quel point les peuples du monde sont peu libres - les occidentaux sont presque passés en tête! - de choisir leurs représentants.

Best wishes

Byblos a dit…

Merci pour cette analyse d'une rigueur qui nous manque cruellement par les temps qui courent.

Je me permettrais d'y ajouter quelques propositions exprimées très prudemment au conditionnel. Elles ne sont pas destinées à dédouaner le candidat Obama après ce pavé de l'ours. Mais à proposer des pistes de réflexion aux uns, alors même qu'elles pourraient sembler aux autres totalement farfelues.

1- Et si Obama, en matières d'affaires étrangères, était un parfait néophyte à l'exemple d'une grande majorité d'étatsuniens même au sein des élites intellectuelles?

2- Et s'il avait fait confiance à l'un de ses conseillers pour lui rédiger ce discours, comme cela arrive couramment?

3- Et si cet homme de confiance était une taupe de l'AIPAC ou qu'il s'était laissé duper par une taupe de l'AIPAC? Après tout, ça c'est déjà vu. Et je pense à des «infiltreurs» incomparablement moins puissants que l'AIPAC. Regardez l'ex-ministre canadien des affaires étrangères, Maxime Bernier, si étranger aux affaires, qui s'est laissé infiltrer par le crime organisé, et qui barbotte littéralement dans le trop plein de sa naïveté.

4- Et si l'AIPAC avait réussi le coup fumant de ridiculier Obama, et de jeter une ombre épaisse sur sa crédibilité au Moyen Orient?

Il s'en remettra probablement. Mais si ce que j'avance s'avérait, Il va être obligé de compenser ce faux pas en montrant patte blanche à l'autre partie. Et puis, on peut imaginer qu'il n'est pas très content.

À vouloir être trop malin...

En tout état de cause, «wait and see».

Anonyme a dit…

Malheuresement pour nous elle porte plus le nom de jerusalem (bayt lahm) mais la Ville de David (David City), pour moi n'importe son nom elle ne sera jamais israelienne !