<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596</id><updated>2011-10-15T22:45:07.904+02:00</updated><title type='text'>Loubnan ya Loubnan</title><subtitle type='html'>«Bienvenue sur ces chroniques qui, je l'espère, témoigneront de mon amour pour le Liban et les Libanais. Je signe du pseudonyme Nidal, mais je suis bel et bien Français. Pseudonyme pour protéger mes amis libanais et... moi-même. Merci de votre intérêt.»</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>186</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-5149830693009498226</id><published>2010-06-07T14:37:00.007+02:00</published><updated>2010-06-07T16:49:50.482+02:00</updated><title type='text'>La flottille et l'escamotage de la question nucléaire</title><content type='html'>Selon un principe énoncé par Chomsky, les faits importants ne sont pas «cachés», en ce sens qu'en cherchant, on les trouve dans la presse internationale. En revanche, ils sont minorés par la place qu'ils occupent dans l'espace médiatique: le commentaire est soit totalement orienté et/ou farfelu soit, pour les sujets vraiments importants, le commentaire est totalement absent. L'idée est que les décideurs (politiques et, surtout, économiques) ont besoin d'être informés pour prendre les «bonnes» décisions (selon leurs propres critères); l'info est donc largement publique et accessible. En revanche, pour éloigner les citoyens de décisions qui les concernent pourtant directement, cette information doit être diluée et traitée comme si elle n'avait aucun intérêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Concernant l'attaque par Israël de la flottille internationale, il est donc intéressant de s'attacher au fait brut et, surtout, de rechercher les sujets qui sont totalement occultés. Chercher des faits ayant un rapport qui sont apparus dans la presse, mais qui ne sont pas commentés et ne sont pas réapparus depuis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut s'aider en repérant l'aspect aberrant de certains commentaires, qui abordent le sujet selon un certain axe délirant. Se demander pourquoi le sujet est abordé sous cet axe, mais pourquoi le traitement et la conclusion sont aussi farfelus. L'axe général permet de détecter qu'il y a bien&amp;nbsp;&amp;nbsp;là&amp;nbsp;une préoccupation profonde de l'auteur, et l'aspect aberrant permet de suspecter qu'on tente de s'éloigner du fond du problème (effet «nuage de fumée»).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les commentaires «bizarres» du moment, il y a cette prétention régulière selon laquelle l'action israélienne «profite aux extrémistes des deux camps», que le Hamas et le gouvernement israélien sont des alliers objectifs dans cette affaire, dans le but d'éloigner autant que possible la possibilité d'aboutir à la paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est exactement l'objet du &lt;a href="http://www.jcall.eu/Communique-1-juin-2010.html"&gt;communiqué des fumistes de JCall&lt;/a&gt;: «Arraisonnement de la flottille à Gaza : une crise qui ne profite qu’aux extrémistes des deux bords».&amp;nbsp;C'est le sujet fréquent de bon nombre de commentaires en ce moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, il est évident que la logique même de cette assertion est inepte. Ça n'est pas mon sujet ici, je ne vais pas développer ce qui me semble relever de l'évidence. Ce qui est intéressant:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;pourquoi aborder le sujet sous l'angle des «négociations» (qui, en la matière, sont inexistantes et seraient basées sur des présupposés israéliens illégaux et inadmissibles – dont, notamment, la poursuite du blocus de Gaza et de la colonisation),&lt;/li&gt;&lt;li&gt;pourquoi présenter cette idée qu'un quelconque «processus» a été interrompu ou compromis par l'action israélienne contre la flottille?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;Et là, si l'on cherche du côté des «processus» et des «négociations», qui concernent et préoccupent Israël et les fondements de sa «sécurité nationale», on a justement deux événements survenus quelques jours à peine avant la décision de transformer l'arraissonnement de bateaux civils en bain de sang dans les eaux internationales. Deux événements énormes, aux conséquences vitales, événements connus mais qui ont désormais totalement disparu de l'ensemble des commentaires. Si j'étais la «mouvance pro-palestinienne» (voir &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2010/06/la-mouvance-pro-palestinienne.html"&gt;mon billet précédent&lt;/a&gt;), je me concentrerais actuellement sur ces sujets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier événement est énorme, et on a déjà vu le déploiement de la mauvaise foi occidentale pour tenter d'en contourner les conséquences. Le 21 mai, Alain Gresh l'analysait sur son blog: «&lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-21-Iran-vers-une-communaute-internationale-post"&gt;Iran, vers “une communauté internationale” post-occidentale?&lt;/a&gt;»&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Finalement, tout s’est arrangé : M. Recep Erdogan a fait le déplacement à Téhéran et il a scellé, le 17 mai, son entente avec le président Lula da Silva et Mahmoud Ahmadinejad sur un texte en dix points qui trace une voie pour résoudre la crise sur le nucléaire iranien.»&lt;/blockquote&gt;Alain Gresh décrit les manœuvres occidentales pour enterrer un accord qui, pourtant, correspond point par point aux exigences de l'AIEA formalisée en octobre 2009, accord qui devait, alors, marquer l'arrêt du processus de sanctions et permettre l'ouverture de nouvelles négociations:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Que dit le texte signé sous leur égide ? D’abord que, conformément au TNP, l’Iran a droit à l’enrichissement ; ensuite, que le pays accepte l’échange de 1 200 kilos d’uranium faiblement enrichi (UFE) contre 120 kilos d’uranium enrichi (UE) à 20%, indispensables au fonctionnement de son réacteur de recherche ; que les 1200 kilos d’UFE seraient stockés en Turquie, le temps que l’Iran reçoive ces 120 kilos d’UE ; que l’Iran transmettrait à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dans la semaine suivant le 17 mai, une lettre officielle formalisant son accord. En renonçant à une partie importante de son uranium, Téhéran limite sérieusement ses capacités à produire une bombe.»&lt;/blockquote&gt;&lt;a href="http://www.romandie.com/infos/news2/100518173943.1tjwz61y.asp"&gt;Ban Ki-moon&lt;/a&gt; a salué l'accord:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Le secrétaire général de l'ONU “salue l'initiative du président brésilien Lula et du Premier ministre turc (Recep Tayyip Erdogan)”, a indiqué le porte-parole de M. Ban, Martin Nesirky.&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;“Cela souligne que transparence et ouverture sont les clefs pour répondre aux préoccupations exceptionnelles que suscite le programme nucléaire iranien”, a-t-il ajouté.&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;“L'accord peut être une avancée positive (...) s'il est suivi d'une coopération plus étendue de Téhéran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et la communauté internationale”, a dit le porte-parole.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;La &lt;a href="http://www.lalibre.be/actu/international/article/584755/l-accord-iran-turquie-bresil-est-techniquement-irrealisable.html"&gt;lettre officielle prévue dans l'accord&lt;/a&gt;&amp;nbsp;a bien été remise par l'Iran à l'AIEA la semaine suivante:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Lundi, l'Iran a remis la lettre de notification de l'accord tripartite signée par le chef de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne (AIEA), Ali Akbar Salehi, au cours d'une réunion à la résidence du directeur général de l'AIEA à Vienne.»&lt;/blockquote&gt;Nous avons un accord, à l'initiative de la Turquie et du Brésil, signé par l'Iran, correspondant aux exigences d'octobre dernier. Il est salué par le secrétaire général de l'ONU, et l'Iran signale formellement l'accord à l'AIEA.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, avant-hier, on nous annonce avec joie que, suite à la rencontre entre Angela Merkel et Dimitri Medvedev, des santions pourraient être prises contre l'Iran. Cette &lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20100605.FAP3147/angela-merkel-les-sanctions-contre-l-iran-pourraient-etre-adoptees-dans-un-avenir-proche.html"&gt;dépêche de l'AP&lt;/a&gt;, à l'image de l'ensemble des commentaires médiatiques sur cette rencontre, n'évoque à aucun moment l'accord signé il y a deux semaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, il y a à peine une heure, le Monde nous informe des conclusions d'&lt;a href="http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/07/le-nucleaire-iranien-au-c-ur-d-une-reunion-de-l-aiea_1368695_3218.html"&gt;une nouvelle réunion de l'AIEA&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;L'accord turc-brésilien-iranien est totalement occulté, et seul le sujet des «sanctions» est abordé. &amp;nbsp;On ne saura pas pourquoi l'accord n'a aucune «importance», et rigoureusement rien ne permet au lecteur de se poser la question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre accord international doit être rappelé. Le 28 mai (trois jours avant l'attaque contre la flottille), &lt;a href="http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/05/28/nucleaire-a-l-onu-accord-sur-un-proche-orient-denuclearise_1364747_3218.html"&gt;un accord du TNP appelle à un Moyen-Orient dénucléarisé&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«C'est un accord crucial auquel sont arrivés, vendredi 28 mai, les 189 pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en adoptant par consensus un document qui propose de débattre sur l'interdiction totale des armes de destruction massive dans tout le Moyen-Orient. Il s'agit du premier accord de révision du TNP en dix ans. Il évoque également d'autres volets de la non-prolifération, comme le désarmement, la vérification des programmes nucléaires nationaux pour assurer qu'ils sont pacifiques, et l'usage pacifique de l'énergie atomique.»&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;[...]&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;«Cette conférence implique donc la présence de l'Iran et d'Israël. Une "zone dénucléarisée" au Moyen-Orient aurait plusieurs conséquences, en premier lieu obliger Israël à signer le TNP, qui date de 1970, et à renoncer à son arsenal atomique, dont il n'a jamais reconnu ni démenti l'existence. Israël serait également tenu de placer ses installations nucléaires sous surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique.»&lt;/blockquote&gt;Une mise en cause du nucléaire israélien dans une grande instance internationale, voilà qui n'est pas commun. Qui plus est, rompre l'approche unilatérale du «nucléaire iranien» en liant cette question à l'ensemble de la région, on sent le danger pour les israéliens (on ne doute évidemment pas que les Iraniens utiliseraient cet argument, avec cette fois la légitimité d'une déclaration du TNP).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, pour vraiment se rendre compte du danger: l'ami américain n'a pas mis son véto, ni fait de déclaration suggérant que le machin serait rapidement enterré. Au contraire:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Washington s'est engagé à œuvrer au succès d'une telle conférence en "créant les conditions" nécessaires, selon Ellen Tauscher, sous-secrétaire d'Etat chargée du contrôle des armements et de la sécurité internationale. Peu après l'accord, le président Obama s'est réjoui de cette avancée. "Cet accord comporte des étapes équilibrées et réalistes qui feront avancer la non-prolifération, le désarmement nucléaire et l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, qui sont des piliers importants du régime global de non-prolifération". Toutefois, M. Obama s'est dit "fortement" en désaccord avec le fait que la conférence ait singularisé Israël.»&lt;/blockquote&gt;Et trois jour plus tard, l'intervention héroïque de l'armée israélienne dans les eaux internationales avait pour effet, non de retarder un inexistant «processus de paix» israélo-palestinien, mais de faire totalement disparaître de l'agenda international et des commentaires publics ces deux événements portant sur le nucléaire iranien et sur le nucléaire israélien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On lit beaucoup de commentaires sur l'effet désastreux de l'attaque sur un hypothétique processus. Question totalement saugrenue. En revanche, l'effet spectaculaire de l'intervention israélienne, c'est&amp;nbsp;l'escamotage pur et simple du calendrier politique et médiatique des avancées sur le nucléaire iranien et &amp;nbsp;de sa mise en perspective officielle avec le nucléaire israélien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vraiment, si j'étais la «mouvance», je consacrerais toute l'énergie possible à remettre ces deux événements au centre du commentaire public. Car au-delà du martyre intolérable de Gaza, c'est la sécurité globale de la région et la possibilité d'une nouvelle guerre régionale qui sont en jeu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-5149830693009498226?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/5149830693009498226/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=5149830693009498226' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5149830693009498226'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5149830693009498226'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2010/06/la-flottille-et-lescamotage-de-la.html' title='La flottille et l&apos;escamotage de la question nucléaire'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-5582694141273191201</id><published>2010-06-05T10:25:00.011+02:00</published><updated>2010-06-05T11:49:43.486+02:00</updated><title type='text'>La «mouvance pro-palestinienne»</title><content type='html'>Hier, Gilles Paris, rédacteur en chef adjoint du service International du Monde, répondait à cette grave question (que personne ne se pose pourtant): «&lt;a href="http://www.lemonde.fr/international/article/2010/06/04/qui-sont-les-francais-pro-palestiniens_1367665_3210.html"&gt;Qui sont les Français pro-palestiniens?&lt;/a&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poser ainsi la question, c'est introduire l'idée d'un oxymore, comme si «Français» et «pro-palestiniens» étaient deux termes contradictoires. L'image accompagnant l'article montre d'ailleurs une jeune femme au teint très mat et aux cheveux noirs, le visage masqué par sa pancarte, et dont on ne voit que les yeux très maquillés. Genre orientale. Et le résumé de l'article, tel qu'il est passé dans le flux RSS, explique:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«La mouvance pro-palestinienne en France repose essentiellement sur la gauche, l’extrême gauche et les écologistes, ainsi que sur un réseau dense d’associations et d’organisations.»&lt;/blockquote&gt;Ce résumé est détaillé dans l'article et se termine par la mention d'une association «interdite aux États-Unis»:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«La composante politique de la mouvance pro-palestinienne se double d’un réseau dense d’associations et d’organisations, qu’il s’agisse de mouvements de défense des droits de l’homme (Ligue des droits de l’homme), d’associations de collectivités locales (Association des villes françaises jumelés avec des camps de réfugiés palestiniens) ou d’ONG comme le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), dont sont membres la majorité des Français présents dans la flottille de Gaza. Le CBSP, qui a son siège en France, est interdit aux Etats-Unis pour ses liens supposés avec le Hamas.»&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;«Mouvance» n'est évidemment pas un terme neutre, puisqu'il désigne un groupuscule ultra-minoritaire suspecté d'activités dangereuses sur la base d'opinions politiques extrémistes. Je n'ai jamais entendu parler, par exemple, de «mouvance pro-israélienne». Pourtant, ce sont bien les «pro-israéliens» qui sont ultra-minoritaires (ce qu'on va voir dans la suite), qui mènent des activités dangereuses et sont motivés par des opinions politiques extrémistes.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Les motivations des partis politiques «pro-palestiniens», tels qu'exposées, sont assez navrantes:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Sur cette question, la position de l’extrême-gauche (Lutte ouvrière et Nouveau parti anticapitaliste) est assez similaire, avec la dénonciation de l’axe diplomatique entre Israël et les Etats-Unis.»&lt;/blockquote&gt;Quant aux Verts, c'est encore pire:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«C’est en grande partie du fait de leur ancrage historique à gauche, du moins pour une partie d’entre eux, que les Verts prennent également position en faveur du mouvement national palestinien.»&lt;/blockquote&gt;Pour ne reprendre que des événements extrêmement récents, la destruction du Liban et de Gaza en 2006 et leur lot de crimes, les violations constantes des résolutions internationales, le racisme israélien (gouvernement d'extrême-droite, sondages montrant la montée des opinions racistes...), le bombardement en Syrie en 2007, les crimes de guerre à Gaza en 2009, l'assassinat à Dubaï avec des passeports européens en 2010 et le récent meurtre des militants de la flottille humanitaire internationale, tout cela n'a aucune raison de constituer des motifs. Non, ce qui motive la «mouvance», c'est la dénonciation de l'axe israélo-américain pour des raisons idéologiques (archaïques) et, pour les Verts, c'est du suivisme lié à leur positionnement «à gauche». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus généralement, cela renvoie aux très nombreux articles qui s'interrogent sur la dégradation de l'«image» d'Israël. Quand ça ne concerne pas directement des Occidentaux, les articles s'inquiètent de la «colère» dans le Monde arabe (manière de désamorcer le sujet: Israël assassine à Dubaï avec des passeports européens, mais la seul conséquence serait une baisse de l'image dans le monde arabe, comme si les citoyens occidentaux n'avaient aucune raison d'être en colère). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces très nombreux articles sur l'«image» d'Israël sont eux-mêmes, en réalité, des opérations de communication. Ils suggèrent que c'est seulement à la suite de quelques épisodes spécifiques, et seulement à l'intérieur d'une très restreinte «mouvance pro-palestinienne», ou dans la «rue arabe», qu'il y aurait une «mauvaise image» d'Israël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui permet ensuite à nos politiques de poursuivre les partenariats économiques, politiques et militaires avec Israël, et de ne jamais rien faire pour forcer Israël à respecter un droit international minimal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au point que, chaque fois qu'on discute entre copains de la «mouvance» (hé hé), il y a toujours quelqu'un pour se demander comment «on pourrait informer les gens», «faire comprendre la situation»... C'est-à-dire que même au sein de la «mouvance», les gens ont tendance à se croire/sentir minoritaires. Ce qui, à mon avis, produit de la perte de temps, de l'inefficacité et une grande «timidité».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, et ça me semble important, les seules questions légitimes seraient aujourd'hui:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Qui sont (encore et malgré tous les crimes israéliens) les Français pro-israéliens?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Qu'est-ce qui constitue la mouvance pro-israélienne? Quelles sont ses motivations?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Pourquoi autant de politiciens européens soutiennent-ils Israël et proclament leur «amitié» pour cet État, alors que les populations qui les élisent sont aussi majoritairement critiques envers Israël?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Parce que c'est le point aveugle de toute cette communication: occulter le fait que toutes les statistiques démontrent de manière constante que l'«image» d'Israël est catastrophique depuis des années dans les opinions publiques occidentales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes ces statistiques démontrent que les gouvernants occidentaux adoptent, concernant Israël, des positions opposées à leurs opinions publiques. Elle expliquent également que la «guerre de communication» menée par Israël, qui peut sembler d'une nullité ahurissante, ne vise pas réellement l'opinion publique occidentale, mais bien avant tout l'opinion publique israélienne. Parce que les opinions occidentales, malgré ce que croient beaucoup de «pro-palestiniens», sont largement au courant, et particulièrement sceptiques concernant la grande «démocratie» israélienne et la moralité de son armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourrait les reprendre systématiquement, mais je vais me contenter de quelques exemples qui rappellent que la «mouvance pro-palestinienne» désigne en réalité la majorité des citoyens occidentaux, et que c'est bien la «mouvance pro-israélienne» qui constitue une minorité spécifique et isolée, mais agissante, efficace et sur-valorisée médiatiquement et politiquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une enquête menée deux jours après l'attaque contre la flottille humanitaire indique que &lt;a href="http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3898052,00.html"&gt;40% des Norvégiens sont partisans d'un boycott des produits israéliens&lt;/a&gt;. Ça n'est pas qu'une «opinion négative», c'est une volonté d'agir: or, mobiliser les opinions publiques pour les amener à «agir», même a minima, est quelque chose de très difficile à obtenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gilles Paris, qui s'interroge sur l'identité de la «mouvance pro-palestinienne», avait pourtant signalé quelques semaines plus tôt (avant l'attaque israélienne), &lt;a href="http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/2010/04/23/une-image-disrael-problematique/#xtor=RSS-32280322"&gt;un sondage réalisé par la BBC&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Un sondage de la BBC publié le 19 avril témoigne de la mauvaise image d’Israël dans le monde. Dans un échantillon de 28 pays, l’Etat juif est rangé dans le peloton des pays mal vus, avec la Corée du Nord, le Pakistan et l’Iran, le plus mal classé.»&lt;/blockquote&gt;En France, seulement 20% des répondants ont une image «plutôt positive» d'Israël, et 57% une image «plutôt négative» de l'influence d'Israël. En Allemagne, ça monte à 13% d'image positive et 68% d'image négative. En Grande-Bretagne, 17% d'image positive, 50% d'image négative. Vraiment, il faudrait se poser la question: «Qui est cette mouvance pro-israélienne ultra-minoritaire qui peine à atteindre les 20% dans les pays européens?» Quand nombre de nos politiciens proclament leur «amitié» pour Israël, ils parlent pour qui?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même aux États-Unis, seul pays où l'image d'Israël est plus positive que négative (et où le discours politique est orienté à sens unique d'une manière stupéfiante), les chiffres ne sont pas si bons: certes 40% d'image positive, mais tout de même 31% d'image négative. Au Canada, seulement 23% d'image positive et 38% d'image négative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'un des sondages les plus spectaculaires a été publié &lt;a href="http://ec.europa.eu/public_opinion/flash/fl151_iraq_full_report.pdf"&gt;à l'initiative de la Commission européenne&lt;/a&gt; (qui n'est pas, à ma connaissance, membre de la «mouvance pro-palestinienne») en octobre 2003. C'est-à-dire bien avant les guerres de 2006 et les massacres qui se sont succédés depuis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la question: «Pour chacun des pays suivants, dites-moi si, selon vous, il représente ou non une menace pour la paix dans le monde?», c'est Israël qui a obtenu le plus mauvais score: 59% des Européens interrogés (55% des Français) estiment qu'Israël représente une menace pour la paix dans le monde. Aucun autre pays proposé n'obtient un aussi mauvais score (même l'Iran, même la Corée du Nord, même les États-Unis de Bush).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus précisément: Israël représente-il une menace pour la paix dans le monde?&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;18% Oui, tout à fait&lt;/li&gt;&lt;li&gt;41% Oui, plutôt&lt;/li&gt;&lt;li&gt;24% Non, plutôt pas&lt;/li&gt;&lt;li&gt;13% Non, pas du tout.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;J'insiste: la question est très spécifique. Elle ne demande pas si les gens ont une image «plutôt négative» d'Israël, mais si Israël constitue une «menace pour la paix dans le monde». C'est donc un résultat particulièrement spectaculaire à une question extrêmement forte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À noter:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Même chez ceux qui, à l'époque, trouvent l'intervention en Irak justifiée, 57% considèrent qu'Israël est une menace; peu de différence avec ceux qui trouvent l'intervention non justifiée.&amp;nbsp;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Plus le niveau d'éducation augmente, et plus Israël est considéré comme une menace (passant de 50% à 66%).&amp;nbsp;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Ces derniers points sont assez remarquables. Contrairement à l'image très répandue, d'une «élite» pro-israélienne, représentant l'opinion majoritaire, opposée à une «mouvance» populiste et jouant sur un antisémitisme inavoué, plus les gens sont instruits, plus ils considèrent qu'Israël est un danger pour la paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, contrairement à la présentation de Gilles Paris (une mouvance politiquement motivée contre l'axe américano-israélien), on obtient quasiment le même jugement négatif à l'encontre d'Israël chez ceux qui soutiennent l'intervention en Irak et ceux qui s'y opposent. Si les «Français pro-palestiniens» étaient bien cette mouvance qu'il décrit (axe gauchiste anti-américain), on aurait une forte adéquation entre méfiance envers Israël et condamnation de l'intervention américaine en Irak; adéquation qu'on ne retrouve que marginalement dans les chiffres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aimerais savoir, Gilles Paris, si ces 59% d'Européens qui considèrent qu'Israël menace la paix dans le monde (aucun pays n'obtient un aussi mauvais score) constituent ce que vous appelez «la mouvance pro-palestinienne»? Pourriez-vous enquêter sur les motifs de cette minorité de seulement 37% d'Européens qui pensent qu'Israël ne constitue pas une menace contre la paix, ces seulement 20% qui en ont une opinion «plutôt positive»? Sont-ils une mouvance, ont-ils un agenda politique inavouable, dans quelle mesure recoupent-ils les opinions racistes et islamophobes en Europe?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-5582694141273191201?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/5582694141273191201/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=5582694141273191201' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5582694141273191201'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5582694141273191201'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2010/06/la-mouvance-pro-palestinienne.html' title='La «mouvance pro-palestinienne»'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-439664049654093274</id><published>2010-05-31T14:52:00.002+02:00</published><updated>2010-05-31T14:54:30.053+02:00</updated><title type='text'>L'OCDE salue le développement économique de Gaza</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Lucida Grande';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Évidemment, après le nouvel acte de barbarie israélien, nous allons avoir droit aux déclarations d'indignation de façade de nos gouvernants. Et, tout aussi évidemment, aucun acte ne viendra jamais sanctionner Israël.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Lucida Grande';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Lucida Grande';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Pour rappel, il y a quatre jours, l'OCDE était fière de nous annoncer qu'elle accueillait désormais dans ses rangs &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.oecd.org/document/6/0,3343,fr_2649_34487_45344390_1_1_1_1,00.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;la grande démocratie israélienne&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;:&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Lucida Grande';"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Lucida Grande';"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Lucida Grande';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Lucida Grande'; font-size: small;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 11px;"&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Lors d'une cérémonie qui s'est tenue le 27 mai 2010, le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, a invité formellement les Premiers ministres des trois nouveaux membres à adhérer à l'Organisation: Andrus Ansip pour l'Estonie , Benjamin Netanyahu pour Israel, Borut Pahor pour la Slovenie. Durant une conférence de presse qui a eu lieu après la cérémonie, M. Berlusconi et le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, ont été rejoints par les trois premiers ministres et par le ministre chilien des finances, Felipe Larrain.&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&amp;nbsp;Or, comme &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.oecd.org/pages/0,3417,fr_36734052_36734103_1_1_1_1_1,00.html"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;le rappelle l'OCDE&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;L’OCDE regroupe les gouvernements attachés aux principes de la démocratie et de l’économie de marché en vue de :&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Soutenir une croissance économique durable&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Développer l’emploi&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Elever le niveau de vie&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Maintenir la stabilité financière&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Aider les autres pays à développer leur économie&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Contribuer à la croissance du commerce mondial&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Les habitants de Gaza apprécieront le soutien à leur économie et à l'élévation de leur niveau de vie apporté par le nouveau membre de l'OCDE.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-439664049654093274?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/439664049654093274/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=439664049654093274' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/439664049654093274'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/439664049654093274'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2010/05/locde-salue-le-developpement-economique.html' title='L&apos;OCDE salue le développement économique de Gaza'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-6925837669973288604</id><published>2009-12-24T17:41:00.001+01:00</published><updated>2009-12-24T17:43:52.999+01:00</updated><title type='text'>Grâce à Copé, la paix au Liban (ou pas)</title><content type='html'>Amis libanais, &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2009/12/24/01002-20091224ARTFIG00284-cope-soigne-aussi-ses-reseaux-internationaux-.php"&gt;tremblez&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Le patron du groupe UMP de l'Assemblée [Jean-François Copé] essaie, aussi, de lancer lors de chacun de ses déplacements une initiative «interparlementaire». Au Liban, il a monté avec Fouad Siniora un groupe de travail pour réfléchir aux questions «culturelles et identitaires», qui, il en est persuadé, sont appelées à prendre une importance grandissante.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Le gouvernement qui, déjà, applique le programme de Bachir Gemayel en France ainsi que le chef du parti qui nous a donné Hadopi pour la culture, les caméras de surveillance, le débat sur l'«identité nationale» et l'interdiction de la burqa, vont donc aider le Liban à «réfléchir aux questions “culturelles et identitaires”». Bon courage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au passage, j'aimerais bien savoir dans combien d'anciens pays colonisés la France se rend pour donner des conseils sur leur identité nationale. Madagascar, Algérie, Vietnam, etc., faites appel aux Français pour vous dire ce qui constitue votre culture et votre identité nationale, vous n'allez pas être déçus.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-6925837669973288604?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/6925837669973288604/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=6925837669973288604' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/6925837669973288604'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/6925837669973288604'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/12/grace-cope-la-paix-au-liban-ou-pas.html' title='Grâce à Copé, la paix au Liban (ou pas)'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-5776589999410230963</id><published>2009-12-22T13:19:00.020+01:00</published><updated>2009-12-22T18:13:08.176+01:00</updated><title type='text'>Le vol d'organes sur des Palestiniens, c'était donc vrai</title><content type='html'>La méthode est désormais classique:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;un journaliste occidental publie un article très gênant pour Israël; l'article passe quasiment inaperçu;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les réseaux sionistes repèrent l'article et montent un énorme scandale; l'article est immédiatement taxé d'antisémitisme, les autorités israéliennes en font des montagnes (exigeant une condamnation par le pays où est publié le journal);&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les médias occidentaux évoquent alors l'affaire, mais uniquement sous l'angle de l'accusation d'antisémitisme et des «tensions» entre Israël et un pays occidental;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;fin du premier épisode. Personne ne s'intéresse, évidemment, au contenu «gênant» de l'article d'origine, n'enquête sur les révélations, et se contente au mieux d'enquêter sur la personnalité du journaliste et sur ses «réseaux» (du genre: son texte a été repris sur les sites «conspirationnistes» sur Internet, donc le journaliste est bien quelqu'un de louche);&lt;/li&gt;&lt;li&gt;puis on apprend, quelques mois après, que l'information gênante était vraie (généralement, parce qu'un média israélien l'a vérifiée; si Al Jazeera valide une telle information, ça n'a évidemment aucun intérêt); réaction des médias occidentaux: au pire (situation française), quasiment aucune reprise; au mieux, on évoque rapidement l'information, mais on essaie de circonscrire l'effet de cette info à «la colère du monde arabo-musulman».&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;L'histoire qui m'intéresse aujourd'hui, c'est celle du vol d'organes sur des Palestiniens tués par l'armée israélienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les médias, l'affaire commence avec &lt;a href="http://www.aftonbladet.se/kultur/article5652583.ab"&gt;l'article de Donal Boström&lt;/a&gt; dans le journal suédois Aftonbladet.&amp;nbsp;L'article a été &lt;a href="http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8433&amp;amp;lg=fr"&gt;traduit en français&lt;/a&gt; par le réseau Tlaxcala.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Les familles en Cisjordanie et à Gaza étaient sûres de ce qui était arrivé à leurs fils : «Nos fils sont utilisés comme donneurs d'organes involontaires», m’a dit un proche de Khaled de Naplouse, de même que la mère de Raed de Jénine et les oncles de Mahmoud et Nafes dans la bande de Gaza, qui ont tous disparu pendant un certain nombre de jours avant de revenir de nuit, morts et autopsiés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Pourquoi sinon garder les corps pendant au moins cinq jours avant de nous laisser les enterrer? Qu'est-il arrivé aux corps pendant cette période? Pourquoi effectuent-ils une autopsie, contre notre volonté, lorsque la cause du décès est évidente? Pourquoi les corps sont-ils rendus de nuit? Pourquoi avec une escorte militaire? Pourquoi la zone est-elle bouclée pendant l'enterrement? Pourquoi l'électricité est-elle coupée?» L’oncle de Nafe était bouleversé, et il avait beaucoup de questions.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;L'article ne devient une «affaire» que lorsque le gouvernement israélien réagit avec une exagération proprement sidérante. Le traitement médiatique ne concerne alors jamais le fond de l'article (l'accusation du vol d'organe par les Israéliens sur des Palestiniens tués par l'armée israélienne), mais unique les «tensions» entre Israël et la Suède. On compte des dizaines de reprises dans les médias français. Par exemple sur le Point: «&lt;a href="http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-08-23/israel-hausse-le-ton-contre-la-suede-apres-un-article-juge/924/0/370905"&gt;Israël hausse le ton contre la Suède après un article jugé antisémite&lt;/a&gt;»; sur le fond de l'article, comme tous les journaux, il est seulement indiqué «Aftonbladet n'apporte toutefois aucune preuve, le rédacteur en chef expliquant avoir autorisé la publication car l'affaire “pose un nombre de questions pertinentes”.»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;«Nous ne demandons pas des excuses du gouvernement suédois, nous voulons de sa part une condamnation (de l'article)», a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, selon une source officielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Israël, des centaines d'Israéliens ont signé une pétition en ligne contre le géant du meuble suédois Ikea, selon Haaretz.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«La crise perdurera tant que le gouvernement suédois n'aura pas changé d'attitude à propos de cet article antisémite. Celui qui ne le condamne pas n'est pas forcément le bienvenu en Israël», a déclaré aux journalistes le ministre des Finances Youval Steinitz.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Le gouvernement suédois ne peut plus se taire. Au Moyen-Age, on répandait des diffamations accusant les juifs de préparer le pain azyme de Pâques avec du sang d'enfants chrétiens, et aujourd'hui ce sont les soldats de Tsahal (l'armée israélienne) qui sont accusés de tuer des Palestiniens pour prélever leurs organes», a accusé le ministre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces tensions diplomatiques tombent au plus mal, alors que le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt est attendu en visite officielle en Israël dans dix jours. La Suède exerce la présidence tournante de l'Union européenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a carrément comparé l'attitude de la Suède dans cette affaire à la politique de neutralité qu'elle adopta durant la Seconde Guerre mondiale. «A l'époque aussi, la Suède refusait d'intervenir» contre le génocide nazi, a-t-il reproché.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;On peut rechercher dans les archives autour de cet article, on ne trouvera aucun média français pour aller plus loin que cette phrase «Aftonbladet n'apporte toutefois aucune preuve». Des témoignages de Palestiniens ne sont, évidemment, jamais des preuves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'affaire est close.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, selon Romandie, «&lt;a href="http://www.romandie.com/infos/news2/090823164445.9991hlca.asp"&gt;Aftonbladet revient sur les trafic d'organes de Palestiniens&lt;/a&gt;» le 23 août:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 14px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Deux de ses journalistes ont interrogé cette semaine dans le village cisjordanien d'Imatten la mère et le frère de Bilal Achmad Ghanem, qui, selon le journal suédois, est un jeune de 19 ans tué par des soldats israéliens il y a 17 ans, soupçonné d'avoir été un meneur dans la première Intifada.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saadega Ghanem, la mère de Bilal, affirme que le 13 mai 1992, après l'avoir tué, les soldats ont transporté le corps de son fils par hélicoptère en Israël. Rendu quelques jours plus tard à la famille, la mère précise alors que «Bilal était étendu dans un sac noir. Il n'avait plus aucune dent. Le corps avait été ouvert de la gorge jusqu'au ventre puis très mal recousu».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le journal écrit que le frère cadet de Bilal, Jalal Achmad Ghanem, 32 ans, «croit que les organes ont été volés».&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Pourtant, CNN publie un reportage le 2 septembre: «&lt;a href="http://edition.cnn.com/2009/WORLD/meast/09/01/blackmarket.organs/index.html"&gt;Donor says he got thousands for his kidney&lt;/a&gt;»:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;According to Scheper-Hughes, who is in the final stages of writing a book on organ trafficking, much of the world's illicit traffic in kidneys can be traced to Israel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Israel is the top,» she said. «It has tentacles reaching out worldwide.»&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Certes, l'enquête ne concerne pas un «vol» d'organes, uniquement la vente illégale d'organes. &amp;nbsp;Mais on a bien un trafic dont «Israël est le sommet».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Incidemment, on apprend qu'on ne parle pas ici de petites sommes. Des pots-de-vin entre 5000 et 10000 dollars, l'achat auprès des donneurs entre 5000 et 25000 dollars pour un rein, et, finalement:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;A federal complaint against Itzhak-Levy Rosenbaum said he had offered to provide a new kidney for a relative of an undercover FBI agent for about $160,000.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Surtout, Kawther Salam publie un article soutenant et complétant l'article d'Aftonbladet: «&lt;a href="http://www.kawther.info/wpr/2009/08/23/the-body-snatchers-of-israel"&gt;The Body Snatchers of Israel&lt;/a&gt;», traduit en français par le réseau Tlaxcala («&lt;a href="http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8477&amp;amp;lg=fr"&gt;Les détrousseurs de cadavres d'Israël&lt;/a&gt;»).&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Je pense que le gouvernement israélien et tous ceux soupçonnés d'être complices se doivent de répondre à quelques questions difficiles, avant de se plaindre d'un rapport bien écrit paru dans un journal suédois et qui parle d'un seul cas parmi des milliers:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Où sont les corps des deux frères Imad et Adel Awad Allah d'Al-Bireh, du district de Ramallah, assassinés le 10 Septembre 1998 dans la ferme d’Akram Maswadeh près -d'Hébron?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Où sont les corps de Hani Ahmad Kharboush et Adel Mohammad Hadaideh assassinés le 6 Juin 2003 à "Ateel", une ville au nord de Tulkarem en Cisjordanie?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Où est le corps de Borhan Sarhan, qui a été assassiné le 4 Octobre 2003 dans le camp de réfugiés de Tulkarem?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Où est le corps de Hassan Issa Abbas, assassiné le 9 Octobre 1994, à Jérusalem?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Où est le corps de Hisham Hamad, assassiné dans la bande de Gaza, le 11 Novembre 1993?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Où est le corps de Salah Jad Allah Salem, assassiné le 14 Octobre 1994?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Où sont les corps des deux ressortissants japonais qui ont été assassinés en 1972?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Israël est-il à même de prouver que les organes de ces gens, et ceux des centaines, voire des milliers de Palestiniens enterrés dans des tombes numérotées de l'armée israélienne, n'ont pas été volés?&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Pourquoi Israël enterre-il les victimes de son occupation en secret, dans des tombes numérotées, s’il n’y a pas eu vol de leurs organes ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ce billet, en particulier, met en cause un certain docteur Yehuda Hiis: « Le Docteur Yehuda Hiss a charcuté trois adolescents de Gaza»: &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Le patron du département de pathologie d’Abou Kabir (du soi-disant Institut médico-légal), le docteur Yehuda Hiss, affirma qu’il avait reçu ces enfants sans connaître leurs noms, et qu’on les avait tous trouvés tués par des clous que l’on trouve dans les munitions des tanks ( les fléchettes). &lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;Hiss enfreignait la loi israélienne quand il a accepté les corps des enfants sans savoir qui ils étaient et à l'insu de leurs familles, mais ce n'était pas son souci. Les trois corps furent donnés à l'Autorité palestinienne plusieurs jours après leur meurtre, bourrés de coton. &lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais en quelques jours, il était déjà trop tard. L'affaire n'avait déjà plus aucune autre importance que les «tensions» entre Israël et la Suède. Le grand show à base d'imputation d'antisémitisme orchestré par Israël avait parfaitement réussi: personne ne s'intéressera aux allégations de l'article, c'est-à-dire le vol d'organes sur des Palestiniens tués par l'armée israélienne, et sa possible connexion avec un trafic international d'organes dont Israël serait «le sommet».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Coup de théatre: hier (le 21 décembre), la révélation vient d'un reportage d'une télévision israëlienne: le docteur Hiss reconnaît le prélèvement illégal d'organes sur des Palestiniens, l'armée aussi, tout en précisant que la pratique aurait cessé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Tout aussi spectaculaire: aucun journal français ne reprend l'information. Je n'en trouve trace ni sur le Figaro, ni sur le Monde, ni sur Libération. Seule une dépêche non signée de l'AP est passée sur le fil info du Nouvel Obs: «&lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/proche_moyenorient/20091221.FAP9078/israel_des_organes_ont_ete_preleves_sur_des_palestinien.html"&gt;Israël: des organes ont été prélevés sur des Palestiniens&lt;/a&gt;». Et l'on retrouve des noms qu'on avait déjà croisés dans l'enquête de CNN et dans le billet de&amp;nbsp;Kawther Salam. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Israël a reconnu que dans les années 1990, ses médecins légistes avaient collectés les organes de corps morts, notamment sur des Palestiniens, sans autorisation des familles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[...] &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'auteur de l'entretien, Nancy Scheper-Hugues, professeur à Berkeley, a décidé de publier l'interview en réponse à la controverse soulevée par l'article du journal, qui avait créé des tensions diplomatiques. Pour cette anthropologue, la pratique symbolique de prendre la peau de l'ennemi a été reconsidérée. Pour le ministère de la santé israélien, les directives à l'époque n'étaient pas claires. &lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Les médias anglosaxons en parlent un peu plus mais, à l'image du Guardian, le traitement se limite au «damage control». Ainsi, dans l'article «&lt;a href="http://www.guardian.co.uk/world/2009/dec/21/israeli-pathologists-harvested-organs"&gt;Doctor admits Israeli pathologists harvested organs without consent&lt;/a&gt;» (déjà, le titre est un bel «understatement»), on peut lire: &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;The revelation, in a television documentary, is likely to generate anger in the Arab and Muslim world and reinforce sinister stereotypes of Israel and its attitude to Palestinians. Iran's state-run Press TV tonight reported the story, illustrated with photographs of dead or badly injured Palestinians. &lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;Deux phrases, deux saloperies. La crainte n'est pas que l'information soit affreusement grave et qu'Israël ait, à nouveau, battu ses records de bassesse, mais que cela «génère de la colère dans le monde arabo-musulman et que cela renforce les stéréotypes contre Israël». C'est pourtant bien Israël qui a lancé le thème de l'antisémitisme sur le sujet et établit le lien suivant: «Au Moyen-Age, on répandait des diffamations accusant les juifs de préparer le pain azyme de Pâques avec du sang d'enfants chrétiens». Le sujet n'est clairement pas un stéréotype antisémite propre aux arabes, c'est bien un acte d'une bassesse inimaginable commis par les israéliens. Et ensuite, la mention du fait que ça a été repris par la télévision iranienne permet d'insister sur l'aspect «louche» de ces stéréotypes «antisémites»; alors que c'est bien une télévision israélienne qui a diffusé cette information. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;À ce stade, ça devient grandiose. Quasiment aucun média français ne reprend l'information (produite par une télévision israélienne), mais la télévision iranienne y consacre un reportage, et ce serait l'honneur de nos médias de ne pas diffuser ces «stéréotypes contre Israël»? On a là un crime qui doit choquer n'importe quel être humain, mais ça ne risque de «générer de la colère» que dans le monde arabo-musulman? Les «occidentaux» ne seraient donc plus capables de la moindre indignation? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Déjà, le courageux journaliste irakien qui a fait de la prison pour avoir jeté ses chaussures à la face du criminel de guerre Georges Bush nous a été présenté comme «un héros du monde arabe». Après&amp;nbsp;le vote raciste suisse contre les minarets, la seule conséquence pratique&amp;nbsp;que l'on agitait était des sanctions de la part des investisseurs arabes. Quant à la Grande-Bretagne, elle s'excuse parce que sa justice a émis un mandat d'arrêt contre une criminelle de guerre israélienne. Il y aurait donc des héros et une colère exclusivement arabes; les européens, eux, n'auraient que des excuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Dans cette histoire, le grand cirque de l'imputation d'antisémitisme, agitée initialement par le gouvernement israélien, continue à être efficace. L'info «sent mauvais» et plus personne ne veut y toucher. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a trois jours, le Point était parvenu à nous informer qu'en Israël, «&lt;a href="http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/2009-12-18/israel-les-donneurs-d-organes-seront-receveurs-prioritaires/1055/0/406547"&gt;Les donneurs d'organes seront receveurs prioritaires&lt;/a&gt;» (comme quoi, la bassesse n'interdit pas le ridicule). Et, autant on a habituellement droit au détail des interdits religieux musulmans jugés aberrants, autant sur ce coup là, on évitera de faire le lien avec &lt;a href="http://www.lamed.fr/index.php?id=1&amp;amp;art=971"&gt;un interdit religieux juif&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Mais en même temps, la loi juive interdit la profanation d’un cadavre (nivoul hameth). Le corps d’une personne décédée, étant donné qu’il a accueilli une âme sainte, doit être traité avec un respect extrême.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Compte tenu de l’interdiction de profaner le corps humain, il est interdit de faire un don à une « banque d’organes », là où il n’y a pas de receveur spécifique et immédiat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est également interdit de faire don d’un organe pour la recherche médicale ou pour permettre aux étudiants en médecine de se livrer à des dissections.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le député arabe israélien qui explique que le scandale du vol d'organes est un nouveau signe du racisme de la société israélienne («&lt;a href="http://sabbah.biz/mt/archives/2009/12/21/israel-admits-stealing-palestinian-organs/"&gt;inherent racism plaguing the Israeli Jewish society&lt;/a&gt;»), n'est donc pas cité. Pourtant, c'est assez transparent: il y a un déficit de donneurs en Israël, sans doute lié à un interdit religieux qui proclame «l'interdiction de profaner le corps humain», mais on s'y livre sur des cadavres palestiniens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors quoi, une enquête européenne sur ce nouveau crime israélien, le vol d'organe sur des Palestiniens tués par l'armée israélienne, c'est totalement inimaginable? Est-ce que les échanges commerciaux «privilégiés» avec les États extra-européens ne sont pas conditionnés au respect minimum des droits de l'Homme? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;En conclusion, citons le député arabe israélien &lt;a href="http://sabbah.biz/mt/archives/2009/12/21/israel-admits-stealing-palestinian-organs/"&gt;Ahmed Teibi&lt;/a&gt;: &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;S'ils admettent cela, imaginez l'ampleur de ce qu'ils dissimulent. &lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-5776589999410230963?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/5776589999410230963/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=5776589999410230963' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5776589999410230963'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5776589999410230963'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/12/le-vol-dorganes-sur-des-palestiniens.html' title='Le vol d&apos;organes sur des Palestiniens, c&apos;était donc vrai'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-4309573071351142404</id><published>2009-11-09T14:15:00.002+01:00</published><updated>2009-11-09T14:21:04.503+01:00</updated><title type='text'>François Cluzet parle de Salah Hamouri</title><content type='html'>&lt;div&gt;France 2, journal de 13 heures, dimanche 8 septembre 2009. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;object width="480" height="275"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xb30qi&amp;amp;related=0"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowScriptAccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xb30qi&amp;amp;related=0" type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="275" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;N'est-ce pas mignon: Jean-François Coppé et Laurent Delahousse prétendent ne pas savoir qui est Salah Hamouri.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-4309573071351142404?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/4309573071351142404/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=4309573071351142404' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/4309573071351142404'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/4309573071351142404'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/11/francois-cluzet-parle-de-salah-hamouri.html' title='François Cluzet parle de Salah Hamouri'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-5447151481613529627</id><published>2009-10-07T12:15:00.005+02:00</published><updated>2009-10-12T15:45:53.589+02:00</updated><title type='text'>Corruption, incompétence, collaboration, ou les trois?</title><content type='html'>&lt;div&gt;Le scandale de la reddition en rase campagne de Mahmoud Abbas quant au rapport Goldstone provoque une crise profonde. Après &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2009/10/abbas-aide-israel-enterrer-ses-crimes.html"&gt;mon billet d'hier&lt;/a&gt; (la traduction d'un billet d'Electronic Ali), il me semble intéressant de vous présenter d'autres commentaires sur cette affaire.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;En particulier,&lt;a href="http://sareemakdisi.net/2009/10/05/last-straw-for-the-palestinian-authority/"&gt; un billet remarquable de Saree Makdisi&lt;/a&gt; offre trois explications possibles: &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Corruption; incompetence; collaboration: ah, the agony of choice.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Comme il le dit simplement, la trahison est grave:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;On peut difficilement attendre d'autres États qu'ils résistent à la pression étasunienne et soutiennent une résolution en faveur des droits des Palestiniens que la délégation palestinienne elle-même renonce à soutenir – pourquoi le Venezuela, le Nigeria ou le Pakistan devraient être plus Palestiniens que les Palestiniens?&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Concernant la corruption de l'Autorité palestinienne, Saree Makdisi reprend essentiellement les informations déjà présentes dans le billet d'Electronic Intifada que j'ai traduit ici hier: l'implication directe de la clique Abbas dans une entreprise téléphonique financée par des hommes d'affaire du Golfe, et le chantage israélien pour «libérer» la bande de fréquences nécessaire au lancement de ce réseau téléphonique. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je voudrais faire ici un aparté.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La question de la corruption en Palestine m'a toujours paru problématique: c'est typiquement un sujet exploité par les Israéliens pour déligitimer leurs interlocuteurs et pouvoir prétendre qu'ils n'ont aucun «partenaire» pour négocier (en faisant, évidemment, l'économie de leurs propres problèmes de corruption). En gros: Arafat est corrompu, on peut pas négocier avec lui; les organisations de résistance, elles, sont «islamiques», «antisémites», «terroristes», on ne peut pas non plus négocier avec elles. Situation confortable pour qui ne cherche pas la paix («nous n'avons pas d'interlocuteur pour la paix»...).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Surtout, peut-on sérieusement s'étonner de l'existence de la corruption en Palestine? Soixante ans d'occupation, des enjeux de pouvoir permanents (puisque, dans un non-État, le pouvoir ne peut évidemment pas avoir de légitimité purement démocratique, mais être uniquement le fruit d'enjeux, de négociations, d'«équilibres» diplomatiques, de l'histoire de la lutte armée... au point que, lorsqu'une légitimité démocratique émerge enfin après des élections, elle est immédiatement noyée sous les bombes et le blocus), le besoin permanent de graisser des pattes (en Palestine occupée et à l'étranger), la fréquentation continue d'officines de sécurité recourant elles-mêmes à la corruption, la longue fréquentation du système libanais (hé hé), le besoin de financer une tripotée de trucs occultes (armes, communication), l'obligation d'ailleurs de mettre en place des structures occultes pour ne pas servir de cible aux interventions israéliennes, de l'argent légal déversé dans un non-État sans  structures de contrôle ni contre-pouvoirs, et des financements occultes de la part de tous ceux qui interviennent en Palestine pour promouvoir leurs intérêts ou leur idée de la «paix» (le «Quartet», Israël, les pays du Golfe, etc.). Le système politique israélien, qui se présente comme une démocratie moderne dotée de contre-pouvoirs, est totalement vérolé par la corruption. Comment imaginer que la Palestine, qui n'a aucune des caractéristiques d'un État, puisse échapper à la corruption? Corruption qui, dans cette situation, me semble à la fois inévitable et, pour une part, indispensable. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Bref, le système Arafat a toujours été corrompu et a toujours fait usage de la corruption. Mais le problème est qu'il est très difficile d'utiliser cet unique argument pour nier sa légitimité. Il y a une foule d'autres aspects pour critiquer l'épopée Arafat, mais le problème de la corruption m'apparaît naïf et (trop) facilement utilisé par les israéliens pour refuser toute négociation.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Cependant, avec Abbas et «la jeune garde» symbolisée par Dahlan, il n'est pas impossible de considérer que la corruption est devenue l'unique moteur de l'Autorité palestinienne, l'aspect central expliquant les deux autres aspects évoqués par Saree Makdisi, l'incompétence et la collaboration.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La seconde explication possible, selon Makdisi, est l'incompétence. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;L'une des explications est, simplement, l'incompétence: qu'Abbas et ses associés manquent tellement d'intelligence, d'imagination et compétences politiques qu'ils aient simplement raté toute l'affaire. Cela n'est certainement pas hors de question: Abbas lui-même est un homme extraordinairement fade et profondément compromis, et son cercle d'intimes – dont des hommes comme Mohammad Dahlan et Saeb Ereikat – inspire encore moins confiance qu'Abbas lui-même. En dehors de leur profond dédain pour les souffrances palestiniennes à Gaza (obtenir réparation de ces souffrances devrait être leur principale priorité), il devrait être clair qu'un participant à une négociation qui jette volontairement par la fenêtre une de ses rares cartes maîtresses tout en essayant (ou en prétendant) négocier n'est, c'est un euphémisme, pas qualifié pour négocier dès le départ, et encore moins pour prétendre «mener» un peuple rebelle et invaincu comme les Palestiniens. Si la direction de Ramallah est aussi désespérément incompétente selon ce scénario, c'est une raison suffisante pour leur retirer leur mandat, sinon pour dissoudre l'Autorité palestinienne elle-même. (Il est difficile, cependant, de «retirer son mandat» à quelqu'un comme Abbas, qui n'a de toute façon pas de «mandat» [...].)&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;L'option de l'incompétence est celle soutenue par Rami G. Khoury dans &lt;a href="http://www.dailystar.com.lb/article.asp?edition_id=10&amp;amp;categ_id=5&amp;amp;article_id=107227"&gt;un billet du Daily Star&lt;/a&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;The total emptiness in the Palestinian presidential chair is a problem that has a solution; in one move Abbas can help rebuild the credibility of the Palestinian presidency while simultaneously strengthening overall Palestinian national unity and political cohesion. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;He should simply call early elections for the Palestine Authority presidency, not stand as a candidate, and instead devote time to using his other position as head of the Palestinian Liberation Organization’s Executive Committee to achieve a critical need absent from Palestinian life for decades: namely, building a national consensus by giving voice to all groups of Palestinians and especially to refugees living in camps throughout the Middle East.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;Mais l'aspect le plus intéressant de l'article de Saree Makdisi est, à mon avis, sa troisième option: il explique le pourquoi du comment de l'Autorité palestinienne elle-même, et en quoi cette Autorité n'a qu'une seule fonction: la collaboration. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;Une autre possibilité – que je trouve plus plausible – est qu'Abbas, l'Autorité palestinienne et l'essentiellement défunte OLP ne sont pas (et n'ont jamais été, au moins depuis la mort de Yasser Arafat) intéressés par de véritables négociations avec Israël qui auraient pu mener à la création d'un véritable État palestinien dans les territoires occupés. Après tout, une des principales critiques des accords d'Oslo de 1993-1995 qui ont donné naissance à l'Autorité palestinienne est que, loin de mettre un terme à l'occupation israélienne du territoire palestinien, ils ont surtout servi à transférer la charge et le coût quotidiens que représente l'occupation à l'AP nouvellement fondée, tout en permettant à Israël de continuer à démolir des maisons palestiniennes, à exproprier des terres palestiniennes et à construire des colonies juives en territoires occupés en contravention avec la loi internationale. Oslo a formellement divisé en trois parties le territoire palestinien qu'Israël occupe depuis 1967 (Gaza, la Cisjordanie et Jerusalem Est), séparées les unes des autres et du monde extérieur et, de plus, a divisé la Cisjordanie elle-même en trois Zones A, B et C. C'est seulement dans la Zone A (environ 18% du total) que l'Autorité palestinienne a une quelconque présence réelle sur le terrain, et dans la Zone C (60% de la Cisjordanie), l'AP n'a ni rôle ni aucune présence – et c'est là qu'Israël s'est consacré (et le fait toujours) à démolir, exproprier et construire. Oslo et l'Autorité palestinienne, en d'autres termes, loin de mettre un terme à l'occupation et de jeter les bases pour la création d'un État palestinien indépendant, ont en fait permis à Israël de consolider son occupation et de renforcer sa mainmise sur de terres palestiniennes. C'est exactement pour cela que la population de colons juifs en Cisjordanie et à Jerusalem Est a doublé pendant l'époque d'Oslo et a continué à augmenter depuis – jusqu'à atteindre aujourd'hui un demi-million de personnes.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Comme le récent épisode le démontre amplement, l'Autorité palestinienne sert Israël en facilitant l'occupation – ce pour quoi Israël l'a inventé à l'origine, de la même façon que, historiquement, les puissances coloniales ont toujours tenté de créer ou d'exploiter des élites locales pour les aider à gérer une large population: une approche joliment résumée par Macaulay dans sa Minute on Indian Education de 1835 («Nous devons à présent faire de notre mieux pour former une classe qui nous serve d'interprètes entre nous et les millions que nous gouvernons; une classe d'individus, Indiens par le sang et la couleur, mais Anglais par le goût, l'opinion, la morale et l'intellect»). Pourquoi l'Autorité palestinienne voudrait-elle la fin d'un système dont elle bénéficie? Comme l'intellectuel français Régis Debray le fait remarquer, le status quo founit aux élites de l'AP à Ramallah «un mode de vie, un statut, une dignité et une raison d'être», et probablement (par exemple, si toutes les rumeurs sur le contrat de téléphonie mobile sont avérées) bien plus par le biais d'émoluments afférents.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Même si l'on voulait donner à l'Autorité palestinienne, à Abbas et à ses associés le bénéfice du doute, et affirmer qu'ils mettent vraiment le meilleur intérêt de leur peuple au centre de leurs préoccupations, il reste dans tous les cas le fait que l'Autorité, même dans le scénario le plus optimiste, ne peut prétendre représenter qu'une minorité du peuple palestinien, puisque seule une minorité des palestiniens vit dans les territoires occupés: la majorité vit soit dans un exil qui leur a été imposé par la force lors de la création d'Israël en 1948, ou (dans le cas de ces Palestiniens qui ont survécu à l'épuration ethnique de cette année là et sont restés chez eux) en tant que citoyens de seconde classe dans un État qui se voudrait juif et qui les discrimine systématiquement parce qu'ils ne sont pas juifs.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est un point particulièrement intéressant et important, en ce qu'il questionne l'existence même de l'Autorité palestinienne, mise en place uniquement pour permettre à Israël de se débarrasser de la gestion d'une minorité des Palestiniens occupés (Ramallah n'ayant, en pratique, la gestion que d'une infime minorité du peuple palestinien). De fait, l'objet même de l'Autorité palestinienne est d'être une structure de collaboration, «auquel cas il n'est pas moins collaborationniste que le “gouvernement” de Vichy dans la France occupée par les nazis des années 1940».&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Comme l'indique Yves Gonzalez-Quijano &lt;a href="http://cpa.hypotheses.org/1320"&gt;dans son court billet du jour&lt;/a&gt;, une autre rumeur, alimentée par le quotidienne israélien Maariv, circule. Reproduite par des médias palestiniens (même s'il est, pour le coup, particulièrement nécessaire de la prendre au conditionnel), on ne peut douter qu'elle aura un impact important), elle alimente également la critique d'un «régime de collaboration»:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;La presse palestinienne (http://www.arabs48.com) relaie en arabe des infos «données» (?) par le quotidien israélien Maariv selon lesquelles les responsables de Tel-Aviv menaceraient Abou Mazen de rendre public une vidéo où on le voit plaider avec la toute dernière énergie devant le ministre de la Défense, Ehoud Barak, en faveur d’une intensification des bombardements sur Gaza. Ce serait - on souligne le conditionnel - la divulgation de ces images auprès de certaines délégations des Nations unies qui aurait entraîné la position palestinienne…&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Angry Arab, lui, voit d'ailleurs déjà se profiler &lt;a href="http://angryarab.blogspot.com/2009/10/fath-coup.html"&gt;une tentative de sortie de crise&lt;/a&gt; (ce qui, d'ailleurs, irait dans la logique du billet du &lt;i&gt;Daily Star&lt;/i&gt;): mettre tout sur le dos d'Abbas et le faire remplacer par un de ses plus proches collaborateurs (notamment Dahlan):&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Il semble que les États-Unis et Israël soient en train de monter quelque chose: l'expression de l'opposition à Abou Mazen (Abbas) par de gens tels que Muhammad Dahlan et Nabil `Amr pourrait indiquer un plan pour se débarrasser d'Abou Mazen dans le but de sauver l'équipe collaborationniste du Fatah. Le gouvernement égyptien vient juste d'annoncer une date pour la signature d'un traité de réconciliation entre le Fatah et le hamas le 25 octobre. Le Hamas devrait être blâmé pour le sauvetage d'Abou Mazen.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-5447151481613529627?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/5447151481613529627/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=5447151481613529627' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5447151481613529627'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5447151481613529627'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/10/corruption-incompetence-collaboration.html' title='Corruption, incompétence, collaboration, ou les trois?'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-3069332085765496463</id><published>2009-10-06T17:45:00.008+02:00</published><updated>2009-10-12T15:47:28.082+02:00</updated><title type='text'>Abbas aide Israël à enterrer ses crimes de Gaza</title><content type='html'>&lt;div&gt;L'information n'a, à nouveau, pas fait la Une de nos médias: l'autorité palestinienne a accepté de reporter de plusieurs mois une demande officielle de faire transmettre au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU les conclusions du rapport Goldstone.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Yves Gonzalez-Quijano a évoqué cette affaire &lt;a href="http://cpa.hypotheses.org/1304"&gt;dans un billet récent&lt;/a&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;On en parle (encore ?) peu dans la presse non-arabe, mais le report, pour mars prochain au plus tôt, du vote par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur le rapport rédigé par le juge Richard Goldstone à propos de la guerre de Gaza, &lt;b&gt;faute d’un soutien de la part des officiels palestiniens&lt;/b&gt;, n’a pas fini de susciter des réactions. Certes, l’Autorité palestinienne affirme qu’il s’agit d’un repli tactique pour arriver à un plus grand consensus; elle explique aussi qu’elle a subi d’énormes pressions américaines et que la menace d’un vote pèse désormais, telle l’épée de Damoclès, au-dessus de la tête du gouvernement israélien qu’on imagine terrifié par cette éventualité…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abou Mazen et consorts auront néanmoins beaucoup de mal à faire accepter leur décision par les organisations internationales qui, à l’image de Human Right Watch, se sont battues pour tenter de faire condamner par la «communauté internationale» les crimes de guerre commis à Gaza.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est peu dire qu’une telle position donne des arguments à tous ceux qui, en Palestine, considèrent qu’ils sont représentés par des marionnettes dignes des Guignols de l’info.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alain Gresh revient lui aussi sur cette affaire dans &lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2009-10-06-Du-rapport-Goldstone-a-la-campagne-contre-Agrexco"&gt;son blog du Diplo&lt;/a&gt; et cite une dépêche de l'AFP qui indique:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est la cible de vives critiques, y compris dans son propre camp, à la suite du report controversé du vote sur le rapport de l’ONU fustigeant l’attitude d’Israël pendant la guerre de Gaza. Cette crise risque d’affaiblir M. Abbas au moment où les Etats-Unis tentent de relancer les négociations de paix avec Israël, relèvent les observateurs. &lt;b&gt;A Ramallah, siège de l’Autorité, des centaines de Palestiniens ont dénoncé lundi le soutien de leur direction à ce report, tandis que d’autres à Jérusalem parlaient de «coup de poignard dans le dos et le cœur de tous les martyrs»&lt;/b&gt;. «Nous voulons que le président Abbas présente des excuses et si le gouvernement a quoi que ce soit à voir avec cette décision, nous voulons qu’il démissionne», a déclaré Mohammed Jadallah, le leader d’une coalition d’ONG palestiniennes. &lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pour intéressants qu'ils soient, ces deux billets ne donnent malheureusement pas réellement de pistes pour comprendre la décision de Mahmoud Abbas, et la colère des Palestiniens et de ceux qui les soutiennent. Il faut consulter &lt;a href="http://electronicintifada.net/v2/article10807.shtml"&gt;ce très intéressant article d'Ali Abunimah&lt;/a&gt; («Electronic Ali») pour comprendre la gravité de la situation. Pour As'ad Aboukhalil («Angry Arab»), c'est un nouveau record de bassesse que vient de battre le régime de Ramallah.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je vous livre donc une traduction personnelle de l'article d'&lt;i&gt;Electronic Intifada&lt;/i&gt;. Que ses conclusions soient justes (je pense qu'elles le sont) ou erronées, c'est un article important de toute façon: quand Abbas et Dahlan passeront la frontière israélienne en slip au milieu de la nuit (sort réservé par Israël à ses propres collaborateurs), quand ils seront mitraillés, émiettés ou pendus (sorts auxquels n'échappe quasiment aucune marionnette des occidentaux), quand les palestiniens persisteront à voter de manière prétendument «irrationnelle», c'est ce genre d'accusations, largement connues là-bas, ignorées ici, qui permettront de comprendre.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;Abbas aide Israël à enterrer ses crimes de Gaza&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ali Abunimah, &lt;a href="http://electronicintifada.net/v2/article10807.shtml"&gt;&lt;i&gt;The Electronic Intifada&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 2 octobre 2009&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alors qu'il semblait que l'Autorité palestinienne (AP) de Ramallah et son chef Mahmoud Abbas ne pourraient pas descendre plus bas dans leur complicité avec l'occupation israélienne de la Cisjordanie et le blocus meurtrier de Gaza, Ramallah vient d'infliger un nouveau coup de massue au peuple palestinien.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La délégation Abbas aux Nations unies à Genève (qui représente officiellement une Organisation de Libération de la Palestine moribonde) a renoncé à une résolution demandant au Conseil des droits de l'Homme de transmettre le rapport du juge Richard Goldstone sur les crimes de guerre à Gaza au Conseil de sécurité de l'ONU pour obtenir des sanctions. Bien que l'AP a agi sous la pression américaine, il existe de fortes présomptions que les intérêts commerciaux de palestiniens et d'hommes d'affaires du Golfe étroitement liés à M. Abbas ont également joué un rôle. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le rapport Goldstone présente en 575 pages les preuves de crimes de guerre israéliens choquants et de crimes contre l'humanité commis pendant l'agression de l'hiver dernier contre la bande de Gaza, qui a tué 1400 palestiniens, en grande majorité des non-combattants, et des centaines d'enfants. Le rapport accuse également le mouvement de résistance palestinien Hamas de crimes de guerre pour avoir tiré de roquettes sur Israël qui ont tué trois civils. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le rapport Goldstone a été salué comme un tournant par les Palestiniens et les partisans, dans le monde entier, de la primauté du droit; il a demandé que des suspects soient tenus responsables devant les tribunaux internationaux si Israël échoue à les poursuivre. Or Israël n'a jamais, dans son histoire, tenu ses dirigeants politiques et militaires juridiquement responsables de crimes de guerre contre les Palestiniens. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;À juste titre, Israël a été terrifié par le rapport, mobilisant toutes ses ressources diplomatiques et politiques pour le discréditer. Ces derniers jours, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que si le rapport était suivi d'effets, il serait «un coup sérieux porté à la guerre contre le terrorisme», et «porterait un coup fatal au processus de paix, car Israël ne serait plus en mesure de prendre des mesures supplémentaires et de prendre des risques pour la paix si son droit à l'autodéfense lui était refusé.»&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Sans surprise, un des premiers alliés dans la campagne israélienne pour l'impunité a été l'administration Obama, dont l'ambassadeur à l'ONU, Susan Rice, a exprimé «de très graves inquiétudes» concernant le rapport et a dénoncé le mandat Goldstone comme «déséquilibré, unilatéral et fondamentalement inacceptable.» (Rice a respecté fidèlement sa parole: en avril, elle avait déclaré au journal &lt;i&gt;Politico&lt;/i&gt; que l'une des principales raisons qui avait motivé l'administration Obama à adhérer au Conseil des droits de l'homme de l'ONU était de lutter contre ce qu'elle appelait «la merde anti-israélienne»).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Goldstone, que sa fille a publiquement décrit comme un sioniste aimant Israël, est un ancien juge de la Cour suprême sud-africaine, et un juriste international hautement respecté. Il était le procureur en chef des tribunaux des crimes de guerre des Nations unies pour le Rwanda et l'ex-Yougoslavie. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Que le rapport Goldstone soit un coup sévère à la capacité d'Israël à commettre en toute impunité de futurs crimes de guerre ne fait aucun doute; cette semaine, s'appuyant sur le rapport, des avocats du Royaume-Uni ont demandé à un tribunal de délivrer un mandat d'arrêt contre le ministre israélien de la Défense en visite, Ehud Barak. Cette action n'a pas réussi, mais le gouvernement israélien a pris des mesures extraordinaires ces derniers mois pour essayer de protéger ses fonctionnaires contre les poursuites, craignant que la survenue d'arrestations ne soit plus qu'une question de temps. Parallèlement à la campagne internationale grandissante de boycott, désinvestissement et sanctions, la crainte de se retrouver à La Haye semble être la seule chose qui puisse pousser le gouvernement israélien et sa société à reconsidérer leur aventure destructrice. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;On pourrait penser, alors, que les représentants auto-proclamés du peuple palestinien ne négligeraient pas une telle arme. Et pourtant, selon l'ambassadeur Ibrahim Abbas Khraishi, l'Autorité palestinienne à Ramallah a abandonné son action à la demande des Américains, au motif que «nous ne voulons pas créer un obstacle pour eux.»&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;L'excuse de Khraishi selon laquelle la résolution a simplement été reportée jusqu'au printemps ne convainc pas. Si aucune mesure n'est prise aujourd'hui, le rapport Goldstone sera enterré d'ici là et les preuves des crimes d'Israël – nécessaire à des poursuites – pourraient être plus difficiles à collecter. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Cette dernière reddition intervient moins de deux semaines après que M. Abbas est apparu à un sommet à New York avec le président américain Barack Obama et Netanyahu, malgré l'abandon de son exigence qu'Israël arrête la construction de colonies exclusivement juives sur des terres palestiniennes occupées. Déjà sous la pression américaine, l'AP a abandonné sa promesse de ne pas reprendre les négociations sans l'arrêt de la colonisation, et a accepté de participer à des «discussions de paix» avec Israël sous médiation américaine à Washington cette semaine. Israël, pendant ce temps, a annoncé des plans pour la construction de la plus grande colonie en Cisjordanie depuis 1967. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ce qui est encore plus exaspérant, c'est la réelle possibilité que la PA soit en train d'aider Israël à se laver les mains du sang qu'il a déversé dans la bande de Gaza, pour des motifs aussi bas que l'intérêt financier d'hommes d'affaires étroitement liés à M. Abbas. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;The Independent&lt;/i&gt; (Royaume-Uni) a signalé le 1er octobre: &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;«Shalom Kital, un assistant du ministre de la Défense Ehud Barak, a déclaré aujourd'hui qu'Israël ne libérera pas la part du spectre radioélectrique qui a longtemps été demandée par l'Autorité palestinienne pour permettre le lancement d'une deuxième société de télécommunications mobiles, à moins que l'Autorité palestinienne n'abandonne ses efforts pour mettre en cause les soldats et officiers israéliens au sujet de l'opération israélienne». («&lt;a href="http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/palestinians-cry-blackmail-over-israel-phone-service-threat-1796145.html"&gt;Les Palestiniens dénoncent le “chantage” d'Israël contre le service téléphonique&lt;/a&gt;», &lt;i&gt;The Independent&lt;/i&gt;, 1er octobre). &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Kital a ajouté que le fait que l'AP abandonne ses efforts pour faire avancer le rapport Goldstone constituait une «condition» spécifique. La compagnie de téléphone, Wataniya, a été décrite en avril dernier par l'agence Reuters comme «une société soutenue par Abbas» qui est une joint-venture entre des investisseurs du Qatar, du Koweït et le Fonds d'investissement palestinien dans lequel l'un des fils d'Abbas est étroitement impliqué. En outre, Reuters a révélé que la compagnie naissance ne souffrait apparemment pas d'une pénurie de capitaux grâce aux investisseurs du Golfe, recevant des millions de dollars de «l'aide des Etats-Unis sous la forme de garanties de prêts destinés aux agriculteurs palestiniens et d'autres petites et moyennes entreprises» (voir «&lt;a href="http://uk.reuters.com/article/idUKL1783372"&gt;L'aide américaine va à la société téléphonique soutenue par Abbas&lt;/a&gt;», &lt;i&gt;Reuters&lt;/i&gt;, 24 avril 2009). &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Un jour seulement avant que la délégation Abbas retire sa résolution à Genève, Nabil Shaath, le «ministre des Affaires étrangères» de l'AP a dénoncé les menaces israéliennes au sujet de Wataniya comme un «chantage» et a promis que les Palestiniens ne céderaient pas.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La trahison du peuple palestinien par l'AP au sujet du rapport Goldstone, ainsi que la poursuite de sa «coordination de sécurité» avec Israël pour réprimer la résistance et l'activité politique en Cisjordanie, doivent nous faire comprendre sans l'ombre d'un doute qu'il s'agit d'un bras actif de l'occupation israélienne, agissant de manière tangible et de plus en plus contre le peuple palestinien et sa juste cause. &lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-3069332085765496463?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/3069332085765496463/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=3069332085765496463' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/3069332085765496463'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/3069332085765496463'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/10/abbas-aide-israel-enterrer-ses-crimes.html' title='Abbas aide Israël à enterrer ses crimes de Gaza'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-2005176530666293984</id><published>2009-07-22T14:01:00.005+02:00</published><updated>2009-07-22T14:03:11.022+02:00</updated><title type='text'>À la recherche du trou du cul du Web</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: left;"&gt;C'est trop beau pour être vrai. Si vous cherchez (à l'instant), l'expression «&lt;a href="http://www.google.com/search?rls=fr-fr&amp;amp;q=trou+du+cul+du+web"&gt;trou du cul du web&lt;/a&gt;» dans Google.fr, vous obtenez:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_tfaPznP-Da8/Smb_2a3WnqI/AAAAAAAAAHg/79hwV5XGOeM/s1600-h/trou-du-cul-du-web.gif"&gt;&lt;img src="http://4.bp.blogspot.com/_tfaPznP-Da8/Smb_2a3WnqI/AAAAAAAAAHg/79hwV5XGOeM/s400/trou-du-cul-du-web.gif" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5361253716820663970" style="display: block; margin-top: 0px; margin-right: auto; margin-bottom: 10px; margin-left: auto; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 385px; " /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-2005176530666293984?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/2005176530666293984/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=2005176530666293984' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2005176530666293984'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2005176530666293984'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/07/la-recherche-du-trou-du-cul-du-web.html' title='À la recherche du trou du cul du Web'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_tfaPznP-Da8/Smb_2a3WnqI/AAAAAAAAAHg/79hwV5XGOeM/s72-c/trou-du-cul-du-web.gif' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-496455649439308392</id><published>2009-06-27T12:01:00.020+02:00</published><updated>2009-10-12T15:48:16.435+02:00</updated><title type='text'>L'invraisemblable obsession scatologique du soldat israélien</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;Jean-Pierre Perrin compile, dans un billet de Libération du 25 juin, une liste d'«humiliations» subies par le corps diplomatique français, infligées par des soldats israéliens. Et notamment &lt;a href="http://www.liberation.fr/monde/0101576075-la-france-humiliee-par-tsahal"&gt;ce crime de lèse-drapeau parfaitement immonde&lt;/a&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;Mais l'incident le plus choquant est l'occupation du domicile de l'agent consulaire français, Majdi Chakkoura, à Gaza pendant l'attaque israélienne de janvier. En son absence, les soldats israéliens ont complètement ravagé les lieux - pourtant signalés à l'armée israélienne -, volé une grosse somme d'argent, les bijoux de son épouse, son ordinateur et détruit la thèse sur laquelle il travaillait. &lt;b&gt;Et ils ont souillé d'excréments le drapeau français.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;Cette dernière phrase a fait ressurgir des souvenirs de discussions avec un ami libanais. Me racontant (une fois de plus - l'arabe est geignard) d'innombrables exactions israéliennes lors de l'invasion de 1982, mon ami me parla de la propension des soldats de l'État hébreux à déféquer un peu partout. Dans le long flot de vols, meurtres, pillages... cette histoire de défécation m'a semblé relever de cette tendance toute méditerranéenne à l'exagération romanesque.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais, avec le temps, je me suis rendu compte que cet aspect scatologique des «interventions» israéliennes était largement diffusé parmi mes interlocuteurs arabes, et totalement inconnu du côté de chez moi. Jusqu'à un fameux article d'Amira Hass, dans Haaretz en 2002, qui a fait connaître cette question liée au confort du soldat israélien.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est assez typiquement le genre de «mythe» que les palestiniens et les libanais connaissent et racontent depuis des années, mais que les médias occidentaux occultent absolument parce que c'est sans doute un mensonge inventé par ces arabes antisémites. Jusqu'au jour où c'est publié dans un journal israélien, et qu'alors ce «mythe» palestinien accède enfin au statut de vérité historique. Un peu comme cette fameuse «Nakba» dont les palestiniens nous ont si longtemps rebattu les oreilles, jusqu'au jour où, enfin, les «nouveaux historiens» israéliens nous ont permis de découvrir à la fin des années 80 ce que les arabes savaient depuis 1948.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les aventures stercoraires de Tsahal sont documentées en anglais, de manière fragmentaire, et quasiment pas en français. Je vous livre donc ici une recension de ce sujet écœurant. Les traductions sont de mon fait, le lecteur est comme à chaque fois invité à consulter les textes originaux en anglais pour éviter de reproduire mes éventuelles erreurs de traduction.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Commençons ce récit du brave soldat israélien en milieu hostile par &lt;a href="http://angryarab.blogspot.com/2009/03/israeli-house-cleaning-on-looters.html"&gt;les mémoires de Jean Said Makdisi, &lt;/a&gt;&lt;i&gt;&lt;a href="http://angryarab.blogspot.com/2009/03/israeli-house-cleaning-on-looters.html"&gt;Beirut Fragments&lt;/a&gt;:&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;Après le départ des Israéliens (de Beyrouth en 1982), nous avons commencé à entendre parler des aspects les plus extraordinaires de l'occupation. Les arrestations, les harcèlements, les fusillades, les pillages systématiques: il s'agissait de ce à quoi tout le monde s'attendait et, de fait, cela avait eu lieu. Mais la chose la plus inattendue, lorsqu'on en entendait parler pour la première fois, provoquait un rire hésitant. Progressivement, nous avons découvert que ce qui semblait être, au départ, un incident isolé, était en réalité une marque de fabrique et avait pris des dimensions beaucoup plus importantes.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les soldats israéliens, partout où ils avaient séjourné, avaient déféqué dans des lieux choisis. Sur des livres, des meubles, des vêtements, des tapis; sur le sol des chambres à coucher, près des toilettes et dans les baignoires; sur les bureaux des écoles; et jusque dans les vitrines des magasins, les gens ont trouvé des fèces pourrissantes. Quelqu'un a juré qu'elle connaissait une maison près de l'aéroport où la maîtresse de maison en détresse avait découvert des selles dans ses machines à laver le linge et la vaisselle. Nous avons entendu qu'un homme était allé à son bureau et avait vu ces déjections puantes et insultantes sur tous les bureaux, sauf sur le sien. Triomphalement, il s'est installé à son bureau et s'est vanté auprès de ses malheureux collègues. Puis il a ouvert son tiroir et, là, soigneusement installé au milieu de ses fichiers, se trouvait le leg de l'armée israélienne.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et ainsi, après la ruine et la tragédie, après les destructions et la souffrance, la mort et les mourants, les corps lacérés et les yeux aveuglés, les visages brulés et défigurés, les veuves et les orphelins – après tout cela, tout ce qui est resté n'a été qu'un gros tas d'excréments. Les incendies s'étaient éteints, étouffés par un amas de fumier. Une épouvantable plaisanterie, symbole d'un mépris supérieur, une puanteur cosmique était devenu le monument à la mémoire de ces mois d'agonie.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;Noam Chomsky évoque également cet aspect de l'invasion de Beyrouth dans &lt;i&gt;The fateful triangle&lt;/i&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;Dans le même bâtiment, les soldats israéliens sont entrés par effraction dans l'appartement du professeur Khalidi, titulaire de la chaire du département de biochimie de l'Université américaine de Beyrouth. Ils l'ont totalement pillé, volant objets d'art, poteries anciennes, ustensiles de cuisines, outils, etc. Des sculptures furent jetées dans la rue. Les notes de lecture et les livres qui n'ont pas été volés ont été jetés au sol, puis les soldats «ont déféqué dessus» et «cassé des œufs crus sur l'empilement». &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;Plus loin:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;À l'hôpital Berbir, que les israéliens avaient bombardé plusieurs fois, «la clinique et les appartements des médecins furent saccagés pendant les quatre jours d'occupation israélienne, selon les médecins présents». Des chaises ont été cassées, des ordures et de la nourriture répandues partout, des soldats ont dessiné sur des tapis avec du rouge à lèvres, ont déféqué dans des pots et des casseroles, volé les cassettes des conférences, les appareils photo, etc. Une mosquée sur le principal axe est-ouest a été profanée. «Nombre de ses tapis ont été volés, on a déféqué sur d'autres, et des canettes de bière ont été répandues au sol», selon des témoins habitant près de la mosquée.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;Autre période, même mœurs. Cette tradition est évoquée en 1995 en Palestine dans le &lt;i&gt;Palestine Yearbook of International Law&lt;/i&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;48. Dans ma même ville [Ramallah], une famille a été réveillée le mercredi 19 octobre 1994 à deux heures du matin par un groupe d'officiers (quatre ou cinq selon le témoignage des occupants) utilisant un mégaphone pour ordonner à tous les habitants de sortir de la maison. Ils venaient arrêter un suspect, qui s'est avéré être un des enfants de la famille, un jeune étudiant. Laissant la famille à l'extérieur, le groupe d'officiers est entré dans la maison et a systématiquement saccagé chaque pièce: fauteuils, sofas et lits ont été éventrés, les armoires vidées et leur contenu jeté au sol, la cuisine détruite, les appareils mis en pièce et cassés, les récipients de nourriture retournés, notamment les pots d'olives qui ont été vidés sur la terrasse, les carnets et les livres scolaires déchirés. Pour couronner ce haut fait militaire, un des hommes a déféqué dans le hall et a jeté ses excréments sur un des lits. Ces événements sont survenus sept heures avant l'attaque de Tel Aviv le même jour et ne peuvent aucunement être considérés comme un acte de vengeance.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;Sept ans plus tard, en décembre 2002, &lt;a href="http://www.wrmea.com/archives/december02/0212012.html"&gt;Samah Jabr&lt;/a&gt; raconte, dans le &lt;i&gt;Washington Report on Middle East Affairs&lt;/i&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Nous avons tous été soumis aux images pornographiques diffusées par les israéliens quand ils occupaient les stations de télévision palestiniennes. Ces soldats n'ont pas hésité à uriner et à déféquer partout sur les biens palestiniens, dans les bureaux et les appartements qu’ils occupaient.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;L'article qui a le plus fait connaître à l'étranger cette forme étrange de l'«art de la guerre» de l'armée la plus éthique du monde a été publié par &lt;i&gt;Haaretz&lt;/i&gt; en 2002, sous la plume d'Amira Hass; le titre laisse peu de place à l'imagination: «&lt;a href="http://www.haaretz.com/hasen/pages/ShArt.jhtml?itemNo=159923"&gt;Quelqu'un a même réussi à déféquer dans la photocopieuse&lt;/a&gt;». Elle décrit le comportement des israéliens lors du siège des bureaux d'Arafat en avril 2002. Après leur départ, les Palestiniens reprennent possession du Ministère de la Culture.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;Dans d'autres bureaux, tous les équipements de haute technologie  et l'électronique ont été détruits ou ont disparu - les ordinateurs, photocopieurs, appareils photos, scanners, disques durs, le matériel de montage d'une valeur de plusieurs milliers de dollars, les postes de télévision. L'antenne de diffusion sur le toit de l'immeuble a été détruite. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les postes téléphoniques ont disparu. Une collection d'objets d'art palestinien (essentiellement des broderies faites à la main) a disparu. Peut-être ces objets ont-ils été enterrés sous les empilements de documents et de meubles, peut-être ont-ils été dérobés. Des meubles ont été tirés d'un endroit à l'autre, brisés par les soldats, et mis en piles. Des réchauds à gaz pour le chauffage ont été renversés, et jetés sur les tas de papiers épars, des livres jetés, de disquettes et de disques, et de vitres brisées. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Dans le département destiné à la promotion de l'art auprès des enfants, les soldats ont souillé les murs avec la peintures à la gouache qu'ils ont trouvée sur place, et détruit les peintures des enfants accrochées là. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Dans chaque pièce des différents départements – la littérature, le cinéma, la culture des enfants et les livres de jeunesse, des disques, des brochures et des documents ont été entassés, souillés d'urine et d'excréments. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il y a deux toilettes à chaque étage, mais les soldats ont uriné et déféqué partout ailleurs dans le bâtiment, dans plusieurs chambres où ils avaient vécu pendant environ un mois. Ils ont fait leurs besoins sur le sol, dans des pots de fleurs vides, même dans des tiroirs sortis des bureaux. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ils ont déféqué dans des sacs en plastique, et ceux-ci ont été dispersés en plusieurs endroits. Certains d'entre eux ont éclaté. Quelqu'un a même réussi à déféquer dans une photocopieuse. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les soldats ont uriné dans des bouteilles d'eau minérale vide. Celles-ci ont été dispersées par douzaines dans toutes les pièces du bâtiment, dans des boîtes en carton, des piles d'ordures et de gravats, sur les bureaux, dans les bureaux, dans les meubles fracassés, entre les livres pour enfants qui avaient été jetés au sol. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Certaines des bouteilles s'étaient ouvertes et le liquide jaune s'était déversé et avait laissé des tache. Il a été particulièrement difficile de pénétrer dans deux des étages de l'immeuble à cause de l'odeur âcre des excréments et de l'urine. Du papier toilette souillé était également dispersé partout. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Dans certaines pièces, non loin de l'amas de matières fécales et de papier hygiénique, des restes pourrissants de nourriture ont été éparpillées. Dans un coin, dans la pièce dans laquelle quelqu'un avait déféqué dans un tiroir, de pleins cartons de fruits et de légumes avaient été abandonnés. Les toilettes ont été abandonnées débordant de bouteilles remplies d'urine, d'excréments et papier toilette.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;Comme c'est très bien expliqué dans le &lt;a href="http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?pagename=JFrench/JPArticle/ShowFull&amp;amp;cid=1239710802882"&gt;Jerusalem Post&lt;/a&gt;: &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;«Que notre camp soit pur.» Telle est la philosophie de mes combattants.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Non seulement parce qu'elle résume notre enseignement, mais parce qu'elle constitue l'essence de leur croyance et de leur héritage national. Une croyance et un héritage que nous partageons tous : Israéliens religieux et laïcs, de droite et de gauche, à l'armée et ailleurs. Elle est source de fierté et de confiance, même aux moments les plus difficiles.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais alors, éclairez-nous, Danny Zamir, vous qui «dirige[z] le programme prémilitaire Itzhzak Rabin», cette invraisemblable obsession scatologique de vos «combattants», ça leur vient d'où? Ça leur vient de «la philosophie», de «notre enseignement», de «l'essence de leur croyance», ou de «leur héritage national»? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ou est-ce que ça leur vient de ce qu'ils mangent ?&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-496455649439308392?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/496455649439308392/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=496455649439308392' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/496455649439308392'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/496455649439308392'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/06/linvraisemblable-obsession-scatologique.html' title='L&apos;invraisemblable obsession scatologique du soldat israélien'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-3776785414817887915</id><published>2009-06-10T22:49:00.007+02:00</published><updated>2009-06-10T22:58:40.953+02:00</updated><title type='text'>Le Hezbollah et Aoun ont perdu avec... 54,8% des votes exprimés</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"   style="  ;font-family:Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif;font-size:19px;"&gt;&lt;span id="goog-gtc-unit-6" class="goog-gtc-unit"&gt;&lt;span dir="ltr" class="goog-gtc-translatable goog-gtc-from-human"&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;Dans un court billet de ce 10 juin, Angry Arab répond à un billet de Thomas Friedmann dans le New York Times. Comme c'est, typiquement, le genre d'analyses approximatives que l'on trouve aussi dans les journaux français, je pense qu'une traduction de ce court billet pourra intéresser.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;a href="http://angryarab.blogspot.com/2009/06/thomas-friedman-in-beirut.html"&gt;Thomas Friedmann à Beyrouth&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Y a-t-il quelque chose de plus agaçant qu'un correspondant occidental parachuté dans un pays étranger qui offre - à peine quelques heures après son arrivée - des conseils de sagesse et ses analyses sur ce pays? Et qui peut rivaliser en superficialité avec Thomas Friedman dans ce domaine? Vraiment.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il a dit: «Tout d'abord, une solide majorité de chrétiens libanais ont voté contre la liste de Michel Aoun, qui voulait aligner leur communauté sur le parti chiite Hezbollah, et tacitement l'Iran, parce qu'il l'a considéré comme étant le mieux à même de protéger les intérêts des chrétiens - &lt;a href="http://friday-lunch-club.blogspot.com/2009/06/aah-that-popular-vote.html"&gt;et non l'Occident&lt;/a&gt;.» Bien sûr, il se trompe dans sa référence aux électeurs chrétiens. En fait, non seulement Aoun reste la personne avec le plus grand bloc chrétien au parlement (en fait, son bloc s'est agrandi depuis 2005), mais dans l'ensemble, il a reçu quelque 50% des voix contre 49% des voix, si l'on ne mesure que le vote chrétien à l'échelle nationale. Et les principales régions dans lesquelles Aoun a perdu (comme à Zahlé), cela a été dû aux votes sunnites. (Ceci dit, je suis opposé à la petite division électorale et je pense que le Liban devrait être une seule unité électorale et la représentation proportionnelle devrait être adoptée: cela renforcerait les forces laïques à l'échelle nationale, qui sont aujourd'hui défavorisées et marginalisées).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il a ensuite déclaré: «Deuxièmement, une forte majorité de tous les Libanais - musulmans, chrétiens et druses - ont voté pour la coalition du 14 Mars dirigée par Saad Hariri, le fils du Premier ministre libanais assassiné, Rafik Hariri.» Eh bien, désolé de vous décevoir, mais si vous mesurez &lt;a href="http://friday-lunch-club.blogspot.com/2009/06/aah-that-popular-vote.html"&gt;le vote populaire lors de l'élection&lt;/a&gt;, il a été en faveur de l'opposition: &lt;span class="Apple-style-span"  style="color:#FF0000;"&gt;les «perdants» ont recueilli 54,8% du total des voix (839.371 votes) et les «gagnants» sont à 45,2% des suffrages (692.285 votes)&lt;/span&gt;.»&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il ajoute ensuite: «Les bulletins de vote ont été les seules armes de la coalition 14 Mars a l'encontre de l'alliance Iran-Syrie-Hezbollah..." Eh bien, oui: les bulletins de vote et: 1) l'argent de l'Arabie saoudite et de l'occident, 2) une mobilisation et d'agitation sectaire aiguës qui auraient rendu Zarqaoui fier; 3) l'argent de Hariri; 4) l'intervention du président du Liban contre Aoun; 5) l'intervention de de l'Église maronite en faveur de 14 Mars, entre autres facteurs. Oh, oui. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il a ensuite raconté: «J'ai regardé levote dans une école dans le village de montagne de Brummana. Les gens sont venus en voiture, en fauteuil roulant, à pied - les jeunes, les vieux et les malades.» Ne vous méprenez pas: Thomas Friedman ne peut écrire que des clichés recyclés, mais est-il possible de trouver un cliché plus éculé sur l'élection que celui-ci? Je veux dire, vous pouvez cherche cette phrase sur Google et vous la trouverez dans la description de toutes les élections partout dans le monde, et je doute qu'il ait réellement vu ce qu'il dit avoir vu alors qu'il était pour à tout casser deux minutes. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il a ensuite déclaré: «Cela m'a frappé: comment le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s'est montré conciliant dans sont discours de concession.» Je parie qu'il ne juge pas à partir de l'écoute directe du discours (en arabe), mais simplement en le regardant, parce que le MEMRI ne lui a pas encore fourni un extrait du discours avec des sous-titres.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span id="goog-gtc-unit-24" class="goog-gtc-unit"&gt;&lt;span dir="ltr" class="goog-gtc-translatable goog-gtc-from-human"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-3776785414817887915?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/3776785414817887915/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=3776785414817887915' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/3776785414817887915'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/3776785414817887915'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/06/thomas-friedmann-beyrouth-angry-arab.html' title='Le Hezbollah et Aoun ont perdu avec... 54,8% des votes exprimés'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-7527254972604688250</id><published>2009-06-05T12:52:00.006+02:00</published><updated>2009-06-05T13:10:50.641+02:00</updated><title type='text'>Qui participe au massacre des libanais et des palestiniens?</title><content type='html'>&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;C'est décidément le sujet qui n'intéresse pas nos médias. Je l'avais déjà abordé ici fin août 2006: &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2006/08/la-france-isral-et-le-march-de.html"&gt;La France, Israël et le marché de l'armement&lt;/a&gt;. Au-delà des déclarations de principe vaguement affichées par les gouvernements français et européens, c'est dans la pratique qu'on doit juger ces «principes».&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Un récent rapport du &lt;a href="http://www.obsarm.org/"&gt;Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits&lt;/a&gt;, présenté fin mai 2009,  a fait l'objet d'&lt;a href="http://www.ipsnews.net/news.asp?idnews=47025"&gt;un article d'IPS News&lt;/a&gt;. Le rapport ne semblant pas disponible sur Internet (mais on peut &lt;a href="http://www.grip.org/fr/siteweb/dev.asp?N=simple&amp;amp;O=722"&gt;le commander ici&lt;/a&gt;), je vous propose une traduction maison de l'article d'IPS.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;Entre 2003 et 2007, la France a émis des licences pour plus de 446 millions d'euros (623 millions de dollars) pour les exportations d'armes vers Israël. Cela fait de la France, de loin, le plus grand fournisseur d'armes à Israël dans l'Union européenne. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Patrice Bouveret, du Centre français de recherche sur la paix (conflits CRDPC) à Lyon, affirme que ces ventes sont en contradiction avec le code de conduite émis par l'Union depuis une dizaine d'années quant aux exportations d'armes. Déclaré officiellement contraignant par les gouvernements de l'UE l'année dernière, ce code interdit les ventes d'armes dans les cas où elles pourraient exacerber des tensions régionales ou lorsqu'il ya une forte probabilité qu'elles soient utilisées en violation des droits de l'homme. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;S'exprimant jeudi à l'occasion de la publication de son nouveau rapport sur l'implication israélienne dans le commerce des armes, intitulé «Qui arme Israël et le Hamas?», Bouveret a rejeté les assurances répétées du gouvernement français selon lesquelles les exportations en question sont généralement seulement des composants de produits militaires plutôt que des systèmes d'armement complèts. «Même si elles ne sont que des composants, elles sont utilisées directement par l'armée israélienne», at-il ajouté. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Selon les résultats d'une étude d'Amnesty International publiée en février, des composants électriques portant l'inscroption «Made in France» ont été retrouvés dans les ruines de bâtiments détruits par l'armée israélienne au cours de l'offensive lancée contre la bande de Gaza l'an dernier. Les éléments font partie de missiles Hellfire AGM fabriqués par la société américaine Hellfire [Feu de l'enfer, NDT] Systems, une entreprise conjointe de Lockheed Martin et Boeing. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Bouveret a également fait valoir qu'Israël est désireux de renforcer sa coopération militaire avec l'Europe afin de réduire sa dépendance face aux États-Unis.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Depuis qu'un embargo de sept ans sur les ventes d'armes à Israël a été levé par le gouvernement français en 1974, l'État hébreux s'est tourné vers la France pour acheter des lasers et des équipements spécialisés pour la reconnaissance qu'il n'a pas été en mesure d'obtenir de l'US.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La valeur globale des permis délivrés par les gouvernements de l'UE pour les les ventes d'armes à Israël s'élevaient à 846 millions d'euros entre 2003 et 2007. Après la France, les plus importantes exportations provenaient d'Allemagne, de Grande-Bretagne, de Belgique, de Pologne, de Roumanie et de la République tchèque. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Dix des 27 États membres de l'Union affirment officiellement, cependant, qu'ils ne vendent pas d'armes à Israël. Il s'agit notamment du Portugal, de l'Irlande, de la Finlande et du Danemark. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Caroline Pailhe du GRIP, une organisation belge qui surveille le commerce des armes, a déclaré à l'occasion de la présentation du rapport à Bruxelles jeudi que l'attaque d'Israël contre le Liban à l'été 2006 semble n'avoir eu «aucune influence réelle» sur les exportations militaires vers Israël. La valeur des licences approuvées par les pays de l'UE n'est tombé qu'à 127 millions d'euros en 2006 par rapport aux 145 millions d'euros de l'année précédente. Mais il a ensuite grimpé à 199 millions d'euros en 2007. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Israël est en passe de devenir un acteur important dans l'industrie de la défense globale. Il est à la fois le sixième plus gros importateur et le quatrième plus important exportateur. L'an dernier a constitué une année record pour son industrie. Pendant les six premiers mois, Israël a vendu pour 5,3 milliards de dollars d'armes à l'étranger, à comparer aux 4,7 milliards de dollars pour l'ensemble de 2007, selon à la Chambre de commerce franco-israélienne.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le développement de cette industrie a été fortement subventionnés par les États-Unis durant la période 1951-2006, les États-Unis ayant fourni à Israël 162 milliards de dollars. En comparaison, l'ensemble de l'Afrique sub-saharienne, la région la plus pauvre du monde, a reçu seulement 88 milliards de dollars. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Environ 75 pour cent de l'aide bilatérale des États-Unis à Israël a été fournie par le biais de deux programmes: le Financement militaire à l'étranger [Foreign Military Financing], qui subventionne les ventes d'armes américaines, et le Fonds de soutien économique [Economic Support Fund], qui alloue des subventions aux alliés stratégiques. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Gerald Loftus, un ancien diplomate américain, dit qu'il s'attend à ce que le Président Barack Obama ne réduise pas l'ampleur de l'aide à Israël. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais Leila Shahid, la représentante en chef de l'Autorité palestinienne à Bruxelles, fait une distinction entre le ton de la politique étrangère prônée par Obama et celle menée par son prédécesseur George W. Bush. «La peur a été le leitmotiv de toutes les politiques du président Bush», a-t-elle déclaré lors de la présentation du rapport. «Il a exploité la peur contre l'islam et la crainte d'un choc des civilisations. Obama a rejeté l'idée de la manipulation la peur.»&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pendant ce temps, l'ancienne présidente de la Knesset israélienne Colette Avital a critiqué les restrictions imposées par son gouvernement sur les livraisons de marchandises à Gaza. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Des pharmaciens dans la bande de Gaza affirment qu'ils sont incapables de vendre des traitements contre les poux des enfants, de vendre des appareils orthopédiques pour les genous aux personnes blessées à la jambe, et divers médicaments, car Israël ne permet pas à ces articles d'être transportés dans la bande. Livres et journaux ont également été interdits d'entrer dans la bande de Gaza. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Avital, l'un des principaux membres du Parti travailliste israélien, a déclaré à IPS qu'elle serait en faveur de veiller à ce que le matériel qui pourrait être utilisé comme explosif soit empêché d'entrer dans la bande de Gaza, mais que refuser l'accès à des produits qui sont disponibles ailleurs est «contreproductif». &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;«Je ne vois pas le but de ne pas autoriser certains biens qui ne sont pas destructeurs», a-t-elle dit lors d'une visite à Bruxelles, ce semaine. «Les livres et les médicaments doivent passer.»&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il me semble qu'on aurait le droit, en tant que citoyens français, d'être informés de ces faits par nos médias. Et, en attendant, d'être outré.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;On peut aussi &lt;a href="http://www.israelvalley.com/news/2009/05/15/22757/defense-inde-israel-la-progression-fulgurante-des-ventes-d-armes-d-israel-a-l-inde"&gt;noter ceci&lt;/a&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;Israël est le partenaire numéro un de l’Inde dans le domaine de la défense. Un contrat d’1,4 milliard de dollars a été signé entre les deux pays pour l’achat de systèmes anti-missiles chargés de protéger la côte maritime indienne.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Guysen News :&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Considéré comme l’un des plus gros accords signés entre les deux pays, c’est également le plus gros partenariat militaire indien conclu avec un pays étranger, devant la Russie, la Suède, la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;« Nous avons une relation très spéciale dans le domaine de la défense avec l’Inde », a déclaré récemment le Général Udi Shani, directeur de l’agence ‘Sibat export’ du Ministère de la Défense.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;L’an dernier, un contrat d’armement de 2,5 milliards de dollars avait été conclu entre les deux pays.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;Pendant ce temps, &lt;a href="http://www.7sur7.be/7s7/fr/1735/Israel-Palestine/article/detail/859951/2009/05/20/La-Russie-gele-un-contrat-de-livraisons-de-MiG-a-la-Syrie.dhtml"&gt;les méchants russes&lt;/a&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;La Russie a gelé un contrat de livraison de chasseurs intercepteurs MiG-31E à la Syrie sous la pression d'Israël, a rapporté mercredi le quotidien russe Kommersant citant des sources au sein du complexe militaro-industriel.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le contrat, signé à Damas au début 2007, prévoyait la vente à la Syrie de huit appareils pour un montant de 400-500 millions de dollars. Il devait être réalisé par l'usine aéronautique Sokol basée à Nijni Novgorod (Volga), écrit le journal.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Selon une source proche de Rosoboronexport, société publique russe chargée de la vente d'armes, la décision a été prise sous la pression d'Israël, voisin de la Syrie avec laquelle l'Etat hébreu reste officiellement en guerre.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-7527254972604688250?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/7527254972604688250/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=7527254972604688250' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/7527254972604688250'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/7527254972604688250'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/06/qui-participe-au-massacre-des-libanais.html' title='Qui participe au massacre des libanais et des palestiniens?'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-5592052561282543225</id><published>2009-05-25T23:23:00.018+02:00</published><updated>2009-05-26T00:35:44.596+02:00</updated><title type='text'>L'affaire Hariri ébranle... les journalistes occidentaux</title><content type='html'>&lt;div&gt;Après une période d'attention extraodinaire, au lendemain du meurtre de Rafik Hariri, avec quotidiennement de nouvelles analyses sur l'implication syrienne, l'affaire a plus ou moins sombré dans l'oubli.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Depuis quelques semaines, une série d'événements relayés par les dépêches d'agences ont atterri dans les rédactions. Le lecteur occidental n'aura cependant pu suivre ces nouveaux rebondissements que par de courts articles, sans qu'il soit réellement possible de les suivre avec une certaine continuité.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais, malgré une succession de rebondissements qui font tourner le machin au bazar le plus complet, depuis quelques jours, c'est un unique article du Spiegel que nos médias ont décidé de relayer.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;1er mars 2009, &lt;a href="http://www.france24.com/fr/20090301-clone-of-le-tribunal-special-le-liban-commence-travaux-"&gt;le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) entame ses travaux&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Marwan Hamadé commente: &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Ce tribunal est un tournant majeur pour le Liban et un exemple pour toute la région parce qu’il va démontrer que l’impunité a pris fin.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais, &lt;a href="http://www.liberation.fr/monde/0101321848-liban-la-justice-libere-des-prevenus-dans-le-dossier-hariri"&gt;quatre jours auparavant&lt;/a&gt;, une information ne passionne pas les géo-stratèges de nos médias: &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;La justice libanaise a décidé de relâcher sous caution les frères Mahmoud et Ahmad Abdel Aal et le Syrien Ibrahim Jarjoura, soupçonnés d’avoir passé sous silence des informations et induit les enquêteurs en erreur après l’attentat qui avait coûté la vie à l’ancien premier ministre.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est suffisamment énorme pour que nos médias s'en contrefichent. Pourquoi relâcher, juste avant le lancement du tribunal, ceux qui sont accusés d'avoir orienté l'enquête sur la voie syrienne par des faux témoignages, faux témoignages dont beaucoup affirment qu'ils ont été achetés par la «majorité» libanaise? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Malgré le sujet (libération d'hommes accusés d'avoir porté les faux témoignages impliquant les 4 généraux libanais et les autorités syriennes, peut-être soudoyés par des proches de Saad Hariri), l'article de Libé ne développe que les accusations contre les généraux libanais («les quatre généraux ont été mis en examen pour “meurtre par préméditation”, “tentative de meurtre par préméditation”, et “perpétration d’actes terroristes”), et répètent les accusations contre la Syrie («Les deux premiers rapports de la Commission d’enquête de l’ONU, créée deux mois après l’assassinat du richissime homme d’affaires, avaient conclu à des «preuves convergentes» sur l’implication des renseignements syriens et libanais et cité les noms de proches du président syrien Bachar al-Assad.»). Accusations dont, à ce moment, les seuls «preuves» connues sont les faux témoignages des trois hommes qui viennent d'être spectaculairement relâchés juste avant l'établissement du TSL.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le 2 mars, plein d'assurance, &lt;a href="http://www.liberation.fr/monde/0101435547-crime-d-etat"&gt;Laurent Joffrin est certain de ses preuves&lt;/a&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;Tous ceux qui ont approché un tant soit peu le dossier Rafic Hariri savent que les services secrets syriens sont impliqués, de très près ou d’un peu plus loin, dans l’assassinat du leader libanais. C’est la conviction, en tout cas, des enquêteurs qui se sont succédé pour élucider le crime. C’est la raison d’être du tribunal international qui vient de se mettre en place aux Pays-Bas. Dans cette affaire, comme dans tant d’autres événements criminels au Liban, tous les chemins mènent à Damas.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Suivant ce que Joffrin définit explicitement comme une parfaite «enquête à charge», Jean-Pierre Perrin, lui, nous pond un dossier d'accusation complet dans le même numéro: «&lt;a href="http://www.liberation.fr/monde/0101435549-un-attentat-a-la-syrienne"&gt;Un attentat à la syrienne&lt;/a&gt;».&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;De manière très spectaculaire, non seulement Laurent Joffrin sait après le meurtre que les Syriens en sont les auteurs sans avoir besoin d'un tribunal international, mais Jean-Pierre Perrin explique carrément que tout le monde savait qu'ils étaient les meurtriers avant même que l'attentat ne soit commis.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et là, patatra, le 29 avril, «&lt;a href="http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19035&amp;amp;Cr=hariri&amp;amp;Cr1="&gt;Le Tribunal spécial pour le Liban ordonne la libération de quatre généraux&lt;/a&gt;».&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Les quatre personnes concernées sont les généraux Jamil Mohamad Amin El Sayed, Ali Salah El Dine El Hajj, Raymond Fouad Azar et Mostafa Fehmi Hamdan, a précisé le tribunal dans un communiqué.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Là encore, c'est énorme, et nos médias ont du mal à synthétiser la situation. Il n'y a plus de «piste syrienne» (en tout cas publiquement connue), puisque les quatre uniques inculpés du meurtre viennent d'être relachés. Quant à ceux qui avaient porté les faux témoignages à leur encontre, ils ont été libérés par la justice libanise fin février (on ne s'interrogera donc pas plus avant sur les commanditaires et le motif de ces faux témoignages). &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les médias occidentaux ont du mal à l'écrire: il n'y a plus aucun accusé, inculpé, ou emprisonné, dans l'affaire Hariri. Peut-on imaginer pire situation? Laurent Joffrin et Jean-Pierre Perrin se portent candidats au suicide par le ridicule (malheureusement, c'est une forme de suicide particulièrement longue et pénible, qui peut durer toute une carrière).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Au Liban, Hamadé et Saad Hariri prétendent faire confiance à la justice internationale, et ce genre de sornettes. Mais Robert Fisk explicite, le 30 avril, la nouvelle propagande de la «majorité antisyrienne» dans &lt;i&gt;&lt;a href="http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/robert-fisk-is-this-the-price-of-americas-new-friendship-with-syria-1676416.html"&gt;The Independent&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Once more the UN donkey, clip-clopping on to the world stage after the murder of Mr Hariri, has been proved a mule. [...] Barack Obama's new friendship with President Bashar al-Assad of Syria must be going great guns. [...] So who killed Rafiq Hariri? Until yesterday, the Lebanese, whose protests after the massacre forced the Syrian army out of Lebanon, thought they knew. And who was it who wanted, as President of the United States, to open a new door to the Syrians? President Obama. And who was it who stood next to Rafiq Hariri's son, Saad, in Beirut, three days ago, to assure him of US support? Why, Mr Obama's Secretary of State, Hillary Clinton, of course.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;On se frotte les yeux. Selon la propagande haririenne, désormais: la Tribunal international est instrumentalisé politiquement par les États-Unis, et les États-Unis ont décidé de vendre le Liban à leurs nouveaux amis syriens. Évidemment, si vous aviez prétendu, quelques semaines plus tôt, que l'enquête internationale était instrumentalisée politiquement par les Américains, vous étiez un affreux propagandiste de l'axe irano-syrien.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Depuis, naturellement, toutes les théories «alternatives» ressurgissent. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La plus spectaculaire, ce sont les déclarations de &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=kJ0Figl_i-Y"&gt;Wayne Madsen sur Russia Today&lt;/a&gt;. Il prétend que c'est un «escadron de la mort» aux ordres de Dick Cheney qui a commis le crime. Il s'appuierait sur des révélations à venir de Seymour Hersh. Ce dernier a démenti, il y a quelques jours, avoir fait les déclarations qui lui sont imputées (ce qui semblait pourtant assez évident: Hersh n'est pas né de la dernière pluie, du genre à raconter ses scoops en «off» avant d'avoir terminé d'écrire un livre ou un article). Mais la vidéo et ces «révélations» ont déjà fait le tour des internautes libanais, par exemple sur &lt;a href="http://mplbelgique.wordpress.com/2009/05/07/madsen-cheney-avait-une-equipe-de-la-mort-et-a-assassine-hariri-et-hobeika/"&gt;ce site belge du mouvement aouniste&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ignorant encore la décision du tribunal de libérer les généraux libanais, Georges Malbrunot se lance sur la piste d'«&lt;a href="http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/29/01003-20090429ARTFIG00057-meurtre-d-hariri-sur-la-piste-des-executants-islamistes-.php"&gt;exécutants islamistes&lt;/a&gt;» venus d'Arabie saoudite et d'Irak (29 avril). Des exécutants qui seraient donc des islamistes sunnites, liés aux groupes déjà connus au Liban. Malgré les références à l'Arabie saoudite, à l'Irak et aux salafistes sunnites, Malbrunot se pose tout de même la question suivante:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;Quels peuvent être les commanditaires du crime? La Syrie? L'Iran? Les deux, aidés par le Hezbollah?&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le 15 mai, Syria Comment profite de cette «piste islamiste» pour enfoncer le clou et expliquer que «&lt;a href="http://joshualandis.com/blog/?p=3068"&gt;la théorie la plus simple&lt;/a&gt;», c'est que ces groupes islamistes avaient leurs propres motifs pour assassiner Hariri et qu'ils peuvent très bien avoir agi de leur propre chef.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et pendant ce temps-là, au Liban, on n'arrête plus d'arrêter des espions au service du Mossad. Et «la piste du Mossad» dans l'affaire Hariri est, évidemment, incontournable au Liban (et non, comme se l'imagine Libération, pour cause de &lt;a href="http://www.liberation.fr/monde/0101568238-liban-sur-un-air-de-guerre-froide"&gt;paranoïa maladive&lt;/a&gt; du Hezbollah).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Richard Labévière est de retour et publie &lt;i&gt;&lt;a href="http://www.bibliosurf.com/La-Tuerie-d-Ehden-ou-la"&gt;La Tuerie d'Ehden ou la malédiction des Arabes chrétiens&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt; dans lequel il accuse le Mossad d'avoir organisé le massacre du clan Frangié perpétré par Samir Geagea en 1978. Rien à voir avec l'affaire Hariri, mais puisque Geagea est toujours là, que le Mossad aussi...&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Bref, c'est la curée: la thèse jusque là soutenue par les occidentaux et leurs alliés au Liban s'est (au moins apparemment) effondrée, et les théories plus ou moins opposées, plus ou moins crédibles, poussent comme des champignons. Avec les élections législatives au mois de juin.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Toutes ces théories «alternatives» ont été soigneusement éloignées des pauvres oreilles des citoyens européens (pourquoi pas à raison). On s'est déjà fait balader une fois, on va peut-être faire attention désormais.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Sauf que. Le Spiegel publie un article en allemand annonçant de nouvelles «preuves», une nouvelle «piste»: l'enquête internationale détiendrait la preuve de la culpabilité directe du Hezbollah, et refuserait de rendre ces preuves publiques pour des raisons inconnues. Le Hezbollah dément, l'AFP en fait une dépêche.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,626412,00.html"&gt;L'article est republié le 23 mai en anglais&lt;/a&gt;, et les médias français s'emparent de ces «révélations» (le Journal du monde, ce soir sur LCI, offrait comme chaque jour un spectacle proprement sidérant).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://www.liberation.fr/monde/0101569119-meurtre-d-hariri-au-liban-l-enquete-pointerait-le-hezbollah"&gt;Libération&lt;/a&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;La commission d'enquête chargée de faire la lumière sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri s'orienterait désormais vers une piste menant au mouvement chiite Hezbollah, révèle l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Quand au Figaro, il ne met aucun conditionnel dans son titre: «&lt;a href="http://www.lefigaro.fr/international/2009/05/24/01003-20090524ARTFIG00013-assassinat-d-hariri-l-enquete-accuse-le-hezbollah-.php"&gt;Assassinat d'Hariri : l'enquête accuse le Hezbollah&lt;/a&gt;»&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le principal souci avec cet article du Spiegel, c'est tout de même de présenter comme des preuves nouvelles, un tournant dans l'enquête, le contenu exact d'un article déjà publié par George Malbrunot dans le Figaro... le 19 août 2006, et intitulé «&lt;a href="http://www.lefigaro.fr/international/2006/08/21/01003-20060821ARTFIG90101-l_ombre_du_hezbollah_sur_l_assassinat_de_hariri.php"&gt;L'ombre du Hezbollah sur l'assassinat de Hariri&lt;/a&gt;». &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Non seulement la piste est la même (le Hezbollah), mais la façon de résoudre l'affaire et de débusquer les responsables sont exactement identiques. On a un cercle d'utilisateurs de téléphones portables, utilisés pour traquer les déplacements de Rafik Hariri, puis ces téléphones ne sont plus utilisés à partir du jour de l'attentat. Mais l'erreur d'un de ses membres consiste, justement, à passer un unique coup de fil, qui permet aux enquêteurs de remonter tout le réseau. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ce scénario est strictement identique dans la version de Malbrunot dans le Figaro du 19 août 2006 (qu'il tiendrait notamment d'«un proche de Saad Hariri») et dans la version du Spiegel du 23 mai 2009. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Trois ans d'écart, le même scénario, il suffit d'ajouter les termes «New Evidence», «new and explosive results» et «Intensive investigations in Lebanon are all pointing to a new conclusion»... pour que tous les médias français reprennent, y compris le Figaro, ce que le Figaro avait déjà publié comme des révélations «de source sûre».&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et George Malbrunot, qui continue pourtant d'écrire dans le Figaro, ignorait que sa «piste du Hezbollah» allait être réchauffée par les Allemands quand il évoquait, récemment, la piste des «exécutants islamistes» (sunnites). &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je ne suis pas totalement fâché que les médias d'ici n'évoquent pas toutes les théories «alternatives» quant au meurtre de Rafik Hariri. Un peu de recul et d'enquête avant de publier n'importe quoi ne fait pas de mal. Malheureusement, l'enthousiasme soudain pour les nouvelles «révélations» du Spiegel prouvent que ça n'était pas un souci de recul et d'enquête qui retenait nos journalistes.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-5592052561282543225?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/5592052561282543225/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=5592052561282543225' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5592052561282543225'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5592052561282543225'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/05/laffaire-hariri-ebranle-les.html' title='L&apos;affaire Hariri ébranle... les journalistes occidentaux'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-7616274612662221411</id><published>2009-05-25T18:43:00.002+02:00</published><updated>2009-05-28T10:19:52.618+02:00</updated><title type='text'>Comment empêcher la Syrie et l'Iran de censurer le Web?</title><content type='html'>&lt;div&gt;Régulièrement, &lt;a href="http://www.clubic.com/actualite-87962-syrie-bloque-acces-facebook.html"&gt;les amis de la démocratie qui dirigent la Syrie&lt;/a&gt; trouvent une bonne raison de couper l'accès à Facebook. Aujourd'hui, ce sont &lt;a href="http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/05/23/facebook-interdit-d-acces-en-iran-avant-la-presidentielle_1197253_3218.html"&gt;les amis de la démocratie qui dirigent l'Iran&lt;/a&gt; qui coupent l'accès à Facebook. De manière moins médiatisée, il arrive que &lt;a href="http://advocacy.globalvoicesonline.org/2007/10/03/facebook-blocked-in-the-united-arab-emirates/"&gt;les amis de la démocratie qui dirigent les Émirats arabes unis&lt;/a&gt; coupent eux aussi l'accès à Facebook.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ce sujet entre en plein dans les deux préoccupations de notre amoureux des libertés publiques qu'est Nicolas Sarkozy:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;- dénoncer avec Carla la censure quand elle est pratiquée par les pays qui ne plaisaient pas à Georges W. Bush,&lt;/div&gt;&lt;div&gt;- &lt;a href="http://www.numerama.com/magazine/12948-Decryptage-Sarkozy-et-son-oeuvre-de-controle-du-net.html"&gt;instituer le contrôle de l'Internet&lt;/a&gt; à grande échelle en France sans qu'on le prenne pour un affreux islamofasciste.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Deux idées apparemment difficilement conciliables, auxquelles la World Company Microsoft vient pourtant de trouver une solution remarquable: &lt;a href="http://arstechnica.com/microsoft/news/2009/05/microsoft-blocks-messenger-in-us-embargoed-countries.ars"&gt;censurer l'internet dans les pays de l'Axe du Mal&lt;/a&gt; avant même qu'ils ne puissent eux-même le faire!&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Microsot a décidé cette semaine d'éteindre son service Windows Live Messener depuis cinq pays: Cuba, Syrie, Iran, Soudan et Corée du Nord. Ces cinq pays ont peu de choses en commun, hormis le fait que Microsoft se préoccupe apparemment que les États-Unis leur impose un embargo. Les usagers de ces pays se voient afficher l'erreur suivante: «810003c1: We were unable to sign you in to the .NET Messenger Service.» L'utilisateur n'est pas informé de la véritable raison de ce bloquage. Actuellement, on ignore l'étendue du bloquage ni sa durée.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Est-ce que ça n'est pas génial? D'une pierre deux coups: on censure à la source un service de l'internet, et en même temps on ridiculise les censeurs qui n'ont plus aucun moyen de le faire eux-même. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et dire qu'avec Hadopi, on pensait faire la nique aux ricains!&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-7616274612662221411?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/7616274612662221411/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=7616274612662221411' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/7616274612662221411'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/7616274612662221411'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/05/comment-empecher-la-syrie-et-liran-de.html' title='Comment empêcher la Syrie et l&apos;Iran de censurer le Web?'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-8348498139489118705</id><published>2009-05-25T13:43:00.002+02:00</published><updated>2009-05-25T13:47:56.639+02:00</updated><title type='text'>Ceux qui veulent brûler les livres</title><content type='html'>Je &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2008/03/commentaires-sur-laffaire-du-sous-prfet.html"&gt;m'auto-cite&lt;/a&gt;:&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Un mouvement similaire a eu lieu pour le boycott du Salon du livre à Paris. Question qui n'a eu aucun écho médiatique, sauf une «préparation» en amont, contre le boycott. Le 16 février, au sujet du boycott du salon de Turin, Marek Halter titre sa tribune du Monde: «&lt;b&gt;Au secours, on brûle les livres!&lt;/b&gt;». L'article est halluciné, ce qui fait que, certes, on brûle les livres, mais TF1 n'en fait pas la Une du lendemain. Le 13 mars, journée de l'inauguration, tout est prêt pour le Monde, qui fait soudain du sujet que tout le monde ignorait le thème de son éditorial, «&lt;b&gt;Le Salon en otage&lt;/b&gt;» (l'appel au boycott est qualifié de «fatwa»: «&lt;b&gt;Boycotter les livres, voire récuser une langue, a toujours été l'arme des dictatures.&lt;/b&gt;»), et complète avec un article pathétique de Caroline Fourest, «Israël, le boycottage et la raison» (ne pas aller au Salon du Livre «&lt;b&gt;rappelle le temps où l'on brûlait des livres et des juifs après les avoir boycottés&lt;/b&gt;»). Le soir même, inaugurant le Salon, Shimon Peres, sans concertation aucune avec ce vaste mouvement d'indignation international contre le boycott, a ce commentaire totalement original: «&lt;b&gt;Ceux qui veulent brûler les livres, boycotter la sagesse, empêcher la réflexion, bloquer la liberté se condamnent eux-mêmes à être aveugles, à perdre la liberté&lt;/b&gt;». Ce qui s'appelle une communication parfaitement maîtrisée.&lt;/blockquote&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/05/24/l-armee-israelienne-empeche-la-tenue-du-festival-palestinien-de-litterature_1197358_3218.html"&gt;Alors voilà&lt;/a&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div&gt;La police israélienne a fait fermer le Théâtre national palestinien à Jérusalem-Est, samedi 23 mai, &lt;b&gt;pour empêcher la tenue du Festival palestinien de littérature&lt;/b&gt;, rapportent le Guardian et le Palestine Telegraph.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ce festival, qui devait durer tout le week-end, accueille des auteurs internationaux et palestiniens, dont Henning Mankell, Michael Palin et Ahdaf Soueif. Quelques minutes avant l'ouverture de l'évènement culturel, la police a fait fermer le théâtre, estimant qu'il s'agissait d'une manifestation à caractère politique, liée à l'Autorité palestinienne, rapporte le Guardian. Le festival est financé par l'Unesco et la Grande-Bretagne, notamment.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-8348498139489118705?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/8348498139489118705/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=8348498139489118705' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/8348498139489118705'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/8348498139489118705'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/05/ceux-qui-veulent-bruler-les-livres.html' title='Ceux qui veulent brûler les livres'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-5467230182355254725</id><published>2009-01-09T17:11:00.013+01:00</published><updated>2009-01-10T12:33:43.734+01:00</updated><title type='text'>Destruction de la société palestinienne: le modèle irakien</title><content type='html'>De nombreux commentateurs critiquent la manière employée à Gaza, sa violence, son terrible coût humain, les destructions massives... Nombreux également s'interrogent sur la possibilité pour Israël d'atteindre son but de guerre annoncé (faire cesser les tirs de roquette depuis Gaza, affaiblir durablement le Hamas...). En réalité, le simple fait de constater que la manière de mener la guerre revient, très exactement, à obtenir l'inverse du but annoncé (le Hamas sera renforcé, la violence durablement ancrée...), devrait mener à comprendre que cela n'est pas du tout la bonne façon d'aborder la question. À moins de prendre les israéliens pour des imbéciles capables de se lancer dans des guerres dont les buts politiques sont aussi évidemment impossibles à atteindre par de tels moyens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ma part, je pense que le modèle des évenements de Gaza est à trouver en Irak. Une autre guerre généralement analysée de travers, puisque là aussi on part du but de guerre annoncé, la démocratisation, ou d'un autre but suspecté (la prédation des ressources naturelles), pour s'interroger sur les moyens utilisés pour y parvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, dans les deux cas, il est certainement plus constructif d'observer la manière de mener la guerre, de voir quels sont les résultats obtenus, de voir si ces résultats découlent logiquement de la manière de procéder, et donc de conclure que le but de la guerre était le résultat obtenu. Ce qui permet d'atteindre plus sûrement aux buts réels (potentiellement inavoués) qu'en partant des buts annoncés (possibles alibis) ou de buts supposés préconçus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alain Joxe a publié, en janvier 2007, une des analyses qui me semblent les plus pertinentes sur ce sujet: si l'on considère que le but de guerre réel n'est ni la démocratisation, ni la prédation, mais la destruction de la société irakienne elle-même, alors la guerre d'Irak est un succès terrible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;amp;aid=4591"&gt;La «stratégie globale» des États-Unis et sa réalité&lt;/a&gt;, par Alain Joxe&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;L'analyse stratégique ne peut pas prendre au pied de la lettre les déclarations d'intention, même si elles font partie du dossier. On aurait donc tort d'accorder le moindre crédit à l'idée que le but politique de la guerre (le «Zweck», dans le vocabulaire de Clausewitz) n'ait jamais été réellement la démocratisation, car les Etats-Unis n'ont jamais mis en oeuvre aucun des moyens adéquats. En écrasant pratiquement sans combat sous les bombes et les bulldozers les forces armées irakiennes, en détruisant complètement toutes les institutions, en licenciant tous les fonctionnaires, les Etats-Unis ont plongé la société irakienne dans un chaos. Lorsqu'une armée d'occupation n'a pas les moyens d'une présence ubiquitaire répressive, combinée avec une reconstruction, et quand un pays, par ailleurs, regorge d'arsenaux, distribués pour la «défense populaire généralisée» puis récupérés au marché noir des milices confessionnelles, l'occupant est clairement en train de construire le chaos. La construction du chaos n'exige pas un suivi tatillon et policier; au contraire, elle repose sur la libération incontrôlée de toutes les violences, déchaînées par la peur, la précarité et l'insécurité qui règne dans l'état de guerre. Les troupes américaines se sont repliées rapidement dans des positions fortifiées et n'ont plus pratiqué que des expéditions punitives, sans jamais tenir ensuite le terrain. Bain de jouvence nécessaire du «néolibéralisme», &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;le chaos d'Irak peut donc être considéré comme un succès sanglant&lt;/span&gt;. S'il requiert aujourd'hui des moyens accrus, c'est pour un nouveau but politique, peut-être hors de portée des Etats-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des critiques militaires furent énoncées publiquement par l'armée de terre, au début, par des généraux retraités, réclamant plus d'effectifs, puis par des officiers d'active, réclamant un objectif politique réel. On peut donc dire que le militarisme de Rumsfeld n'est pas un militarisme militaire mais un choix politique. Les militaires voulaient plus de troupes pour réussir la démocratisation: ce sont là des naïvetés militaires. La guerre contre le terrorisme, entamée par Rumsfeld, était  et reste pour le président Bush  une «guerre de trente ans». Elle conduisait à détruire complètement tout ce qui pouvait encore faire surgir de l'Irak  la société arabe, technologiquement la plus avancée du Moyen-Orient ­ un pouvoir d'Etat rationnel et éventuellement démocratique. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La destruction permanente de l'Etat est un but politique atteint.&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;À tort, tous les commentaires actuels sur la guerre d'Irak la font débuter avec l'invasion de 2003.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La crainte de se faire taxer de «théoricien du complot» interdit d'ailleurs aux commentateurs de lier les événements qui ont pourtant frappé le même pays sans discontinuer pendant plus de quinze années (la première guerre du Golfe, l'embargo, l'invasion, le déferlement des mercenaires et des milices...) pour y lire une stratégie globale cohérente. Pourtant, les promoteurs de ces guerres, eux, n'hésitent pas à évoquer &lt;a href="http://www.dedefensa.org/article-savonnettes_et_nostalgie_de_9_11_avec_la_guerre_suite_et_fin_08_02_2006.html"&gt;une stratégie à long terme&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Lorsqu’un officiel du Pentagone, décrit comme proche des super-hawks du groupe Wolfowitz-Perle, explique à l’Observer que «[n]ous voyons cette guerre comme une guerre contre le virus du terrorisme. Si vous avez un cancer des os, il n’est pas suffisant de couper le pied du patient. Vous devez faire le traitement entier de chimiothérapie. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Et si cela signifie qu’il faut s’embarquer dans une nouvelle Guerre de Cent Ans, eh bien c’est ce que nous ferons.&lt;/span&gt;»&lt;/blockquote&gt;Pour les irakiens, il est évident qu'il faut, au moins, remonter à la guerre de 1991 (certains remonteront à la guerre contre l'Iran, qui a contribué à épuiser la société irakienne). Une formidable armada bombarde massivement le pays et détruit l'intégralité des infrastructures militaires, mais aussi civiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, pendant douze ans, un embargo terrible frappe directement la population civile d'un pays qui n'a déjà plus d'infrastructures. Le coût humanitaire est monstrueux. Sophie Boukhari dresse &lt;a href="http://www.unesco.org/courier/2000_07/fr/ethique.htm"&gt;un rapide bilan dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;le Courrier de l'UNESCO&lt;/span&gt; en juillet 2000&lt;/a&gt;; elle cite le congressiste américain Tony Hall:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Même si les sanctions étaient levées rapidement, les gens que j’ai rencontrés en Irak auraient un sombre avenir, écrit-il. Parce que leurs enfants sont dans un triste état; un sur quatre est mal nourri et un sur 10 dépérit, affamé ou malade. La principale cause de mortalité infantile, la diarrhée, est 11 fois plus répandue en Irak que partout ailleurs et la polio, qui avait été éradiquée du Moyen-Orient, est redevenue une plaie. Les écoles et le système d’assainissement sont ruinés; les hôpitaux manquent d’équipements et de médicaments de base. Les gens ordinaires ont épuisé leurs réserves et leur santé à essayer de survivre avec deux à six dollars par mois... Il faudra attendre une génération avant que la population irakienne se relève.&lt;/blockquote&gt;C'est bien la société irakienne qui est la cible. &lt;a href="http://www.assemblee-nationale.fr/rap-info/i3203.asp"&gt;Un rapport d'information de l'Assemblée nationale indique&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;La situation humanitaire en Iraq a conduit plusieurs personnalités à protester contre le statu quo. Plusieurs hauts fonctionnaires des Nations unies ont successivement démissionné afin d'attirer l'attention sur «&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;la destruction d'une société tout entière&lt;/span&gt;», selon les termes de Denis Halliday, ancien Sous-secrétaire général et coordonnateur des opérations humanitaires en Iraq, démissionnaire en 1998, et dont la démission a été suivie par celle de son successeur M. Von Sponeck en février 2000. L'on citera encore la démission, l'année dernière, de Mme Jutta Burghardt, responsable du Programme alimentaire mondial en Iraq.&lt;/blockquote&gt;L'invasion de 2003 n'est alors qu'une étape supplémentaire vers la destruction de la société irakienne, et non le point de départ d'une nouvelle «guerre».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un point largement occulté dans la stratégie américaine est le déferlement de milices et de mercenaires sur le pays. Totalement caché, ou largement sous-évalué (on évoque 40000 mercenaires en 2006), le chiffre apparaît discrètement dans &lt;a href="http://mobile.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/12/11/des-mercenaires-de-blackwater-inculpes-pour-des-meurtres-en-irak_1129764_3218.html"&gt;un article du Monde du 11 décembre 2008&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Au terme du traité de sécurité conclu en novembre entre l'Irak et les Etats-Unis, les 163000 «agents privés» actuellement employés par les Américains (ils étaient 230000 en 2006) seront soumis aux lois irakiennes dès le 1er janvier 2009.&lt;/blockquote&gt;Le scandale devrait être énorme, mais ce chiffre est quasiment inconnu du grand public: les américains ont établi en Irak beaucoup plus d'«agents privés» que de troupes régulières: en 2006, il y avait (selon le chiffre connu du Monde) 230000 mercenaires et miciliens en Irak payés par les États-Unis, pour environ 150000 soldats de l'armée américaine. Notoirement, les mercenaires et les miliciens n'amènent jamais la stabilité ou la démocratisation; ils ne peuvent qu'être les outils de la terreur des populations et de la destruction de la société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chaos est ainsi obtenu via une attaque qui ne se limite pas à des campagnes de «shock and awe», dont l'inefficacité pour briser la résistance populaire est connue. Concernant les bombardements stratégiques, leur principal promoteur en 1942, Arthur Harris, les justifiait cyniquement:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Ce but est la destruction des villes allemandes, la mort des ouvriers allemands et l’interruption de la vie communautaire civilisée dans toute l'Allemagne. Il faut souligner que les buts acceptés et fixés de notre politique de bombardement sont les suivant : la destruction des maisons, des services publics, des transports et des vies humaines; la création d'un problème de réfugiés à une échelle inconnue; et la destruction du moral à la fois dans le pays et sur les fronts par peur de bombardements étendus et intensifiés. Ce ne sont pas des sous-produits de tentatives pour frapper des usines.&lt;/blockquote&gt;Les «dommages collatéraux» des bombardements massifs n'ont ainsi jamais été conçus pour être «collatéraux»: ils sont au contraire le but premier des bombardements massifs. Cependant, l'histoire a prouvé que ces bombardements ne sont jamais parvenus à briser la volonté du peuple qui les subit. En revanche, la liste de dommages établie par Harris (destruction des maisons, services publics, réfugiés...) est bien réelle, et elle est aujourd'hui utilisée pour produire un autre effet: instaurer un chaos durable dans la société visée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'agit d'un type nouveau de stratégie: une attaque systémique de la société elle-même. Outre les infrastructures militaires, c'est avant tout la société qui est brisée, via la destruction de toutes ses composantes: l'économie (jusqu'à la substistance qui est menacée), la santé, la culture, le savoir, l'enseignement, les infrastructures de subsistance civile, l'agriculture, la société civile...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'arsenal militaire est, selon ce nouveau besoin, complété par une pléthore de spécialistes des sciences sociales. Le scandale des «&lt;a href="http://www.laviedesidees.fr/Anthropologues-embarques.html"&gt;anthropologues embarqués&lt;/a&gt;» éclate fin 2007; le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde diplomatique&lt;/span&gt; titre «&lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/BEEMAN/15713"&gt;L'anthopologie, arme des militaires&lt;/a&gt;» en mars 2008.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alain Joxe l'avait annoncé début 2007: «le chaos d'Irak peut donc être considéré comme un succès sanglant. [...] La destruction permanente de l'Etat est un but politique atteint.&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons en Palestine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est à mon avis cette stratégie irakienne que l'on voit désormais mise en œuvre à Gaza. Le but de guerre doit être ainsi formulé: la destruction de la société palestinienne elle-même. C'est ce que dit par exemple le professeur Salah Abdel-Jawad dans &lt;a href="http://www.lemonde.fr/la-guerre-de-gaza/article/2009/01/05/les-israeliens-s-illusionnent-s-ils-tablent-sur-un-renversement-du-hamas-par-la-population_1137834_1137859.html"&gt;une interview du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt; du 5 janvier 2009&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Il ne s'agit pas simplement de détruire tel ou tel mouvement politique. Sinon pourquoi bombarder les ministères, l'Université islamique et l'Ecole américaine de Gaza? Tout comme le saccage des bâtiments publics opéré en 2002, lors de l'invasion de la Cisjordanie, ces actions participent d'un plan concerté. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Il vise à détruire non seulement l'entité politique palestinienne mais aussi et surtout la société.&lt;/span&gt; L'objectif est de créer une forme de résignation, d'amertume, d'imposer une violence quotidienne, que les Palestiniens finissent un jour par retourner contre eux.&lt;/blockquote&gt;Témoignage recueilli par &lt;a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2442"&gt;Amira Hass&lt;/a&gt; (Haaretz, 30 décembre 2008):&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Cette agression n’est pas contre le Hamas. Elle est contre nous tous, contre l’ensemble de la nation.»&lt;/blockquote&gt;Le but? Il est connu depuis longtemps: «une terre sans peuple». &lt;a href="http://la-sociale.viabloga.com/news/gaza-la-logique-de-la-guerre-coloniale"&gt;Dennis Collin le rappelle dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Sociale&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; (3 janvier 2009):&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Cette situation elle-même n’est pas tombée du ciel. Elle découle directement de la colonisation sioniste en Palestine et de la proclamation de l’État d’Israël en 1948. Les Occidentaux ont pu se dédouaner à bas prix des crimes commis contre les Juifs en payant leur dette sur le dos des Arabes. Le mensonge inventé par la propagande sioniste (la Palestine: « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ») s’est vite heurté à la réalité et la création de l’État juif s’est faite par le massacre des populations civiles (par exemple le massacre de Deir Yassin perpétré par l’Irgoun de l’ancien premier ministre Menahem Begin) et la déportation en masse – ce qu’on n’appelait pas encore « épuration ethnique » nécessaire pour confisquer les terres et les biens des Palestiniens. Bref, une guerre de conquête coloniale typique, dont la nouvelle génération d’historiens israéliens commence à révéler la réalité.&lt;/blockquote&gt;Dans ce texte, il précise:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Ceux qui croient être utiles au peuple palestinien en comparant la politique d’Israël à l’extermination des Juifs par les nazis se trompent tout aussi lourdement. Israël n’a nul envie de détruire les Palestiniens en tant que tels.&lt;/blockquote&gt;C'est un point important. Il ne me semble pas pertinent de parler de génocide, puisque la destruction physique systématique des individus n'est pas possible. En revanche, puisqu'il n'est pas possible ni souhaitable d'éliminer physiquement l'intégralité des individus, la cible est la société palestinienne, qui doit être, elle, totalement détruite. Après avoir nié l'existence du peuple palestinien, les propagandistes israéliens ont nié l'existence d'une «société palestinienne» (on retrouve encore cet argument dans quasiment tous leurs écrits); il suffit donc de réaliser sur le terrain cette négation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça n'est pas irréalisable, comme la destruction de la société irakienne l'a prouvé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans remonter à 1948... on peut tracer une succession d'événements dont la similarité avec les événements irakiens est troublante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Élections de 2006, le Hamas remporte les élections législatives. Les pays occidentaux s'allient à Israël pour imposer des sanctions lourdes pour punir les mauvais électeurs palestiniens. Les sanctions, déjà, frappent un territoire particulièrement fragile; le Hamas parvient à maintenir un minimum de services publics de santé et d'éducation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 2006, bombardements israéliens contre Gaza (opération «Pluies d'été»): l'unique centrale électrique du territoire est détruite. L'IRIN publie en janvier 2009 un intéressant document à ce sujet: «&lt;a href="http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportID=81822"&gt;D'où vient l'électricité de Gaza - analyse&lt;/a&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout au long de 2006 et 2007, les États-Unis, avec l'accord d'Israël, arment et entraînent la milice de Mohammed Dahlan pour le Fatah. C'est la politique de constitution de mercenaires et de milices, qui changent profondément la nature des forces palestiniennes et leur rapport non seulement à l'occupation, mais aussi à la population. À la mi-2007, le Hamas éjecte le Fatah.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant tout ce temps, Israël et l'Égypte imposent un blocus quasiment total de Gaza. L'inefficacité politique et militaire est évidente, mais l'impact sur la société palestinienne est énorme. &lt;a href="http://horreurecologique.blogspot.com/2008/12/gaza-un-enfer-environnemental.html"&gt;Gaza est un enfer environnemental&lt;/a&gt; et, en décembre 2008, le &lt;a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/12/18/004-ONU-Gaza-jeudi.shtml"&gt;Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (UNOCHA)&lt;/a&gt; décrit le stade avancé de destruction de la société palestinienne: chômage de masse, accès à l'eau potable, aux soins, à l'éducation, à la nourriture, à l'électricité...&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Selon un rapport de l'organisme onusien, cette situation est due au blocus imposé par Israël. L'UNOCHA affirme que le taux de chômage dans ce territoire palestinien est passé de 32 % à 49 % en une année.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les 1,4 million d'habitants de la bande de Gaza ont le plus grand mal à assurer leur subsistance en raison des pénuries en nourriture. Ils sont également privés d'électricité jusqu'à 16 heures par jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'eau potable, dont la qualité est à 80 % inférieure aux normes sanitaires, n'arrive qu'une fois par semaine à la moitié de la population locale, pendant quelques heures seulement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon le rapport de l'ONU, 40 000 emplois permanents et temporaires ont été perdus dans les secteurs de la pêche et de l'agriculture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seulement 23 entreprises industrielles sur les 3900 existantes sont fonctionnelles de façon permanente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours selon l'organisation onusienne, 70 % des terres agricoles dans la bande de Gaza ne sont plus irriguées. Ce qui conduirait à une désertification.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En raison de l'absence de pièces de rechange et du manque d'électricité, les équipements médicaux sont devenus obsolètes.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;En mars 2008, Matan Vinaï, vice-ministre israélien de la défense, promet une «&lt;a href="http://www.rue89.com/2008/03/01/lombre-du-mot-shoah-plane-au-dessus-de-gaza"&gt;shoah&lt;/a&gt;» aux Palestiniens:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Plus les tirs de roquettes Qassam s'intensifieront, plus les roquettes augmenteront de portée, plus la shoah à laquelle il s'exposeront sera importante, parce que nous emploierons toute notre puissance pour nous défendre.&lt;/blockquote&gt;Les bombardements et l'invasion actuels ne doivent plus alors être considérés, comme dans le cas de l'Irak, que comme une des étapes vers la destruction totale de la société palestinienne, et non comme un événément guerrier répondant à des objectifs propres. La succession des événements à Gaza est, en raccourci, très similaire aux événements qui ont frappé l'Irak: bombardements initiaux et destruction des infrastructures, blocus total, installation de mercenaires et de milices, et à nouveau une phase de bombardements achevant de détruire ce qui subsistait (et éventuellement relancer un nouveau cycle de délabrements sociétaux et d'affrontements miliciens).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et à nouveau: «le chaos [...] peut donc être considéré comme un succès sanglant. [...] La destruction permanente de l'Etat est un but politique atteint.&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;»&lt;/span&gt; Et les israéliens pourront clamer: «il n'existe pas de société palestinienne».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est un crime de sociéticide.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-5467230182355254725?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/5467230182355254725/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=5467230182355254725' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5467230182355254725'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5467230182355254725'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/01/destruction-de-la-socit-palestinienne.html' title='Destruction de la société palestinienne: le modèle irakien'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-3537008570577732735</id><published>2009-01-08T12:07:00.018+01:00</published><updated>2009-01-08T13:52:55.532+01:00</updated><title type='text'>Le sionisme est passible de cinq ans de prison</title><content type='html'>Me sentant affreusement impuissant face à l'horreur de la guerre israélienne contre la population de Gaza, je me permets néanmoins de suggérer une piste (relativement) anecdotique sur le front de la propagande: utiliser l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 réprimant l'apologie de crime de guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et poursuivre sur cette base les Glucksman, BHL, Val et autres propagandistes des crimes israéliens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2009-01-08-Gaza-le-droit-la-disproportion-et-les-barbares"&gt;billet d'Alain Gresh publié ce matin&lt;/a&gt; me permet d'expliciter cette idée: &lt;div&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;un certain nombre de personnalités onusiennes et/ou à forte crédibilité diplomatique qualifient les actions israéliennes à Gaza de crimes de guerre, parfois même de crimes contre l'humanité;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;un certain nombre d'articles des conventions de Genève interdisent explicitement des faits de guerre, clairement commis par l'armée israélienne en ce moment même, faits qui constituent par définition des crimes de guerre;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les éditorialistes pro-sionistes se répandent dans la presse en longs commentaires justifiant ces faits de guerre; dans les deux exemples cités par Alain Gresh, on est quasiment dans la justification générale du crime de guerre...&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;div&gt;Voici &lt;a href="http://www.culture.gouv.fr/culture/infos-pratiques/droit-culture/cinema/pdf/l-290781.pdf"&gt;le passage de l'article 24 de la loi de 1881&lt;/a&gt; qui nous concerne:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;Seront punis de la même peine [cinq ans de prison et 45000 euros d'amende] ceux qui, par l'un des moyens énoncés en l'article 23, auront fait l'apologie des crimes visés au premier alinéa, des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des crimes et délits de collaboration avec l'ennemi.&lt;/blockquote&gt;Pour être plus clair sur ce que signifie «apologie», voici un passage d'&lt;a href="http://www.courdecassation.fr/publications_cour_26/rapport_annuel_36/rapport_2004_173/troisieme_partie_jurisprudence_cour_180/droit_penal_procedure_penale_215/presse_228/apologie_crimes_guerre_6639.html"&gt;un arrêt de la cour de cassation du 7 décembre 2004&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Un écrit qui présente comme susceptibles d'être justifiés des actes constitutifs de crimes de guerre doit être considéré comme apologétique et l'intention coupable se déduit du caractère volontaire des agissements incriminés.&lt;/blockquote&gt;Comme on peut le constater, «apologie» a un sens très large: «qui présente comme susceptibles d'être justifiés».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est donc pas nécessaire de présenter sous un jour favorable le crime lui-même (genre: «tirer sur une école n'abritant que des femmes et des enfants arabes, c'est vachement bien»), il suffit de le présenter comme «susceptible d'être justifié». Ce qui, me semble-t-il, constitue l'essentiel de la détestable littérature de nos gugusses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notez que j'exclue pour l'instant l'utilisation de la négation de crime contre l'humanité, qui me semble juridiquement beaucoup plus contraignante (il faut, si je ne me trompe, que le crime contre l'humanité ait déjà été défini comme tel par une juridiction spécifique). L'apologie de crime de guerre me semble beaucoup plus «souple».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel intérêt? J'en vois plusieurs:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier intérêt est tout bonnement d'utiliser cet argument: justifier la guerre israélienne contre Gaza, c'est faire l'apologie de crimes de guerre. Que ces plumitifs abjects soient associés à cette l'idée simple: «et maintenant, je m'en vais vous faire l'apologie de crimes de guerre». En se souvenant que c'est d'ordinaire &lt;a href="http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=2421"&gt;une spécialité de facho&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le second intérêt est d'essayer d'obtenir par ce biais une qualification de crime de guerre devant un tribunal français pour les faits de guerre israéliens. Les conseils d'un juriste seraient ici bienvenus, parce que ça n'est pas ma spécialité. Mais il me semble qu'en l'occurrence, il n'est pas nécessaire d'un procès séparé (un premier pour établir les crimes de guerre, l'autre pour établir l'apologie): je crois bien qu'on peut dans le même temps poursuivre pour apologie et montrer l'existence des crimes de guerre lors de la démonstration de l'apologie elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne vois d'ailleurs pas bien comment une juridiction française pourrait être directement saisie pour juger, dans l'absolu, de crimes de guerres qui ne concerneraient pas directement des ressortissants français. En revanche, poursuivre des personnalités qui s'expriment dans les médias français pour apologie de crimes de guerre, cela me semble une méthode possible pour obtenir cette qualification de crimes de guerre pour les massacres perpétrés par les israéliens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-3537008570577732735?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/3537008570577732735/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=3537008570577732735' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/3537008570577732735'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/3537008570577732735'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2009/01/le-sionisme-est-passible-de-cinq-ans-de.html' title='Le sionisme est passible de cinq ans de prison'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-1927726738389120558</id><published>2008-11-17T12:29:00.006+01:00</published><updated>2008-11-17T12:48:59.695+01:00</updated><title type='text'>Sarkozy, auto-portrait en César</title><content type='html'>Ce dimanche, Claude Asko et son &lt;span style="font-style: italic;"&gt;JDD&lt;/span&gt; présentent Sarko comme le &lt;a href="http://www.lejdd.fr/cmc/international/200846/sarkozy-en-maitre-du-monde_165415.html"&gt;nouveau génie bienfaiteur de notre planète&lt;/a&gt;. La légende (l'immense Georges donne l'accolade au petit Nicolas) de l'illustration est trop mignonne: «Parmi les dirigeants des pays les plus puissants du monde, Nicolas Sarkozy a imposé son style.» Lire les commentaires d'&lt;a href="http://www.article11.info/spip/spip.php?article190"&gt;Article 11&lt;/a&gt; et d'&lt;a href="http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/11/17/864-je-suis-le-roi-du-monde"&gt;André Gunthert&lt;/a&gt; (à noter: illustration géniale).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une &lt;a href="http://fr.news.yahoo.com/2/20081113/tpl-sarkozy-vante-sa-politique-etrangere-ee974b3.html"&gt;dépêche de l'AFP&lt;/a&gt; semble pourtant être passée inaperçue il y a quelques jours (13 novembre). Recevant à l'Élysée  le «prix du courage politique» décerné par le revue &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Politique internationale&lt;/span&gt;, Sarkozy semble s'être surpassé pour s'auto-parodier. Il devient difficile, même pour Asko, d'écrire des éditoriaux atteignant le niveau de ridicule de notre président lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Le président français Nicolas Sarkozy a vanté jeudi sa politique étrangère qui a permis, selon lui, d'éviter une offensive militaire russe sur Tbilissi, en finir avec la «guerre au Liban», libérer les infirmières bulgares en Libye et Ingrid Betancourt de la jungle colombienne.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a écorché au passage la prudence du président américain George W. Bush dans la crise russo-géorgienne, en recevant à l'Elysée l'édition 2008 du «prix du courage politique» décerné par la revue Politique internationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lorsque le 8 août, il a fallu partir pour Moscou et pour Tbilissi, qui a défendu les droits de l'Homme?&lt;/span&gt;», a demandé M. Sarkozy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Est-ce que c'est le président des Etats-Unis qui a dit “c'est inadmissible”? Ou est-ce que c'est la France qui a maintenu le dialogue avec M. Poutine, M. Medvedev et M. Saakachvili?&lt;/span&gt;», a-t-il poursuivi, à la veille de son départ pour le sommet du G20 sur la crise financière à Washington.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je me souviens de l'appel du président américain disant la veille de notre départ à Moscou: “n'y va pas, ils (les Russes) veulent aller à Tbilissi, ils sont à 40 km. N'y va pas, dénonce”. Nous y avons été avec Bernard Kouchner, comme par hasard, alors que nous y étions, le cessez-le-feu a été annoncé&lt;/span&gt;», a ajouté le chef de l'Etat français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques jours après le début du conflit militaire entre la Russie et la Géorgie, le président en exercice de l'Union européenne (UE) s'est rendu le 12 août à Moscou et à Tbilissi pour y négocier un plan de paix et un cessez-le-feu accepté dans la foulée par les deux belligérants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains critiques, notamment parmi les pays européens de l'Est membres de l'UE, ont estimé que ce plan faisait la part belle à la Russie et regretté qu'il ne défende pas explicitement l'intégrité territoriale de la Géorgie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le président géorgien Mikheïl Saakachvili a aussi égratigné jeudi Nicolas Sarkozy en lui demandant, quelques heures avant un entretien prévu dans l'après-midi à la veille d'un sommet UE-Russie à Nice, de «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;garder des principes&lt;/span&gt;» et de ne pas céder à la «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;realpolitik&lt;/span&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nicolas Sarkozy a tout aussi fermement rejeté les critiques sur d'autres dossiers internationaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Si n'avions pas pris le risque de la paix et des droits des Libanais à vivre libres en invitant Bachar al-Assad, ce serait toujours la guerre au Liban&lt;/span&gt;», a-t-il lancé à ceux qui lui ont reproché d'avoir invité le numéro un syrien à Paris puis de s'être rendu à Damas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;span style="font-style: italic;"&gt;J'avais promis pendant ma campagne électorale qu'on libérerait les infirmières (bulgares détenues par la Libye). C'est la France qui les a libérées. Est-ce que vous croyez qu'on peut faire sortir de prison quelqu'un sans parler avec les geôliers?&lt;/span&gt;», a poursuivi Nicolas Sarkozy pour justifier son déplacement à Tripoli chez le numéro un libyen Mouammar Kadhafi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien en juillet 2007, certains avaient reproché au président français de s'être approprié les lauriers de ce succès en minimisant les efforts d'autres pays de l'UE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Est-ce qu'il y avait une chance de la sortir si la France n'avait pas fait d'Ingrid Betancourt un objectif central de sa politique? Aucune&lt;/span&gt;», a enfin lâché Nicolas Sarkozy.&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-1927726738389120558?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/1927726738389120558/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=1927726738389120558' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1927726738389120558'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1927726738389120558'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/11/sarkozy-auto-portrait-en-csar.html' title='Sarkozy, auto-portrait en César'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-1537875156935848787</id><published>2008-11-07T19:52:00.011+01:00</published><updated>2008-11-08T09:59:49.500+01:00</updated><title type='text'>Faute de pire</title><content type='html'>Tout le monde n'est pas baba de bonheur suite à l'élection d'Obama. Et non, je ne dis pas ça parce que certains Français bien en vue &lt;a href="http://onsefechier-anatic6.blogspot.com/2008/11/election-dobama-la-france-choque.html"&gt;aiment soudainement les noirs&lt;/a&gt;. Et ça n'est pas parce que ça aurait (peut-être) été pire avec McCain qu'Obama devrait susciter un aussi formidable espoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En juin dernier, le discours d'Obama devant l'AIPC m'avait sidéré («&lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2008/06/laipac-crie-obama-aboie.html"&gt;L'AIPAC crie, Obama aboie&lt;/a&gt;»). Quelques jours avant l'élection, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bakchich&lt;/span&gt; a publié deux articles particulièrement inquiétants concernant le cercle le plus proche d'Obama, Rahm Emanuel et Denis Ross: «&lt;a href="http://www.bakchich.info/article5672.html"&gt;“Rahm-bo” futur dir'cab de Barack Obama&lt;/a&gt;» et «&lt;a href="http://www.bakchich.info:8080/article5684.html"&gt;Le principal conseiller d'Obama est un faucon anti-Iran&lt;/a&gt;». Revenant sur le choix de Rahm Emanuel, &lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2008-11-07-M-Obama-le-Proche-Orient-et-Rahm-Emanuel"&gt;Alain Gresh&lt;/a&gt;, inquiet, préfère attendre avant de se faire une opinion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un participant au forum du blog de Gresh signale par ailleurs un article décrivant les liens de cette équipe avec les grandes boîtes de la finance: «&lt;a href="http://www.clusterstock.com/2008/11/rahm-emanuel-wall-street-s-man-in-the-white-house"&gt;Rahm Emanuel: Wall Street's man in the White house&lt;/a&gt;»:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Goldman Sachs and JP Morgan are also in Emanuel’s top-five career sources of campaign cash. As reported by the Center for Responsive Politics, Emanuel received more money from the securities and investment industry—$600,500 as of September 30—than did any other member of the U.S. House, and more than two presidential candidates (including Joe Biden) and the chairman of the Senate Finance Committee.&lt;/blockquote&gt;Angry Arab, dès le 5 novembre, annonce qu'il va désormais se consacrer à l'«&lt;a style="font-style: italic;" href="http://angryarab.blogspot.com/2008/11/remember-me-obama-bashing-begins-here.html"&gt;Obama bashing&lt;/a&gt;»:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;À ceux qui ont soutenu Obama: vous allez être déçus et vous vous souviendrez de mon avertissement. Souvenez-vous en quand Obama approuvera une guerre israélienne contre un camp de réfugiés et contre un village du Liban, et qu'il qualifiera cela d'auto-défense. Souvenez-vous de moi lorsqu'Obama pleurera la mort d'Israéliens et célébrera la mort d'arabes et de musulmans. Souvenez-vous en quand il ordonnera la première campagne de bombardement contre un zone isolée du Pakistan. Souvenez-vous en quand il trahira les pauvres au profit de Wall Street. Souvenez-vous en quand il trahira les aspirations des noirs au profit de la classe moyenne blanche qui est maintenant le principal souci du parti démocrate. Souvenez-vous en quand Obama ne se battra pas pour son plan de réforme de la santé et qu'il ne réalisera aucune de ses promesses. Souvenez-vous en quand il respectera sa promesse de campagne de s'opposer au mariage gay. Souvenez-vous en quand il continuera à mettre l'échec de l'occupation américaine en Irak sur le dos du peuple irakien lui-même.&lt;/blockquote&gt;Tiens, et je me souviens que j'ai déjà évoqué Joseph Biden ici (septembre 2007), au sujet de sa volonté de résoudre la guerre en Irak en proposant &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2007/09/la-partition-quelle-partition.html"&gt;un plan de partition de l'Irak&lt;/a&gt;, parachevant ainsi l'œuvre des néo-conservateurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un texte me semble résumer beaucoup des inquiétudes que l'on peut légitimement avoir suite à l'élection. Il s'agit d'un texte publié par Ralph Nader (qui a financé sa campagne, je le rappelle, en vendant la recette du &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2008/10/le-rrrizbollah-aime-le-rrroumous.html"&gt;Houmous&lt;/a&gt; de sa mère) le jour même de l'élection: «&lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.nader.org/index.php?/archives/2083-Between-Hope-and-Reality.html"&gt;An Open Letter to Barrack Obama, Between Hope and Reality&lt;/a&gt;». Je vous livre ici une traduction maison (les liens hypertexte sont de mon fait, ils ne figurent pas dans la version originale):&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Cher sénateur Obama,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant les presque deux années de votre campagne présidentielle, les mots «espoir et changement», «changement et espoir» ont été votre slogan. Cependant, il y a une grande différence entre ces objectifs et votre propre personnage politique, personnage qui succombe aux groupes de pression qui ne veulent ni «changement» ni «espoir», mais seulement le maintien d'un status quo dans la répartition des pouvoirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien plus que le sénateur McCain, vous avez reçu des contributions énormes et sans précédent de la part des intérêts des entreprises, de Wall Street et, plus intéressant encore, des cabinets d'avocats du droit des affaires. Jamais auparavant un candidat démocrate n'était parvenu à une telle suprématie sur son opposant républicain. Pourquoi, en dehors de votre soutien inconditionnel au plan de sauvetage de Wall Street à hauteur de 700 milliards de dollars, est-ce que les grandes entreprises ont autant investi sur le sénateur Obama? Serait-ce parce que vos états de service en tant que sénateur de votre État, au Sénat américain et lors de votre campagne présidentielle (en faveur de l'énergie nucléaire, des usines à charbon, des forage offshore, des subventions aux entreprises - dont le «&lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/General_Mining_Act_of_1872"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;1872 Mining Act&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;» - et évitant tout programme d'envergure pour combattre la vague de crimes économiques et limiter un budget militaire pharaonique et inutile, par exemple) ont déjà prouvé que vous étiez leur homme?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour faire avancer le changement et l'espoir, il faut une personnalité présidentielle qui ait du caractère, du courage, de l'intégrité - pas de la connivence, de l'accommodement et de l'opportunisme à courte-vue. Prenez, par exemple, votre transformation d'un défenseur éloquent des droits des Palestiniens, à Chicago avant que vous ne vous présentiez au Sénat, en un acolyte, un pantin du lobby extrémiste de l'AIPAC, qui soutient l'oppression militaire, l'occupation, le blocus, la colonisation et la confiscation de l'eau, depuis des années, contre le peuple palestinien et leurs territoires réduits de Cisjordanie et Gaza. Eric Alterman a résumé plusieurs sondages en décembre 2007 dans un numéro de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Nation&lt;/span&gt;, montrant que les positions de l'AIPAC sont rejetées par la majorité des juifs américains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous savez très bien que c'est seulement quand le gouvernement des États-Unis soutient les mouvements de la paix israéliens et palestiniens, ce qui a conduit il y a quelques années à une solution détaillée à deux États (qui est soutenue par une majorité d'israéliens et de Palestiniens), qu'il y aura une possibilité de résolution pacifique de ce conflit de plus de 60 ans. Malgré cela vous vous alignez avec les tenants de la ligne la plus dure, au point que dans votre discours infâme et humiliant à la convention de l'AIPAC, juste après votre nomination par le parti démocrate, vous soutenez une «Jérusalem indivisible» et vous vous opposez aux négociations avec le Hamas - le gouvernement élu à Gaza. Une fois encore, vous avez ignoré la volonté du peuple israélien qui, dans un sondage du 1er mars 2008 publié par le quotidien respecté &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Haaretz&lt;/span&gt;, montre qu'à 64% des israéliens étaient favorables à «des négociations directes avec la Hamas». S'aligner sur les plus durs de l'AIPAC, c'est ce qu'un des nombreux intellectuels palestiniens qui réclament le dialogue et la paix avec le peuple israélien a décrit ainsi: «L'antisémitisme aujourd'hui, c'est la persécution de la société palestinienne par l'État israélien.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant votre voyage en Israël cet été, vous avez consacré à peine 45 minutes de votre temps aux Palestiniens, sans conférence de presse, et aucune visite dans un camp de réfugiés palestiniens qui aurait pu attirer l'attention des médias sur la brutalisation des Palestiniens. Votre séjour a soutenu le blocus cruel de la bande de Gaza, au mépris du droit international et de la Charte des Nations Unies. Vous vous êtes préoccupé des pertes dans le sud d'Israël, où les pertes de l'année dernière se sont élevées à une victime civile pour 400 victimes palestiniennes dans la bande de Gaza. Au lieu d'une prise de position politique qui aurait rejeté toutes les violences et leur remplacement par l'acceptation de la proposition de la Ligue arabe de 2002 qui permettrait un État palestinien viable dans les frontières de 1967 en échange du rétablissement de relations économiques et diplomatiques complètes entre les pays arabes et Israël, vous avez tenu le rôle d'un piètre politicien, laissant l'endroit et les Palestiniens avec un sentiment de choc et un peu de crainte («&lt;span style="font-style: italic;"&gt;much shock and little awe&lt;/span&gt;»).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David Levy, un ancien négociateur de paix israélien, a décrit votre voyage succinctement: «Il y presque une démonstration volontaire de dédain pour le fait qu'il y a deux versions de l'histoire, ici. Cela peut le servir comme candidat, mais pas comme Président.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le commentateur américano-palestinien Ali Abunimah a noté qu'Obama n'a pas émis une seule critique d'Israël, «de sa poursuite de la construction de colonies et du mur, de ses barrages qui rendent la vie impossible à des millions de Palestiniens... Même l'administration Bush a récemment critiqué l'utilisation par Israël de bombes à fragmentation contre les civils libanais [lire &lt;a href="http://www.atfl.org/"&gt;www.atfl.org&lt;/a&gt; pour plus d'informations]. Mais Obama a défendu l'agression israélienne contre le Liban comme l'exercice de “son droit légitime à se défendre”».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans de nombreux éditoriaux, Gideon Levy, &lt;a href="http://www.haaretz.com/hasen/spages/959643.html"&gt;écrivant dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Haaretz&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, a fermement critiqué les agressions du gouvernement israélien contre les civils à Gaza, notamment les attaques «au cœur de camps de réfugiés surpeuplés... avec d'horribles bain de sang», au début de 2008.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'auteur israélien et défenseur de la paix &lt;a href="http://zope.gush-shalom.org/home/en/channels/avnery/1212871846/"&gt;Uri Avnery&lt;/a&gt; a décrit le passage d'Obama devant l'AIPAC comme: «battant tous les records d'obséquiosité et de servilité», ajoutant qu'Obama «est prêt à sacrifier les intérêts américains les plus basiques. Après tout, c'est un intérêt vital pour les États-Unis d'arriver à une paix israélo-palestinienne, ce qui lui donnera le moyen de gagner le cœur des populations arabes, de l'Irak au Marc. Obama a nui à son image dans le monde musulman et a hypothéqué son avenir - s'il devient le président élu», expliquant encore: «Ce dont on peut être certain: les déclarations d'Obama à la conférence de l'AIPC sont très, très mauvaises pour la paix. Et ce qui est mauvais pour la paix est mauvais pour Israël, mauvais pour le monde et mauvais pour le peuple palestinien.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre illustration de votre manque de caractère est la façon dont vous avez tourné le dos aux américains musulmans dans ce pays. Vous avez refusé d'envoyer des représentants parler aux électeur lors des événements qu'ils ont organisés. Après avoir visité de nombreuses églises et synagogues, vous avez refusé de visiter une seule mosquée en Amérique. Même George W. Bush a visité la Grande mosquée de Washington DC après le 11 Septembre pour exprimer de nobles sentiments de tolérance devant un important groupe religieux d'innocents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien que le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New York Times&lt;/span&gt; a publié un grand article le 24 juin 2008 intitulé «&lt;a href="http://www.nytimes.com/2008/06/24/us/politics/24muslim.html"&gt;Les électeurs musulmans détectent un camouflet de Obama&lt;/a&gt;» (signé Andrea Elliott), citant des exemples de votre aversion pour ces Américains qui viennent de tous les milieux, qui servent dans les forces armées et qui travaillent pour vivre le rêve américain. Trois jours plus tôt, l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;International Herald Tribune&lt;/span&gt; a publié un article de Roger Cohen intitulé «&lt;a href="http://www.iht.com/articles/2008/06/25/opinion/edcohen.php"&gt;Pourquoi Obama devrait se rendre dans une mosquée&lt;/a&gt;.» Aucun de ces commentaires et rapports n'a changé votre fanatisme politique contre les musulmans américains - même si votre père était un musulman du Kenya.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien n'a peut-être mieux illustré votre manque total de courage polique ou même une version allégée de ce trait de caractère que votre capitulation face aux demandes des tenants de la ligne dure pour interdire à l'ancien président Jimmy Carter de parler lors de la Convention nationale des démocrates. C'est une tradition pour les anciens présidents, et elle a été accordée en prime time à Bill Clinton cette année.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici un président qui a négocié la paix entre Israël et l'Égypte, mais son récent livre pressant la superpuissance israélienne dominante à éviter l'Apartheid des Palestiniens et à faire la paix a suffit à le mettre sur la touche. Au lieu d'un important discours à la nation par Jimmy Carter sur ce problème international, il a été relégué à une promenade à travers la scène sous un «tonnerre d'applaudissements,» à la suite de la diffusion d'un film sur le travail du Centre Carter après Katrina. Honte à vous, Barack Obama!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais votre comportement honteux s'est étendu à d'autres questions de la vie américaine. (Lire l'analyse factuelle par son co-listier, Matt Gonzalez, sur www.votenader.org.) Vous avez tourné votre dos aux 100 millions d'américains pauvres composés de blancs, d'afro-américains et de latinos pauvres. Vous avez toujous parlé d'aider la «classe moyenne», mais avez systématiquement oublié de mentionner les «pauvres» en Amérique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous étiez élu Président, il faut que cela soit plus qu'une ascension sociale sans précédent à la suite d'une campagne brillamment sans scrupules qui a parlé de «changement» tout en démontrant une obéissance objective à la concentration des pouvoirs dans les mains des «suprémacistes des grandes entreprises» («corporate supremacists»). Cela devrait être : rendre le pouvoir confisqué par quelques uns à tous. Cela devrait être une Maison Blanche présidée par un homme noir qui ne tourne pas le dos aux opprimés d'ici et d'ailleurs, mais affronte les forces de la cupidité, le contrôle dictatorial des travailleurs, des consommateurs et les contribuables, et la militarisation de la politique étrangère. Cela doit être une Maison Blanche qui transforme la politique américaine - en commençant par le financement public des élections (au travers d'une démarche volontariste) - et en permettant aux petits candidats d'avoir une chance d'être entendus dans les débats et dans la plénitude de leurs limités droits civiques actuellement limités. Appelez cela une démocratie compétitive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Votre campagne présidentielle a montré encore et encore des prises de positions lâches. Certains disent qu'on ne peut tuer l'espoir («Hope springs eternal»). Sauf quand la «réalité» la consume chaque jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sincèrement,&lt;br /&gt;Ralph Nader,&lt;br /&gt;3 novembre 2008&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-1537875156935848787?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/1537875156935848787/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=1537875156935848787' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1537875156935848787'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1537875156935848787'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/11/faute-de-pire.html' title='Faute de pire'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-319708536046053284</id><published>2008-10-10T19:57:00.007+02:00</published><updated>2008-10-10T22:15:17.136+02:00</updated><title type='text'>Le Rrrizbollah aime le rrroumous</title><content type='html'>La grande actualité politique du monde me donne l'occasion de faire enfin ce billet que je voulais écrire depuis un moment...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;a href="http://fr.news.yahoo.com/afp/20081010/tod-touche-pas-mon-houmous-avertit-le-li-7f81b96.html"&gt;Touche pas à mon houmous, avertit le Liban&lt;/a&gt;» nous dit l'AFP:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«“Ce qui me révolte avec Israël c'est qu'ils commercialisent le houmous comme étant un produit traditionnel israélien alors qu'il est clair qu'il s'agit d'un produit libanais”, déclare Ramez Abi Nader, un membre de l'association.»&lt;/blockquote&gt;Faites le test, demandez à un libanais de vous dire «ce qui le révolte avec Israël», vous n'allez pas être déçu. Le &lt;a href="http://www.guardian.co.uk/world/2008/oct/07/israelandthepalestinians.lebanon"&gt;Guardian&lt;/a&gt; trouve également l'affaire passionnante. Évidemment c'est idiot: certes le houmous n'est pas israélien, mais il n'est pas non plus libano-libanais. &lt;a href="http://landandpeople.blogspot.com/2008/10/whose-food-is-it-anyway.html"&gt;Rami Zurayk&lt;/a&gt; le rappelle aimablement: «Drop the chauvisinism.» Et je vous donne un lien vers &lt;a href="http://www.gastrosyr.com/french/index.htm"&gt;l'Académie syrienne de gastronomie&lt;/a&gt; pour achever d'enquiquiner mes amis libanais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand au taboulé, je dois malheureusement informer mes (rares) lecteurs libanais que, pour les Français, c'est &lt;a href="http://www.gustave.tv/recettes/289/taboule.html"&gt;une espèce de salade au couscous&lt;/a&gt; sans goût et sans saveur servie tiède dans un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tupperware&lt;/span&gt;. Ça se mange, difficilement, en pique-nique agrémenté d'une tomate écrasée au fond du sac à dos, un œuf cuit dur et un sandwich dont la mayonnaise a coulé en dehors du papier-plastique. Et c'est rigoureusement impossible à échanger avec vos petits camarades dont la maman, moins soucieuse d'équilibre alimentaire, a garni le sac d'un grand paquet de Mars et de Milky Way.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le baba ghanouge, une plaisanterie raconte qu'en Égypte, si une femme demande à son mari ce qu'il veut manger pendant la saison de l'aubergine, il a le droit de demander le divorce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, n'importe qui sait parfaitement que le meilleur houmous n'est ni libanais ni syrien ni palestinien: «le meilleur houmous, c'est celui de ma mère». Par exemple, pour Ralph Nader, hé bien, c'est celui de... &lt;a href="http://www.votenader.org/blog/2008/10/09/my-moms-hummus-recipe/"&gt;devinez qui&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, ce qui est remarquable, c'est que les arabes prononcent «hhoumous» avec un «h» expiré, tandis que les israéliens le prononcent «rrroumous» avec un «r» roulé façon jota espagnole. Et c'est ça qui énerve vraiment les libanais. Passe encore que les israéliens aiment un plat libanais-palestinien-syrien-égyptien, mais qu'ils le prononcent «rrroumous» constitue le véritable outrage!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en arrive à ce sujet dont je voulais vous causer depuis un moment...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Savez-vous comment on peut reconnaître un journaliste qui vient soit de se faire expliquer le danger islamiste, la dhimmitude et l'Eurabia par l'ambassadeur d'Israël à Paris, soit de trouver l'inspiration après plusieurs heures de visionnage de Guysen TV? C'est très simple, et il n'est pas nécessaire de recourir à une théorie du complot trop compliquée. Ce journaliste se reconnaît aisément: il dit «Rrrezbollah» (ou, pire, «Rrrizbollah») et «Rrramas», au lieu de «Hhezbollah» («h» expiré) et «Hhamas» (même «h» expiré).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette lettre n'est pourtant pas difficile à prononcer. Comme l'explique le père André d'Alverny («Cours de langue arabe», dans les années 1950 -- extrait véridique, je le recopie texto du bouquin):&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;C'est une très forte expiration du fond de la gorge, mais sans frottement; elle ressemble au souffle du caméléon.&lt;/blockquote&gt;Le souffle du caméléon, donc. Comme dans «hip hip hip hourra».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, n'importe qui dira: «Hhassan Nasrallah du Hhezbollah aime le Hhoumous». Si un éditorialiste analyse: «Rrrassan Nasrallah du Rrrizbollah aime le Rrroumous», maintenant vous le savez: c'est un thuriféraire du sionisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est d'autant plus idiot, pour les analystes sionistes, de se faire piéger aussi facilement que, par ailleurs, il ne leur viendrait pas à l'idée de prononcer «Rafiq Rrrariri». C'est la même lettre. Au pire, ils diront «Rafikariri» d'une seule traite, mais pas «Rrrariri». (Pourtant, Rafiq Rrrariri aimait beaucoup le rrroumous.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prononcer «Rrrizbollah», ça vous trahit le propagandiste sioniste aussi sûrement que s'il disait «Eretz Yisrael» au lieu de «régime illégitime qui occupe al-Quds» au journal de 20 heures...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien à voir, mais il est plaisant de constater que, lorsqu'un français parle de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Carlos_Ghosn"&gt;Carlos Ghosn&lt;/a&gt;, aucun libanais ne sait de qui il parle («Carlos Guausne?»). Je ne sais pas, d'ailleurs, pourquoi ça se translittère «Ghosn». Parce que là, vous avez le droit de rouler les «r» comme n'importe mangeur de rrroumous: ça se prononce quelque part entre «Rrroussoune» et «Rrressen». Perso, je trouve que «Carlos Roussoune», ça a de la gueule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fait, est-ce que Carlos Roussoune aime le hhhoumous? Il se trouve que oui: et celui qu'il préfère, c'est celui de... sa femme (Rita Roussoune, &lt;a href="http://www.mylebanonjp.com/press.htm"&gt;restaurant «My Lebanon» à Tokyo&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur ce, sahten.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-319708536046053284?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/319708536046053284/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=319708536046053284' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/319708536046053284'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/319708536046053284'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/10/le-rrrizbollah-aime-le-rrroumous.html' title='Le Rrrizbollah aime le rrroumous'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-2713004537917840500</id><published>2008-10-01T11:06:00.002+02:00</published><updated>2008-10-01T11:53:35.155+02:00</updated><title type='text'>Risque politique de la crise ?</title><content type='html'>Publié hier, &lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr/le-rejet-du-plan-paulson-plonge-la-finance-dans-une-double-crise_fr_art_633_39166.html"&gt;un article de Christian Chavagneux&lt;/a&gt; pour «Alternatives économiques» me donne envie de prolonger les questions de mon &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2008/09/vive-la-crise.html"&gt;précédent billet&lt;/a&gt;. En effet, si l'aspect moral du plan est souvent discuté (sous l'angle «prendre aux pauvres pour donner aux riches»), je trouve regrettable que l'aspect politique soit assez systématiquement oublié. C'était l'objet de mon billet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Christian Chavagneux soutient le «plan Paulson» avec un enthousiasme qui laisse coi. Le titre du billet («Le rejet du plan Paulson plonge la finance dans une double crise») est confirmé dans le chapeau («Le rejet du plan Paulson par la majorité des parlementaires américains a plongé la finance internationale, y compris l’Europe, dans un gouffre dont il est difficile de savoir comment elle va sortir.»). L'article rappelle pourtant, plus loin, l'évidence: la (double) crise précède le rejet du plan Paulson, et non l'inverse. Alors pourquoi ce titre et cette introduction?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux derniers paragraphes sont assez étonnants.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Si 700 milliards de dollars peuvent être engagés, il n'est pas certain que le gouvernement aura besoin d'utiliser toute cette somme. De plus, une fois la crise passée, certains des actifs achetés vont voir leur valeur augmenter et le gouvernement pourrait même gagner de l'argent sur certaines transactions. De plus, la dernière version du plan prévoit que le gouvernement se voit offert en garantie la possibilité d'acheter des actions des banques qu'il aide. Ainsi, si la situation des banques s'améliore, le gouvernement peut vendre les actions et gagner de l'argent pour rembourser le coût du plan. Enfin, et ce n'était pas la moindre des avancées, le plan prévoit une revue de l'application du plan 5 ans après et permet au gouvernement de taxer le secteur financier si le coût budgétaire final s'avère important.&lt;/blockquote&gt;Si je lis bien, ce plan est tellement bon que:&lt;br /&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;c'est un plan à 700 milliards qui coûtera moins de 700 milliards;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;en plus, à la fin, on va récupérer une bonne partie de de cet argent; &lt;/li&gt;&lt;li&gt;et même le gouvernement pourrait bien «gagner de l'argent pour rembourser le coût du plan».&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;C'est la fête!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais alors, pourquoi un aussi bon plan a-t-il été initialement rejeté?&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Ce plan, nécessaire, a été rejeté par 228 parlementaires, 95 démocrates et 133 républicains. On savait depuis le début que des démocrates allaient refuser le plan et on attendait une mobilisation des républicains. Celle-ci a bien eu lieu mais pour rejeter le plan. D'une irresponsabilité totale au regard de l'histoire et de leur pays, ces parlementaires ont refusé le plan pour deux raisons. Soit par pure idéologie, le qualifiant de « socialisme financier ». Soit parce qu'élus avec une faible marge et devant se représenter début novembre devant des électeurs réticents au fait d'aider Wall Street, ils ont préféré rejeter le plan plutôt que d'en expliquer la nécessité. La violence du rejet du plan, de Paulson et de l'autorité de George W. Bush, a été telle que 18 % des parlementaires républicains partant en retraite, et donc sans enjeu électoral, ont tout de même voté non.&lt;/blockquote&gt;À nouveau, si je lis bien: les élus américains l'ont refusé, c'est parce que:&lt;br /&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;ce sont des idéologues (hum... des élus du peuple rejettent un plan pour des motifs politiques alors que ce plan est économiquement «nécessaire»; est-ce désormais un argument valable dans «Alternatives économiques»?);&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;ce sont des démagogues qui cherchent à se faire réélire (ce qui est mal);&lt;/li&gt;&lt;li&gt;même ceux qui ne sont ni idéologues et qui ne cherchent pas à se faire réélire sont contre (bon: «18% des parlementaires républicains partant en retraite», ça doit faire deux personnes à tout casser, genre 2 sur 11 ça fait 18%): ça prouve bien quelque chose mais je ne sais pas exactement quoi. 82% des parlementaires républicains (genre: 9 sur 11) qui partent en retraite ont voté pour, mais ça, ça ne prouve pas grand chose (personnellement, si 82% des républicains sont pour, j'aurais tendance à trouver ça suspect, mais c'est une autre histoire).&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Diplo&lt;/span&gt; a posté, au même moment, une «&lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-09-30-Wall-Street"&gt;valise diplomatique&lt;/a&gt;» qui rend tout de même moins «idéologue», «démagogue» et indéfendable le choix de certains parlementaires:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;En pleine campagne électorale, de nombreux parlementaires ont mesuré l’ampleur du ressentiment populaire devant un plan&lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-09-30-Wall-Street#nb1" name="nh1" id="nh1" class="spip_note" rel="footnote" title="(1) 750 milliards de dollars dont 250 milliards immédiatement disponibles ; (...)"&gt;&lt;/a&gt; qui, aux frais du contribuable, efface les pertes des banques, alors que rien d’aussi massif n’avait été prévu quand des centaines de milliers d’Américains furent précipités dans la faillite par la baisse de leurs actifs immobiliers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà de l’horreur que peut inspirer à ces derniers un engagement supplémentaire de la puissance publique (un républicain est, théoriquement, en faveur du « moins d’Etat » et des comptes en ordre…), leur vote négatif s’explique par le caractère autoritaire et précipité de la décision qu’on voulait leur faire prendre&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Une autre question devrait être, à mon avis, posée. Elle rejoint mes questions sur les risques politiques induits par la crise: dans quelles conditions peut-on à nouveau donner des pouvoirs aussi grands à l'administration Bush, sachant à quel point cette administration est capable d'abuser du moindre pouvoir qui lui est confié, et à quel point ces abus de pouvoirs sont les réussites que l'on sait?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les trois hommes qui auraient la main directe sur ce pactole de plus de 700 milliards de dollars, ce sont:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Henry Merrit «Hank» Paulson Jr., «United States Treasury Secretary» (je préfère ici ne pas traduire les noms des fonctions officielles et des institutions pour éviter les contresens), nommé par Georges W. Bush le 30 mai 2006;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Ben Shalom Bernanke, «Chairman of the Board of Governors of the United States Federal Reserve», nommé par Georges W. Bush le 1er février 2006; il est à noter que tous les membres du Board of Governors actuels ont pris leur poste sous la présidence de Georges W. Bush;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Christopher Cox, «Chairman of the Securities and Exchange Commission», nommé par Georges W. Bush le 3 août 2005.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;a href="http://ap.google.com/article/ALeqM5gca54s0LCP-1CIz0sSK5QWjOCzbgD93CKMNG0"&gt;Un des articles du plan&lt;/a&gt; donnait l'ampleur de la prise de pouvoir énorme qu'il représente:&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Rosner also says full disclosure is important since the bill as it now stands gives the U.S. Treasury Secretary basically unchecked power to deal with $700 billion in taxpayer funds. According to Section 8 of the proposal, the decisions are "&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;non-reviewable and committed to agency discretion, and may not be reviewed by any court of law or any administrative agency&lt;/span&gt;."&lt;/p&gt;&lt;p&gt;That "prevents judicial action could allow the protection of decisions that create false marks, hide prior marks, or could be used to prevent civil or criminal prosecution in situations where a management knowingly provided false marks that aided the growth of this crisis of confidence," Rosner said in a note to clients.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;Pour se donner une idée du «pouvoir» que représentent 700 milliards de dollars, signalons que c'est une somme supérieure au montant total du budget militaire des États-Unis (651 milliards). C'est également une somme supérieure à l'ensemble des budgets militaires cumulés de tous les autres pays de la planète. Et ce serait directement géré par trois hommes nommés par Georges W. Bush (qui terminera son mandat que le 20 janvier 2009).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, y a-t-il des risques politiques liés à ce plan? Les élus américains qui rechignent à signer cet énorme transfert de pouvoir n'ont-ils que des motifs idéologiques et démagogiques, ou ont-ils quelques raisons de s'inquiéter? Y a-t-il un contre-pouvoir efficace prévu (ou même possible) face à ce pouvoir confié à trois hommes?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Christian Chavagneux explique (avec un adorable point d'exclamation final):&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Dans la version finale, achevée dans la nuit de samedi à dimanche, le secrétaire au Trésor se voit octroyé toute latitude pour acheter à qui il veut, au prix qu'il veut et avec la méthode qu'il veut les actifs immobiliers risqués des banques. Mais il est ensuite pris sous le feu de quatre projecteurs qui vont scruter à la loupe ce qu'il fait : un Financial Stability Oversight Board devant lequel doit être présenté un rapport tous les mois ou toutes les fois que 50 milliards de dollars sont dépensés ; le Comptroller General, qui surveille la façon dont l'Etat dépense son argent, doit suivre la réalisation du plan ; un inspecteur général du plan est nommé pour le suivre également de près ; enfin, un panel du Congrès suivra également ce qui se passe !&lt;/blockquote&gt;Se pourrait-il que les parlementaires américains, après huit années d'aventurisme néo-conservateur, ne trouvent pas encore cela assez rassurant?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-2713004537917840500?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/2713004537917840500/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=2713004537917840500' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2713004537917840500'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2713004537917840500'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/10/risque-politique-de-la-crise.html' title='Risque politique de la crise ?'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-6895368284451765881</id><published>2008-09-25T13:07:00.002+02:00</published><updated>2008-09-25T13:10:01.383+02:00</updated><title type='text'>Vive la crise !</title><content type='html'>&lt;a href="http://www.politis.fr/La-fable-de-la-crise-finale,4499.html"&gt;Très bon billet&lt;/a&gt;, à mon avis, de Denis Sieffert aujourd'hui sur le site de Politis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne crois pas non plus que la crise actuelle se terminera par:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;la chute et le dépassement du capitalisme,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;la remise en cause des politiques néolibérales.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Je vous propose quelques réflexions, un peu en vrac. Ce sont en général des questions, mais le lecteur a le droit de penser que, de ma part, elles sont purement rhétoriques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;1.&lt;/span&gt; D'où sortent le(s) milliard(s) de milliard de dollars que va utiliser l'administration US pour éponger les créances pourries des grands joueurs de la bourse? On répond souvent, et c'est déjà choquant: des poches des contribuables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, selon l'habitude étatsunienne, ce ne seront pas des levées d'impôts supplémentaires immédiates qui auront lieu, mais le recours au déficit budgétaire. Cet argent sera donc... emprunté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et emprunté à qui? Si je ne trompe pas: emprunté au marché. Le marché qui ne prête plus d'argent au marché va prêter à l'administration. Et, grâce au taux d'intérêt, se rémunérer sur ces &lt;a href="http://www.savingsbonds.gov/"&gt;bons du trésor&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;2.&lt;/span&gt; Les banques qui ont émis des prêts pourris vont donc voir leur ardoise effacée. Mais, que je sache, ces prêts courent toujours du côté des particuliers qui ont souscrits ces emprunts. Les particuliers qui ont «acheté» une maison avec un de ces nombreux crédits dont les taux ont explosé, et qui ne peuvent plus payer, vont-ils eux aussi voir leur ardoise effacée, ou vont-ils se retrouver à la rue, tous leurs biens saisis?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;3.&lt;/span&gt; Alors que nous connaissions une période d'euphorie boursière, la pression coloniale et néocoloniale sur les pays producteurs de matières premières était phénoménale. Question idiote: avec la crise généralisée des économies occidentales, cette pression va-t-elle baisser, ou va-t-elle s'accentuer?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;4.&lt;/span&gt; Si la pression coloniale et néocoloniale s'accentue, aura-t-on plus, ou moins, besoin de l'alibi (im-)moral du «choc des civilisations» pour soutenir l'économie de la prédation?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;5.&lt;/span&gt; La pression néolibérale sur nos propres sociétés va-t-elle s'accentuer, ou reculer à cause de sa faillite économique et de l'évident mensonge qu'elle représente? Pour l'instant, il me semble que les pays les plus directement touchés en profitent pour imposer des mesures supplémentaires de déréglementation du marché du travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;6.&lt;/span&gt; Malgré l'euphorie boursière, les outils de contrôle social, au motif de «lutte contre le terrorisme», se sont développés dans les pays démocratiques dans des proportions inquiétantes (voir Edvige en France par exemple). Face à une crise économique qui va s'abattre sur l'«économie réelle», ces outils seront-ils directement retournés contre les sociétés (syndicats, mouvements sociaux, associations militantes..;)?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;7. &lt;/span&gt;Si nous avons une conjonction entre l'imposition accélérée des politiques néolibérales (pour cause de «lutte contre la crise»), l'utilisation des outils de contrôle contre les sociétés et l'intensification de l'outil colonial qu'est le «choc des civilisations», y a-t-il un risque de basculement (violent ou via le processus électoral) d'une ou plusieurs grandes «démocraties libérales» vers des systèmes autoritaires? Est-ce que ça fait trop de «si» pour qu'on doive s'inquiéter?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;8.&lt;/span&gt; Quid de la pression sur l'environnement? Kyoto, forages en Alaska, exploitation des zones polaires, alternatives aux combustibles non renouvelables, tout ça... La crise va-t-elle aider à réduire l'impact environnemental de nos systèmes (par exemple: baisse de la consommation), ou au contraire servir d'excuse pour achever de saccager la planète («ça n'est pas le bon moment»)?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;9.&lt;/span&gt; Mille milliards de dollars représentent, rappelle Denis Sieffert, 8 ans de guerre en Irak. Je suppose qu'on ne compte ici que le coût pour les Américains et non la destruction totale des infrastructures d'un pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais d'autres chiffres peuvent être cités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le montant total de la dette du tiers-monde en 2005 s'élevait à &lt;a href="http://www.cadtm.org/IMG/pdf/vademecum2005b-2.pdf"&gt;2600 milliards de dollars&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;En 1980, le montant de cette dette était de 540 milliards. Entre 1980 et 2004, ces pays ont remboursé 5300 milliards. Comme le synthétise le CADTM, «les pays en voie de développement ont remboursé presque 10 fois ce qu'ils devaient en 1980, mais leur dette a été multipliée par presque 5». Il serait impossible d'annuler tout ou partie de cette dette sans faire s'effondrer l'économie mondiale. La dette des joueurs de la bourse, elle, sera épongée en quelques mois, pour des estimations de coût qui vont entre 1000 et 2000 milliards de dollars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'aide au développement s'élève à un peu plus de 100 milliards de dollars par an. Chiffre déjà dérisoire dans l'absolu (par exemple les transferts d'argent pratiqués par les immigrés vers leurs pays d'origine représentent, eux, 200 milliards), à comparer avec les 1000 milliards de dollars évoqués aujourd'hui.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-6895368284451765881?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/6895368284451765881/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=6895368284451765881' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/6895368284451765881'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/6895368284451765881'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/09/vive-la-crise.html' title='Vive la crise !'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-1565367656545843692</id><published>2008-07-22T20:12:00.005+02:00</published><updated>2008-07-22T20:18:01.514+02:00</updated><title type='text'>L'augmentation de la tuberculose est liée aux prêts du FMI</title><content type='html'>Aujourd'hui &lt;a href="http://www.nytimes.com/2008/07/22/health/research/22tb.html?_r=1&amp;amp;ref=health&amp;amp;pagewanted=print&amp;amp;oref=slogin"&gt;dans le New York Times&lt;/a&gt;: «L'augmentation de la tuberculose est liée aux prêts du FMI», par Nicholas Bakalar. Comme je ne suis pas persuadé que nos médias vont beaucoup en causer (en ce moment, c'est plutôt la saison des sujets Paris-Plage), je vous livre une traduction maison:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Une nouvelle étude vient de découvrir que la rapide augmentation du nombre de cas de tuberculose en Europe de l'Est et dans l'ancienne Union soviétique est fortement corrélée à l'obtention de prêts de la part du Fond monétaire international (FMI).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les critiques du Fond ont suggéré que ses exigences financières amènent les gouvernements à réduire les dépenses de santé pour pouvoir obtenir les prêts. Ceci, indiquent les auteurs, aide à comprendre le lien établi par leur étude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Fond réfute fermement cette conclusion, affirmant que les anciens pays communistes seraient dans une situation bien pire sans les prêts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«La tuberculose est une maladie qui prend du temps pour se développer», indique William Murray, un porte-parole du Fond, «donc l'augmentation des taux de mortalité est certainement liée à quelque chose qui est intervenu avant les financements par le FMI. C'est seulement un bidonnage scientifique».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chercheurs ont étudié les statistiques de santé dans 21 pays et ont découvert que l'obtention d'un prêt du FMI était associée à une augmentation de 13,9% du nombre de cas de tuberculose chaque année, de 13,3% du nombre de personnes vivant avec la maladie et de 16,6% du nombre de décès dus à la tuberculose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SIYkOo0rUxI/AAAAAAAAAFg/L26c-ry9HV4/s1600-h/tuberculose-fmi.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SIYkOo0rUxI/AAAAAAAAAFg/L26c-ry9HV4/s320/tuberculose-fmi.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5225904251505169170" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://medicine.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&amp;amp;doi=10.1371/journal.pmed.0050143&amp;amp;ct=1&amp;amp;SESSID=b62050c4650b94f50011e062baba5980"&gt;L'étude, qui est publiée mardi dans le journal PLoS Medicine&lt;/a&gt;, a contrôlé statistiquement un certain nombre d'autres facteurs qui influent sur les taux de tuberculose, notamment la prédominance du sida, les taux d'inflation, l'urbanisation, les taux de chômage, l'âge de la population et l'amélioration du suivi médical.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le coordinateur de l'étude, David Stuckler, un chercheur associé de l'université de Cambridge, l'a défendue contre les critiques du Fond, indiquant que les chercheurs avaient vérifié si l'augmentation de la mortalité n'avait pas pu provoquer l'obtention des prêts plutôt que l'inverse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au contraire, ils ont découvert que l'augmentation de la mortalité par la tuberculose suivait le prêt; chaque pourcent supplémentaire de prêt est liés à une augmentation de 0,9% de la mortalité. Et lorsqu'un pays quitte un programme de financement du FMI, les taux de mortalité chutent de 31% en moyenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Lorsque vous trouvez une corrélation, vous levez un sourcille», explique M. Stuckler. «Mais quand vous trouvez plus de 20 corrélations dans la même direction, vous commencez à établir un fort lien de cause à effet.»&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-1565367656545843692?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/1565367656545843692/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=1565367656545843692' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1565367656545843692'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1565367656545843692'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/07/laugmentation-de-la-tuberculose-est-lie.html' title='L&apos;augmentation de la tuberculose est liée aux prêts du FMI'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SIYkOo0rUxI/AAAAAAAAAFg/L26c-ry9HV4/s72-c/tuberculose-fmi.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-1479409981996563955</id><published>2008-06-23T13:19:00.007+02:00</published><updated>2008-06-24T10:04:23.554+02:00</updated><title type='text'>L'agression d'un amateur de poings américains</title><content type='html'>Bien sûr, l'agression d'une jeune homme en plein Paris est dramatique. Bien sûr, si l'agression est antisémite ou raciste, elle est d'autant plus scandaleuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, le cirque médiatique qui se met en place en quelques heures, l'ouverture des journaux télé sur cette affaire depuis 24 heures, l'intervention immédiate des politiques... tout cela provoque une certaine gêne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par exemple, il faut creuser un peu pour trouver cette &lt;a href="http://www.liberation.fr/actualite/societe/334147.FR.php"&gt;dépêche de l'AFP&lt;/a&gt; reproduite sur le site de Libé:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Le jeune juif, violemment agressé samedi dans le quartier des Buttes-Chaumont, à Paris (XIXe), avait été interpellé «après des incidents à caractère intercommunautaire» avec un autre groupe de jeunes d'origine maghrébine, le 9 décembre 2007. La rixe avait eu lieu en marge d'une manifestation à Bercy, à Paris, pour la Hanouka, la grande fête juive de fin d'année.&lt;br /&gt;L'adolescent avait été placé en garde à vue en compagnie de trois camarades. Lui et ses camarades avaient été trouvés porteurs de poings américains et «autres projectiles de défense». Ils n'avaient pas été écroués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une procédure judiciaire avait été ouverte pour ces faits qui est «toujours en cours», a indiqué la même source.&lt;br /&gt;Par ailleurs, selon la même source, les Renseignements généraux (RG) ont fait état dans des notes et rapports, de «plusieurs tensions et vifs incidents à caractère communautaire», depuis 2006, notamment dans quartier des Buttes-Chaumont où le jeune homme a été passé à tabac, à coups de barre de fer.&lt;/blockquote&gt;Voilà qui n'est pas forcément aussi médiatiquement accrocheur que l'affirmation selon laquelle la victime «a été victime d'une agression parce qu'il portait une kippa...&lt;b&gt;»&lt;/b&gt;. Cette mention de «plusieurs tensions et vifs incidents à caractère communautaire» apparaît également dans &lt;a href="http://www.lepoint.fr/actualites-societe/agression-du-jeune-juif-cette-tension-permanente-rend-les/920/0/255194"&gt;une interview du rabin loubavitch Mendel Samara&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;b&gt;  &lt;/b&gt; &lt;blockquote&gt;La semaine, tout se passe bien. En revanche, le week-end, pendant le shabbat, le quartier des Buttes-Chaumont, et surtout le parc, devient assez difficile. Les regards des différentes bandes organisées se croisent. Cette tension permanente rend les dérapages possibles. D'autant plus qu'il y a une animosité provoquée par les frustrations, les incompréhensions et le manque de dialogue dans ce quartier.&lt;/blockquote&gt;Selon &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/06/22/01016-20080622ARTFIG00028-un-jeune-juif-dans-le-coma-apres-une-agression-.php"&gt;Le Figaro&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Par la voix de son président, Raphaël Haddad, l'UEJF se dit «très préoccupée» par les bagarres à répétition ces dernières semaines entre bandes organisées, notamment au parc des Buttes Chaumont.&lt;/blockquote&gt;Bandes organisées? Un jeune juif déjà arrêté avec un poing américain, passé à tabac non loin des Buttes Chaumont samedi soir, un rabin local indiquant que, pendant le shabbat, dans le quartier, les bandes organisées se défient?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut relire les déclarations des politiques depuis 24 heures, il faut voir l'émotion médiatique, il faut observer ces «envoyés spéciaux» des journaux télés qui sont au chevet du jeune amateur de poing américain (littéralement: ils sont postés devant l'hôpital et nous infoment, heure par heure, de son état de santé). Il faut voir cela, et comparer: avec l'occultation quasi totale de la possibilité des conséquences d'affrontements entre une bande organisée juive (genre Betar, LDJ...) et d'autres bandes organisées (conséquence même indirecte: si un groupuscule type Betar ou LDJ sévit dans le quartier, malheureusement tout juif devient une cible pour les tarés d'en face), ou encore avec l'&lt;a href="http://www.alterinfo.net/AGRESSION-RACISTE-et-NEGROPHOBE-DU-FILS-DU-VIRTUOSE-JAYLOU-AVA_a20402.html"&gt;absence de réaction&lt;/a&gt; (ou cirque médiatique) suite à d'autres agressions dans Paris (l'indignation médiatique à deux vitesses étant certainement un élément aggravant à ce type de tensions, chacun se rêvant en «ligue de défense» communataire).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Ajout lundi soir 23 heures] Signalé par un participant au forum, &lt;a href="http://afp.google.com/article/ALeqM5hLmwbAkemxzJfS592DuMpRFqVahQ"&gt;cette dépêche de l'AFP&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Le patron d'un bar-tabac situé près du lieu de l'agression a évoqué lundi sur RTL un "règlement de comptes entre petites bandes" plutôt qu'une agression antisémite. "Aux alentours de 18H00-18H30, il y a un groupe de jeunes juifs qui sont arrivés, ils étaient approximativement une vingtaine qui se sont dirigés vers le square au niveau de la rue Petit et qui sont allés directement agresser des jeunes et puis après, il s'en est suivi une altercation assez violente", a déclaré l'homme, qui n'a pas donné son nom mais qui affirme avoir été témoin direct de la scène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Il y a eu des jets d'objets, moi, j'étais là en train de baisser mes rideaux métalliques de peur que ma vitrine soit endommagée, ils se sont tous sauvés, à priori ils auraient laissé un de leur amis à terre" a-t-il ajouté.&lt;/blockquote&gt;Publié à peu près au même moment (22 heures), un billet de Reuters suggère que l'emballement médiatique est en train de se retourner: «&lt;a href="http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/infojour/reuters.asp?id=73689"&gt;Incertitudes après l'agression d'un jeune juif à Paris&lt;/a&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Ajout mardi matin, 10h] Brève du &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/06/23/01016-20080623ARTFIG00569-rudy-un-jeune-juif-orthodoxe-et-militant-.php"&gt;Figaro&lt;/a&gt;: la «manifestation pour la Hanouka» n'est plus exactement une célébration religieuse:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Le 9 décembre dernier, Rudy avait participé à une manifestation dans le parc de Bercy à Paris en soutien aux trois soldats israéliens enlevés par le Hezbollah. À l'issue de ce rassemblement, il a été interpellé pour «violences volontaires avec arme par destination» et placé en garde à vue. Il ferait l'objet d'un contrôle judiciaire.&lt;/blockquote&gt;Casser du bougnoule après une manifestation contre le Hezbollah, ça n'est pas exactement mon idée de la fête, mais bon... le Figaro précise:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Selon des sources informées, il est proche de la Ligue de défense juive comme du Betar, ce dont se défendent ces mouvements.&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-1479409981996563955?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/1479409981996563955/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=1479409981996563955' title='15 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1479409981996563955'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1479409981996563955'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/06/lagression-dun-amateur-de-poings.html' title='L&apos;agression d&apos;un amateur de poings américains'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>15</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-2942893114728324899</id><published>2008-06-13T19:07:00.005+02:00</published><updated>2008-06-13T19:31:15.089+02:00</updated><title type='text'>Encore des histoires d'arabes</title><content type='html'>Encore des histoires d'arabes qui, visiblement, n'intéressent pas les médias français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– La &lt;a href="http://www.palestine-info.co.uk/En/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7z%2fhKq%2bB%2bXhMnYl9sVKxN6gnf5l3ymlBdV4Dj%2bzaix8QCQzpkyeEULuIa4jrcNi%2fqqtrym3AqZJnq%2fx6yJlkcf2LnaFwgQjr3GUVZbXHJrvU%3d"&gt;démocratie israélienne&lt;/a&gt; et ses collaborateurs&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;La cour martiale israélienne d'Ofer a condamné le correspondant de la chaîne satellitaire Aqsa TV, Mohammed Ezzat Al-Halayka, à une peine d'un an de prison en l'accusant de travailler pour une chaîne de télévision «ennemie». La court a également condamné Halayka, 25 ans, qui vient de la ville d'Al-Khalil en Cisjordanie, à une amende de 1200 dollars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Halayka a été arrêté par les troupes israéliennes en décembre dernier, et accusé de «travailler pour une chaîne appartement au Hamas». Le journaliste palestinien avait auparavant été arrêté par les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne sous le commandement de Mahmoud Abbas, et a été humilié par les services de renseignement de l'Autorité palestinienne avant son arrestation par les israéliens.&lt;/blockquote&gt;– &lt;a href="http://africa.reuters.com/top/news/usnBAN144690.html"&gt;Le calme règne au Maroc&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;blockquote&gt;Les habitants d'une ville marocaine où la police a fait usage de la force pour mettre fin à un blocus qui durait depuis une semaine se sont plaints des méthodes très violentes et déclarent que des manifestants sont toujours cachés dans les collines avoisinantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gouvernement a nié les allégations de plusieurs témoins selon lesquelles des manifestants ont été tués et des douzaines blessés quand la police est intervenue samedi pour mettre fin aux manifestations à Sidi Ifni par des jeunes qui protestaient contre la pauvreté et le chômage.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;– &lt;a href="http://africa.reuters.com/top/news/usnBAN739611.html"&gt;Le calme règne en Tunisie&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;La police a tiré dans la foule pour disperser des centaines de jeunes manifestant contre le chômage et le coût de la vie dans le sud-ouest de la Tunisie, faisant un mort et plusieurs blessés, ont déclaré des officiels du gouvernement et du syndicat vendredi.&lt;/blockquote&gt;À la Une de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Reporters sans frontières&lt;/span&gt;: «100 photos de Bettina Rheims» (sortez la carte bleue). Seul &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt; a consacré un article au sujet: «Troubles sociaux meurtriers au Maroc et en Tunisie», par Florence Beaugé. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Figaro&lt;/span&gt; s'est contenté de passer &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/06/07/01011-20080607FILWWW00510-tunis-regrette-la-mort-d-un-manifestant.php"&gt;une dépêche AFP&lt;/a&gt; sur son site Web. Au même moment, tout ce qu'avait à raconter &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Libération&lt;/span&gt;, c'est «&lt;a href="http://www.liberation.fr/actualite/monde/330955.FR.php"&gt;Le Maghreb, terreau de choix pour Al-Qaeda&lt;/a&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la liberté de la presse.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-2942893114728324899?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/2942893114728324899/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=2942893114728324899' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2942893114728324899'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2942893114728324899'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/06/encore-des-histoires-darabes.html' title='Encore des histoires d&apos;arabes'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-144205603147828556</id><published>2008-06-08T15:06:00.013+02:00</published><updated>2008-06-08T16:46:18.671+02:00</updated><title type='text'>Sarkozy aime les Libanais, comme il aime les Cochinchinois, les Malgaches, les Sénégalais et les Marocains</title><content type='html'>&lt;blockquote&gt;«En montant cette union sacrée, pour le Liban, de la République dont la majuscule est l’objet de la fierté des Français, des francophones, des démocrates.»&lt;br /&gt;Mahmoud Harb&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Alors, tu es content, Mahmoud? L'Homme blanc (avec un grand H) est venu t'apporter les Lumières (avec un grand L) de la République (avec un grand R)? C'est dommage qu'il ne soit pas venu avec son grand ami Johnny, qui t'aurait en même temps appris l'amour avec un petit Q.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que ça n'est pas le plus beau jour de la vie de ton joli pays, Mahmoud? Ton mignon petit pays que la France éternelle, dans son incommensurable grandeur, a choisi d'aimer. Oui Mahmoud, Saïd Sarkozy aime ton petit pays et ses joyeuses peuplades folkloriques. Et tous les Français aiment aussi ta riante petite contrée et ses tribus bariolées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est pour cela que Saïd Sarkozy, il est venu chez toi (et comme ta peuplade est très hospitalière, il a tout de suite compris qu'il était chez toi chez lui; mais ne va pas t'imaginer que tu serais chez toi chez nous sans visa, notre grandeur d'âme a tout de même des limites). Il est venu chez toi non pas avec quelques milliards d'aide au développement, ni avec des annonces de mesures économiques pour aider ton petit pays, il n'est même pas venu pour t'annoncer que notre politique inepte à l'encontre de ton pays allait changer (au contraire, avec Saïd Hollande, il est venu répéter que la politique de la France au Liban ne changerait pas, et ça, ça valait bien la peine de se déplacer).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, Saïd Sarkozy aime tellement ton pays, Mahmoud, qu'il est venu pour t'offrir sa seule présence. Et celle des autres saïd français. Comme ça, tu as pu approcher la République avec un grand R, et rêver à la Liberté, à l'Égalité et à la Fraternité (avec un grand LEF). Et même, Mahmoud, il a accepté de se faire prendre en photo avec toi. Tu sais, c'est une photo de toi avec le représentant sur Terre de la philosophie des Lumières, tu penseras bien à la mettre dans un cadre avec autour une guirlande qui clignote.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mahmoud, je sais que la politique internationale de notre grand et beau pays dont le R majuscule nous rend si fiers est un peu compliquée pour toi. Je m'en vais donc te livrer cette citation d'un grand film philosophique de chez nous, et tu vas tout comprendre:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«C'est notre Raïs à nous, c'est monsieur René Coty. Un grand homme, il marquera l'histoire. Il aime les Cochinchinois, les Malgaches, les Sénégalais, les Marocains... C'est donc ton ami. Ce sera ton porte-bonheur.»&lt;br /&gt;OSS 117 – le film&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="width: 200px; float: right; margin-left: 30px; margin-bottom: 20px; font-size: 80%;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SEvsnAEvolI/AAAAAAAAAFY/BqGkiWpouXE/s1600-h/harem_gerome3.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SEvsnAEvolI/AAAAAAAAAFY/BqGkiWpouXE/s320/harem_gerome3.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5209517548763062866" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div&gt;À peine arrivée à Beyrouth, &lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/people/20080325.OBS6490/christies_va_mettre_en_vente_une_photo_de_nu_de_carla_b.html?idfx=RSS_notr"&gt;Carla Bruni est vendue aux enchères, nue,&lt;/a&gt; chez Christie's. Saad Hariri en aurait proposé plus de 200 chameaux.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;Et maintenant, Mahmoud, je ne résiste pas au bonheur de reproduire (intégralement) ce que tu as écris dans ton journal, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Orient-Le Jour&lt;/span&gt; (grand L, grand O, grand L, grand J), à la suite de la visite du Président &lt;s&gt;Coty&lt;/s&gt; Sarkozy. C'est à mon avis le plus bel hommage que tu pouvais rendre aux scénaristes d'OSS 117. J'apprécie aussi le fait que ce soit qualifié, par ton journal, d'«ANALYSE» (en majuscules).&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;ANALYSE&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;De l’union sacrée tricolore pour le Liban&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;L'article de Mahmoud HARB&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nicolas Sarkozy, président «d’ouverture», aime à citer Jean Jaurès et le fait bien plus que les éléphants du parti de la rose rouge. Il est quasiment impossible aujourd’hui de résister à la tentation de contourner les failles de l’anachronisme, pour suivre son exemple en saluant l’union sacrée – expression chère au leader de la SFIO – des dirigeants français pour le Liban. En saluant la visite à une Beyrouth martyrisée par ceux-là qui prétendent la défendre, de cette colossale délégation des plus hauts responsables de l’État français. En reconnaissant que si Nicolas Sarkozy est – et doit être – quelque part gêné aux entournures par l’échec de sa diplomatie à obtenir ce que le petit Qatar a réussi, par le piège dans lequel Bernard Kouchner a poussé le patriarche Sfeir, il s’est très bien rattrapé hier, sans même avoir à battre sa coulpe. En montant cette union sacrée, pour le Liban, de la République dont la majuscule est l’objet de la fierté des Français, des francophones, des démocrates.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France, Nicolas Sarkozy est souvent accusé de verser dans la communication volubile plutôt que dans l’action efficace. Sa visite au Liban serait-elle pour autant un coup de com’ d’un président en quête de cote de popularité, d’une hausse dans les sondages, d’une petite place sur la scène internationale ? La réalité semble être tout le contraire. Car si le président B.C.B.G. voulait faire dans la publicité, il se serait probablement contenté de se faire accompagner par les ténors de son parti ou par les gardes rapprochés de sa «task force» ministérielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien au contraire, Nicolas Sarkozy a tenu à associer à sa démarche «toute la France, pour dire que le Liban a le droit de penser à l’avenir». À commencer par son Premier ministre François Fillon, même si les relations entre les deux hommes seraient houleuses, même s’il n’est pas coutume que le président de la Ve République voyage avec le chef de son gouvernement. Et puis François Hollande, même si le PS et l’UMP sont deux formations adversaires. Et encore François Bayrou, même si son Modem rachitique tente désespérément de chasser sur le territoire du parti de la majorité présidentielle. Sans oublier la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, ni le président des Radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet. Ni Marie-Georges Buffet, même si la présence de cette dernière n’a ravi que Khaled Hdadé, chef du Parti communiste – fantôme – libanais, même si le PCF continue de soutenir des positions tiers-mondistes anachroniques et des résistances souvent obscurantistes, comme s’il incombait aux seuls habitants du tiers-monde de combattre le «Léviathan» de la mondialisation, sans pouvoir aspirer à la démocratie républicaine. Et certainement pas «populaire».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et si tous ces dirigeants de l’opposition ont bien voulu se ranger sous la houlette de Nicolas Sarkozy, si le président français a enfreint aux coutumes protocolaires de la République, c’est parce que la France nous a très bien compris, comme aurait dit le général de Gaulle. C’est dire que Paris a réalisé que «la partie qui se joue actuellement au Liban intéresse de près tous les Européens», selon les mots de Régis Debray. Et il est vrai que, sur ces modestes 10 452 kilomètres carrés morcelés en périmètres de sécurité, se joue une lutte féroce entre les Lumières et l’obscurantisme, la pluralité éclairée et l’homogénéisation totalitaire, entre la nahda et l’inhitat, entre la parole et le kalachnikov, entre la démocratie confessionnelle bariolée et la théocratie monochrome, entre la croissance durable – même si souvent inéquitable – et la révolution permanente, le massacre perpétuel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Il n’y aura pas de paix et de stabilité dans la région s’il n’y en a pas au Liban.» Sarkozy l’a souligné fort à propos. Si la liberté perd la bataille au Liban, les Barbares – au sens où l’entendaient les historiens antiques, c’est-à-dire ceux qui se trouvent ou se placent à l’extérieur du règne de la civilisation de l’époque – viendront frapper aux portes des Romes modernes. D’où l’importance cruciale de l’union sacrée de la France – et des puissances démocratiques – pour le Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces Libanais désunis n’ont pas de comptes à demander à une France à laquelle ils doivent déjà beaucoup. Néanmoins, au nom des valeurs tricolores de la liberté, de l’égalité et de la fraternité desquelles «procède l’attachement particulier du Liban à la France», comme l’a merveilleusement affirmé le président de la République Michel Sleiman, il est des inquiétudes libanaises que Paris devrait lever. Et notamment en ce qui concerne «cette nouvelle page (qui) est peut-être en train de s’ouvrir avec la Syrie».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nicolas Sarkozy a déjà lancé quelques signes réconfortants à cet égard, en se situant dans la continuité de la politique libanaise de Jacques Chirac et en conditionnant l’amorce de la normalisation des relations entre Paris et Damas à l’ouverture d’une ambassade syrienne à Beyrouth et au respect de la paix civile et de la stabilité au Liban. Mais les Libanais ont vécu beaucoup trop de déceptions pour savoir qu’un petit accord entre l’Occident et les Assad entraîne souvent une grande hécatombe au Liban. Il incombe à la France qui partage avec le Liban «les grandes valeurs de la démocratie, des droits de l’homme et des libertés publiques» – encore une excellente expression de Michel Sleiman – de briser cette règle assassine de l’histoire de la région. En attendant une union sacrée des Libanais, pour le Liban…&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-144205603147828556?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/144205603147828556/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=144205603147828556' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/144205603147828556'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/144205603147828556'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/06/sarkozy-aime-les-libanais-comme-il-aime.html' title='Sarkozy aime les Libanais, comme il aime les Cochinchinois, les Malgaches, les Sénégalais et les Marocains'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SEvsnAEvolI/AAAAAAAAAFY/BqGkiWpouXE/s72-c/harem_gerome3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-5062389166456371374</id><published>2008-06-04T20:26:00.003+02:00</published><updated>2008-06-04T20:57:22.115+02:00</updated><title type='text'>L'AIPAC crie, Obama aboie</title><content type='html'>Obama à l'AIPAC...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les bêtises américaines habituelles. L'&lt;a href="http://media.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/06/04/AR2008060401325.html"&gt;intégralité de son discours&lt;/a&gt; est disponible sur le site du Washington Post, c'est atterrant de bout en bout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais quelques détails dépassent le «consensus» habituel américain. Il n'y a pas une phrase décente dans toute cette intervention, et je ne vais pas me cogner la traduction intégrale de ce genre de divagations; je me contente de reproduire ici quelques éléments qui, même dans l'ambiance politique américaine particulièrement «biaisée», dépassent ce qui, même là-bas, est communément admis.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;But any agreement with the Palestinian people must preserve Israel's identity as a Jewish state, with secure, recognized, defensible borders.&lt;/blockquote&gt;(«Mais tout accord avec le peuple palestinien doit préserver l'identité d'Israël en tant qu'État juif, avec des frontières sûres, reconnues et défendables.»)&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;And Jerusalem will remain the capital of Israel, and it must remain undivided.&lt;/blockquote&gt;(«Et Jérusalem doit demeurer la capitale d'Israël, et doit rester unifiée.») Pour rappel, l'ONU refuse que Jérusalem soit la capitale d'Israël, et considère que Jérusalem Est est un territoire occupé.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;The threats to Israel start close to home, but they do not end there. Syria continues its support for terror and meddling in Lebanon, and Syria has taken dangerous steps in pursuit of weapons of mass destruction, which is why Israeli action was entirely justified to end that threat.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Nous avons donc, selon Obama, la tentative de développer des armes de destruction massive par la Syrie. Mais Obama n'étant pas Bush, on est donc prié, cette fois-ci, d'y croire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne pas rire, Obama évoque de grands prédécesseurs pour sa manière de gérer la «menace» que représente, selon lui, l'Iran:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;They forget the example of Truman, and Kennedy, and Reagan. These presidents understood that diplomacy, backed by real leverage, was a fundamental tool of statecraft.&lt;/blockquote&gt;Reagan, le même Reagan que dans l'Irangate?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-5062389166456371374?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/5062389166456371374/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=5062389166456371374' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5062389166456371374'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5062389166456371374'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/06/laipac-crie-obama-aboie.html' title='L&apos;AIPAC crie, Obama aboie'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-8864052455325610342</id><published>2008-06-02T12:51:00.004+02:00</published><updated>2008-06-02T13:07:25.888+02:00</updated><title type='text'>Les États-Unis réinventent les pontons</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SEPUZUB3T4I/AAAAAAAAAFQ/PaUJgQP7VoY/s1600-h/passagersvent_t2.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SEPUZUB3T4I/AAAAAAAAAFQ/PaUJgQP7VoY/s400/passagersvent_t2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5207239125508771714" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un ponton, direction &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pontons"&gt;Wikipedia&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.prison.eu.org/article.php3?id_article=3165"&gt;Prison.eu.org.&lt;/a&gt; Et c'est aujourd'hui (2 juin 2008) dans le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Guardian&lt;/span&gt;: «&lt;a href="http://www.guardian.co.uk/world/2008/jun/02/usa.humanrights"&gt;Les États-Unis accusés de détenir des suspects de terrorisme sur des bateaux-prisons&lt;/a&gt;», par Duncan Campbell et Richard Norton-Taylor. Voici la traduction maison des deux premiers tiers de cet article.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Les États-Unis utilisent des «prisons flottantes» pour détenir les individus arrêtés dans sa guerre contre la terreur, selon des avocats des droits de l'homme, qui dénoncent une tentative de dissimuler le nombre et les lieux des détentions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des informations sur les navires où les détenus ont été retenus et sur les sites qui auraient été utilisés dans différents pays à travers le monde ont été compilées à mesure que le débat sur la détention sans procès s'intensifie des deux côtés de l'Atlantique. Le gouvernement américain a été exhorté hier à fournir la liste des noms et des lieux de ceux qui ont été détenus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'information quant à l'existence de bateaux-prison est sortie par un certain nombre de sources, dont des déclarations de l'armée américaine, le Conseil de l'Europe et les instances parlementaires, et les témoignages de prisonniers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rapport, qui doit être publié cette année par l'organisation de défense des droits de l'Homme Reprieve, affirme également qu'il y a eu plus de 200 nouveaux cas de déportation (rendition) depuis 2006, quand le président George Bush a déclaré que cette pratique avait cessé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est l'utilisation de navires pour détenir des prisonniers, cependant, qui soulève de nouvelles préoccupations et des demandes d'enquêtes en Grande-Bretagne et aux États-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'après les recherches effectuées par Reprieve, les États-Unis auraient utilisé pas moins de 17 navires comme «prisons flottantes» depuis 2001. Les détenus sont interrogés à bord des navires et ensuite déportés dans d'autres lieux, souvent non divulgués, selon ce rapport.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les navires identifiés comme lieux de détention de prisonniers sont notamment l'USS Bataan et l'USS Peleliu. 15 autres navires sont soupçonnés d'avoir été utilisés autour du territoire britannique de Diego Garcia dans l'océan Indien, qui a été utilisé comme base militaire par le Royaume-Uni et les Américains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reprieve sera s'alarme particulièrement quant aux activités de l'USS Ashland et le temps qu'il a passé au large de la Somalie au début de 2007, quand il menait des opérations de sécurité maritime dans le but de capturer des terroristes d'al-Qaida.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À cette époque de nombreuses personnes ont été enlevées par les forces de la Somalie, du Kenya et de l'Éthiopie, lors d'une opération systématique impliquant des interrogatoires réguliers par des personnes soupçonnées d'être membres du FBI et la CIA. En fin de compte plus de 100 personnes ont «disparu» vers des prisons dans des lieux incluant le Kenya, la Somalie, l'Éthiopie, Djibouti et à Guantánamo Bay.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reprieve pense que des prisonniers pourraient également avoir été retenus pour interrogation sur l'USS Ashland et d'autres navires dans le golfe d'Aden au cours de cette période.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rapport de Reprieve inclut le témoignage d'un prisonnier libéré de Guantánamo Bay, qui décrit l'histoire d'un autre détenu sur sa détention sur un navire d'assaut amphibie. «Un des prisonniers détenus avec moi à Guantánamo a été en mer sur un navire américain avec environ 50 autres détenus avant de venir à Guantanamo... il était dans la cage à côté de moi. Il m'a dit qu'il y avait environ 50 autres personnes à bord du navire. Ils ont tous été fermés dans le fond du navire. Le prisonnier m'a dit que ressemblerait à quelque chose que vous voyez à la télévision. Les personnes détenues à bord du navire ont été frappées encore plus sévèrement qu'à Guantánamo.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clive Stafford Smith, le directeur juridique de Reprieve, a déclaré: «Ils choisissent des navires pour tenter de dissimuler leur faute dans la mesure du possible des regards indiscrets des médias et des avocats. Nous finirons par rendre leurs droits légaux à ces prisonniers fantômes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«De son propre aveu, le gouvernement américain détient actuellement au moins 26000 personnes sans procès dans des prisons secrètes, et des informations donnent à penser que jusqu'à 80000 sont passées “par ce système” depuis 2001. Le gouvernement américain doit faire la preuve de son engagement pour droits fondamentaux et d'humanité, en révélant immédiatement qui sont ces gens qui, où ils sont et ce qui leur a été fait.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[...]&lt;/blockquote&gt;La suite présente des déclarations de politiques suite à cette révélation.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-8864052455325610342?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/8864052455325610342/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=8864052455325610342' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/8864052455325610342'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/8864052455325610342'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/06/les-tats-unis-rinventent-les-pontons.html' title='Les États-Unis réinventent les pontons'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SEPUZUB3T4I/AAAAAAAAAFQ/PaUJgQP7VoY/s72-c/passagersvent_t2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-6786730347666533432</id><published>2008-05-31T16:01:00.017+02:00</published><updated>2008-05-31T19:02:25.408+02:00</updated><title type='text'>Un mariage annulé parce que le mari avait trahi les convictions religieuses de sa femme</title><content type='html'>Pfiou, vous ne trouvez pas que ça pue, ici? Je veux dire, ici, en France. Encore une belle bouffée d'islamophobie. Évidemment, c'est dans un journal «de gauche», &lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.liberation.fr/actualite/societe/328802.FR.php"&gt;Libération&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques notes jetées rapidement sur ce blog...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Évidemment ça n'a rien à voir: le lendemain, &lt;a href="http://www.liberation.fr/actualite/monde/328950.FR.php?mode=PRINTERFRIENDLY"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Libération&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; défendait d'&lt;a href="http://www.bakchich.info/article3968.html"&gt;atroces dessins islamophobes et racistes&lt;/a&gt; au prétexte de nos belles valeurs républicaines de «liberté d'expression». Pourtant, c'est sans doute super pas raciste:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Ou encore cette statue bizarre, un gros Néerlandais, chaîne au pied, qui porte sur son dos un Noir aussi corpulent que lui, bras croisés et tétine à la bouche, sous cette légende : «Et maintenant, aussi un monument à l’esclavage pour le contribuable autochtone blanc» - critique croisée de la multiplication des monuments à l’esclavage aux Pays-Bas et du débat sur le statut des Antilles néerlandaises.&lt;/blockquote&gt;Le «Sex» de la City a été censuré à Jérusalem, et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Time Out&lt;/span&gt; titre «No Sex!» en mettant des bandeaux sur la bouche des quatre actrices. Cette atteinte à la liberté d'expression par les culs bénis n'a pas les honneurs du quotidien, mais uniquement de l'&lt;a href="http://next.liberation.fr/article/sex-and-promotion-le-scenario"&gt;anectodique site Next&lt;/a&gt;. Quant à faire savoir qu'&lt;a href="http://www.iht.com/articles/ap/2008/05/20/africa/ME-GEN-Israel-New-Testament-Burned.php"&gt;on a brulé des nouveaux testaments&lt;/a&gt;, la semaine dernière, à Jérusalem, faudrait pas pousser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Le début de l'article sur l'«affaire» de la virginité donne le ton: petites phrases courtes, martiales et indignées:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;La mariée n’était pas vierge. Le mariage a été annulé. Et c’est arrivé près de chez vous. La décision a été rendue au mois d’avril par le tribunal de grande instance de Lille. Elle vient d’être commentée dans une revue juridique. Les juges ont pensé que le mari plaignant avait été trompé sur la virginité de sa femme, considérée en l’occurrence comme «une qualité essentielle.»&lt;/blockquote&gt;«C'est arrivé près de chez vous». Si le bon bobo n'est pas encore choqué par ce coup d'État islamiste près de chez lui, la suite devrait produire le bon effet:&lt;blockquote&gt;Le mariage se fait en grande pompe, comme il se doit. La nuit de noces, le marié découvre que son épouse a menti. Au bout de quelques heures, il débarque au milieu des invités qui sirotent un dernier jus. Il n’a pas de drap taché de sang à exhiber.&lt;/blockquote&gt;«Il n’a pas de drap taché de sang à exhiber.» Le début se veut factuel, mais cette dernière phrase ne l'est pas: il s'agit de l'énoncé de ce que la journaliste suppose devoir se passer dans un tel mariage. Qu'est-ce qui permet à la journaliste de penser que le marié avait prévu de ressortir de la chambre et de venir exhiber un drap taché de sang? Est-ce un témoignage d'un membre de la famille (genre: «on attendait à côté qu'il vienne nous montrer les draps»), une constante des mariages marocains traditionnels en France, ou un fantasme de la journaliste?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Orient-Le Jour,&lt;/span&gt; jamais en difficulté pour reprendre les plus navrantes considérations orientalistes des médias occidentaux, consacre un court article à l'affaire. Dernière phrase de ce billet, ce quotidien chrétien libanais informe ses lecteurs:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;En islam, les relations sexuelles sont prohibées en dehors du cadre légal du mariage, et les jeunes filles doivent se présenter vierges à leurs premières noces.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;On croit rêver: «en islam». Ce que le lecteur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Orient-Le Jour&lt;/span&gt; sait pourtant très bien:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;la libéralisation sexuelle au Liban est toute relative; voir par exemple cet article sur «&lt;a href="http://www.babelmed.net/Pais/M%C3%83%C2%A9diterran%C3%83%C2%A9e/liban_une.php?c=3057&amp;amp;m=34&amp;amp;l=fr"&gt;Une émancipation “en cachette”&lt;/a&gt;»;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;le tabou quant à la virginité des filles concerne non seulement les musulmans, sunnites comme chiites, mais aussi les chrétiens. L'espèce de sous-pape qui dirige la communauté spirituelle maronite n'est pas plus marrant sur le sujet que Jean-Paul II et Ronald Reagan; en décembre 2006, il recommandait aux familles de &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2006/12/lopposition-fait-de-la-peine-au-petit.html"&gt;ne pas laisser leurs filles participer aux manifestations de l'opposition&lt;/a&gt;, y dénonçant l'insoutenable promiscuité entre hommes et femmes qui sévissait dans ces «rassemblements mixtes incontrôlés»;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;même dans les familles moins regardantes sur la virginité, la vie en concubinage de jeunes couples est particulièrement rare, et quasiment inexistante en dehors de Beyouth;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;il n'y a pas de mariage civil au Liban; non seulement seuls les religieux peuvent célébrer les mariages, mais de plus ce sont les règles religieuses de chaque communauté qui s'appliquent, en dehors de toute protection minimale (notamment des droits des femmes) par l'État. Et en cas de contestation, ce sont des tribunaux ecclésiastiques ou musulmans qui statuent. Voir par exemple cette étude sur «&lt;a href="http://www.cedroma.usj.edu.lb/pdf/cjsma/mitri.pdf"&gt;Le rôle de la cour suprême libanaise en matière de statut personnel&lt;/a&gt;».&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Pour les mal comprenants: à titre personnel, ce tabou de la virginité et de l'union libre m'est carrément étranger. Français athée enfant de 68, je n'ai aucune sympathie pour ce genre de considérations. Ce qui me choque ici, c'est que L'Orient-Le Jour parvient à glisser une mention commençant par «en islam», alors que la question au Liban concerne absolument toutes les communautés religieuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Lire les très intéressantes explications suivantes:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Maître Eolas: «&lt;a href="http://www.maitre-eolas.fr/2008/05/30/969-n-y-a-t-il-que-les-vierges-qui-puissent-se-marier"&gt;N'y a-t-il que les vierges qui puissent se marier?»&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Dimitri Houtcieff: «&lt;a href="http://www.dimitri-houtcieff.fr/archive/2008/05/29/lit-on-encore-la-presse-juridique.html#more"&gt;Quand les secrets déflorés de la jeune mariée anéantissent le mariage&lt;/a&gt;».&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Le second texte, sur la contractualisation du mariage, introduit des réflexions réellement enrichissantes. Je trouve ainsi inquiétant de voir les belles âmes de gôche dénoncer une décision de justice au motif qu'elle ne se baserait que sur le droit (et l'aspect contractuel du mariage entre deux personnes) et ainsi, implicitement, réclamer que la loi fixe une norme morale. Vouloir que la loi se mêle de morale dans un sens (plus de libéralisme sociétal), c'est ouvrir la boîte de Pandore, puisque cela légitime alors que cette même loi évolue, à une autre époque et sous un autre gouvernement, pour aller dans l'autre sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Norme morale qui n'est pas que celle de quelques barbus islamistes super-méchants. C'est aussi celle de la génération de mes parents. C'est celle de quatre de mes amis (deux couples, donc), catholiques, qui avaient choisi avec leurs épouses de se marier vierges dans les années 90. Aux dernières nouvelles, ils ont de très beaux enfants et mènent une vie heureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les communiqués enflammés des responsables de l'UMP contre cette «fatwa» sont particulièrement grotesques, considérant que les mêmes dénoncent depuis 40 ans la perte de repères moraux que représentait mai 68.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Surtout, je tiens à mettre en avant &lt;a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&amp;amp;idTexte=JURITEXT000007366078&amp;amp;fastReqId=1988820325&amp;amp;fastPos=8"&gt;cette décision de justice&lt;/a&gt; signalée par un participant au forum de Maître Eolas. Je la reproduis ici intégralement, parce que, encore une fois, ce qui permet de déceler la motivation islamophobe est l'émergence d'un sujet médiatique uniquement lorsqu'il concerne l'islam, alors que des faits parfaitement similaires, antérieurs, n'avaient entraîné rigoureusement aucune irritation des bonnes âmes «laïques».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De quoi s'agit-il: une femme avait obtenu l'annulation de son mariage (annulation confirmée en cassation), parce que son mari lui avait caché qu'il avait déjà été marié, alors qu'elle entendait «épouser une personne non divorcée». Et non, ça n'est pas avant mai 68, c'est en décembre 1997.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le pourvoi formé par M. Noël X..., en cassation d'un arrêt rendu le 5 décembre 1994 par la cour d'appel d'Angers (1re chambre civile, section B), au profit de Mme Bernadette Y..., défenderesse à la cassation;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mme Y... a déposé un pourvoi incident contre le même arrêt ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demandeur au pourvoi principal invoque, à l'appui de son recours, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La demanderesse au pourvoi incident invoque, à l'appui de son recours, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA COUR, composée selon l'article L. 131-6, alinéa 2, du Code de l'organisation judiciaire, en l'audience publique du 28 octobre 1997, où étaient présents : M. Lemontey, président, M. Durieux, conseiller rapporteur, M. Grégoire, conseiller, M. Sainte-Rose, avocat général, Mme Aydalot, greffier de chambre ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le rapport de M. Durieux, conseiller, les observations de la SCP Urtin-Petit et Rousseau-Van Troeyen, avocat de M. X..., de Me Garaud, avocat de Mme Y..., les conclusions de M. Sainte-Rose, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le moyen unique du pourvoi principal :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attendu que M. X... fait grief à l'arrêt attaqué (Angers, 5 décembre 1994) d'avoir prononcé l'annulation de son mariage avec Mme Y..., célébré le 18 août 1973, sans rechercher si l'erreur sur une qualité essentielle de la personne aurait été déterminante pour n'importe qui d'autre que Mme Y... et non pas seulement par l'effet d'une disposition d'esprit particulière à celle-ci, de sorte que la cour d'appel n'aurait pas légalement justifié sa décision au regard de l'article 180, alinéa 2, du Code civil;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais attendu que la cour d'appel a retenu, à bon droit, que le fait pour M. X... d'avoir caché à son épouse qu'il avait contracté un premier mariage religieux et qu'il était divorcé, avait entraîné pour son conjoint une erreur sur des qualités essentielles de la personne;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;qu'elle a souverainement estimé que cette circonstance était déterminante de son consentement pour Mme Y... qui, désirant contracter un mariage religieux, entendait, par là même, épouser une personne non divorcée;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;qu'elle a ainsi légalement justifié sa décision;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur le pourvoi incident de Mme Y...:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;REJETTE le pourvoi;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Condamne M. X... aux dépens;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette la demande de Mme Y...;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du deux décembre mil neuf cent quatre-vingt-dix-sept.&lt;/blockquote&gt;Le marié était un divorcé. Le mariage a été annulé. Et c’est arrivé près de chez vous.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-6786730347666533432?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/6786730347666533432/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=6786730347666533432' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/6786730347666533432'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/6786730347666533432'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/05/un-mariage-annul-parce-que-le-mari.html' title='Un mariage annulé parce que le mari avait trahi les convictions religieuses de sa femme'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-4284498028584086134</id><published>2008-05-16T08:19:00.005+02:00</published><updated>2008-05-16T09:31:13.529+02:00</updated><title type='text'>Le monde entier, à l'exception de tous les autres</title><content type='html'>Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Orient-Le Jour&lt;/span&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;[...] la direction du PSNS a indiqué, dans un communiqué, que «les images du massacre de Halba sont plus sincères que ses discours. Et le monde entier est témoin de l’horreur de ce massacre». Le communiqué a poursuivi que «la réponse de Hariri à la télévision al-Manar ne l’empêche pas de porter la responsabilité, car nous sommes les martyrs».&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;C'est là une situation exemplaire. Vraiment exemplaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gars du PSNS pense que «le monde entier est témoin de l'horreur [du] massacre [de Halba]». Il n'a pas de raison de douter que ce soit le cas: depuis quelques jours, les images (insoutenables) de ce massacre circulent sur Youtube et ont été diffusées par Al-Manar (la chaîne de Hezbollah).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon le commentaire qui accompagne ces images, il s'agit de membres du PSNS lynchés par des militants du clan Hariri. On y voit des hommes blessés entassés avec des cadavres, sur lesquels une petite foule s'acharne jusqu'à la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Description par &lt;a href="http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=43522&amp;amp;language=en"&gt;Al-Manar&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Meanwhile, Al-Manar and other TV stations broadcasted on Tuesday footage of a massacre in the making in the Halba village by Saad Hariri's Mustakbal militiamen against members of the Syrian Socialist Nationalist Party (SSNP). The horrific footage showed the barbaric and brutal nature of the perpetrators. The footage showed how some executed SSNP members were lying on the ground, while others were still dying. Hariri's Mustakbal militiamen were beating up those dying. In the footage, heavy stone blocs with sharp edges were seen saturated with blood. A young man, still in his 'teens, was dying and coughing blood out of his mouth. This cruel crime took the life of eleven young men.&lt;/blockquote&gt;Nul ne peut réellement ignorer ces images de barbarie, même dans le camp de la majorité, puisque &lt;a href="http://libnanews.com/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=675:saad-hariri-sattaque-a-al-manar-et-met-en-garde-contre-toute-atteinte-portee-contre-le-mufti-rifai&amp;amp;catid=47:politique-locale&amp;amp;Itemid=81"&gt;Saad Hariri s'est défendu&lt;/a&gt;, prétendant qu'il s'agissait d'une manipulation, et que ce sont les membres du PSNS qui s'étaient en fait attaqués à une manifestation pacifique (on n'insistera pas trop sur la contradiction de cette explication: «c'est une manipulation, ce ne sont pas des membres du PSNS qui sont lynchés par des militants Hariri, et de toute façon ils l'ont bien cherché, puisque ce sont les membres du PSNS qui ont attaqué les militants Hariri en premier»).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai reçu les liens vers ces vidéos dès le premier jour, elle circule toute vitesse sur FaceBook, dans les blogs, c'est évoqué sur Syria Comment, Angry Arab et les autres et c'est montré (au moins) sur Al-Manar; bref ça fait beaucoup de bruit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là où c'est particulièrement sidérant, c'est que si chacun dans le monde arabe a entendu parler de cette image et que le PSNS croit pouvoir annoncer que «le monde entier est témoin de l’horreur de ce massacre», &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;aucun média occidental n'a évoqué cette affaire.&lt;/span&gt; Non, vraiment, non. Ce genre de sujet c'est pour les Arabes; dans la presse libre du monde libre, ça n'intéresse personne. Dans la presse libre du monde libre, il y a des milliers de journaux, des centaines de milliers de journalistes, et aucun ne juge intéressant de faire une brève là-dessus; ni pour évoquer le massacre, ni même indirectement pour évoquer le scandale qu'il provoque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce que vous trouverez, ce sont des mentions &lt;a href="http://www.lepoint.fr/actualites-monde/liban-11-morts-des-combattants-du-hezbollah-toujours-dans/924/0/244517"&gt;similaires à celle-ci&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Dans le nord du Liban, à Halba, 14 personnes, dont des civils, ont péri lors de combats entre militants d'un parti pro-syrien et partisans d'une formation pro-gouvernementale.&lt;/blockquote&gt;Les images et de nombreux témoignages suggèrent que cette information est factuellement, totalement fausse. Information qui, depuis, est une question dangereuse au Liban (parce que qui dit massacre dit vengeance, dit autres massacres, etc.). Mais non, vraiment, ça ne nous intéresse pas. J'invite le lecteur curieux à chercher «Halba» dans Google News France et États-Unis, le résultat sera spectaculaire. Rien. À part des médias libanais francophones et anglophones, c'est le néant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réponse donc au gars du PSNS: non, le monde entier n'est pas témoin de ce massacre. Le monde entier n'a rien vu. Les journalistes du monde entier ont autre chose à faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce le syndrome Timisoara? Par peur de l'erreur ou de la manipulation par les images, nos médias préfèrent ne pas relayer... Sans doute, oui, ça doit être ça. Mais si ces images avaient été titrées «des membres du mouvement du Futur torturés et massacrés par le Hezbollah», je me demande si les médias occidentaux auraient eu autant de scrupules. Et, encore une fois, on peut prendre du recul par rapport aux images et tout de même évoquer le scandale et le débat qu'elles provoquent au Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À part ça, toujours sur le front médiatique, je vous rappelle que, selon Mouna Naïm du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt;, «&lt;a href="http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&amp;amp;type_item=ART_ARCH_30J&amp;amp;objet_id=1035480"&gt;Les milices réduisent au silence des médias progouvernementaux&lt;/a&gt;». Les «312 mots» de cet article du 11 mai annonçaient que la censure du Hezbollah s'abattait sur les médias du groupe Hariri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'en est-il aujourd'hui? Hé bien pour le lecteur du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt;, la censure islamo-iranienne sévit certainement toujours à Beyrouth, puisque personne au Monde n'a jugé intéressant de signaler &lt;a href="http://www.libnanews.com/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=658:reprise-des-emissions-de-la-futurtv&amp;amp;catid=57:flash&amp;amp;Itemid=91"&gt;ceci&lt;/a&gt;: &lt;blockquote&gt;13 mai, 16h30: Reprise de la retransmission de la chaine FuturTV proche du dirigeant du Courant du Futur, Saad Hariri.&lt;/blockquote&gt;Ainsi la chaîne a repris le &lt;a href="http://www.libnanews.com/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=661:saad-hariri-un-conflit-entre-sunnites-et-chiites-a-debute-au-liban&amp;amp;catid=46:a-la-une&amp;amp;Itemid=80"&gt;cours normal de ses émissions&lt;/a&gt;: Saad Hariri y a immédiatement annoncé qu'un conflit entre sunnites et chiites avait débuté au Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a eu droit dans nos médias à de nombreux commentaires sur la censure qui s'abattait soudain sur le Liban. Aucun n'a jugé bon de signaler, quelques jours après, que les médias Hariri avaient repris le travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aucun média n'a non plus jugé intéressant de passer &lt;a href="http://www.libnanews.com/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=657:nord-liban--arret-des-emissions-de-la-nbn-dal-manar-et-de-lotv&amp;amp;catid=47:politique-locale&amp;amp;Itemid=81"&gt;cette notule&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;La chaîne de télévision NBN a confirmé dans un communiqué l’arrêt de la retransmission des programmes des chaînes NBN, Al Manar et OTV dans le Nord Liban.&lt;br /&gt;Ce même communiqué accuse des partisans du Courant du Futur d’avoir saboté les locaux de retransmission des chaînes à Tripoli et dans le Akkar avant de condamner l’agression de 2 journalistes de la chaîne Al Manar. La NBN appelle le ministère de l’information et les responsables de l’association de la presse à prendre les mesures pour garantir la liberté d’expression et prévenir les attaques visant les médias.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;NBN, Al Manar et OTV étant les télévisions des principaux partis de l'opposition (Amal, Hezbollah, Aoun).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notons encore que, puisqu'on n'avait pas appris cet arrêt des retransmissions, aucun média ne nous indique si elles ont repris depuis. Quant à la NBN qui réclame des mesures pour «garantir la liberté d'expression», c'est évidemment ironique: NBN est la télévision du parti Amal, dont la milice était en première ligne dans les affrontements à Beyrouth, affrontemens qui ont provoqué l'arrêt des émissions de Futur TV.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-4284498028584086134?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/4284498028584086134/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=4284498028584086134' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/4284498028584086134'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/4284498028584086134'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/05/le-monde-entier-lexception-de-tous-les.html' title='Le monde entier, à l&apos;exception de tous les autres'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-5626601505623844950</id><published>2008-05-13T17:16:00.003+02:00</published><updated>2008-05-13T18:09:57.426+02:00</updated><title type='text'>L'enquête sur le meurtre de Hariri aurait interrogé le propriétaire d'un quoditien koweitien</title><content type='html'>Le très bon (et sérieux) blog de Joshua Landis, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Syria Comment&lt;/span&gt;, vient de reproduire un article en français concernant une évolution récente de l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri. Ces informations me semblent particulièrement intéressantes, je les recopie ici pour ne pas le perdre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tiens cependant à mettre un bon gros avertissement:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;il s'agit, selon Joshua Landis, d'un article du quotidien As-Saoura; il me semble qu'il s'agit de l'organe officiel du parti Baas en Syrie;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;l'article serait basé sur un article d'un autre quotidien, koweitien, Al-Diwan; je n'ai évidemment pas accès à ce quotidien (est-il en ligne, à quelle adresse?);&lt;/li&gt;&lt;li&gt;article qui, lui-même, cite «des sources de presse au siège de l'ONU à New York»;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;pourquoi cet article est-il en français?&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;c'est donc de l'information de troisième main (au moins), à partir d'une source anonyme, avec traitement final par le parti Baas syrien.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Bref, gaffe. Super-gaffe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se joue là quelque chose d'important. Soit une manipulation syrienne, soit une manipulation Hariri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 13 mars 2008, Mohamed Zuhair As-Siddiq, témoin-clé (ou manipulateur, manipulé, on ne sait plus...) dans l'assassinat de Hariri, retenu en France, disparaît. Bernard Kouchner reconnaît que l'homme a disparu. As-Siddiq est-il gênant pour les Syriens ou pour les Hariri, les deux thèses s'affrontent. La thèse, disons, «pro-syrienne», prétend qu'As-Siddiq a été soudoyé par le clan Hariri pour apporter un faux témoignage à Dehtlev Mehlis mettant en cause les plus hautes instances syriennes. Deux thèses «anti-syriennes»: (a) Siddiq est vraiment un témoin capital; (b) c'est un affabulateur envoyé dans les pattes de l'enquête internationale par la Syrie pour piéger et décrédibiliser Mehlis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après sa disparition, ses frères (Imad et Omar) accusent depuis la Syrie la France d'avoir facilité son enlèvement ou sa liquidation. Le lendemain, le journal koweitien As-Syassa affirma s'être entretenu au téléphone avec As-Siddiq, qui aurait déclaré: «Je vis caché, dans un endroit tenu secret, près de la France ou du Tribunal international, et je vais bien.» (Selon Jürgen Cain Külbel – dont je me méfie, m'enfin bref –, As-Syassa appartient au clan Hariri.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 11 avril, un article de&lt;span style="font-style: italic;"&gt; L'Orient-Le Jour&lt;/span&gt; résumait &lt;a href="http://cldh-tribunal-liban.blogspot.com/2008/04/lorient-le-jour-witness-still-in-europe.html"&gt;cette histoire de disparition-réapparition&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore une fois, ce qui suit est à prendre avec des pincettes. Info-intox... Cependant, nombre des informations seraient vérifiables. Cet article du Baas syrien existe-il? Pourquoi est-il en français? L'article du Diwan existe-t-il? Une délégation de la commission d'enquête s'est-elle déplacée au Koweit? Y a-t-elle interrogé pendant 3 jours le patron d'As-Syassa? As-Syassa appartient-il à Saad Hariri? Autant de petites choses que des journalistes devraient parvenir à vérifier. (Je ne suis pas journaliste et, non, je ne peux pas vérifier moi-même.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La Commission d’enquête internationale sur l’assassinat de l’ancien Premier Ministre libanais HARIRI interroge le propriétaire du quotidien koweitien As-Syassa&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;1 mai 2008&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le quotidien koweitien Al-Diwan a rapporté citant des sources de presse au siège de l’ONU à New York et d’autres sources au sein des bureaux du quotidien koweitien Al-Siyssa qu’une délégation de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Hariri composée de 3 enquêteurs accompagnés de techniciens et d’analystes d’informations s’était rendue au Koweït où elle avait interrogé pendant 3 jours et au rythme de 10 heures par jours l’éditeur et propriétaire du quotidien koweitien As-Siyassa Ahmed EL-JARALLAH connu pour ses positions alignées sur les forces du 14 février au Liban et accusé par l’opposition d’être le porte parole d’Israël et des alliés des Etats-Unis au Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’interrogation de M.EL-JARALLAH s’inscrit dans le cadre d’une enquête secondaire ouverte par le nouveau chef de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de HARIRI sur la présence de groupes et de réseaux chargés de fournir des fausses informations ainsi que des faux témoins à la commission d’enquête pour brouiller le cours de l’enquête qu’elle mène sur l’attentat ayant coûté la vie en 2005 à Beyrouth à l’ancien Premier Ministre libanais, Rafic HARIRI.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon des sources à l’ONU, le magistrat BELLEMARE a décidé de former une telle commission après avoir subi de fortes pressions de la part de la Russie, de l’Afrique du Sud, de la Libye, et de la Chine pour le pousser à prendre les mesures adéquates contre ceux qui veulent faire avorter l’action de la commission d’enquête internationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le magistrat BELLEMARE a réussi à mettre la main grâce à l’aide de l’une de ces grandes puissances (peut-être la Russie) sur des enregistrements audio, des messages électroniques, et des fax contenant des ordres reçus par le propriétaire du quotidien koweitien As-Siyassa et son réseau de la part de responsables de la propagande auprès du député Saad HARIRI à savoir : le Ministre libanais Marwan HAMADE, le député Bassem EL-SABAA, les deux conseillers de Saad HARIRI, le journaliste Fares KHACHAN et Hanni HAMOUD.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces responsables font partie d’autres réseau de propagande liés à la famille HARIRI, à Israël et à ses collaborateurs libanais aux Etats-Unis et qui appartiennent au soi disant groupe mondial de soutien à la révolution du cèdre à savoir : Ziad ABDELNOUR, Walid FARESS, Jo BIANI, Tom HARB, et Kabalan FARES.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rédacteur des affaires juridiques au sein du quotidien koweitien Al-Diwan, M.Hamed YOUSSEF a affirmé avoir suivi cette question sur le terrain et obtenu une confirmation des informations fournies par les sources de presse à l’ONU de la part d’une partie indépendante à savoir : un haut fonctionnaire au sein du quotidien koweitien As-Syassa qui lui a affirmé que Ahmed EL-JARALLA avait refusé d’accéder à la demande de la commission d’enquête internationale de venir à Beyrouth sous prétexte que sa vie était en danger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M.YOUSSEF a également affirmé que l’agent d’Ahmed EL-JARALLAH à Beyrouth Samir GHERIAFI écrivait dans les journaux sous le pseudonyme de Hamad GHERIAFI et qu’il prétendait être installé à Londres alors qu’il travaille au bureau de Marwan HAMADE à Beyrouth et ne réside pas à Londres comme l’a découvert la commission d’enquête internationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sources de presse à l’ONU d’ajouter : 7 enquêteurs de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de HARIRI sont entrés dans les bureaux du quotidien As-Siyassa accompagnés d’agents de sécurité en civil pour interroger Ahmed EL-JARALLAH qui a nié être impliqué dans un réseau sécuritaire et médiatique chargé de propager des rumeurs pour brouiller l’action de la commission d’enquête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon ces sources, ce réseau est composé de dizaines de journalistes dont Samir GHERIAFI et un autre journaliste installé à Paris à savoir : Nizar NAIOUF, propriétaire du site électronique Al-Hakika (la vérité) et qui reçoit une somme mensuelle de 1500 euros de la part de Saad HARIRI.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette somme est virée sur le compte de NAYYOUF à Paris par l’intermédiaire de Bassil YARED chargé par Saad HARIRI de verser des pots de vin et d’acheter les consciences dans la capitale française.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-5626601505623844950?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/5626601505623844950/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=5626601505623844950' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5626601505623844950'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5626601505623844950'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/05/lenqute-sur-le-meurtre-de-hariri-aurait.html' title='L&apos;enquête sur le meurtre de Hariri aurait interrogé le propriétaire d&apos;un quoditien koweitien'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-5224641072068847424</id><published>2008-05-12T23:25:00.004+02:00</published><updated>2008-05-12T23:47:31.950+02:00</updated><title type='text'>L'effet boomerang du missile balistique</title><content type='html'>Ça m'était complètement sorti de l'esprit, c'est (l'excellent) Ibn Kafka qui me l'a rappelé...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En février de cette année, c'était un concours pour savoir qui serait le mâle dominant. Le jeune Saad Hariri semblait bien parti, avec cette magnifique saillie:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Nous sommes face à &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/international/2008/02/14/01003-20080214ARTFIG00016-l-assassinat-de-moughnieh-jette-de-l-huile-sur-le-feu.php"&gt;une présence politique et terroriste&lt;/a&gt; des régimes syrien et iranien au Liban»; «Si l’opposition veut la confrontation, &lt;a href="http://www.rfi.fr/actufr/articles/098/article_62746.asp"&gt;nous sommes prêts à relever le défi&lt;/a&gt;».&lt;/blockquote&gt;Mais force resta à l'expérience, l'ancienneté et le charisme du vieil étalon Joumblatt:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Vous voulez le chaos? Il sera le bienvenu. Vous voulez la guerre? Elle sera la bienvenue. Nous serions prêts à tout brûler sur notre passage. Notre existence, notre dignité et la survie du Liban sont plus importants que tout. Nous n’avons pas de problème avec les armes, pas de problème avec les missiles. Nous vous les prendrons. Pas de problème avec le martyre et le suicide non plus.»&lt;/blockquote&gt;Je crois que c'est incontestable: Joumblatt était alors bien plus sévèrement burné que Saad Hariri. Peut-être même plus que Steven Seagal, mais je ne voudrais pas trop choquer les militants des Forces libanaises (pour qui c'est clairement &lt;a href="http://youtube.com/user/mrolympiae"&gt;Geagea le plus mâle de la bande&lt;/a&gt;). Je dis ça, mais Chuck Norris dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Delta Force&lt;/span&gt;, quand même ça c'est un mec (sérieux: vous avez vu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Delta Force&lt;/span&gt;?).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-5224641072068847424?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/5224641072068847424/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=5224641072068847424' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5224641072068847424'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5224641072068847424'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/05/leffet-boomerang-du-missile-balistique.html' title='L&apos;effet boomerang du missile balistique'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-2405252675218862893</id><published>2008-05-12T11:51:00.004+02:00</published><updated>2008-05-12T12:41:22.412+02:00</updated><title type='text'>Joumblatt est-il la cible?</title><content type='html'>Toujours aussi peu d'informations précises nous parviennent en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'après-midi d'hier, les combats (décrits comme extrêmement violents) se sont déplacés dans la montagne druze, fief de Walid Joumblatt et de sa milice du PSP. En fin d'après-midi, les forces du PSP ont rendu leurs armes à l'armée, de la même façon que les milices Hariri avaient rendu leurs armes à l'armée à Beyrouth.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Il est très difficile de savoir précisément quelles sont les forces impliquées dans ces combats «extrêmement violents». Les sites Web et médias de l'opposition se contentent de mentionner «les forces de l'opposition», ce qui est pour le moins imprécis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une dépêche entraperçue sur le site du Tayyar semble nommer ces forces de l'opposition: les forces  du Parti démocratique libanais de l'émir druze Talal Arslan, celles du parti Tawhid (druze) de Weaam Wahhab et celles du PSNS (laïc). Une autre dépêche indiquait que le Hezbollah niait la présence de ses propres forces dans la montagne druze.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis assez circonspect quant à ces affirmations.&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Je me demande comment, réellement, ces trois milices minoritaires seraient capables seules de défaire le PSP en quelques heures dans la montagne druze. Surtout à la suite de combats «extrêmement violents». &lt;/li&gt;&lt;li&gt;Il y a quelques jours, trois membres du Hezbollah ont été enlevés et tués et les corps de deux d'entre eux retrouvés dans cette région.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4327"&gt;Franklin Lamb&lt;/a&gt; livrait jeudi son témoignage:&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;blockquote&gt;Cet observateur est surpris de voir et d’apprendre que le Hezbollah et Amal se sont également déployés sur le Mont Liban. M’approchant d’un secteur druze, près de l’hôpital Kamal Jumblatt à Choufeit - il est près de 1h de l’après-midi -, je redescends par une petite rue pour donner un coup de téléphone dans une boutique, faisant office de bureau de téléphone. Je suis choqué d’y voir environ 80 combattants, lourdement armés. «Oh!» me dis-je, «finalement, les voilà les milices de Jumblatt». Comme je me dirige vers la boutique, plusieurs hommes armés s’approchent de ma moto - qui est bien connue à Dahiyeh. «Habibee!» s’écrie un jeune homme en m’entourant de son bras libre. En fait, il s’avère que c’est un de mes voisins de Harek Hreik. «Que faites-vous ici avec la PSP (milice druze)?» je lui demande, sans conviction. «Non, non, nous sommes tous du Hezbollah et d’Amal ici!»&lt;/blockquote&gt;– Hier matin, sur la télévision aouniste (OTV), Charles Ayoub (fondateur du quotidien Ad-Diyar et membre du PSNS – que l'on peut donc supposer être proche de l'analyse du Hezbollah) expliquait son point de vue: selon lui, si la réunion des ministres de l'intérieur arabes ne parvenait pas à un accord pour un gouvernement d'union nationale au Liban, alors les troupes de Joumblatt, lourdement armées, mèneraient une contre-offensive et descendraient de la montagne pour reprendre Beyrouth.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-on supposer que le Hezbollah, dans sa propre logique, a hier agit «préventivement», craignant une contre-offensive d'envergure menée par Walid Joumblatt alors que la réunion des ministres arabes s'annonçait déjà infructueuse?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout cas, l'action s'inscrit encore dans la logique présentée par l'opposition: désarmer les milices de Hariri et de Joumblatt à travers le pays et immédiatement transférer le contrôle à l'armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Aujourd'hui, des analystes sur OTV suggèrent que le but poursuivi par le Hezbollah serait de se débarrasser définitivement de Joumblatt. C'est le seul homme politique du 14 Mars nommément mis en cause dans la déclaration de Hassan Nasrallah (Saniora ne serait qu'un laquais aux ordres de Joumblatt), et la milice du PSP est généralement présentée comme la seule réellement capable d'actions d'envergure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une analyse entendue ce matin sur OTV suggère que le but du Hezbollah serait de remplacer Walid par son fils Taymour Joumblatt (qui vit en France) à la tête du PSP. En décembre dernier, le site Elaph citait l'agence de presse iranienne qui avait publié une interview (non confirmée) dans laquelle Taymour Joumblatt critiquait violemment son père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une nouvelle exigence s'est-elle ajoutée aux revendications de l'opposition: que Walid Joumblatt se retire de la vie politique libanaise?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-2405252675218862893?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/2405252675218862893/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=2405252675218862893' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2405252675218862893'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2405252675218862893'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/05/joumblatt-est-il-la-cible.html' title='Joumblatt est-il la cible?'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-530074616499546224</id><published>2008-05-11T11:14:00.005+02:00</published><updated>2008-05-11T12:10:34.617+02:00</updated><title type='text'>Que s'est-il passé à Tripoli?</title><content type='html'>Dimanche matin, partout &lt;a href="http://fr.news.yahoo.com/afp/20080511/tts-liban-violences-politique-prev-c1b2fc3.html"&gt;la même dépêche répugnante d'Omar Ibrahim&lt;/a&gt; de l'AFP. Le genre de «source» qui permet ensuite à Mouna Naïm de raconter rigoureusement n'importe quoi dans Le Monde. On ne sait pas qui se bat, qui a déclenché les affrontements et pourquoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, malgré le manque d'informations, il semble assez clair que depuis hier les milices de Hariri et de Joumblatt se livrent à de sordides actes de vengeance, essentiellement autour de Tripoli, dans des proportions inquiétantes:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;selon Al-Manar, un bus d'ouvriers syriens a été intercepté sur l'autostrade par des miliciens Hariri, qui les ont ensuite exécutés: &lt;a href="http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=43164&amp;amp;language=en"&gt;3 morts, une vingtaine de blessés graves&lt;/a&gt;;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;deux partisans de Talal Arslan, un leader druze de l’opposition, ont été tués, et deux autres blessés;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;3 membres du Hezbollah kidnappés, &lt;a href="http://rplfrance.org/index.php?content=presse/080510AFP7.php"&gt;deux d'entre eux exécutés par les troupes de Joumblatt&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://ssnp.info/article.php?id=38040"&gt;9 membres du PSNS&lt;/a&gt; lynchés;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;toute la journée à Tripoli, des saccages et des incendies de bureaux des partis d'opposition et la destruction des domiciles privés. Ces exactions ont été filmées et, par exemple, montées sur les sites aounistes.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Très difficile malheureusement de trouver des informations plus précises, l'AFP et Reuters se livrant depuis le début des événements à une vaste campagne d'enfumage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il circule beaucoup de rumeurs sur ces exactions, qui auraient pu être (selon ces rumeurs, encore une fois) accompagnées d'actes absolument sordides. J'ai entendu parler de torture, blessés achevés à l'hôpital, démembrement de cadavres. Se méfier de ce genre d'infos, mais ce genre de choses circule, ça ne calme pas les esprits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SCa6L339x_I/AAAAAAAAAFI/wwMm9D2vQbk/s1600-h/saddam.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SCa6L339x_I/AAAAAAAAAFI/wwMm9D2vQbk/s400/saddam.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5199047532985829362" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le fond de commerce du Haririsme politique: le gars avec un chapeau rond m'a tout l'air d'être un religieux, il tient en main ce qui ressemble à une Kalashnikov, et derrière lui un type brandit un portrait de Saddam Hussein. Ces pauvres gens croient-ils réellement qu'ils vont terminer à Tripoli la «fitna» qui aurait commencé à Bagdad? (Gaffe à la force des images...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l'heure actuelle (11:30 à Paris), aucune info ne précise quelle a été l'issue des combats à Tripoli.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-530074616499546224?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/530074616499546224/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=530074616499546224' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/530074616499546224'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/530074616499546224'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/05/que-sest-il-pass-tripoli.html' title='Que s&apos;est-il passé à Tripoli?'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/SCa6L339x_I/AAAAAAAAAFI/wwMm9D2vQbk/s72-c/saddam.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-4250551989164535414</id><published>2008-05-10T12:35:00.016+02:00</published><updated>2008-05-11T00:07:46.732+02:00</updated><title type='text'>Ce serait donc un coup d'État sans prise du pouvoir</title><content type='html'>Au moment de taper ces premières lignes, j’hésite encore à l’idée de publier une réaction «à chaud» (billet commencé vendredi, terminé samedi) Pas assez d'informations, trop de tension et de passion et, surtout, le Liban n'est pas mon pays: au final ça n'est pas moi qui paierai pour mes propres élucubrations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant tout, je voudrais donc témoigner de toute ma sympathie pour les Libanais dans ces moments extrêmes. Ce que je peux encore faire de mieux, finalement, c'est de vous dire toute ma compassion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'excuse à l'avance pour mon habituel cynisme, alors que mes amis libanais viennent de subir une nuit de terreur, de celles qui traumatisent les enfants pour longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici quelques considérations en vrac. La presse française est tout entière remplie de demi-vérité. Je voudrais en relever quelques-unes, en prenant compte du fait que, évidemment, de part cette partialité, il est particulièrement difficile depuis la France de se faire une idée précise des événements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Avant tout, voici une version de la conférence de presse de Hassan Nasrallah du 8 mai, traduite en anglais. Évidemment, malgré l'importance accordée à cette conférence, aucun média français n'a jugé intéressant de la diffuser avec soustitrage en français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;object height="355" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/YrfxnCoPViI&amp;amp;hl=fr"&gt;&lt;param name="wmode" value="transparent"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/YrfxnCoPViI&amp;amp;hl=fr" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" height="355" width="425"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Sur Aljazeera anglais, comme dans tout média occidental, quand quelqu'un parle «trop longtemps», on a peur d'ennuyer le spectateur, alors on raccourcit. Quand c'est «compliqué», une andouille de journaliste croît nécessaire de couvrir la déclaration d'origine pour faire de la paraphrase inutile. Si vous trouvez une version sans ces travers, merci de la signaler en forum.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Le déclenchement des événements remonte, pour l'ensemble de nos médias, à la conférence de presse de Hassan Nasrallah. Pourtant, on sait que la crise a démarré avec l'adoption de la résolution 1559. L'enchaînement d'événements dramatiques ne remonte évidemment pas à hier après-midi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La «surprise» de nos médias masque pourtant difficilement le fait qu'il était certain que la «grève générale» allait dégénérer en affrontements armés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout d'abord, il y a déjà eu une telle tentative de grève générale l'année dernière (janvier 2007) : immédiatement Geagea avait hurlé au « coup d'État », et les miliciens des Forces libanaises, du PSP et de Hariri s'étaient attaqués aux manifestants. J'avais abordé ces événements &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2007/01/le-gouvernement-mne-le-liban-la-guerre.html"&gt;dans ce blog&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jeune manifestant était mort et, si les événements n'avaient pas plus dégénéré, c'était simplement parce que le Hezbollah et ses alliés avaient immédiatement annulé leur mouvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait donc, depuis, qu'un vaste mouvement de grève général et de désobéissance civile se traduit par le blocage des routes, et l'intervention immédiate de milices gouvernementales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis l'année dernière, on sait également que tous les groupes politiques ont accéléré le développement de leurs milices armées. Aucun élément concret ne permettait de croire que les événements de janvier 2007 n'allaient pas, mécaniquement, se reproduire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À cette évidence s'ajoutait la politisation parfaitement transparente du mouvement, puisque le gouvernement avait annoncé quelques jours auparavant vouloir « enquêter » sur le réseau de communication du Hezbollah. La presse française a fait semblant de ne pas comprendre (&lt;a href="http://www.lefigaro.fr/international/2008/05/08/01003-20080508ARTFIG00432-le-hezbollah-fait-monterla-tension-au-liban.php"&gt;d'après le Figaro&lt;/a&gt;, le Hezbollah «prétend» que ce réseau fait partie de son système opérationnel dans sa «résistance» entre guillemets):&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Le chef du Hezbollah fustige l'enquête lancée par le gouvernement de Fouad Siniora sur un réseau de télécommunications installé par le Hezbollah à travers le pays. La formation chiite prétend que cette installation fait partie de sa «résistance contre Israël» et que de ce fait il est nécessaire pour des raisons de sécurité.»&lt;/blockquote&gt;Le Times britannique, &lt;a href="http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/middle_east/article3890104.ece"&gt;sous la plume de Nicholas Blanford&lt;/a&gt;, est pourtant catégorique:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Hezbollah has installed an elaborate fibre-optic telephone system that it uses to maintain contact between its headquarters in the southern suburbs of Beirut and its cadres in south Lebanon and elsewhere. It enabled Hezbollah to maintain communications during the month-long war with Israel, defeating Israeli attempts to jam cellphone signals and monitor the national telephone system.»&lt;/blockquote&gt;Dans la logique de l'opposition, il faut aussi indiquer quelques points importants pour le timing:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;les survols du Liban par l'aviation israélienne ont récemment augmenté de manière spectaculaire pour atteindre, début avril, les 32 intrusions par jour; &lt;/li&gt;&lt;li&gt;en mars 2008, les États-Unis envoient le navire de guerre USS Cole au large du Liban;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;le rapport Winograd n'est pas lu comme une condamnation de la guerre de juillet 2006, mais comme un mode d'emploi pour corriger les erreurs techniques et stratégiques commises alors; ces «erreurs» corrigées, les Israéliens pourront espérer gagner une prochaine guerre au Liban; le rapport Winograd, pour le Hezbollah, est en fait un «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;how to&lt;/span&gt;» pour permettre au Israéliens de lancer une nouvelle guerre;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;l'installation de groupuscules jihadistes au Liban est considérée comme le déploiement de mercenaires sunnites ultra-violentes au service du clan Hariri, prêts à attaquer le Hezbollah «par l'arrière» (dans l'optique d'une nouvelle agression israélienne).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Bref, pour l'opposition, une autre guerre israélienne contre le Hezbollah n'est plus une possibilité, c'est une certitude à court terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fait que le ministre des Télécommunications qui lance l'attaque contre le réseau de communications du Hezbollah soit Marwan Hamadé, homme de main de Walid Joumblatt et bête noire de ceux qui dénoncent la résolution 1559, est à tout le moins un symbole fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que le Hezbollah ait tort ou raison, il était en tout cas évident que ses militants considèrent fondamentalement que cela relève de l'attaque contre les armes de la Résistance. Je me demande même s'il se trouve des gens, au Liban, qui croient réellement, comme l'a affirmé le gouvernement, que ce réseau de communication visait à contourner le monopole d'État sur la téléphonie mobile dans le but de détruire l'économie du pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En appelant à une grève générale, l'opposition savait parfaitement qu'il y aurait, comme en janvier 2007, des affrontements armés. En «attaquant» l'intégrité du système opérationnel du Hezbollah alors que les Israéliens et les Américains déploient leurs forces au Liban, le gouvernement savait tout aussi bien qu'il provoquait à coup sûr de tels affrontements. L'absence d'affrontements armés, au contraire, aurait été une incroyable surprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Qui s'est battu dans Beyrouth ? Cela est assez peu clair, chaque groupe faisant des déclarations contradictoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant la déclaration de Hassan Nasrallah, les médias évoquaient principalement un affrontement entre les miliciens d'Amal et les miliciens de Hariri. Puis on a évoqué des hommes du Hezbollah. Cette articulation, collaboration, répartition des tâches (je ne sais comment l'appeler) entre le Hezbollah et Amal est problématique et troublante. La milice d'Amal a une réputation épouvantable, fort différente de celle du Hezbollah.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je serais curieux d'avoir des précisions sur ce point. La milice d'Amal est tout aussi dangereuse et détestable que les bandits des Forces libanaises et du PSP. Le parti politique de Nabi Berri n'est pas non plus l'allié le plus fiable que puisse trouver le Hezbollah.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma grande crainte depuis un moment est que les jeunes crétins des différentes milices prennent goût à la guérilla urbaine. Goût qui se prend vite, dès lors qu'elle se solde au début par des victoires rapides et qu'elle est légitimée par des politiciens importants. Dès qu'un milicien commence à croire qu'il peut obtenir des gains plus efficacement que par la négociation, plus rien ne l'empêchera de poursuivre ses méfaits. Alors que, les Libanais le savent parfaitement: personne ne peut jamais gagner une guerre milicienne. On peut rêver d'une certaine discipline et retenue des militants du Hezbollah (et encore…), mais on peut être certain que les miliciens d'Amal sont de ce point de vue, à coup sûr, extrêmement dangereux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'autre question troublante sur laquelle j'aimerais trouver des informations: où sont passés les miliciens des Forces libanaises de Geagea et du PSP de Joumblatt? L'année dernière elles étaient aux premiers rangs. Ces derniers jours je ne trouve pas d'articles les impliquant directement dans les affrontements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Question similaire: et les FSI, la branche de l'armée conçue comme une milice gouvernementale fidèle au clan Hariri? Autour de Koreitem, le domicile des Hariri, outre le système de protection privé en civil, c'est une véritable armada de FSI qui stationne dans les parkings du quartier. Que sont-ils devenus, alors qu'il paraît qu'une roquette aurait touché Koreitem et que des combats ont eu lieu dans Hamra?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Toute la presse française titre en ce moment: «Le Hezbollah a pris le contrôle de Beyrouth» et indique en passant que tous les points de contrôle ont été rétrocédés à l'armée libanaise (on trouve même aujourd'hui une majorité d'articles, &lt;a href="http://www.leparisien.fr/home/info/international/articles/LE-COUP-DE-FORCE-DU-HEZBOLLAH_298491951"&gt;tels celui du Parisien&lt;/a&gt;, de &lt;a href="http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=70633&amp;amp;1506"&gt;L'Express&lt;/a&gt;, qui omettent même de signaler le fait que l'armée se voyait rétrocéder les points pris juste après les combats).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médias du Hezbollah et de Michel Aoun, eux, mettent en avant le fait que tous la ville a été confiée immédiatement à l'armée après les affrontements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'impression n'est tout de même pas la même. Évidemment, je ne veux surtout pas présumer de ce qu'ont pu ressentir les habitants, alors que des miliciens armés ont fait crépiter les Kalashnikov toute la nuit en bas de leur appartement. Cependant, il y a une différence fondamentale entre le fait que Hezbollah contrôle directement la ville (situation à la Gaza: le Hamas prend directement le contrôle et Israël peut alors se déchaîner contre les Palestiniens sans aucune réaction de la communauté internationale) et le fait que l'armée a récupéré tous les points stratégiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'unanimité de la presse française à ne pas présenter l'opinion de l'opposition (en gros, il s'est agit d'un «nettoyage» des milices et mercenaires à Beyrouth, immédiatement suivis par une rétrocession à l'armée – Michel Aoun a ainsi déclaré à la télévision: «Ce qui s'est passé aujourd'hui est une victoire pour le Liban et un retour à la constitution.») est pour le moins inquiétante. En masquant le fait que l'armée contrôle Beyrouth (et non les hommes du Hezbollah), ils favorisent un certain calendrier politique (voir plus loin).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Titres de la presse française: le Hezbollah a pris le contrôle de médias pro-gouvernement. L'Orient-Le Jour défend la liberté de la presse:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Mais le point noir de la journée d’hier a sans doute été l’inqualifiable musellement de tous les médias du Courant du futur et ceux qui lui sont proches. &lt;/blockquote&gt; C'est vrai et faux: le Hezbollah a pris le contrôle de tous les symboles du pouvoir Hariri, mais pas de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tous&lt;/span&gt; les médias pro-gouvernement, puisque seuls les médias de son groupe ont été attaqués. Le Nahar et L'Orient-Le Jour ont été publiés aujourd'hui, et LBC émet toujours. (Une très longue interview de Ghassan Tueni, fondateur du Nahar et député proche de la majorité, était rediffusée hier sur la télévision aouniste.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Outre la contrôle totalitaire de la presse par des chiites pro-iraniens (c'est ce que suggèrent nos médias), on peut suggérer quelques autres pistes:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Si, dans sa déclaration télévisée, Hassan Nasrallah a bien pris soin de charger Joumblatt de tous les maux (prétendant même que Saniora, qui pourtant fait toute sa carrière au service des Hariri, n'était que le pion de Joumblatt) et de ne pas attaquer nommément Saad Hariri, sur le terrain c'est bien directement à une humiliation du camp Hariri qu'il s'est livré. Les forces de Hariri ont été expulsées en une nuit, et ses médias ont été «saisis» (puis livrés à l'armée).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;L'armée de mercenaires des Hariri se concentre naturellement autour des médias et du domicile de Hariri. Vous aimez les grand costauds en costards sombres dotés d'oreillettes qui se prennent pour Will Smith dans Men in Black? On les trouve facilement: ils encerclent les patés de maison du domicile de Hariri et de sa station de télévision. Dans la logique affichée par l'opposition («nettoyer» la ville des miliciens de Hariri), s'attaquer à ces endroits est assez incontournable. &lt;/li&gt;&lt;li&gt;Les mêmes ne se sont pas élevés, ces deux dernières années, contre le fait que les milices gouvernementales avaient systématiquement saccagé ou incendié les bureaux de partis politiques d'opposition à chaque fois qu'il y a eu des heurts, principalement contre le PSNS (qui se trouve logiquement suspecté aujourd'hui avoir incendié les locaux de Future TV, manière de valider un lien de cause à effet sans que les médias étrangers soient en mesure de comprendre pourquoi).&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Le mot le plus entendu dans les médias libanais en ce moment: la fitna. C'est l'indécrottable Saad Hariri qui l'a sorti dans sa déclaration d'avant hier, après que Nasrallah a annoncé que l'affrontement était purement politique. La fitna, c'est la guerre civile entre musulmans. Le camp Hariri agite depuis longtemps le confessionnalisme pour se justifier une légitimité sunnite, il n'y a donc rien d'étonnant à cela. Les «arabes modérés» représentés par la dictature wahabite pro-américaine, sponsor du haririsme politique, agitent depuis des années la menace du «croissant chiite», rien de nouveau donc. L'extrême-droite chrétienne fantasme sur le choc des civilisations depuis des décennies et rêve qu'un étripage entre chiites et sunnites lui redonne du pouvoir, il n'est donc pas étonnant que L'Orient-Le Jour soit aujourd'hui spécialiste de la fitna (et donc de la théologie islamique).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médias du Hezbollah et de Aoun reprennent ce terme aujourd'hui mais, cela doit être souligné, pour le réfuter. Il est toujours aussi paradoxal, surtout vu depuis la France, de constater que le Hezbollah et le courant aouniste sont les partis (pourtant confessionnels par leur composition ou leur idéologie) qui martèlent un discours «laïque» au Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce pour cela que les médias de l'opposition semblent avoir pris l'habitude de nommer Saad Hariri de son prénom complet «Saadedine», qui signifie «le bonheur de la religion»? Histoire de souligner que «Saadedine» n'est pas plus laïc que «Nasrallah» (la victoire de Dieu).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Quelques amis libanais se demandent s'il ne s'agit pas d'un piège. La logique est la suivante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le monde savait qu'il y aurait des affrontements armés. Le gouvernement le savait parfaitement. Pourtant, le Hezbollah a pris la ville en quasiment une nuit. Pour une guérilla urbaine, c'est du jamais vu. Certains n'y voient qu'une preuve de la supériorité militaire des soldats du Hezbollah; cependant, l'expérience a Beyrouth a toujours montré que déloger des miliciens qui s'«enterrent» dans des positions urbaines est long, pénible et quasiment sans issu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On n'a pas vu de réelle résistance des miliciens du PSP, des Forces libanaises et du courant du Futur. Les FSI n'ont pas bougé. Amateurisme?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La logique de la théorie du «piège» serait la suivante: le Hezbollah prend «facilement» la ville. La communauté internationale, assistée de tous les éditorialistes de la «presse libre» (retour par exemple de &lt;a href="http://www.liberation.fr/actualite/monde/325496.FR.php"&gt;l'insupportable Antoine Basbous&lt;/a&gt;; dans les moments stratégiques, on peut aussi &lt;a href="http://www.independent.co.uk/news/fisk/robert-fisk-hizbollah-rules-west-beirut-in-irans-proxy-war-with-us-825430.html"&gt;compter sur un papier détestable de Robert Fisk&lt;/a&gt;), hurlent au coup d'État; les «autorités légitimes» appellent à l'intervention étrangère pour sauver leur belle démocratie, et les troupes étrangères (déjà pré-positionnées) entrent au Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette thèse du «piège» vient d'ailleurs apparaître en une du &lt;a href="http://rplfrance.org/"&gt;site du mouvement aouniste&lt;/a&gt; en France:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Les Etats-Unis œuvrent à une résolution de l'ONU pour une intervention contre le Hezbollah mais plusieurs pays ne suivraient pas  pour deux raisons essentielles :&lt;br /&gt;- l'armée libanaise prend le contrôle de la capitale et donc on ne peut pas parler d'occupation de Beyrouth par le Hezbollah;&lt;br /&gt;- la FINUL serait fortement exposée et s'il y a le moindre incident, les opinions publiques se retourneraient contre leurs gouvernants.&lt;/blockquote&gt;Selon L'Orient-Le Jour de ce matin:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;En soirée, un porte-parole de la Maison-Blanche a indiqué que Washington allait initier des contacts urgents au niveau du Conseil de Sécurité afin de prendre des «mesures» à l’encontre du Hezbollah et ceux qui se tiennent derrière lui. Il est d’ores et déjà question dans certains milieux à New York de l’envoi d’une force arabo-musulmane à Beyrouth.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;– &lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2008-05-09-Liban-vers-la-guerre-civile#forum13805"&gt;Excellent commentaire de Pierre&lt;/a&gt;, habitué des forums d'Alain Gresh:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Il en résulte que le Hezbollah aurait fait un coup d’état en complicité avec l’armée régulière, contre un gouvernement défendu par des milices illégales.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ajout(s)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;– Intéressant (malgré tout) article dans L'Orient-Le Jour aujourd'hui, signé &lt;a href="http://rplfrance.org/index.php?content=eclairages/080510lorientlejour-ec.php"&gt;Scarlett Haddad&lt;/a&gt;, reproduit sur le site du RPL France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– C'est un miracle! D'après Le Monde et le Figaro (qui ont recopié la même dépêche sans la relire, ce qui donne une assez bonne idée de l'intérêt d'une presse libre et pluraliste), «&lt;a href="http://www.lefigaro.fr/international/2008/05/10/01003-20080510ARTFIG00290-liban-siniora-fait-appela-l-armee.php"&gt;Au Liban, l'opposition commence à retirer ses troupes des quartiers ouest de Beyrouth&lt;/a&gt;»:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«La majorité anti-syrienne a également salué la décision de l'armée. Dans un communiqué, l'un des leaders, Rafic Hariri, a estimé qu'elle “ouvrait la voie à une solution”.»&lt;/blockquote&gt;Si Rafic Hariri recommence à envoyer des communiqués à la presse, peut-être Kamal Joumblatt pourrait-il nous faire part (via Reuters) de ses commentaires éclairés sur la situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais comprendre le Liban avec le site du Monde est assez difficile. Par exemple, dans un magnifique graphique intitulé «&lt;a href="http://www.lemonde.fr/web/panorama/0,11-0@2-3218,32-1043185@51-965845@1-10112,0.html"&gt;Les jeux d'alliances des communautés libanaises&lt;/a&gt;», seuls les partis politiques confessionnels sont représentés. La «guerre de 2 ans», de 1975 à 1977, sans faire figurer les partis laïques de la gauche libanaise, c'est forcément assez sport comme explication. Quant à la période 1988-1989, elle est ainsi résumée: «Au printemps 1989, l'ancien chef d'état-major Michel Aoun, nommé premier ministre par intérim, lance la “guerre de libération” pour obtenir le départ des troupes syriennes, appuyé sur une partie de l'armée et sur les Forces libanaises de Samir Geagea». Ah oui mais non: début 89, il y a aussi eu la «guerre d'élimination», pendant laquelle les troupes d'Aoun et Geagea se sont affrontées d'une manière incroyable mortelle.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-4250551989164535414?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/4250551989164535414/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=4250551989164535414' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/4250551989164535414'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/4250551989164535414'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/05/ce-serait-donc-un-coup-dtat-sans-prise.html' title='Ce serait donc un coup d&apos;État sans prise du pouvoir'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-2023615821718375378</id><published>2008-04-30T17:07:00.007+02:00</published><updated>2008-04-30T22:48:08.420+02:00</updated><title type='text'>Intensification des provocations israéliennes au Liban</title><content type='html'>Évidemment, c'est tellement anecdotique que la presse française n'y consacre pas une ligne.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;- Le 18 mars, un navire de guerre israélien est entré dans les eaux territoriales libanaises, avant d'être intercepté par les forces navales des Nations unies (dépêche du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt;, &lt;a href="http://mplbelgique.wordpress.com/2008/04/16/incursions-israeliennes-le-hezbollah-critique-linaction-internationale/"&gt;reproduite par exemple ici&lt;/a&gt;; il est intéressant de noter que la dépêche est orientée autour des «critiques» que le Hezbollah fait à la communauté internationale).&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;- Le 13 avril au soir, selon l'armée libanaise, un groupe de cinq soldats israéliens sont entrés de 150 mètres dans la zone d'as-Shaal au sud du Liban et sont restés dans la zone pendant 10 minutes avant de la quitter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par aileurs, selon le Hezbollah:&lt;blockquote&gt;La formation chiite a indiqué que l’armée israélienne a également effectué des incursions dans les localités de Meis el Jabal (sud), d’El Ouazzani et dans la région de Ghajar (sud-est).&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;- Le 28 avril,&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;L’armée libanaise a affirmé que 12 avions de guerre israéliens ont violé l’espace aérien du Liban en survolant Beyrouth et d’autres parties du pays lundi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon un communiqué de l’armée, “12 avions de guerre ennemis” ont violé l’espace aérien libanais peu avant midi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quatre d’entre eux ont survolé la côte au large de Byblos, dans le nord, et ont ensuite pris la direction de la province d’Hermel, dans l’est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Huit autres ont survolé la ville de Rmeish, dans le sud, avant de se diriger vers Beyrouth, les montagnes du Chouf, puis Hermel, avant de retourner vers les territoires palestiniens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les survols ont duré environ une heure, selon le communiqué.&lt;/blockquote&gt;- Le plus beau: &lt;a href="http://domino.un.org/unispal.nsf/9a798adbf322aff38525617b006d88d7/6962d7de315f312d852574350047c313%21OpenDocument"&gt;communiqué de presse de l'ONU&lt;/a&gt; du 24 avril:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;UNIFIL had recorded a steep increase in the number of Israeli air violations, from 282 in February to 692 in March and 476 during the first half of April.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Ce qui donne en français:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;La FINUL a enregistré une importante augmentation du nombre de violations aériennes israéliennes, de 282 en février à 692 en mars, et 476 pendant la première moitié d'avril.&lt;/blockquote&gt;On se demande bien pourquoi la presse française parlerait de ça. Ça ne fait jamais que 32 intrusions d'avions ennemis chaque jour. Dans la dépêche du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt; citée au début, il est indiqué «L’aviation israélienne survole presque quotidiennement l’espace aérien libanais»... presque?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lecteur français n'est certainement pas non plus intéressé par cette information du &lt;a href="http://www.fr.jpost.com/bin/en.jsp?enDispWho=Nouvelles%5El18180&amp;amp;enPage=ArticlePage&amp;amp;enDisplay=view&amp;amp;enDispWhat=object&amp;amp;enVersion=0&amp;amp;enZone=Nouvelles"&gt;Jerusalem Post&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Des avions appartenant à l'armée de l'air sont entrés à une basse altitude dans l'espace aérien libanais, et ils ont été la cible de tirs anti-aériens de la part des Forces armées libanaises (FAL), a déclaré la radio Reshet Bet, citant un rapport de la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya, mercredi 23 avril. &lt;/blockquote&gt;Évidemment, quand Israël rasera la moitié du Liban dans une nouvelle guerre, ces omissions de la presse française permettront de mieux nous faire comprendre que l'État hébreux est en situation de légitime défense.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-2023615821718375378?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/2023615821718375378/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=2023615821718375378' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2023615821718375378'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2023615821718375378'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/04/intensification-des-provocations.html' title='Intensification des provocations israéliennes au Liban'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-1592979415178328399</id><published>2008-04-02T16:50:00.006+02:00</published><updated>2008-04-02T19:51:15.941+02:00</updated><title type='text'>Beaufort, Oscar du film négationniste</title><content type='html'>Je dois avouer que j'ai des goûts cinématographiques assez spéciaux: j'aime les films bizarres, décalés, imparfaits, discutables... C'est peut-être pour cela que j'ai aimé le film israélien sorti la semaine dernière en France: Beaufort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça n'est en effet pas tous les jours qu'on peut voir un film aussi clairement négationniste. Évidemment, je viens de vous le dire: en matière de cinéma, j'aime le spécial, le raté, le pas fameux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par «négationniste», je veux dire: «qui nie une réalité historique avérée».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;* * *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Les critiques de films sont, dans la triste caste des journaleux, parmi les plus fainéants et les plus incultes. La recopie minutieuse d'extraits choisis du dossier de presse est pour eux une tâche épuisante. La lecture de la page &lt;a href="http://www.allocine.fr/film/revuedepresse_gen_cfilm=125775&amp;amp;page=1.html"&gt;des résumés de critiques consacrées à Beaufort&lt;/a&gt; sur AlloCiné donne le ton:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«L'armée israélienne apparaît dans sa dimension de bravoure et d'absurde. Joseph Cedar (...) pose les questions qui dérangent.» - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;TéléCinéObs&lt;/span&gt;, François Forestier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Au-delà du message politique évident du film, Beaufort trouve aussi une profondeur inattendue dans l'utilisation que fait Cedar de son décor (...) Un juste questionnement sur l'histoire.» - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Inrockuptibles&lt;/span&gt;, Jean-Baptiste Morain&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Le film est sorti en Israël quelques mois après la “deuxième guerre du Liban”, en 2006, dans un fort moment de contestation des opérations menées. La leçon en va bien au-delà.» - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Humanité&lt;/span&gt;, Dominique Widemann&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Hymne anti-guerre, (...) ce film est un coup de maître de la part d'un réalisateur qui avait un temps - ironie de l'histoire - caressé l'idée de devenir général.» - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Croix&lt;/span&gt;, Sophie Conrard&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Un film précis qui ne célèbre jamais [la guerre] (...) Beaufort est juste d'un bout à l'autre. (...) C'est un peu toutes les guerres qu'il raconte.» - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Libération&lt;/span&gt;, Jean-Pierre Perrin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Un vigoureux pamphlet contre l'absurdité de la guerre.» - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ouest France&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;La lecture de toutes les notules est simplement démoralisante: en gros, un beau film anti-guerre qui pose les bonnes questions...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seul &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;a href="http://www.telerama.fr/cine/film.php?id=313345&amp;amp;onglet=critique"&gt;Télérama&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; émet une réserve sur le fond politique du film:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«Tiré d'un roman de Ron Leshem, le film pèche surtout par sa neutralité: bien sûr, l'état-major israélien est durement critiqué pour ses choix stratégiques, et, en lui obéissant strictement, le jeune commandant du fort va perdre tragiquement quelques-uns de ses hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais telles sont les absurdités de la guerre en général, et pas spécifiquement celles de l'interminable conflit israélo-palestinien. Ainsi, même exécutant des ordres stupides, les troufions sont de braves petits gars, respectueux du drapeau et de la nation. Manque peut-être un contrechamp sur l'ennemi, qui permettrait de restituer tous les enjeux de cette guerre-ci.» - Aurélien Ferenczi&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;J'avais découvert ce film sur Aljazeera en anglais il y a quelques mois. La jeune chroniqueuse culture-cinéma de la chaîne avait en effet présenté Beaufort comme étant un film «polémique en Israël», parce que, disait-elle, prônant la paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;* * *&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Dans le genre «film de guerre contestataire», Beaufort est excellent et efficace, très exactement dans la veine des meilleurs films américains contestant la guerre du Vietnam: excellents et... négationnistes. Le principe de ces films était de faire croire que la guerre qui a détruit le Vietnam, ses habitants et sa société, était mauvaise parce qu'elle... faisait du mal aux Américains et à ses soldats (d'où la toujours risible prétention américaine à se croire victime du Vietnam plutôt que l'inverse - lire Chomsky et ses descriptions de la «contestation» de la guerre du Vietnam).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaufort nous montre le quotidien de soldats israéliens, retranchés dans un fort au sommet d'une montagne du Sud Liban, peu avant le retrait israélien de 2000, souffrant de la peur, de l'ennui et d'un manque total de motivation. L'«ennemi» n'est jamais montré, on ne voit que l'effet meurtrier de ses roquettes et de ses bombes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que tous les critiques qui vantent la «justesse» de ce film n'ont pas remarqué, c'est que le film est «juste» à condition de considérer qu'il s'agit de science-fiction, d'une guerre inventée qui a eu lieu sur une autre planète. Car ce que «montre» Beaufort, en réalité, c'est tout ce qu'il ne montre pas. Sa vérité est dans le mensonge par omission systématique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que le film ne montre pas, et qui est pourtant le fondement même de ce qu'ont vécu les habitants du Liban sud:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;la terreur systématique contre les populations civiles, &lt;/li&gt;&lt;li&gt;la politique systématique de déplacement de populations,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;la mise en place d'une milice de mercenaires d'idéologie fasciste (l'ALS) orientée directement contre la population, &lt;/li&gt;&lt;li&gt;les bombardements punitifs systématiques, &lt;/li&gt;&lt;li&gt;les villages rendus inhabitables et les champs de mine installés partout,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;la destruction totale des infrastructures civiles,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;le détournement de l'eau,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;les rafles et les scéances de torture...&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Absolument rien de tout cela n'est même évoqué dans le film (et encore moins montré). Nous avons une bande de braves (et sympathiques) soldats d'une armée d'occupation, retranchés dans leur fort, soldats qui sont tués mais ne tuent jamais personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour un rappel des exactions israéliennes au Liban sud, on peut relire cet article de 1999 du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde diplomatique&lt;/span&gt;, signé Walid Charara et Marina Da Silva, «&lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/1999/11/CHARARA/12643.html"&gt;Résistance obstinée au Liban sud&lt;/a&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au rôle de la Résistance libanaise, le film passe implicitement un message explicité une seule fois par un journaliste de la télévision (dans le film). Les Israéliens sont entrés au Liban avec une mission mais, en 2000, le «sens» de cette mission est perdu et les Israéliens décident de se retirer de leur plein gré. Le Hezbollah, lui, se contente d'intensifier ses attaques à distance (jamais de corps à corps dans le film) pour pouvoir s'attribuer de manière indue cette «victoire».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaufort est l'un des plus exemplaires cas de négation de l'histoire du cinéma contemporain. C'est fait avec des images magnifiques, une discours pseudo-humaniste remarquable et une ingénuité qui méritent l'admiration. C'est à ce titre qu'il aurait dû décrocher l'Oscar du film négationniste à Hollywood.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-1592979415178328399?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/1592979415178328399/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=1592979415178328399' title='19 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1592979415178328399'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1592979415178328399'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/04/beaufort-oscar-du-film-ngationniste.html' title='Beaufort, Oscar du film négationniste'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>19</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-2400536030435239382</id><published>2008-03-23T19:17:00.015+01:00</published><updated>2008-05-04T10:03:20.786+02:00</updated><title type='text'>Commentaires sur l'affaire du sous-préfet limogé</title><content type='html'>Vu à la télé et lu sur le Net: «&lt;a href="http://afp.google.com/article/ALeqM5gStRdOH1Drt7qImLb5a1_JWpg1RQ"&gt;Le sous-préfet de Saintes limogé après un article “anti-israélien”&lt;/a&gt;». Et, évidemment, un très obscur «Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme a salué dimanche la décision de la ministre de l'Intérieur».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme, à coup sûr, on va se focaliser sur d'autres sujets que ceux qui pourraient être intéressants, je vous livre quelques commentaires. Pas vraiment structurés, je manque toujours cruellement de temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est fait mention d'«un» article du sous-préfet Bruno Guigue sur le site Oumma.com, et deux phrases sont mises en vedette pour justifier le limogeage: «le seul État au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles» et les «geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer pendant Shabbat». L'article en question est intitulé «&lt;a href="http://oumma.com/Quand-le-lobby-pro-israelien-se"&gt;Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l'ONU&lt;/a&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aucun journaliste ne va évidemment lire ce long texte, on se contentera des deux phrases provocatrices (d'ailleurs, on ne se demandera pas beaucoup plus en quoi elles seraient infondées). De l'autre côté, on se laissera entraîner sur la «défense» de la liberté d'expression, manière de se faire promener en dehors des sujets sur lesquels on aurait pourtant quelques chances de pouvoir influer. Oumma publie d'ailleurs un communiqué ultra-convenu et, à mon avis, à côté de la plaque: «&lt;a href="http://oumma.com/Silence-dans-les-rangs"&gt;Silence dans les rangs&lt;/a&gt;»:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;La sanction qui le frappe nous montre à l’envi que l’usage d’une saine critique ne peut s’exercer équitablement en France. En effet, si chacun a le loisir aujourd’hui dans notre pays, fonctionnaire ou pas, de critiquer, condamner, dénoncer à peu près n’importe quel Etat, n’importe quelle religion, n’importe quelle personnalité, il existe une exception à cette règle et notre ami Bruno Guigue, que nous assurons de notre total soutien, est puni pour avoir cru à l’existence d’une véritable et totale liberté d’expression au pays des Droits de l’Homme.&lt;/blockquote&gt;Les articles de presse rappellent que Bruno Guigue écrit des articles sur Oumma depuis longtemps (deux ans semble-t-il) et a publié &lt;a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&amp;amp;obj=artiste&amp;amp;no=1484"&gt;plusieurs livres à L'Harmattan&lt;/a&gt;. Il me semblerait donc légitime de se demander: pourquoi maintenant?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Piste 1 : Israël lance sa campagne contre Durban 2&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU organise en 2009 une seconde conférence mondiale contre le racisme à Durban, après celle de 2001, dénoncée par Israël et les États-Unis comme un «cirque» antisémite et anti-israélien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au mois de février 2008, les milieux sionistes se passionnent pour la préparation de cette conférence (alors que le sujet ne passionne tout de même pas les foules): il faut délégitimer la conférence de manière préventive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Anecdotique (et presque rigolo): le 23 février, un certain Oxyweb complète &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%83%C2%A9rence_de_Durban"&gt;la fiche Wikipédia&lt;/a&gt; concernant la première conférence de Durban 1. Il écrit:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Il est fort à craindre que la conférence dite “Durban 2” présidée par la Libye soit a nouveau l'occasion d'une rencontre entre dirigeants racistes et antisémites d'afrique et du monde arabe.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Subtil, n'est-ce pas? Mais &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Special:Contributions&amp;amp;offset=20080123131640&amp;amp;limit=100&amp;amp;target=Oxyweb"&gt;la liste des contributions&lt;/a&gt; de cet «Oxyweb» à Wikipedia est éclairante. Vraiment, très éclairante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Deux jours plus tard, le 25 février, Marc Knobel, activiste multi-carte, publie &lt;a href="http://www.jcpa-lecape.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=99"&gt;une tribune sur le site du «Centre des Affaires publiques et de l'État» de Jérusalem&lt;/a&gt;. Il raconte la décision du Canada de se retirer des préparatifs de Durban 2, et espère:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Le Canada montre l’exemple et l’Union européenne, prochainement présidée par la France, devrait entendre le message qui est délivré par ce pays ami.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;– Deux jours après, le 27 février, de joyeux intellectuels publient une tribune dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt; dénonçant «&lt;a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/02/27/l-onu-contre-les-droits-de-l-homme_1016249_3232.html"&gt;L'ONU contre les droits de l'homme&lt;/a&gt;». Dès le deuxième paragraphe il est fait mention de Durban 1, les suivants dénoncent le fameux «Conseil des droits de l'homme» organisateur de l'événement. On est en terrain connu, donc. Parmi les signataires: Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne parlerai évidemment pas de mouvement concerté (je me ferais taxer de conspirationnisme), je me contente de constater que, dans cette semaine de février 2008, la dénonciation de la prochaine conférence de Durban, en 2009, passionne les foules...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– C'est exactement à cette dernière «tribune» que répond l'article de Bruno Guigue sur Oumma: un long argumentaire démontant le texte publié par &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous fais le pari que, dans les prochains mois, la communication de crise visant à décrédibiliser la conférence de Durban sera massive. Avec la présidence française de l'Union (à partir de juillet), on peut craindre des pressions pour que les pays européens se retirent de la conférence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Ajout du 4 avril] Haaretz reproduit &lt;a href="http://www.haaretz.com/hasen/spages/971401.html"&gt;une dépêche de l'Associated Press&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Nobel laureate Elie Wiesel, law professor Alan Dershowitz and former CIA Director James Woolsey are urging the United States to skip next year's United Nations anti-racism conference in a full-page advertisement appearing Thursday in four newspapers. &lt;/blockquote&gt;Bref, il y a là un axe très spécifique de la communication israélienne. Bruno Guigue s'est trouvé sur le chemin d'un des budgets de comm des services israéliens (combien coûte une pleine page de pub dans 4 journaux américains, dont le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New York Sun&lt;/span&gt;  – tirage à 150000 exemplaires – et le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Washington Post&lt;/span&gt; – 700000 exemplaires? et &lt;a href="http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Hudson_Institute"&gt;qui paie cette facture&lt;/a&gt;?). De manière très caractéristique, cette communication démarre très en amont, sur un sujet totalement anodin à l'heure actuelle (personne d'autre que les mouvements sionistes ne se passionne pour cette conférence autant de temps à l'avance), et ce faisant parviendra à décrédibiliser l'événement avant même qu'il n'intéresse les médias.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Ajout du lundi.] Un mouvement similaire a eu lieu pour le boycott du Salon du livre à Paris. Question qui n'a eu aucun écho médiatique, sauf une «préparation» en amont, contre le boycott. Le 16 février, au sujet du boycott du salon de Turin, Marek Halter titre sa tribune du Monde: «Au secours, on brûle les livres!». L'article est halluciné, ce qui fait que, certes, on brûle les livres, mais TF1 n'en fait pas la Une du lendemain. Le 13 mars, journée de l'inauguration, tout est prêt pour &lt;span style="font-style: italic;"&gt;le Monde&lt;/span&gt;, qui fait soudain du sujet que tout le monde ignorait le thème de son éditorial, «&lt;a href="http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/03/13/le-salon-en-otage_1022393_0.html"&gt;Le Salon en otage&lt;/a&gt;» (l'appel au boycott est qualifié de «fatwa»: «Boycotter les livres, voire récuser une langue, a toujours été l'arme des dictatures.»), et complète avec un article pathétique de Caroline Fourest, «&lt;a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/03/13/israel-le-boycottage-et-la-raison-par-caroline-fourest_1022503_3232.html"&gt;Israël, le boycottage et la raison&lt;/a&gt;» (ne pas aller au Salon du Livre «rappelle le temps où l'on brûlait des livres et des juifs après les avoir boycottés»). Le soir même, inaugurant le Salon, Shimon Peres, sans concertation aucune avec ce vaste mouvement d'indignation international contre le boycott, a &lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/culture/20080314.OBS4983/salon_du_livre__shimon_peres_denonce_le_boycott_des_pay.html?idfx=RSS_culture"&gt;ce commentaire&lt;/a&gt; totalement original: «Ceux qui veulent brûler les livres, boycotter la sagesse, empêcher la réflexion, bloquer la liberté se condamnent eux-mêmes à être aveugles, à perdre la liberté». Ce qui s'appelle une communication parfaitement maîtrisée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Piste 2 : mise au pas de l'exécutif&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien que perçu ou présenté comme un corps politique homogène («le gouvernement»), l'exécutif français est en réalité une énorme machinerie humaine (en d'autres termes: un administration).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'arrivée d'un nouveau gouvernement doit être, pour lui, une expérience frustrante: bien que contrôlant théoriquement l'exécutif, il se heurte en fait immédiatement à la pesanteur humaine et politique de cette machinerie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Disons-là tout net: un exécutif hystériquement pro-israélien aura le sentiment de se heurter à une adminiration moins... convaincue. Sans doute pas totalement à tort (un Hubert Védrine aurait-il plus d'influence sur le Quai d'Orsay que le ministre en place?); mais la «politique arabe» de la France relève pour beaucoup du fantasme (voir &lt;a href="http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Rene_Naba.011007.htm"&gt;René Naba&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours est-il que, comme le mythologique «biais» des médias mondiaux en leur défaveur, l'orientation «pro-arabe» de l'administration française est au cœur des préoccupations des agitateurs pro-israéliens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Février 2008 (toujours!), &lt;a href="http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&amp;amp;aid=10611&amp;amp;returnto=articles_display/list&amp;amp;artyd=10"&gt;Marc Knobel dénonce un entrefilet du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Canard enchaîné&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; qui raconte qu'un «coup de balai» va avoir lieu au Quai d'Orsay. Knobel défend la nomination de François Zimeray, «classé “pro israélien en diable” par ses camarades socialistes» à la place de Michel Doucin (dont il n'est pas rappelé qu'il est tombé en disgrâce pour avoir abordé un autre thème interdit dans l'exécutif français: la «Françafrique»).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Automne 2006, Dominique Strauss-Kahn (actuel directeur général du FMI proposé par Nicolas Sarkozy) donne une interview à la &lt;a href="http://www.liberation.fr/actualite/politiques/210626.FR.php"&gt;revue néo-conservatrice &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Meilleur des mondes&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Sur la politique arabe de la France. «Une supercherie que le Quai d'Orsay réussit à vendre depuis des décennies à l'ensemble de la classe politique.»&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Le «Quai d'Orsay» serait donc doté d'une grande autonomie et d'une volonté propre, au point de pouvoir «vendre» la politique arabe à l'ensemble de la classe politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– [Ajout lundi.] Le 16 mai 2007, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;a href="http://sindibad.fr/spip.php?article143"&gt;Canard enchaîné&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://sindibad.fr/spip.php?article143"&gt; publie&lt;/a&gt; une info faisant état des pressions du CRIF contre l'éventuel choix de Hubert Védrine comme ministre des Affaires étrangères (&lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/x1za0t_sarko-israel-kouchner-vs-vedrine"&gt;terreur du Jerusalem Post&lt;/a&gt;):&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Dès que les dirigeants du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) ont appris ce projet du nouveau chef de l’Etat, Roger Cukierman, président sortant du Crif, a appelé au téléphone Claude Guéant pour une violente mise en garde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«On a eu une réunion au Crif, aujourd’hui, et la rumeur d’une nomination de Védrine aux affaires étrangères a circulé. Cela a provoqué la panique parce que, pour nous, Védrine est pire que les anti-israéliens habituels du Quai d’Orsay.»&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;– En janvier 2006, le CRIF annonçait sur son site la position de François Hollande – propos ensuite &lt;a href="http://www.europalestine.com/spip.php?article1979"&gt;démentis par l'intéressé&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Il a ainsi estimé, rapporte le CRIF, « qu’il y a une tendance qui remonte à loin, ce que l’on appelle la politique arabe de la France et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie ». Il a ajouté qu’il y a un « problème de recrutement au Quai d’Orsay et à l’ENA » et que le recrutement « devrait être réorganisé ».&lt;/blockquote&gt;À défaut de préoccuper François Hollande, au moins le «problème de recrutement» préoccupe-t-il le CRIF...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Bref, y a-t-il actuellement une tentative de mise au pas de l'exécutif, via l'intimidation d'anciens énarques trop «politisés» et la nomination de «pro-israéliens en diable» au Quai d'Orsay? Ce qui répondrait, en tout cas, à l'un des fantasmes habituels du lobby pro-israélien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Devoir de réserve&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Ajout du lundi de Pâques.] Ces considérations circulent beaucoup sur le Web, je crois intéressant de les mettre au propre. Encore une fois, penser l'affaire uniquement sous l'angle de la liberté d'expression (ou la censure des critiques d'Israël) et du thème «Deux poids deux mesures» ne me semble pas tellement passionnant: surjouer la surprise outragée («Comment!? Critiquer publiquement Israël n'est pas une situation confortable au pays des Droits de l'Homme? Mais vous me l'apprenez, monsieur, vous me l'apprenez...») ne nous mènera pas bien loin. Je note donc ce qui suit, essentiellement pour évacuer cette question du «devoir de réserve».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui  a écrit:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;«L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres. Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été?»;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;«Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran»;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;«Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.»;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;«Et que au contraire, si l’histoire du christianisme est entachée de violence, c’est quand les chrétiens s’éloignent de l’enseignement de leur messie, Jésus Christ».&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Il s'agit d'extraits du célèbre &lt;a href="http://www.20minutes.fr/article/111437/Toulouse-Le-texte-de-Robert-Redeker-qui-fait-polemique.php"&gt;pamphlet de Robert Redeker&lt;/a&gt; publié dans le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Figaro&lt;/span&gt; du 19 septembre 2006. Alors professeur de philosophie, l'auteur n'est pas «limogé». Pourtant, insulter une partie de ses élèves va évidemment à l'encontre du but même du «droit de réserve», qui est conçu pour que les déclarations d'un fonctionnaire ne perturbent pas le fonctionnement du service public et pour assurer l'égalité des citoyens face à l'administration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au contraire, selon &lt;a href="http://www.education.gouv.fr/cid4394/robert-redeker-recu-par-gilles-de-robien.html"&gt;le site du Ministère de l'Éducation nationale&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a reçu Robert Redeker ce jour à 16h. Le ministre a tenu à lui réaffirmer toute sa solidarité dans les épreuves qu'il a endurées, depuis la parution de sa tribune dans la presse en septembre 2006.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ministre a également rappelé que toute atteinte à la liberté d'opinion et d'expression est intolérable et doit être condamnée.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Finalement, sur proposition du ministre, Robert Redeker est recruté au CNRS.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grande messe de soutien à laquelle participent Soheib Bencheikh, Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Élisabeth de Fontenay, Blandine Kriegel, Claude Lanzmann, Hélène Roudier de Lara, Philippe Val... donne lieu à une &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/debats/20061115.FIG000000072_la_philo_de_redeker_pensee_ou_provocation.html"&gt;tribune dans le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Figaro&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; (tribune qui s'en prend, comme d'habitude, à la LDH et au MRAP). Il faut bien lire:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Un professeur a un devoir de réserve dans sa classe, mais nullement lorsqu'il s'exprime dans ses écrits publics. Il faut rappeler ici la distinction kantienne entre l'usage public et l'usage privé de la raison. Robert Redeker s'est exprimé dans le cadre d'un article de presse, en exerçant son «usage public» de la raison, comme tout citoyen français peut le faire, et non pas dans son cours, par «un usage privé» de la raison.&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-2400536030435239382?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/2400536030435239382/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=2400536030435239382' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2400536030435239382'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2400536030435239382'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2008/03/commentaires-sur-laffaire-du-sous-prfet.html' title='Commentaires sur l&apos;affaire du sous-préfet limogé'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-1231327673912630499</id><published>2007-10-22T09:51:00.000+02:00</published><updated>2007-10-22T20:13:19.512+02:00</updated><title type='text'>Mines françaises en Algérie</title><content type='html'>Avant-hier, une dépêche de l'AFP annonce:&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-32896271@7-54,0.html"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-32896271@7-54,0.html"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La France remet les plans des mines posées aux frontières est et ouest&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La France a officiellement remis samedi à l'Algérie les plans de pose des mines placées par l'armée française aux frontières est et ouest du pays durant la guerre d'Algérie (1954-1962).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Le Général Jean-Louis Georgelin, Chef d'État Major des Forces Armées françaises, a officiellement remis à son homologue algérien, le Général de Corps d'Armée Ahmed Gaïd Salah, les plans de pose des mines placées le long des lignes “Challe” et “Morice” par l'Armée française entre 1956 et 1959», selon un communiqué de l'ambassade de France à Alger transmis à l'AFP.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La remise de ces plans, réclamés par Alger «marque la volonté des autorités françaises de progresser pour lever les obstacles hérités du passé et leur souhait de bâtir des relations de confiance avec l'Algérie», a ajouté ce texte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le général Georgelin, arrivé mardi à Alger pour une visite officielle de quatre jours, a réitéré à son homologue algérien «la disponibilité de l'armée française à approfondir la coopération militaire entre les deux pays», selon la même source.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Ligne Morice, du nom du ministre français de la Défense André Morice, constituée de barbelés et de mines, surveillée en permanence, a été construite à partir de juillet 1957, le long des frontières de l'Algérie avec la Tunisie et le Maroc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Longue de 460 km à la frontière tunisienne et de 700 km avec le Maroc, la Ligne Morice a été partiellement doublée par une autre ligne, dite Ligne Challe du nom du général Maurice Challe, commandant en chef en Algérie de 1958 à 1960.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux lignes étaient destinées à empêcher les infiltrations de combattants de l'Armée de libération nationale (ALN) du Maroc et de la Tunisie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Alger, 3 millions de mines antipersonnel sur les onze millions implantées par l'armée française lors de la guerre d'Algérie sont encore enfouies le long des frontières est et ouest de l'Algérie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La presse algérienne rapporte régulièrement des accidents provoqués par ces mines et touchant des bergers ou des enfants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Algérie a signé, le 3 décembre 1997, la convention d'Ottawa sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction. Elle l'a ratifiée le 9 octobre 2001.&lt;/blockquote&gt;La nouvelle est d'une telle importance qu'une dépêche Reuters est publiée sur le même sujet aujourd'hui (vous pouvez sauter cette partie, c'est la redite de la précédente):&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-32903148@7-37,0.html"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La France révèle ses champs de mines de la guerre d'Algérie&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ALGER (Reuters) - La France, soucieuse d'améliorer ses relations avec l'Algérie, a remis aux autorités algériennes les plans des mines enfouies à l'époque de la guerre d'indépendance (1954-1962).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'armée française a disséminé des mines antipersonnel aux frontières Est et Ouest de l'Algérie pendant la guerre de libération pour empêcher les combattants du FLN d'attaquer les forces françaises à partir de leurs bases en Tunisie et au Maroc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces plans des mines enfouies entre 1956 et 1959 ont été remis par le chef d'état-major interarmes français, le général Jean-Louis Georgelin, actuellement en visite en Algérie, a précisé l'ambassade de France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Cette décision, qui était attendue par l'Algérie, marque la volonté des autorités françaises de progresser pour lever les obstacles hérités du passé et leur souhait de bâtir des relations de confiance avec l'Algérie», a expliqué la mission diplomatique dans un communiqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Alger, qui réclamait ce geste depuis longtemps, les militaires français ont enfoui environ trois millions de mines antipersonnel dans le sol algérien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Avec la remise de ces plans, la France de Nicolas Sarkozy tente (...) de lever les obstacles nombreux qui entravent les relations algéro-françaises», écrit pour sa part l'influent quotidien El Watan. Le journal assortit son commentaire d'un dessein humoristique où une victime algérienne d'une mine affirme «Ca, il aurait fallu le dire 45 ans plus tôt».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chef de l'Etat français est attendu en décembre en visite officielle en Algérie. Son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, a invité à plusieurs reprises la France à faire acte de repentance pour «les crimes commis pendant la période coloniale.»&lt;/blockquote&gt;Les deux dépêches circulent largement dans les médias français et algériens. Je les ai trouvées sur une quarantaine de médias en ligne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains médias algériens jugent, légitimement, ce geste extrêmement tardif. Sur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;algerie-dz&lt;/span&gt;, s'inspirant d'un article du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Quotidien d'Oran,&lt;/span&gt; &lt;a href="http://www.algerie-dz.com/article11241.html"&gt;on peut lire&lt;/a&gt;:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Déjà en 2005, à l’occasion de la cérémonie de clôture de l’opération de destruction du dernier lot de stock algérien de mines antipersonnel qui s’était déroulée à Hassi Bahbah, le président de la République avait dénoncé le passé de la France coloniale eu égard au nombre important de mines antipersonnel et de mines en général qui ont été semées à travers le territoire national, regrettant par la même occasion le fait que «la France n’ait pas daigné nous fournir la cartographie à même de faciliter le déminage de ces régions».&lt;/blockquote&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La nouvelle république&lt;/span&gt; reprend à son compte l'expression du Président:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Quarante-cinq ans après l'indépendance de notre pays, et après tant d'années de vaines sollicitations, d'attente injustifiée et injustifiable, l'armée française a enfin daigné remettre à l'état-major de l'ANP le plan des mines antipersonnel posées par l'armée coloniale française autour des deux lignes électrifiées Challe et Morice de sinistre mémoire. &lt;/blockquote&gt;&lt;a href="http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&amp;amp;id_article=36301"&gt;El Watan&lt;/a&gt;, en février 2006, indique:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;M. Bouteflika avait stigmatisé le refus de Paris de donner les cartes des champs de mines implantés dans les frontières (lignes Morice et Challe).&lt;/blockquote&gt; De quoi parle-t-on ici? Il me semble qu'un minimum de précision s'impose, sauf à vouloir multiplier les commentaires sans intérêt ou faciliter les manipulations politiciennes. Loin de moi l'idée de défendre le passé colonial français, et encore moins la dépose, par la France, de millions de mine en Algérie, mais il me semble intéressant d'indiquer ce qui suit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le site de la &lt;a href="http://www.icbl.org/lm/1999/french/algerie.rtf"&gt;Campagne internationale contre les mines,&lt;/a&gt; on pouvait ainsi lire, concernant l'Algérie (la dernière mise à jour de ce document remonte à 2003, et il est classé dans une rubrique intitulée «1999»):&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;À la fin de la guerre d'indépendance algérienne, l'Armée a déployé un effort considérable de déminage des régions infestées de mines.  La responsabilité des programmes d'enlèvement des mines incombe toujours à l'Armée. L'Armée a reçu de la part de la France des cartes indiquant les zones minées. Les zones minées représentent souvent des endroits désertiques inhabités ou des régions montagneuses d'accès difficile.&lt;/blockquote&gt;(La mention «d'accès difficile» n'excuse pas grand chose, le même document indiquant par la suite que le nombre de victimes des mines se situe entre 3000 et 40000 morts.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur &lt;a href="http://www.algerie-dz.com/article1281.html"&gt;le même site algerie-dz&lt;/a&gt;, qui indique aujourd'hui que «la France n'a pas daigné...», on pouvait lire en novembre 2004:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Au lendemain des accords d’Évian, l’Algérie avait reçu de la France des tonnes d’archives concernant les champs de mines aménagés le long des lignes électrifiées plantées le long des frontières. &lt;/blockquote&gt;Sur le site de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Maroc Hebdo&lt;/span&gt;, &lt;a href="http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_518/html_518/mort.html"&gt;un article d'Abdellatif El Azizi&lt;/a&gt; indique:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Les estimations du nombre de mines au Sahara varient de 200 mille à 10 millions. Le Polisario qui ne produit pas de mines a importé des mines d'Algérie et d’Israël. La MINURSO a confirmé la présence sur le territoire du Sahara de trente-cinq différents types de mines antipersonnel et vingt et un différents types de mines antichars, en provenance de douze pays différents. Au niveau diplomatique, cette histoire de mines est utilisée par les deux parties en conflit. L’Algérie qui est le véritable vis-à-vis du Maroc dans cette histoire de mines s’en est tirée avec une habile pirouette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faisant porter le chapeau au Polisario, elle a signé le 3 décembre 1997 la Convention de Maputo sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction. Laissant aux mercenaires de Mohamed Abdelaziz le soin de clamer à tout vent que pour pouvoir signer la convention ils devaient auparavant «accéder au statut d’état souverain». À maintes reprises, des représentants du Polisario sont montés au front pour affirmer qu’ils signeraient et ratifieraient le Traité, s’ils pouvaient le faire! En avril 2000, le patron des mines antipersonnel du Polisario, Dah Bendir, se fendait d’une déclaration qui en dit long sur la volonté des généraux algériens de maintenir la pression sur le Maroc, «Étant données les incertitudes de la situation actuelle, nous ne pouvons nous engager à détruire toutes les mines que nous possédons, car nous pouvons être à nouveau en guerre demain. Mais nous souhaitons nous y engager, dès que le conflit sera définitivement résolu.»&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-1231327673912630499?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/1231327673912630499/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=1231327673912630499' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1231327673912630499'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/1231327673912630499'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2007/10/mines-franaises-en-algrie.html' title='Mines françaises en Algérie'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-70675469867506140</id><published>2007-09-29T08:35:00.000+02:00</published><updated>2007-09-29T11:49:58.468+02:00</updated><title type='text'>La partition ? Quelle partition ?</title><content type='html'>C'est une dépêche de l'AFP, titrée: «&lt;a href="http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-32585213@7-60,0.html"&gt;Le Sénat américain vote en faveur d'un plan de partition de l'Irak&lt;/a&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, frottez-vous les yeux, et relisez bien: «&lt;a href="http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-32585213@7-60,0.html"&gt;Le Sénat américain vote en faveur d'un plan de partition de l'Irak&lt;/a&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, non, aucun média français ne juge cette information suffisamment importante pour la reprendre. (Vérification sur Google News: on ne trouve que la dépêche AFP reprise dans le fil de news du site du Monde.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme, pour ma part, je pense que c'est une information capitale, l'un des scandales les plus importants du moment, je conserve l'intégralité de cette dépêche par-devers moi (c'est-à-dire ici):&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;a style="font-weight: bold;" href="http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-32585213@7-60,0.html"&gt;Le Sénat américain vote en faveur d'un plan de partition de l'Irak&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(AFP) Le Sénat américain a voté mercredi en faveur d'une résolution non contraignante sur un plan de partition de l'Irak, présenté par ses défenseurs comme la seule solution pour mettre un terme aux violences qui secouent le pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par 75 voix contre 23, le Sénat a approuvé le plan, parrainé par le sénateur démocrate et candidat à la Maison Blanche Joseph Biden et qu'il présente comme la clé politique pour permettre un retrait des troupes américaines tout en prévenant le chaos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le partage du pays en Etats distincts en fonction des différentes communautés (kurdes, chiites et sunnites) est rejeté par l'administration du président George W. Bush.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plan de partition a été élaboré notamment avec l'aide d'un ancien expert de l'administration Carter et ancien directeur du Council on Foreign Relations, Leslie Gelb.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chef démocrate du Sénat, Harry Reid, a estimé que «l'adoption de l'amendement Biden reflète l'importante reconnaissance de la part du Sénat que la réconciliation politique doit demeurer l'objectif essentiel des Irakiens».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«La mise en place de la solution politique envisagée dans cette loi aidera à redéployer les troupes américaines de la guerre civile irakienne, combattre le terrorisme plus efficacement et rendra l'Amérique plus sûre», a ajouté le sénateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que le vote a réuni plus des 60 voix nécessaires à tout quorum au Sénat - qui compte 100 membres - M. Reid relève que les «sénateurs démocrates ont finalement surmonté les tactiques obstructionnistes des républicains et de la Maison Blanche pour envoyer au président Bush le message qu'il doit de manière urgente modifier la stratégie américaine en Irak».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs sénateurs républicains, qui sont en faveur de la stratégie d'envoi de renforts en Irak mais déplorent l'impasse politique entre les chefs irakiens sur le terrain, se sont montré intéressés par le plan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Nous sommes en train d'appuyer une stratégie politique défaillante à Bagdad», a notamment regretté le sénateur républicain Sam Brownback, autre aspirant à la présidentielle de 2008 et un des onze cosignataires de la résolution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour sa part, la sénatrice républicaine Kay Bailey Hutchinson a indiqué que cette résolution s'inspirait des accords de Dayton sur la Bosnie, qui ont eu pour effet d'entériner la partition entre les belligérants serbes, croates et bosniaques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Ce que nous avons vu en Bosnie est une réduction des tensions à travers la capacité pour les forces de sécurité et les forces religieuses» entre autres de «se gouverner toutes seules», a déclaré la sénatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ambassadeur américain à Bagdad, Ryan Crocker, s'est déclaré lors de son témoignage au Congrès ce mois-ci en faveur d'une autonomie des régions irakiennes, mais s'est opposé à toute idée de partition.&lt;/blockquote&gt;Et comme il vaut mieux se référer à l'original, voici le texte du fameux «Amendement Biden»:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;SEC. 1535. SENSE OF CONGRESS ON FEDERALISM IN IRAQ.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(a) Findings.--Congress makes the following findings:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Iraq continues to experience a self-sustaining cycle of sectarian violence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2) The ongoing sectarian violence presents a threat to regional and world peace, and the longterm security interests of the United States are best served by an Iraq that is stable, not a haven for terrorists, and not a threat to its neighbors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(3) A central focus of al Qaeda in Iraq has been to turn sectarian divisions in Iraq into sectarian violence through a concentrated series of attacks, the most significant being the destruction of the Golden Dome of the Shia al-Askariyah Mosque in Samarra in February 2006.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(4) Iraqis must reach a comprehensive and sustainable political settlement in order to achieve stability, and the failure of the Iraqis to reach such a settlement is a primary cause of violence in Iraq.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(5) Article One of the Constitution of Iraq declares Iraq to be a ``single, independent federal state''.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(6) Section Five of the Constitution of Iraq declares that the ``federal system in the Republic of Iraq is made up of a decentralized capital, regions, and governorates, and local administrations'' and enumerates the expansive powers of regions and the limited powers of the central government and establishes the mechanisms for the creation of new federal regions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(7) The federal system created by the Constitution of Iraq would give Iraqis local control over their police and certain laws, including those related to employment, education, religion, and marriage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(8) The Constitution of Iraq recognizes the administrative role of the Kurdistan Regional Government in 3 northern Iraqi provinces, known also as the Kurdistan Region.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(9) The Kurdistan region, recognized by the Constitution of Iraq, is largely stable and peaceful.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(10) The Iraqi Parliament approved a federalism law on October 11th, 2006, which establishes procedures for the creation of new federal regions and will go into effect 18 months after approval.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(11) Iraqis recognize Baghdad as the capital of Iraq, and the Constitution of Iraq stipulates that Baghdad may not merge with any federal region.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(12) Despite their differences, Iraq's sectarian and ethnic groups support the unity and territorial integrity of Iraq.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(13) Iraqi Prime Minister Nouri al-Maliki stated on November 27, 2006, ``[t]he crisis is political, and the ones who can stop the cycle of aggravation and bloodletting of innocents are the politicians''.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(b) Sense of Congress.--It is the sense of Congress that--&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) the United States should actively support a political settlement in Iraq based on the final provisions of the Constitution of Iraq that create a federal system of government and allow for the creation of federal regions, consistent with the wishes of the Iraqi people and their elected leaders;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2) the active support referred to in paragraph (1) should include--&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(A) calling on the international community, including countries with troops in Iraq, the permanent 5 members of the United Nations Security Council, members of the Gulf Cooperation Council, and Iraq's neighbors--&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(i) to support an Iraqi political settlement based on federalism;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(ii) to acknowledge the sovereignty and territorial integrity of Iraq; and&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(iii) to fulfill commitments for the urgent delivery of significant assistance and debt relief to Iraq, especially those made by the member states of the Gulf Cooperation Council;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(B) further calling on Iraq's neighbors to pledge not to intervene in or destabilize Iraq and to agree to related verification mechanisms; and&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(C) convening a conference for Iraqis to reach an agreement on a comprehensive political settlement based on the federalism law approved by the Iraqi Parliament on October 11, 2006;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(3) the United States should urge the Government of Iraq to quickly agree upon and implement a law providing for the equitable distribution of oil revenues, which is a critical component of a comprehensive political settlement based upon federalism;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(4) the steps described in paragraphs (1), (2), and (3) could lead to an Iraq that is stable, not a haven for terrorists, and not a threat to its neighbors; and&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(5) nothing in this Act should be construed in any way to infringe on the sovereign rights of the nation of Iraq.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Afin d'être complet, voici l'article publié par les mêmes Joseph Biden et Leslie Gelb dans &lt;a href="http://www.nytimes.com/2006/05/01/opinion/01biden.html"&gt;le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New York Times&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; le 1er mai 2006; le texte est intéressant car nettement plus explicite que l'amendement final du Sénat.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Unity Through Autonomy in Iraq&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A decade ago, Bosnia was torn apart by ethnic cleansing and facing its demise as a single country. After much hesitation, the United States stepped in decisively with the Dayton Accords,which kept the country whole by, paradoxically, dividing it into ethnic federations, even allowing Muslims, Croats and Serbs to retain separate armies. With the help of American and other forces, Bosnians have lived a decade in relative peace and are now slowly strengthening their common central government, including disbanding those separate armies last year.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Now the Bush administration, despite its profound strategic misjudgments in Iraq, has a similar opportunity. To seize it, however, America must get beyond the present false choice between "staying the course" and "bringing the troops home now" and choose a third way that would wind down our military presence responsibly while preventing chaos and preserving our key security goals.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;The idea, as in Bosnia, is to maintain a united Iraq by decentralizing it, giving each ethno-religious group — Kurd, Sunni Arab and Shiite Arab — room to run its own affairs, while leaving the central government in charge of common interests. We could drive this in place with irresistible sweeteners for the Sunnis to join in, a plan designed by the military for withdrawing and redeploying American forces, and a regional nonaggression pact.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;It is increasingly clear that President Bush does not have a strategy for victory in Iraq. Rather, he hopes to prevent defeat and pass the problem along to his successor. Meanwhile, the frustration of Americans is mounting so fast that Congress might end up mandating a rapid pullout, even at the risk of precipitating chaos and a civil war that becomes a regional war.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;As long as American troops are in Iraq in significant numbers, the insurgents can't win and we can't lose. But intercommunal violence has surpassed the insurgency as the main security threat. Militias rule swathes of Iraq and death squads kill dozens daily. Sectarian cleansing has recently forced tens of thousands from their homes. On top of this, President Bush did not request additional reconstruction assistance and is slashing funds for groups promoting democracy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Iraq's new government of national unity will not stop the deterioration. Iraqis have had three such governments in the last three years, each with Sunnis in key posts, without noticeable effect. The alternative path out of this terrible trap has five elements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;The first is to establish three largely autonomous regions with a viable central government in Baghdad. The Kurdish, Sunni and Shiite regions would each be responsible for their own domestic laws, administration and internal security. The central government would control border defense, foreign affairs and oil revenues. Baghdad would become a federal zone, while densely populated areas of mixed populations would receive both multisectarian and international police protection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Decentralization is hardly as radical as it may seem: the Iraqi Constitution, in fact, already provides for a federal structure and a procedure for provinces to combine into regional governments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Besides, things are already heading toward partition: increasingly, each community supports federalism, if only as a last resort. The Sunnis, who until recently believed they would retake power in Iraq, are beginning to recognize that they won't and don't want to live in a Shiite-controlled, highly centralized state with laws enforced by sectarian militias. The Shiites know they can dominate the government, but they can't defeat a Sunni insurrection. The Kurds will not give up their 15-year-old autonomy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Some will say moving toward strong regionalism would ignite sectarian cleansing. But that's exactly what is going on already, in ever-bigger waves. Others will argue that it would lead to partition. But a breakup is already under way. As it was in Bosnia, a strong federal system is a viable means to prevent both perils in Iraq.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;The second element would be to entice the Sunnis into joining the federal system with an offer they couldn't refuse. To begin with, running their own region should be far preferable to the alternatives: being dominated by Kurds and Shiites in a central government or being the main victims of a civil war. But they also have to be given money to make their oil-poor region viable. The Constitution must be amended to guarantee Sunni areas 20 percent (approximately their proportion of the population) of all revenues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;The third component would be to ensure the protection of the rights of women and ethno-religious minorities by increasing American aid to Iraq but tying it to respect for those rights. Such protections will be difficult, especially in the Shiite-controlled south, but Washington has to be clear that widespread violations will stop the cash flow.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fourth, the president must direct the military to design a plan for withdrawing and redeploying our troops from Iraq by 2008 (while providing for a small but effective residual force to combat terrorists and keep the neighbors honest). We must avoid a precipitous withdrawal that would lead to a national meltdown , but we also can't have a substantial long-term American military presence. That would do terrible damage to our armed forces, break American and Iraqi public support for the mission and leave Iraqis without any incentive to shape up.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fifth, under an international or United Nations umbrella, we should convene a regional conference to pledge respect for Iraq's borders and its federal system. For all that Iraq's neighbors might gain by picking at its pieces, each faces the greater danger of a regional war. A "contact group" of major powers would be set up to lean on neighbors to comply with the deal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mr. Bush has spent three years in a futile effort to establish a strong central government in Baghdad, leaving us without a real political settlement, with a deteriorating security situation — and with nothing but the most difficult policy choices. The five-point alternative plan offers a plausible path to that core political settlement among Iraqis, along with the economic, military and diplomatic levers to make the political solution work. It is also a plausible way for Democrats and Republicans alike to protect our basic security interests and honor our country's sacrifices.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joseph R. Biden Jr., Democrat of Delaware, is the ranking member of the Senate Foreign Relations Committee. Leslie H. Gelb is the president emeritus of the Council on Foreign Relations.&lt;/blockquote&gt;Quelques commentaires en vrac:&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;L'amendement voté par le Sénat est un pur chef-d'œuvre de novlangue et d'hypocrisie. D'abord parce que, pour justifier le «fédéralisme», il prétend s'appuyer sur la constitution irakienne. Constitution adoptée le 15 octobre 2005, dans un pays sous occupation étrangère, rédigée par un gouvernement imposé par l'occupant américain et déjà largement commentée à l'époque (notamment au Moyen-Orient) comme ouvrant la porte au dépeçage de l'Irak. Lire par exemple &lt;a href="http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=62"&gt;le billet de Stéphanie Lafond&lt;/a&gt; pour l'Université de Sherbrooke. Par ailleurs, le dernier alinéa souligne que l'amendement ne doit pas interférer avec la souveraienté irakienne!&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Imaginons que, mercredi dernier, le Sénat américain ait voté un amendement exprimant son «sentiment» en faveur du découpage de la France en plusieurs provinces fédérales ou, rions un peu, de la partition d'Israël en deux états sur des bases ethnoreligieuses. La logique qui prévaut aujourd'hui ferait que rigoureusement aucun média ne jugerait intéressant de reproduire cette information.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;L'opposition entre démocrates et républicains est une nouvelle fois factice: les Irakiens auraient désormais à espérer entre une politique républicaine (toujours plus de guerre mais, officiellement, pas de partition) et une politique démocrate (moins de guerre mais la partition ethnoreligieuse, c'est-à-dire toujours plus d'épuration ethnique).&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki se dit opposé à ce projet «catastrophique». Oui, mais aux dernières nouvelles, malgré ses airs de marionnette, «nous» n'aimons pas tellement Maliki: fin novembre 2006, &lt;span style="text-decoration: underline;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=6556440"&gt;la «fuite» d'une note signée Stephen Hadley&lt;/a&gt; nous informe du mécontentement américain envers le Premier ministre.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;À l'inverse, comme le fait remarquer le blog &lt;a href="http://arablinks.blogspot.com/2007/09/hashemi-biden-national-pact.html"&gt;Missing Links&lt;/a&gt;, le vice-président Tarik al-Hashemi, lui, lance le jour même de l'Amendement Biden son «&lt;a href="http://www.aswataliraq.info/look/article.tpl?IdLanguage=17&amp;amp;IdPublication=4&amp;amp;NrArticle=56218&amp;amp;NrIssue=1&amp;amp;NrSection=1&amp;amp;ALStart=40"&gt;Pacte national irakien&lt;/a&gt;» qui soutient le principe d'un Irak fédéral; ce serait le premier personnage politique sunnite d'importance à soutenir le principe du fédéralisme. C'est aussi le personnage politique reçu en grande pompe par George Bush &lt;a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/12/12/AR2006121200774.html"&gt;le 12 décembre 2006&lt;/a&gt;, au moment où une «fuite» témoignait de la disgrâce de Nouri al-Makiki. (Note: les mêmes qui ne reproduisent pas en anglais le texte de ce Pacte national, qui ne reproduisent pas le vote du Sénat américain dans les médias européens, nous informent cependant des &lt;a href="http://uk.reuters.com/article/middleeastCrisis/idUKL2780416020070927"&gt;progrès&lt;/a&gt; du Pacte national irakien et de son promoteur, Tarik al-Hashemi.)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rv4P30a5VVI/AAAAAAAAAEg/DkUoUxZUWbw/s1600-h/bush_hashemi_500.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rv4P30a5VVI/AAAAAAAAAEg/DkUoUxZUWbw/s320/bush_hashemi_500.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5115543678378136914" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Puisque nos médias ne nous ont jamais rappelé l'histoire et n'ont jamais réellement évoqué les multiples analyses qui circulent au Moyen-Orient (sauf pour dénoncer la passion des arabes pour les théories du complot), le lecteur européen ne peut évidemment pas s'imaginer que le vote du Sénat s'inscrit dans une logique particulièrement troublante.&lt;/li&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Pour &lt;a href="http://urshalim.blogspot.com/2007/09/us-senate-votes-to-divide-iraq.html"&gt;UrShalim&lt;/a&gt;, c'est tout simplement le redite de Sykes/Picot:&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rv4S0Ea5VWI/AAAAAAAAAEo/WD5K2Xm62rw/s1600-h/Sykes-Picot-1916.JPG.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rv4S0Ea5VWI/AAAAAAAAAEo/WD5K2Xm62rw/s320/Sykes-Picot-1916.JPG.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5115546912488510818" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Relire un de mes premiers textes, sur ce mythe de l'&lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2006/07/lethno-politique-au-moyen-orient.html"&gt;ethno-politique au Moyen-Orient&lt;/a&gt;, parce que les analyses qui présentent cette région fondatrice de la civilisation humaine comme la proie permanente d'affrontements ethnoreligieux millénaires est une fadaise pénible et dangereuse.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Dans un autre texte, «&lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2006/07/coup-dtat-au-liban.html"&gt;Coup d'État au Liban&lt;/a&gt;», je rappelais divers textes sur l'ambition d'une certaine puissance régionale alliée des États-Unis, de longue date, de provoquer la partition des différents pays de la région. J'y évoquais déjà (juillet 2006) les velléités de dépecer l'Irak.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Dans cette optique, l'un des buts fondamentaux de l'invasion de l'Irak répondrait à un projet sioniste et néoconservateur de destruction de tous les voisins d'Israël en entités ethnoreligieuses (j'insiste: lisez «&lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2006/07/coup-dtat-au-liban.html"&gt;Coup d'État au Liban&lt;/a&gt;», j'y fournissais de nombreuses sources et citations sur ce sujet). Cette théorie est certainement l'un des principaux axes d'analyse par mes amis arabes; il n'est pas une rencontre durant laquelle je ne l'entends pas.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Le lecteur occidental n'a certainement jamais entendu parler des différentes analyses arabes (notamment de la part d'irakiens) qui voient dans l'invasion de l'Iraq la réalisation d'un projet sioniste et/ou néoconservateur. Ce genre de considérations relevant à coup sûr de la théorie du complot (il n'est pas nécessaire d'être capable de placer Bagdad sur une mappemonde pour savoir que les analyses arabes relèvent toujours de la théorie du complot, n'est-ce pas), il n'est donc pas nécessaire d'en informer les lecteurs. De la même façon, les analyses (arabes également) qui décrivent le déferlement de miliciens, de barbouzes et de mercenaires sur l'Irak comme le meilleur moyen de provoquer la violence sectaire et donc la partition à terme du pays (j'ai rapidement évoqué cette «rumeur» omniprésente dans &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2007/06/cachez-ce-rfugi-que-je-ne-saurais-voir.html"&gt;un article sur les réfugiés irakiens&lt;/a&gt;) ne peut relever que de la théorie du complot; quand les &lt;a href="http://www.thenation.com/doc/20071008/scahill0921"&gt;révélations sur Blackwater&lt;/a&gt; (si vous comprenez l'anglais, regardez ce court film de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Nation&lt;/span&gt;) affluent, baissons la tête et, surtout, ne faisons jamais le lien avec cette horrible théorie arabe.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Aujourd'hui, le Sénat américain vote, officiellement, en faveur du dépeçage de l'Irak. Silence radio, baissons la tête, et n'évoquons surtout pas ces affreuses rumeurs que répandent tous ces arabes paranoïaques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;UrShalim explique:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Vous pouvez continuer à la qualifier de théorie du complot, mais à partir de maintenant je vais l'appeler planification stratégique.&lt;/blockquote&gt;Le lecteur occidental, qu'on a sagement éloigné de telles préoccupations, risque malheureusement de passer à côté de l'un des moteurs fondamentaux des mouvements politiques actuels au Moyen-Orient. On peut adhérer ou non à l'opinion qu'exprime ici UrShalim, mais on doit bien être conscient de l'importance qu'elle représente, au cœur des politiques régionales et dans les discussions de chaque individu; car, si l'on va au fond du fond des idées politiques qui s'affrontent, en ce moment, ce sur quoi on arrive finalement, c'est ce qu'UrShalim résume ainsi:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Si les États-Unis parviennent à découper l'Irak, alors la Syrie, le Liban et d'autres seront les prochains. Ça n'est qu'une question d'années.&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-70675469867506140?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/70675469867506140/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=70675469867506140' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/70675469867506140'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/70675469867506140'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2007/09/la-partition-quelle-partition.html' title='La partition ? Quelle partition ?'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rv4P30a5VVI/AAAAAAAAAEg/DkUoUxZUWbw/s72-c/bush_hashemi_500.gif' height='72' width='72'/><thr:total>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-8168242603540297581</id><published>2007-08-10T11:08:00.000+02:00</published><updated>2007-10-18T09:38:33.288+02:00</updated><title type='text'>Robert Fisk saute sur Bikfaya</title><content type='html'>Le 6 août, Robert Fisk livre l’&lt;a href="http://news.independent.co.uk/fisk/article2838636.ece"&gt;une de ses chroniques libanaises les plus honteuses&lt;/a&gt;. Si, depuis la mort de Rafic Hariri, on a l’habitude qu’il reproduise, comme des paroles d’Évangile, les élucubrations de Walid Joumblat et professe son admiration pour la famille Hariri [1], il a écrit au sujet de l’élection du Metn son analyse la plus parfaitement phalangiste. «Orienté» est en effet insuffisant pour décrire un tel article; l’analyse, les préoccupations et les rappels historiques sont ici uniquement ceux des militants phalangistes. La compromission d’un tel éditorial est d’autant plus remarquable que Robert Fisk est, notoirement, très éloigné de la pensée phalangiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Les élections démocratiques, nouvelle arme contre les chrétiens?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La phrase d’introduction fixe les strictes limites de l’analyse: «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;When, oh when, will the Lebanese Christians stop destroying each other?&lt;/span&gt;» («Quand, mais quand, les Chrétiens du Liban cesseront-ils de se détruire mutuellement?»).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’abord, on pourra s’étonner qu’un observateur occidental qualifie une élection démocratique au Liban de «destruction» entre chrétiens. Quand les Européens et les Américains votent, personne n’y voit une autodestruction de l’«Occident chrétien»… Dans le Metn, c’est en revanche un des thèmes de campagne d’Amine Gemayel: lui opposer démocratiquement un candidat reviendrait à accentuer les divisions entre chrétiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette logique de prétendre élire Gemayel pour éviter la «division» dans le Metn est pourtant immédiatement retournable: actuellement, tous les députés du Metn sont aounistes, seul Pierre Gemayel s’était vu laisser une place lors des élections de 2005. S’il faut éviter la division, ne serait-il pas plus logique de compléter le cheptel de députés aounistes pour que le Metn «parle d’une seule voix». L’argument est évidemment absurde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surtout, quiconque a des amis dans le Metn, disons pro-phalange, pro-PSNS ou pro-Aoun, sait qu’une telle considération (la «destruction» inter-chrétienne) relève d’une réduction de l’analyse politique à une simple préoccupation confessionnelle et, dans le Metn, cette réduction est typiquement phalangiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prenons un aoumié du PSNS. Sa culture politique est fondamentalement laïque reposant sur un corpus théorique riche. Les choix politiques, les alliances, que ce soit avant la guerre milicienne, pendant la guerre et depuis la fin de la guerre, y compris les coups d’État et le recours à la violence armée, sont objectivés par des principes politiques qui excluent systématiquement la logique confessionnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un militant communiste libanais adopte une logique aconfessionnelle similaire, même si l’idéologie politique, elle aussi fondée sur un corpus théorique riche, est différente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un aouniste adopte lui aussi une logique politique aconfessionnelle. La laïcité est certainement moins fondamentale dans ce cas (ne serait-ce que parce que, dans les faits, la base électorale du Tayyar est moins diversifiée que les deux précédents partis), mais la logique reste celle d’une analyse politique, nationaliste, qui dépasse le confessionnalisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, la logique phalangiste est nettement confessionnelle chrétienne.  (Il y a aussi une large part de nationalisme dans le discours phalangiste, on ne peut évidemment pas totalement réduire l’idéologie du parti, ni les préoccupations de ses électeurs, à un simple confessionnalisme obtus.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant la guerre milicienne, le Metn, région à très large majorité chrétienne, a subi des combats terribles. Sur toute la durée de la guerre, les phalanges (et leur milice des Forces libanaises) et le PSNS se sont affrontés. Le fief historique des Phalanges, Bikfaya, et un village historique du PSNS, Dhour-Choueir, ne sont séparés que d’une poignée de kilomètres. Pour un militant du PSNS, ces combats relèvent d’une logique politique d’où la logique confessionnelle est absente (il ne se bat pas «en tant que chrétien»). Pour un militant phalangiste, c’est proprement incompréhensible: il peut difficilement comprendre comment des chrétiens ont pu combattre d’autres chrétiens. Sauf erreur, les principaux combats opposant le PSNS et les Forces libanaises se sont essentiellement déroulés dans le nord du pays (près de Bcharré, fief de Samir Geagea), plus que dans le Metn. À la fin de la guerre, la suicidaire guerre de reconquête lancée par Aoun oppose à nouveau des chrétiens à d’autres chrétiens. Les bombardements sont terribles, il s’agit d’une des périodes les plus sanglantes de la guerre. Encore une fois, pour un phalangiste, un tel affrontement inter-chrétien, alors que la logique du parti est très largement la défense confessionnelle, est quasiment incompréhensible. Dit autrement: les Phalanges ont affronté à peu près tout le monde au Liban, cependant les combats inter-chrétiens restent le souvenir le plus «pénible» qui est régulièrement rappelé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela dit, il ne faut évidemment pas minorer la spécificité des affrontements inter-chrétiens. La réalité fut affreuse: quand vos proches sont tués par des gens de votre village, que vous connaissez depuis l’enfance, évidemment les conséquences sont particulièrement douloureuses et dévastratrices. Mais les luttes intra-confessionnelles n'ont pas touché que les chrétiens, les violences «entre» confessions différentes ont parfois eu aussi pour caractéristique que les gens ont été tués par des gens qu'ils fréquentaient depuis longtemps, et enfin la violence milicienne s'est très souvent retournée contre les membres de la communauté que la milice prétendait «défendre».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, la multitude de commentaires dans la presse occidentale qui se préoccupent des «divisions» de la «communauté chrétienne» au Liban adoptent, assez curieusement, le point de vue le plus confessionnel, c’est-à-dire, ici, phalangiste. Pour, au minimum, la moitié des acteurs politiques et la très vaste majorité des électeurs, la préoccupation confessionnelle n’a pourtant qu’un intérêt marginal, et ce sont les questions politiques, voire géopolitiques, qui sont les principaux enjeux. Encore une fois, les aoumiés du PSNS, les militants communistes, etc., et les militants aounistes qui ont soutenu le candidat de l’opposition le font autour d’un discours  nettement laïc, et ont des motivations politiques qui dépassent le Metn et cette histoire de «divisions entre les chrétiens». Et je doute même que l’ensemble de ceux qui ont voté pour Gemayel, représentant du 14 Mars, aient effectué uniquement ou principalement un calcul confessionnel chrétien au moment de voter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand un Libanais, aujourd’hui, vous explique sa préoccupation des «divisions entre les chrétiens», vous avez déjà un petite idée de ces options politiques. Mais Robert Fisk en fait une généralité des metniotes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Nous ou les assassins de Pierre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la fin du premier paragraphe, Fisk se livre à l’une de ses tournures préférées: l’allusion vaguement diffamatoire que les Occidentaux vont comprendre d’une certaine façon, et que les Libanais vont prendre d’une autre, et tout le monde va finalement penser que «Fisk l’a dit»: «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;…Pierre, murdered - by Syrians? By rival Christians? You name it - last year.&lt;/span&gt;» («…Pierre [Gemayel], assassiné – par des Syriens? Par des rivaux chrétiens? Faites votre choix – l’année dernière.»).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour certains Libanais, le terme «des rivaux chrétiens» renvoie à une des théories qui circulent autour de la mort de Pierre Gemayel, et la cible de cette rumeur est Samir Geagea. Une autre rumeur, pour les lecteurs de L'Orient-Le Jour, vise les aoumiés du PSNS (découverte d'une cache d'armes). Pour un Occidental qui n’a jamais entendu parler de ces rumeurs, évidemment, «des rivaux chrétiens» est bien énigmatique, et très certainement, il imaginera plutôt que Fisk évoque ici les rivaux politiques «officiels» des Gemayel, au risque de comprendre que «certains pensent» au Liban que le député phalangiste a été assassiné par les aounistes. De manière subtile, «il l’a dit» pour les Libanais, et les Occidentaux auront compris exactement le contraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ne nommer que les «usual suspects» syriens et de bien mystérieux «rivaux chrétiens»? Si l’on veut faire mine de relayer les différentes théories libanaises, il faudrait au minimum écrire: «Pierre, assassiné – par des Syriens? par Samir Geaga? par des jihadistes sunnites proches des saoudiens? par le PSNS? par les services israéliens? par des mercenaires américains? par absolument n’importe qui manipulé par absolument n’importe quel service secret? – faites votre choix…»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Nous ou les assassins de Bachir&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus loin, Fisk rappelle que le candidat aouniste à l’élection du Metn est soutenu par Ali Qanso du PSNS. En ne rappelant que cette alliance, il reprend le cri d’horreur phalangiste des dernières élections: «les Aounistes sont alliés aux assassins de Bachir!» (cette histoire d’«assassins de Bachir», c’est une &lt;a href="http://reveilducedre.blogspot.com/2005/09/egaux-devant-la-loi.html"&gt;invocation fréquente&lt;/a&gt; sur l'internet proche des Forces libanaises). Mais si l’on va par là, pour prétendre expliquer les motivations des électeurs du Metn, il faudrait aussi rappeler les alliances passées et actuelles des Phalanges (dont la plus notoire fut, tout de même, la nomination des frères Gemayel à la Présidence du Liban à l’ombre des baïonnettes israéliennes et la collaboration des Forces libanaises avec l’occupant israélien ou, aujourd'hui l'alliance avec le «tueur de chrétiens» Walid Joumblat ou avec un gouvernement mou du genou dans sa «résistance» à Israël et sa politique de dédommagement des différents déplacés).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Martyrs à sens unique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La même logique s’applique au rappel des «martyrs». Chaque groupe militant au Liban a, c’est légitime, ses propres martyrs. Les martyrs des adversaires sont plus ou moins occultés. Ce constat n’est pas un jugement de valeur de ma part; je ne vois là rien de choquant à la sortie d'une guerre aussi sanglante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, pour un commentateur extérieur, il me semble difficilement justifiable d’évoquer les martyrs des uns sans évoquer les martyrs des autres. Fisk rappelle la mort du fils du candidat Amine Gemayel, Pierre. Dans l’article suivant, il rappelle que son frère Bachir a été assassiné pendant la guerre. (Et encore Fisk est-il très incomplet dans son rappel, puisque «&lt;a href="http://www.medea.be/index.html?page=2&amp;amp;lang=fr&amp;amp;doc=1761"&gt;Cheikh Amine&lt;/a&gt; a rappelé comment ses neveux Amine Assouad et Manuel Gemayel, ainsi que sa nièce Maya, son frère Béchir et aujourd’hui son fils Pierre sont morts pour une cause, l’indépendance du Liban.») Amine Gemayel est donc un homme courageux dont la famille a été massacrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’accord. Mais alors, si la martyrologie était la motivation politique dans les élections de ce week-end dans le Metn, pourquoi occulter celle des autres militants? L’opposition a elle aussi son lot de martyrs, y compris dans les familles des leaders politiques. Certaines familles politiques chrétiennes influentes ont notoirement été massacrées par les Forces libanaises lors de l’«unification du fusil chrétien». Pourquoi diable les médias occidentaux rappellent-ils systématiquement, lorsqu’ils évoquent Amine Gemayel ou Saad Hariri, les «martyrs» de leur famille, alors que, pour eux, Sleimane Frangié et Omar Karamé ne sont jamais présentés que comme «pro-syriens»?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même en s’alignant sur une stricte martyrologie «phalangiste», on peut se souvenir qu’il y a au Metn beaucoup de chrétiens qui ont dû fuir les massacres perpétrés contre les chrétiens du Chouf (par un Walid Joumblatt qui est désormais l’allié fort médiatisé de Gemayel et du gouvernement). Bref, ne rappeler dans le Metn que la mort des membres de la famille Gemayel n’a aucune pertinence: pour un observateur étranger elle est scandaleuse; pour un habitant du Metn, elle n’a pas grand intérêt, puisque chacun a sa galerie personnelle d’êtres chers disparus, bombardés, massacrés et qu’au final tous ces martyrs pris dans leur ensemble peuvent justifier absolument n’importe quel choix politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Nous ou les assassins des Arméniens&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fisk a aussi un message pour les électeurs d’origine arménienne: «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;What, on earth, has Aoun ever done to acknowledge the 1915 genocide of one and a half million Armenians by the Ottoman Turks?&lt;/span&gt;» («Mais qu’a donc fait Aoun pour reconnaître le génocide de 1915 d’un million et demi d’Arméniens par les Turques ottomans?») Une telle question, de la part d’un journaliste occidental qui prétend témoigner d’élections dans le Metn libanais, ne vous sidère pas? Je n’avais pas compris que la reconnaissance du génocide des Arméniens en 1915 était le grand sujet qui divisait les Libanais en ce moment, et que l’alliance de toute l’opposition autour du Hezbollah s’était cristallisée autour de cette question. Je ne sais pas trop ce qu’a dit Aoun sur le Darfour, mais à mon avis, si j’étais un électeur du Metn, je creuserais le sujet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fisk sait parfaitement qu’il se moque du monde, avec une référence qui parlera très différemment aux Occidentaux et aux Libanais. Les Occidentaux ne pourront qu’y lire une vague imputation de négationnisme à l’encontre d’Aoun. Les Libanais, eux, savent qu’en 1916 leur pays a été ravagé par une terrible famine et qu’évoquer le massacre des uns sans parler de la famine des autres est, au Liban, relativement scandaleuse puisque les deux processus y sont liés. Le Turc Enver Pacha expliquait en 1916, alors qu’il était à Aley: «Le gouvernement ne pourra regagner sa liberté et son honneur que lorsque l’Empire turc aura été nettoyé des Arméniens et des Libanais. Nous avons détruit les premiers par le glaive, nous détruirons les seconds par la faim.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Note: Gibran a écrit &lt;a href="http://tokborni.blogspot.com/2006/07/la-sagesse-de-gibran.html"&gt;un texte sublime sur cette famine&lt;/a&gt;, que j’avais reproduit ici pendant la guerre.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes ces élucubrations partisanes sont ainsi dénoncées dans &lt;a href="http://www.tayyar.org/tayyar/wap.php?article_id=31239&amp;amp;type=opinions"&gt;un texte aouniste&lt;/a&gt; publié le 24 juillet dernier:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Les ténors de la coalition au pouvoir ont recommencé à répéter bêtement les mêmes refrains des élections de 2005, mettant les électeurs devant un fait accompli avec des slogans hallucinants comme « Zay ma hyyé » ou « Nous ou les assassins ». Dans cette logique, le vote pour le candidat du pouvoir serait un acte vers la souveraineté, la liberté et l’indépendance du Liban. Le vote pour le candidat de l’opposition serait par contre un vote pour le terrorisme, pour le crime, pour l’axe syro iranien et pour les assassins des martyrs de la révolution des cèdres. Très belle logique et passionnante comparaison !&lt;/blockquote&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;«Les habitants de ces montagnes»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réduction stéréotypée du Metn se retrouve encore dans la phrase suivante: «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;The people of these hills - where his son is in the family crypt in Bikfaya - knew the ex-general was "dragging them to a battle they did not want'' and the electoral battle was "dancing over the blood of martyrs''.&lt;/span&gt;» («Les gens de ces montagnes – où son fils est enterré dans la crypte de la famille à Bikfaya – savaient que l’ex-général «les entraînait dans une bataille qu’ils ne pouvaient pas gagner» et que la bataille électorale «dansait sur le sang des martyrs.»)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, même à Bikfaya, le fief historique des Phalanges, tout le monde n’est pas Kataëb (phalangiste), et «les gens de ces montagnes» le sont encore moins. Aux précédentes élections, les Kataëb avaient été purement et simplement balayées par l’alliance Murr-Aoun, et Pierre Gemayel n’avait pu être élu que parce qu’Aoun et Murr n’avaient pas présenté de candidat face à lui. Le village qui surplombe Bikfaya, Dhour (c’est-à-dire également des «gens de ces montages») est le fief historique du PSNS. Et, surtout, dans tous les villages du Metn, on trouvera des gens aux convictions politiques de tous bords. Le fait que 95% des habitants du Metn soient chrétiens n'autorise pas à en conclure qu'ils ont tous les mêmes opinions politiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Écrire une phrase telle que «les gens de ces montagnes savaient que…» ne correspond donc à aucune réalité, mais simplement à une invocation partisane. L’utilisation du verbe «savaient», qui renvoie à une réalité avérée, relève de la même logique. On ne «sait» pas une opinion politique. Comme partout dans le monde, dans le Metn, certains «pensent» ou «croient» que… et tous les autres pensent ou croient autre chose. Et chacun est capable de justifier et d'objectiver ses orientations politiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’ailleurs, en utilisant le terme «savaient», Fisk oublie une spécificité libanaise: il n’y a pas de réalité avérée. En Occident et dans les médias occidentaux, il y a, au minimum, un large consensus social sur la réalité des faits: les analyses et les commentaires peuvent diverger, mais le socle factuel dont débattent ces analyses est, peu ou prou, le même pour tous. Les faits historiques et l’actualité, au Liban, font l’objet eux-mêmes de débats; non seulement les analyses et les commentaires peuvent être radicalement opposés, mais l’exposé des faits eux-mêmes ne fait généralement l’objet d’aucun consensus social (pour exemple: prenez un attentat politique relativement ancien, et cherchez sur l’internet à savoir «qui a tué Untel»; vous trouverez des dizaines d’explications totalement contradictoires qui, toutes, adoptent la tournure: «tout le monde sait que ce sont les XXX qui l’ont tué», les «XXX» n’étant jamais le même groupe selon la personne qui expose cette «réalité»; si par ailleurs vous cherchez à savoir «pourquoi il a été tué», vous serez confronté à une réalité de plus en plus mouvante).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, si les guerres lancées par Aoun furent suicidaires, pourquoi ne pas rappeler que celles lancées par les Phalanges furent non moins suicidaires?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La preuve que la plupart des gens «pensent» ou «croient» autre chose que ce qu’a écrit Robert Fisk, c’est bien qu’Amine Gemayel a perdu l’élection. Ce qui nous vaut un second article de Robert Fisk, au lendemain des élections, où il exprime son incompréhension totale du résultat: «&lt;span style="font-style: italic;"&gt;One begins to wonder, in Lebanon, whether the election results are more surprising than the means by which MPs are liquidated.&lt;/span&gt;» («On commence à se demander si, au Liban, les résultats des élections ne sont pas plus surprenants que les moyens avec lesquels un député est assassiné.»). Ne pas voter pour Amine Gemayel, voter pour l’opposition, serait donc pour Robert Fisk un acte irrationnel proprement incompréhensible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Rappelons enfin quelques éléments&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Amine «Brushing» Gemayel n’a tout de même jamais pu se prévaloir ni d’une grande légitimité, ni d’une grande popularité, ni d’une reconnaissance politique forte: ses rapports avec le parti Kataëb furent souvent houleux (même s’il en est aujourd’hui le chef à vie), et ses rapports avec l’allié chrétien du gouvernement Samir Geagea sont loin d’être cordiaux. La période où il fut Président de la République fut l'une des plus violentes de la guerre; on trouvera difficilement un Président plus contesté du temps de son règne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Au rayon «division des chrétiens», les aounistes ont eu beau jeu de rappeler que, à la mort de Pierre, Amine Gemayel avait spectaculairement refusé de recevoir Michel Aoun, geste très fort dans un pays où la tradition des condoléances est toujours forte (la famille du défunt reçoit pendant plus jours les visiteurs venus présenter leurs condoléances).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Le discours laïcisant d'Aoun atteint souvent ses limites. Par exemple,  le rôle politique du patriache maronite est encore largement accepté par le Tayyar (les maronites dépendant de Rome, le patriache est donc une sorte de sous-pape). Le Tayyar aurait tendance à refuser le rôle politique du patriache lorsque celui fait une déclaration qui lui est hostile, et à mettre en avant toute déclaration qui lui serait favorable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, il me semble qu'il y a, chez les militants aounistes, une perception très paradoxale de la laïcité comme ressortant essentiellement d'une volonté des chrétiens: la laïcité perçue comme défendue principalement par les chrétiens au Liban. Ce qui introduit une contradiction assez difficile à gérer à long terme. Les militants communistes et PSNS n'ont pas, au contraire, ce genre de considérations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Je l’ai écrit ci-dessus: aux précédentes élections, les phalanges avaient été balayées par l’alliance autour du Tayyar d’Aoun. Aoun n’était pas, alors, allié du Hezbollah, beaucoup ont donc prétendu que l’alliance avec le Hezbollah qui avait suivi avait totalement détruit la popularité du «gé-né-ral» parmi les chrétiens [2]. Cette prophétie faisait l’impasse sur le fait que, déjà, dans une logique phalangiste, ses alliances pour l’élection suffisaient pourtant à le qualifier de «traître», sans attendre son alliance avec le Hezbollah (alliance avec un Murr «pro-syrien» et avec le PSNS «pro-syrien» et, surtout, «assassin de Bachir»), ce qui ne l’avait pas empêché de remporter tous les sièges à l’exception de celui où il n’avait pas présenté de candidat. Certes, Aoun recule dans le Metn (il remporte l’élection de 400 voix), mais son discours laïcisant et ses nouvelles alliances lui apportent une légitimité qui dépasse le Metn, où il a tout de même remporté l’élection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son article, Fisk regrette que cette élection permette de rendre «à nouveau» légitime le terme «pro-Syrien». Or, lors de l’élection précédente, ses alliances avec des «pro-Syriens» soit-disant délégitimés  ne l’avaient pas empêcher de remporter tous les sièges et de totalement balayer les Phalanges qui, selon Fisk, représentent «les gens de ces montagnes». Et plus généralement, la diabolisation des «pro-Syriens» par Fisk n’a tout de même qu’un intérêt limité au Liban, où c’est avec un certain cynisme que l’on se souvient de qui a toujours été super-pro-syrien avant de devenir, récemment, super-anti-syrien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Dispose-t-on de sondages analysant la répartition sociologique du vote? Par exemple par tranche d'âge, revenus, niveau d'étude? Les militants des différents partis évoquent souvent ce genre de considérations, mais j'ignore jusqu'à quel point elles ont été vérifiées autrement que par les stéréotypes que chacun attribue aux partis adverses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Au rayon des mystères de l’Orient compliqué… pourquoi Amine Gemayel avait-il quitté le Liban? Et était-il parti, comme je l’ai entendu, avec ce qu'il restait des caisses de l’État? Ce genre de considération est-il plus, ou moins, important pour les électeurs libanais que le supposé silence de Michel Aoun sur les massacres des Arméniens en 1915?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;– Un épisode qui n’a pas intéressé la presse occidentale: en juin de cette année (c’est-à-dire quelques semaines avant l’élection du Metn), le gouvernement Saniora a tenté d’imposer que le Vendredi Saint ne soit plus un jour férié. Le scandale a été énorme, évidemment, dans la communauté chrétienne. Les chrétiens religieux ont été choqués. Et même les chrétiens de l’opposition ont dénoncé la manœuvre, y voyant une tentative de provoquer un petit «choc des religions» à l’intérieur du Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Phalanges et les Forces libanaises, les partis qui incarnent les intérêts confessionnalistes des chrétiens, sont dans le gouvernement Saniora. Et, de fait, c’est le mouvement aouniste, au discours officiel nettement laïc, qui monte au créneau, et &lt;a href="http://www.rplfrance.org/index.php?content=tribune/070623tghosn.php"&gt;dénonce la décision du Premier ministre&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une élection qui s’est joué à 400 voix, je me demande ce qu’a pu peser cet épisode. Surtout si, comme Robert Fisk, on met des considérations confessionnelles au cœur du scrutin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;[1] Exemple parmi tant d'autres. Dans &lt;a href="http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&amp;amp;id_article=71087"&gt;un entretien à El Watan du 24 juin&lt;/a&gt;, il explique: «C’était [Rafic Hariri] un grand homme pour le Liban. Peut-être trop pour un si petit pays. Avec son argent, il l’a reconstruit. Certes, il avait aussi des défauts, mais Hariri a su fédérer toutes les communautés. Son absence se fait cruellement sentir.» J'ai déjà entendu beaucoup de bien de Rafic Hariri, et énormément de mal, mais jamais qu'il avait reconstruit le Liban «avec son argent» et qu'il avait fédéré «toutes» les communautés!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[2] Une anecdote que je trouve assez amusante: pendant la période «Aoun» de la guerre, un de ses partisans en voiture klaxonnait un certain rythme, et un autre aouniste répondait de trois coups de klaxon signifiant: «Gé-né-ral!». Ce qui donne: «Tût-tu-tu-tût... Tût! Tût! Tût!».&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-8168242603540297581?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/8168242603540297581/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=8168242603540297581' title='17 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/8168242603540297581'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/8168242603540297581'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2007/08/robert-fisk-saute-sur-bikfaya.html' title='Robert Fisk saute sur Bikfaya'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>17</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-2493118554523517733</id><published>2007-06-28T21:58:00.000+02:00</published><updated>2007-10-23T09:44:58.361+02:00</updated><title type='text'>Vérité et réconciliation, par Edward Said, janvier 1999</title><content type='html'>L'hystérie orchestrée autour de la non-reconnaissance d'Israël (généralement à base d'amalgames éhontés, tels que: réclamer la fin du régime sioniste c'est réclamer la destruction d'Israël, ne pas reconnaître Israël c'est vouloir tuer tous les juifs en Palestine, etc.) et de la non-reconnaissance des accords d'Olso (y a-t-il pourtant sérieusement encore quelque chose à reconnaître de ce côté-là?) semble n'étonner personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la longue, l'idée que la paix passera par la création de deux États, un juif et un palestinien et par le respect (par les Palestiniens uniquement) des accords d'Olso apparaît si naturelle qu'on s'étonne que des «extrémistes» ne parviennent pas à accepter cette évidence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le ramdam des derniers mois a eu un effet assez sidérant: l'Occident, ses journalistes, ses intellectuels, semblent avoir totalement oublié que ces points ne sont pas du tout des évidences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour comprendre la situation actuelle, je voudrais republier un document d'un intellectuel qui, tenez-vous bien, n'est pas favorable à l'existence d'un État juif à côté d'un État palestinien, et qui a toujours dénoncé les accords d'Oslo. Non, ça n'est pas Noam Chomsky. Il s'agit d'Edward Said, qui a publié en janvier 1999 un long article dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Al-Ahram Weeky, &lt;/span&gt;&lt;a href="http://weekly.ahram.org.eg/1999/412/op2.htm"&gt;«Truth and Reconciliation»&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est, à mon avis, un de ces textes qui, rappelant les idées fondamentales, ne vieillissent pas et permettent, dans les périodes les plus troublées, de continuer à comprendre quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[J'ai été très étonné de ne pas en trouver de traduction en français sur le Web. Donc c'est encore une traduction maison, et ça vaut ce que ça vaut; encore une fois, si vous utilisez ce texte pour vos besoins personnels, blogs, articles, démonstrations, vérifiez toujours la version d'origine.]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vérité et réconciliation&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Edward Said, Al-Ahram Weekly, 14-20 janvier 1999&lt;br /&gt;http://weekly.ahram.org.eg/1999/412/op2.htm&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Étant donné l’effondrement du gouverment Netanyahou au sujet de l’accord de paix de Wye Plantation, il est à nouveau temps de se demander si l’intégralité du processus de paix entamé à Olso en 1993 est le bon instrument pour apporter la paix entre les Palestiniens et les Israéliens. De mon point de vue, le processus de paix a en réalité éloigné la possibilité de la véritable réconciliation qui doit mettre un terme à la guerre de 100 ans qui oppose le Sionisme et le peuple palestinien. Olso est une étape vers la séparation, mais la véritable paix ne peut venir que d’un état binational israélo-palestinien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela n’est pas facile à imaginer. Le récit sioniste-israélien et le récit palestinien sont irréconciliables. Les Israéliens disent qu’ils ont mené une guerre de libération et ont ainsi acquis l’indépendance; les Palestiniens disent que leur société a été détruite, et la majeure partie de leur population éloignée. Et, en fait, cet aspect irréconciliable était déjà évident pour plusieurs générations des premiers dirigeants et penseurs sionistes, et il l’est évidemment pour tous les Palestiniens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Le Sionisme n’était pas aveugle quant à la présence d’Arabes en Palestine,» écrit l’éminent historien israélien Zeev Sternhell dans son livre récent, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Mythes fondateurs d’Israël&lt;/span&gt; [NdT: traduction littérale du titre anglais donné par Edward Said; j'ignore q'il s'agit du livre traduit en français sous le titre: &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Aux origines d'Israël. Entre nationalisme et socialisme&lt;/span&gt;.] «Même les personnalités sionistes qui n’avaient jamais visité le pays savaient qu’il n’était pas inhabité. Au même moment, ni le mouvement sioniste à l’étranger ni les pionniers qui avaient commencé à fonder le pays ne parvenaient à concevoir une politique à l’égard du mouvement national palestinien. La vraie raison pour cela n’était pas un manque de compréhension du problème, mais la reconnaissance des insurmontables contradictions entre les objectifs fondamentaux des deux côtés. Si les intellectuels et les dirigeants sionistes ont ignoré le dilemme arabe, c’est principalement parce qu’ils savaient qu’il n’y avait pas de solution à ce problème dans la logique sioniste.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ben Gourion, par exemple, était toujours clair: «Il n’y a pas de précédent historique,» déclara-t-il en 1944, «d’un peuple disant: nous acceptons de renoncer à notre pays, de laisser un autre peuple venir, s’installer ici et devenir plus nombreux que nous.» Un autre dirigeant sioniste, Berl Katznelson, n’avait pas non plus d’illusions sur le fait que l’antagonisme entre les ambitions sionistes et palestiniennes ne pourrait pas être surmonté. Et les partisans du binationalisme comme Martin Buber, Judah Magnes et Hannah Arendt, étaient parfaitement conscient de ce à quoi ressemblerait l’affrontement si jamais il survenait, et bien entendu il a eu lieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Étant très largement plus nombreux que les Juifs, les Arabes palestiniens de la période d’après la Déclaration Balfour de 1917 et du mandat britannique ont toujours refusé quoi que ce soit qui pourrait compromettre leur domination. Il est injuste de reprocher au Palestiniens, rétrospectivement, de ne pas avoir accepté la partition en 1947. Jusqu’en 1948, les Sionistes ne détenaient que sept pour cent de la terre. Pourquoi, ont demandé les Arabes quand la résolution sur la partition a été proposée, devrions-nous concéder 55 pour cent de la Palestine aux Juifs qui y sont une minorité? Jamais la Déclaration Balfour ni le mandat n’ont spécifiquement concédé des droits politiques aux Palestiniens, en opposition aux droits civils et religieux en Palestine. L’idée d’une inégalité entre Juifs et Arabes a ainsi été bâtie initialement par la politique britannique, puis par les politiques israéliennes et étatsuniennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le conflit semble insoluble parce qu’il s’agit d’une lutte pour la même terre entre deux peuples qui croient qu’ils ont un titre de propriété valide et qui espèrent que l’autre camp finira par abandonner et s’en aller. Une partie a gagné la guerre, l’autre l’a perdue, mais la compétition est toujours aussi vivace. Nous autres Palestiniens demandons pourquoi un Juif né à Varsovie ou à New-York a le droit de s’installer ici (selon la Loi du retour israélienne) alors que nous, le peuple qui a vécu ici pendant des siècles, ne le pouvons pas. Après 1967, la situation entre nous était exacerbée. Des années d’occupation militaire avait créé, dans la partie la plus faible, colère, humiliation et hostilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À son discrédit, Olso n’a rien fait pour changer la situation. Arafat et le nombre diminuant de ses soutiens ont été transformés en supplétifs de la sécurité israélienne, pendant que les Palestiniens devaient subir l’humiliation de «ghettos» [«homelands»] qui ne représentaient que neuf pour cent de la Cisjordanie et 60 pour cent de Gaza. Osla exigeait de nous que nous oublions et renoncions à notre histoire de perte, dépossédés par le même peuple qui a appris à tous l’importance de ne jamais oublier le passé. Ainsi nous sommes les victimes des victimes, les réfugiés des réfugiés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La raison d’être d’Israël en tant qu’État est qu’il a toujours fallu, et qu’il faudra toujours, un pays indépendant, un refuge, exclusivement pour les Juifs. Oslo lui-même était basé sur le principe de la séparation entre les Juifs et les autres, comme Yitzhak Rabin l’a inlassablement répété. Cependant sur les cinquante dernières années, et plus spécialement depuis que les premières colonies israéliennes ont été implantées dans les Territoires occupés en 1967, la vie des Juifs est devenue de plus en plus mélangée à celle de non-Juifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’effort pour établir la séparation est survenu simultanément et paradoxalement avec l’effort pour prendre de plus en plus de terre, ce qui en retour signifiait qu’Israël acquérait de plus en plus de Palestiniens. En Israël proprement dit, le nombre de Palestiniens est d’environ un million, presque 20 pour cent de la population. En comptant Gaza, Jérusalem Est et la Cisjordanie, là où les colonies sont les plus nombreuses, il y a près de 2,5 millions de Palestiniens supplémentaires. Israël a construit un système complet de routes de «contournement», conçu pour passer hors des villes et villages palestiniens, en connectant les colonies et en évitant les Arabes. Mais la terre est si limitée dans la Palestine historique, les Israëliens et les Palestiniens sont si intimement mélangés, malgré leurs inégalités et leurs antipathies, qu’une séparation propre ne pourra tout simplement pas être réalisée ou fonctionner. On estime qu’en 2010 la parité démographie sera atteinte. Que se passera-t-il alors?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clairement, un système privilégiant les Juifs israéliens ne satisfera ni ceux qui veulent un État juif entièrement homogène ni ceux qui vivent là mais ne sont pas juifs. Pour les premiers, les Palestiniens sont un obstacle dont on doit se débarrasser d’une façon ou d’une autre; pour les seconds, être Palestinien dans un État juif signifie vivre pour toujours dans un statut d’infériorité. Mais les Palestiniens israéliens ne veulent pas bouger; ils disent qu’ils sont déjà dans leur pays et refusent toute discussion proposant de les intégrer à un État palestinien séparé, si jamais celui-ci était établit. Dans le même temps, les conditions d’appauvrissement imposées à Arafat rendent difficile le contrôle de la population hautement politisée de Gaza et de la Cisjordanie. Les Palestiniens ont des aspirations à l’autodétermination qui, contrairement aux calculs israéliens, ne montrent aucun signe de dépérissement. Il est aussi évident que, en tant que peuple arabe – et, avec les traités de paix décourageants entre Israël et l’Égypte et Israël et la Jordanie, ce point est important – les Palestiniens veulent à tout prix préserver leur identité arabe en tant que partie du monde arabe et musulman environnant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour toutes ces raisons, le problème est que l’autodétermination des Palestiniens dans un État séparé ne fonctionnera pas, pas plus que ne fonctionnera le principe d’une séparation entre une population arabe sans souveraineté et une population juive, démographiquement mélangées et irréversiblement connectées. La question, je pense, n’est pas d’inventer des moyens pour persister à essayer de les séparer, mais de voir comment il est possible de les faire vivre ensemble de la manière la plus juste et pacifique possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La situation actuelle est une impasse décourageante, pour ne pas dire sanglante. Les Sionistes à l’intérieur et à l’extérieur d’Israël ne renonceront pas à leur voeu d’un État juif séparé; les Palestiniens veulent la même chose pour eux-mêmes, bien qu’ils aient accepté beaucoup moins d’Olso. Cependant, dans les deux cas, l’idée d’un État pour «nous-mêmes» nie simplement la réalité des faits: à moins d'un nettoyage ethnique et de transferts de population massifs comme en 1948, il n’y a aucun moyen pour Israël de se débarasser des Palestiniens ni pour les Palestiniens d’obtenir qu’Israël s’en aille. Aucune des deux parties n’a de solution militaire viable contre l’autre, ce qui est la raison pour laquelle, j’ai le regret de le dire, ils ont opté pour une paix qui tente si évidemment d’accomplir ce que la guerre n’a pu obtenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus le développement actuel des colonies israéliennes persiste et plus le confinement et la résistance palestiniens se poursuivent, moins il y aura de chances pour une réelle sécurité pour les deux parties. L’obsession de Netanyahou d’imaginer la sécurité uniquement sous l’angle de l’acceptation de ses demandes par les Palestiniens a toujours été évidemment absurde. D’un côté, lui et Ariel Sharon agaçaient de plus en plus les Palestiniens avec leurs appels glaçants aux colons à s’emparer de tout ce qu’ils pouvaient. D’un autre côté, Netanyahou espérait que de telles méthodes forceraient les Palestiniens à accepter tout de la part d’Israël, sans aucune mesure israélienne en échange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arafat, soutenu par Washington, est chaque jour plus répressif. Se référant improbablement aux lois d’urgence britanniques de 1936 contre les Palestiniens, il a récemment décrété, par exemple, que constituait un crime non seulement le fait d’inciter à la violence, à la haine raciale ou religieuse, mais aussi de critiquer le processus de paix. Il n’y a ni constitution ni loi fondamentale palestinienne. Arafat refuse tout bonnement toute limitation de son pouvoir, se sachant soutenu par les États-Unis et Israël. Qui peut réellement croire que tout ceci apportera à Israël la sécurité et la soumission permanente des Palestiniens?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La violence, la haine et l’intolérance se nourrissent de l’injustice, de la pauvreté et du sentiment que sa maturité politique est empêchée. À l’automne dernier, des centaines d’acres de terre palestinienne ont été confisquées par l’armée israélienne près du village d'Umm Al-Fahm, qui n’est pas en Cisjordanie mais à l’intérieur d’Israël. Cela a rappelé le fait que, même en tant que citoyens israéliens, les Palestiniens sont traités en inférieurs, comme une sorte de population défavorisée [underclass] vivant dans des conditions d’apartheid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le même temps, parce qu’Israël n’a pas non plus de constitution, et parce que des partis ultra-orthodoxes acquièrent de plus en plus de pouvoir politique, il y a des groupes juifs et des individus israéliens qui ont commencé à s’organiser autour de l’idée d’une démocratie totalement laïque pour tous les citoyens d’Israël. Le charismatique Azmi Bishara, un membre arabe de la Knesset, a aussi évoqué la possibilité d’élargie le concept de citoyenneté comme un moyen de dépasser les critères ethniques et religieux qui font qu’actuellement Israël n’est pas un État démocratique pour 20 pour cent de sa population.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Cisjoranie, à Jérusalem et à Gaza, la situation est profondément instable et explosive. Protégés par l’armée, les colons israéliens (près de 350000 personnes) vivent comme des extraterritoriaux privilégiés avec des droits que les résidents palestiniens n’ont pas. (Par exemple, les habitants de la Cisjordanie ne peuvent se rendre à Jérusalem, et sur 70 pour cent du territoire ils sont toujours soumis à la loi martiale israélienne, et leur terre est menacée de confiscation.) Israël contrôle les ressources en eau et la sécurité palestiniennes, ainsi que les entrées et les sorties. Même le nouvel aéroport de Gaza est sous le contrôle de la sécurité israélienne. Il n’est pas nécessaire d’être un expert pour voir que cette situation conduira forcément à étendre, et non à limiter, le conflit. Ici, la vérité doit être affrontée, pas évitée ou niée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a aujourd’hui des Juifs israéliens qui parlent franchement de «post-Sionisme», partant du fait que, après 50 ans d’histoire israélienne, le Sionisme classique n’a pu parvenir ni à une solution à la présence palestinienne, ni à une présence exclusivement juive. Je ne vois d’autre solution que de commencer aujourd’hui à parler de partager la terre qui nous a réunis, de la partager d’une façon réellement démocratique, avec des droits égaux pour tous les citoyens. Il ne peut y avoir de réconciliation sans que les deux peuples, deux communautés en souffrance, n’acceptent de percevoir leurs existences comme un fait accompli, et qu’il doit être traité comme tel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela ne signifie pas réduire la vie juive en tant que vie juive, ou renoncer aux aspirations et à l’existence politique des Arabes palestiniens. Au contraire, cela signifie l’autodétermination pour les deux peuples. Mais cela signifie être prêt à adoucir, amoindrir et finalement abandonner le statut spécial d’un des peuples aux dépends de l’autre. La loi au retour des Juifs et le droit au retour des réfugiés palestiniens doivent être considérées et réévaluées ensemble. Les notions de Grand Israël en tant que terre donnée au peuple juif par Dieu et de Palestine en tant que terre arabe qui ne peut pas être retirée de la nation arabe doivent être réduites en importance et en exclusivité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De manière intéressante, l’histoire millénaire de la Palestine fournit au moins deux précédents pour penser en termes séculiers et plus modestes. D’abord, la Palestine est et a toujours été une terre ayant plusieurs histoires; c’est une simplification excessive de la penser comme principalement, ou exclusivement, juive ou arabe. Si la présence juive est très ancienne, elle n’est en aucune façon la principale. Parmi les autres occupants, on trouve les Cananéens, les Moabites, les Jébusites et les Philistins pour l’Antiquité, et les Romains, les Ottomans, les Byzantins et les Croisés pour l’époque moderne. La Palestine est multi-culturelle, multi-culturelle, multi-religieuse. Il n’y a pas plus de justification historique pour l’homogénéité qu’il n’y en a pour des notions de pureté nationale ou ethnique ou religieuse aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxièmement, dans l’entre-deux guerres, un groupe petit, mais important, d’intellectuels juifs (Judah Magnes, Buber, Arendt et d’autres) ont argumenté et défendu l’idée d’un État binational. La logique du sionisme a naturellement balayé leurs efforts, mais l’idée est toujours vivante aujourd’hui, ici et là, parmi des individus juifs et arabes frustrés par les évidentes insuffisances et déprédations du présent. L’essence de cette vision est la coexistence et le partage selon des principes qui nécessitent une volonté innovante, courageuse et théorique de dépasser l’impasse aride de l’argument d’autorité et du rejet. Une fois réalisée la reconnaissance de l’autre comme son égal, je crois que le chemin à suivre devient non seulement possible mais séduisant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première étape, cependant, est une étape très difficile à faire. Les Juifs israéliens sont isolés de la réalité palestinienne; la plupart d’entre eux disent que ça ne les concerne pas vraiment. Je me souviens de la première fois où j’ai conduit de Ramallah à Israël: c’était comme passer directement du Bangladesh à la Californie du Sud. Cependant la réalité n’est jamais aussi proche. Pour ma génération de Palestiniens, qui ressasse toujours le choc d’avoir tout perdu en 1948, il est pratiquement impossible d’accepter que leurs maisons et leurs fermes ont été occupées par d’autres gens. Je ne vois pas de façon d’échapper au fait qu’en 1948 un peuple en a chassé un autre, commettant ainsi une grave injustice. En lisant ensemble l’histoire palestinienne et juive, non seulement on perçoit toute la force de la tragédie de l’Holocauste et de ce qui est arrivé ensuite aux Palestiniens, mais cela révèle aussi comment, dans le cours de la vie interconnectée des Israéliens et des Palestiniens depuis 1948, un peuple, les Palestiniens, a supporté une part disproportionnée de la souffrance et de la perte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Israéliens religieux et de l’extrême-droite et leurs partisans ne voient aucun problème à une telle formulation. Oui, disent-ils, nous avons gagné, et c’est ainsi que cela devait être. Cette terre est la terre d’Israël et de personne d’autre. J’ai entendu ces mots d’un soldat israélien gardant un bulldozer en train de détruire un champ palestinien en Cisjordanie (sous le regard impuissant de son propriétaire) dans le but d’étendre une route de contournement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ils ne sont pas les seuls Israéliens. D’autres, qui veulent la paix comme le résultat de la réconciliation, se sont pas contents de la prise grandissante qu’exercent les partis religieux sur la vie israélienne et de l’inéquité et des frustrations d’Oslo. Beaucoup de ces Israéliens manifestent énergiquement contre les expropriations de terre palestinienne et les démolitions de maisons réalisées par leur gouvernement. Ainsi, on peut percevoir une saine volonté de rechercher la paix ailleurs que dans les confiscations de terres et les attentats-suicides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour certains Palestiniens, parce qu’ils sont la partie la plus faible, les vaincus, renoncer à la totale restauration de la Palestine arabe, c’est comme renoncer à leur propre histoire. La plupart, cependant, surtout les enfants de ma génération, sont sceptiques face à leurs ainés et regardent de manière moins conventionnelle vers le futur, au-delà du conflit et de la perte sans fin. Évidemment, les establishments dans les deux communautés sont trop tenues pour pouvoir présenter des courants de pensées «pragmatiques» et les partis politiques pour s’aventurer dans quelque chose de risqué, mais quelques autres (Palestiniens et Israéliens) ont commencé à formuler des alternatives radicales au status quo. Ils refusent d’accepter les limitations d’Oslo, ce qu’un disciple israélien a appelé «la paix avec les Palestiniens», alors que d’autres me disent que la vraie lutte est pour l’égalité des droits entre Arabes et Juifs, et non pour une entité palestinienne séparée, forcément dépendante et faible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour démarrer le processus, il faut développer quelque chose qu’il est totalement absent à la fois dans les réalités israélienne et palestinienne: l’idée et la pratique d’une citoyenneté qui ne dépende pas d’une communauté ethnique ou raciale, comme principale vecteur de la coexistence. Dans un État moderne, tous ses membres sont citoyens du fait de leur présence et du partage de droits et devoirs. La citoyenneté donne ainsi les mêmes privilèges et ressources aux Juifs israéliens et aux Palestiniens arabes. Une constitution et une charte des droits fondamentaux deviennent ainsi nécessaires pour dépasser l’étape du conflit, car chaque groupe aurait le même droit à l’autodétermination; c’est-à-dire le droit de mener la vie commune à sa façon (juive ou palestinienne), peut-être dans des cantons fédérés, une capitale commune à Jérusalem, un accès égal à le terre et des droits séculiers et juridiques inaliénables. Aucune des parties ne devrait être otage des extrémiste religieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, les sentiments de persécution, de souffrance et de victimisation sont si profondément impantés qu’il est presque impossible de lancer des initiatives politiques qui mettraient les Juifs et les Arabes dans le même principe d’égalité civique en évitant les écueils du «nous contre eux». Les intellectuels palestiniens doivent exprimer leur thèse directement dans les forums publics, universités et médias israéliens. Le défi est à la fois pour et à l’intérieur d’une société civile qui a longtemps été subordonnées à un nationalisme qui s’est développé comme un obstacle à la réconciliation. Surtout, la dégradation du discours – symbolisée par Aradat et Netanyahou échangeant des accusations pendant que les droits des Palestiniens sont compromis par des mesures de «sécurité» excessives – empêche l’émergence de toute perspective plus large et plus généreuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les alternatives sont désagréablement simples: soit la guerre continue (avec le coût exorbitant du processus de paix actuel), soit on recherche activement une solution basée sur la paix et l’égalité (comme dans l’Afrique du Sud d’après l’apartheid), malgré les nombreux obstacles. Une fois que l’on admet que les Palestiniens et les Israéliens sont là pour rester, alors la solution décente est celle de la nécessité d’une coexistence pacifique et d’une véritable réconciliation. Une vrai autodétermination. Malheureusement, l’injustice et le bellicisme ne disparaissent pas d’eux-mêmes: ils doivent être attaqués par tous ceux qui sont concernés.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-2493118554523517733?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/2493118554523517733/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=2493118554523517733' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2493118554523517733'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/2493118554523517733'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2007/06/vrit-et-rconciliation-par-edward-said.html' title='Vérité et réconciliation, par Edward Said, janvier 1999'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-7494407522139117855</id><published>2007-06-23T11:48:00.000+02:00</published><updated>2007-06-23T12:32:04.729+02:00</updated><title type='text'>Punition collective des civils palestiniens au Liban</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rnz0HZ136gI/AAAAAAAAAEI/jtT6sQXAZHY/s1600-h/02.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rnz0HZ136gI/AAAAAAAAAEI/jtT6sQXAZHY/s400/02.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5079202887800187394" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Le camp de Nahr el Bared en 1951. Photo Jack Madvo (UNRWA)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le 13 juin dernier, l'association &lt;a href="http://hrw.org/english/docs/2007/06/13/lebano16154.htm"&gt;Human Rights Watch émet une alerte&lt;/a&gt;: elle dénonce les détentions arbitraires de réfugiés palestiniens qui fuient le camp bombardé de Nahr el Bared et expose de nombreux cas de mauvais traitements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré cette alerte et les nombreux témoignages qui circulent, &lt;a href="http://www.liberation.fr/actualite/monde/262551.FR.php"&gt;Isabelle Dellerba, dans&lt;/a&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.liberation.fr/actualite/monde/262551.FR.php"&gt; Libération,&lt;/a&gt; continuait hier à relayer la propagande officielle avec une absence de recul qui fait plaisir à voir. Le paragraphe final de son article restera un des grands moments de la presse orwellienne:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Les membres du groupe seraient en outre appuyés par des Palestiniens du camp, des hommes recherchés par la justice mais aussi, semble-t-il, des membres d’autres partis voire de simples individus. En face, les militaires gagnent du terrain, mais lentement, pour épargner au maximum les vies humaines et parce qu’ils doivent également tenir compte d’un certain nombre de données liées à la complexité de la situation politique au Liban: interdiction de pénétrer dans le vieux Nahr el-Bared, pour ne pas trahir des accords passés avec les Palestiniens en 1969, obligation d’épargner au maximum les civils – 2 000 personnes résideraient encore dans le camp -, sous peine d’explosion dans les autres camps et néanmoins nécessité d’en finir au plus vite car les incidents sécuritaires se multiplient un peu partout.&lt;/blockquote&gt;Pour l’édification du lecteur, je recommande plutôt la lecture du &lt;a href="http://electronicintifada.net/v2/article7053.shtml"&gt;reportage de Sophie McNeill, publié hier sur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Electronic Lebanon&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, dont voici la traduction intégrale.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Punition collective des civils palestiniens au Liban&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Sophie McNeill, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Electronic Lebanon&lt;/span&gt;, 22 juin 2007&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que Mohammad s’approchait du checkpoint de l’armée libanaise à l’extérieur du camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared, il pensait que le cauchemar des trois dernières semaines était enfin terminé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne pouvant fuir au milieu des échanges de tirs et du bombardement qui a rasé les maisons de du voisinage, la famille de Mohammad est restée coincée dans le camp depuis le début des combats entre le groupe islamiste du Fatah al-Islam et l’armée libanaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le point de contrôle de l’armée représentait un asile sûr pour ces civils palestiniens désespérés. Au lieu de cela, déclare Mohammad, c’est là que son voyage dans la torture a commencé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai rencontré Mohammad après avoir entendu de nombreuses histoires de jeunes hommes palestiniens qui, après avoir fui les combats de Nahr al-Bared, avaient été détenus de manière systématique par les services de renseignement de l’armée libanaise et, pour nombre d’entre eux, physiquement malmenés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plupart étaient trop effrayés pour accepter d’être interviewés, mais samedi matin un jeune homme est venu me trouver au camp de réfugiés de Baddaoui, où plus de 18000 réfugiés de Nahr al Bared ont trouvé refuge. Il m’a demandé si je voulais rencontrer son cousin qui venait apparemment d’être libéré par l’armée libanaise la nuit précédente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cousin m’a mené à travers un dédale de ruelles surpeuplées et environ six séries d’escaliers, et j’ai trouvé Mohammad assis avec précaution sur un canapé, entouré par sa famille. Il enlève sa chemise et me montre les énormes contusions qui couvrent son dos et le haut de ses bras; de longues rayures rouges sont aussi visibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_tfaPznP-Da8/RnztCJ136fI/AAAAAAAAAEA/b2kYqZkm6yE/s1600-h/070622-lebanon-tortured_001.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_tfaPznP-Da8/RnztCJ136fI/AAAAAAAAAEA/b2kYqZkm6yE/s400/070622-lebanon-tortured_001.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5079195101024479730" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Marques de flagellation sur le dos de Mohammad. (Sophie McNeill)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;« Je suis parvenu à échapper au combat avec ma femme, mes enfants et ma tante, » commence-t-il. « Mais dès que nous avons quitté du camp, les soldats nous ont séparés en deux groupes. Ils ont laissé les femmes et les enfants partir, et ont menotté les hommes. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, raconte Mohammad, on leur a bandé les yeux et ils ont été emmenés dans un grand camion militaire. « On ne nous permettait pas de lever la tête. Nous devions regarder le plancher et quand quelqu’un relevait la tête, ils commenceraient à dire “baisse la tête, chien” et vous receviez un coup sur la tête.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les soldats libanais ont commencé à insulter les Palestiniens, dit Mohammad. «Ils répétaient “Nous allons vous baiser, vous autres Palestiniens; nous allons baiser vos mères et vos femmes”,», raconte-t-il. «Nous allons baiser les Palestiniens du plus petit du plus grand. Votre peuple ne mérite pas de vivre; vous devriez être massacrés jusqu’au dernier.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mohammad dit qu’ils ont été menés au camp militaire de Kobbeh près de Tripoli. Après un jour et une nuit d’interrogatoire sans interruption, on a dit à Mohammad qu’il allait être relâché. Mais au lieu de cela, on lui a à nouveau bandé les yeux et il a été conduit après deux heures de trajet à ce qu’il a pensé être le Ministère de la Défense près de Beyrouth, la première des destinations qu’il visiterait dans les quatre jours qui ont suivi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(J’ai été arrêtée pour avoir filmé trop près du camp de Nahr al-Bared, et emmenée au camp militaire de Kobbeh à Tripoli, quatre jours avant la date à laquelle Mohammad dit y avoir été retenu. En me rendant pour être interrogée par les services de renseignement militaire, j’ai traversé une pièce remplie de jeunes Palestiniens accroupis au sol, surveillés par des soldats libanais. Recevant des excuses et me voyant offrir un excellent expresso, mon traitement en tant que journaliste occidental a été de première classe. Mais il était intéressant d’être assise dans le bureau du commandant et de voir un certificat accroché au mur indiquant qu’il était diplômé d’un programme du US Central Command et qu’il avait suivi une formation militaire étatsunienne en «debriefing, entretien et interrogatoire» [debriefing, interviewing and elicitation].)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À son arrivé à ce qu’il dit être le Ministère de la Défense, Mohammad raconte que des soldats les ont forcés, lui et d’autres hommes, à s’agenouiller au sol pendant «ce qui m’a semblé durer une journée entière.» «À chaque fois que nous voulions étendre les jambes, ils nous battaient,» dit-il. «Nous disions, “Pour l’amour de Dieu, laissez-nous étendre les jambes!” Et ils nous répondaient, “Quel dieu? Il n’y a pas de dieu ici.”»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après deux jours, Mohammad dit qu’un interrogateur l’a emmené dans une pièce et a commencé à le battre. «Ils me fouettaient,» dit Mohammad. «C’est de là que viennent les marques sur mon dos. Un grand fouet avec du métal dessus.» Mohammad dit que d’autres hommes sont arrivés et ont commencé à le battre et à le frapper sur la tête. «Ils m’ont frappé sur l’estomac; j’ai dit “S’ils vous plait, arrêtez, j’ai mal à l’estomac.” Et ils ont dit, “Ah bon, il te fait mal? Alors nous allons le niquer.”»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, les hommes ont apparemment commencé à projeter Mohammad contre les murs et à le jeter par terre. «Le type principal n’arrêtait pas de demander, “Pour qui tu travailles?” J’ai dit que je ne travaillais pour personne. Il disait, “Tu les as aidés, tu étais là-bas!”»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, beaucoup de Libanais accusent les Palestiniens d’avoir «abrité» le Fatah al-Islam a l’intérieur du camp de Nahr al Bared, même si le gouvernement libanais savait que le groupe s’y trouvait depuis que les combattants avaient tenu une conférence de presse et étaient passés à la télévision libanaise en mars dernier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Les soldats répétaient “Si vous n’avez rien à voir avec eux pourquoi ne les avez-vous pas chassés? Pourquoi votre OLP n’a rien fait contre eux? Nous allons vous massacrer comme vous avez massacré nos soldats,”» raconte Mohammad. «Je répétais que je n’avais rien à voir avec eux, que nous sommes des civils. Que nous sommes contre les meurtres.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mohammad dit qu’il a été forcé de se tenir debout pendant des heures, et qu’ils le frappaient s’il commençait à s’endormir, et qu’ils l’avaient menacé de le torturer avec des fils électriques. Mais le pire moment est survenu, dit-il, quand un des soldats a pointé son arme contre sa tête. «Il a mis son pistolet près de ma tête et a dit  “Je pourrais aussi bien te tuer, tu n’es qu’un chien. Personne ne le saurait.”»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mohammad dit qu’il a été obligé de dormir au sol dans une pièce avec de la boue au sol en utilisant ses tongues comme oreiller. «Nous voulions nous laver et prier mais ils ne nous ont pas autorisés à le faire,» dit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les insultes étaient presque aussi douloureuses que les coups, dit Mohammad. «Si nous les touchions, ils nous frappaient et disaient “Vous êtes des gens sales, et vos familles sont toutes sales.” “Ne me touche pas, tu es sale, tu es Palestinien, tu es un clebs[*]”, disaient-ils.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après cinq jours, Mohammad dit qu’ils l’ont mis dans un camion, conduit à la base militaire de Tripoli et l’ont libéré. «Ils ont appelé mon nom et je suis descendu du camion, et un officier du renseignement m’a dit, “Tu es un clebs, un fils de clébard. Tire-toi de là.”»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nadim Houry, du bureau de Beyrouth de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Human Rights Watch&lt;/span&gt; (HRW), a recensé de nombreux cas de Palestiniens au camp de Baddaoui qui ont été détenus et ont subi des mauvais traitements. «Cela va des coups en détention à des détentions de quatre ou cinq jours sans chefs d'accusation,» dit Houry, «des jeunes Palestiniens sont arrêtés aux checkpoints militaires dans tout le Liban et parfois battus du seul fait qu’ils sont Palestiniens.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Houry dit que HRW reconnaît le droit de l’armée à interroger les gens qui quittent le camp de Nahr al Bared pour déterminer s’ils sont des membres du Fatah al-Islam, mais pas l’usage de traitements illégaux et abusifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Cela a créé une situation dans laquelle les Palestiniens ont peur non seulement de quitter Nahr al-Bared, mais même de simplement quitter le camp de Baddaoui où ils sont actuellement,» explique Houry.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, explique Houry, si l’armée pensait réellement que les hommes palestiniens étaient liés au Fatah al-Islam, pourquoi ont-ils été relâchés?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Ils ont été interrogés et relâchés. Cela signifie évidemment qu’il n’y avait aucune preuve qu’ils étaient des membres du Fatah al-Islam. Mais le plus important, c’est que même s’ils avaient été des membres du groupe, cela ne justifie pas le recours aux mauvais traitements,» conclut-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, ces accusations d’abus et de torture de la part de l’armée libanaise tombent dans l’oreille d’un sourd ici au Liban. Les souvenirs de la brutale guerre civile, associés à l’idée que les Palestiniens sont d’une manière ou d’une autre complices du Fatah al-Islam et de la mort de plus de soixante-dix soldats libanais, ont créé une ambiance pour un soutien inconditionnel aux militaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le mouvement pro-gouvernemental du 14 Mars, ce conflit donne l’occasion parfaite de prouver que l’armée libanaise est «forte» et et qu’«elle peut défendre la Patrie», ce qui renforce leur argument qu’il n’y a plus besoin d’une Résistance et que le Hezbollah doit être désarmé. Mais il n’y a pas que le 14 Mars qui apporte son soutien; la majorité du public libanais s’est uni derrière les attaques de son armée contre Nahr al Bared d’une manière qui n’a pas de précédent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des manifestations rassemblant des milliers de personnes se sont déroulées en soutien à l’armée et des affiches avec des slogans en faveur de l’armée ont été installées à travers tout le pays. L’affiche la plus répandue est un grand panneau qui semble apparaître tous les 300 mètres sur la route qui mène à Tripoli. Sur un fond de camouflage militaire, il est écrit «al-Amru Lak», une expression habituelle qu’on peut traduire «À vos ordres».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La presse locale porte aussi une responsabilité pour encourager les Libanais à donner de manière inconditionnelle l’autorisation à l’armée de recourir à n’importe quel moyen pour rétablir l’«ordre». L’armée a interdit aux journalistes de filmer les soldats n’importe où à proximité du camp et dans les checkpoints environnants – un ordre que la plupart des médias libanais ont rempli avec dévouement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir interviewé Mohammad et filmé ses blessures, j’ai offert gracieusement le reportage à différentes chaînes de télévision libanaises, mais personne n’a voulu y toucher. Un rédacteur de New TV, bien connu pour ses reportages critiques sur le gouvernement libanais, m’a dit, «L’armée a le droit de tout faire quant à Fatah al-Islam et pour empêcher les attaques terroristes à l’intérieur du Liban.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réponse de la télévision du Hezbollah al-Manar était plus compatissante. «Vous voyez, nous adorerions traiter de cela,» m’a expliqué mon contact, «mais nous ne pouvons dire quoi que ce soit contre l’armée en ce moment; c’est un sujet trop sensible.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Répondant à ces accusations, le porte-parole du bureau de presse de l’armée libanaise a dit que les Palestiniens étaient des «menteurs» et que «nous ne blessons jamais personne, et en particulier pas s’il s’agit de civils.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le porte-parole a même nié que les Palestiniens étaient systématiquement emmenés par l’armée et interrogés après leur départ du camp de Nahr al-Bared, une pratique que moi et d’autres journalistes ont pourtant vue de leurs propres yeux (même si nous n’avons pas été autorisés à la filmer).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à Mohammad, son expérience l’a laissé avec un sentiment de perte et de vulnérabilité en tant que Palestinien au Liban. «Nous savons que les Israéliens sont nos ennemis, mais là ce sont des Arabes…», dit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mohammad pense que les Palestiniens ne vont pas oublier facilement l’injustice dont ils pensent avoir été les victimes de la part de l’armée libanaise. «La façon dont l’armée libanaise nous a traités a provoqué beaucoup de haine parmi nous à l’encontre de l’armée libanaise,» dit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Cela va encourager les gens à rejoindre des groupes pour se venger et j’ai entendu de mes propres oreilles des gens dire, c’est OK. C’est seulement une question de temps. Ceux qui ont été humiliés ne vont pas simplement oublier,» prévient-il. «Certains Palestiniens détestent maintenant les Libanais en tant que peuple, et pas seulement les leaders libanais. Leur armée a maintenant créé une haine entre le peuple libanais et le peuple palestinien.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les noms dans ce reportage ont été changés pour protéger l’identité des personnes.&lt;/span&gt;  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sophie McNeill est reporter à Dateline, un programme international d’information de la chaîne publique australienne SBS TV. Elle vit à Beyrouth.&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rnz1N5136hI/AAAAAAAAAEQ/8AQlwVNxANQ/s1600-h/100_0568.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rnz1N5136hI/AAAAAAAAAEQ/8AQlwVNxANQ/s400/100_0568.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5079204098980964882" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Nahr el Bared, 2007. Image tirée du &lt;a href="http://nahrelbared.net/album/"&gt;site Web du camp&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rnz2AZ136iI/AAAAAAAAAEY/U3kVDcpdS3Q/s1600-h/100_1586.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rnz2AZ136iI/AAAAAAAAAEY/U3kVDcpdS3Q/s400/100_1586.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5079204966564358690" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;[*] Pour mes lecteurs qui ne maîtriseraient pas l’argot: «clebs», «clébard», termes d’argot  désignant, de manière extrêmement péjorative, le chien. Dérivé de l’arabe «kaleb» (chien). Dans une situation d’insulte et d’humiliation, je pense que ces termes sont plus adaptés pour la traduction.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-7494407522139117855?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/7494407522139117855/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=7494407522139117855' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/7494407522139117855'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/7494407522139117855'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2007/06/punition-collective-des-civils.html' title='Punition collective des civils palestiniens au Liban'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_tfaPznP-Da8/Rnz0HZ136gI/AAAAAAAAAEI/jtT6sQXAZHY/s72-c/02.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-5537786553021313722</id><published>2007-06-20T20:51:00.000+02:00</published><updated>2007-06-20T22:29:14.335+02:00</updated><title type='text'>La CIA a l’honneur de vous faire savoir qu’elle finance le Fatah</title><content type='html'>Lors des élections législatives de janvier 2006, qui ont vu la victoire du Hamas en Palestine, la presse nous a largement fait savoir que les Occidentaux (ou, plus précisément, les Étatsuniens) finançaient la campagne électorale du Fatah. À tout le moins, que d’importantes subventions de l’USAID arrivaient en Palestine, quelques semaines avant l’échéance électorale, pour aider au «bien-être» économique pour encourager les Palestiniens à «bien voter».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun se félicitait de ce soutien à un parti «non terroriste», et l’on s’interrogeait ingénument sur l’efficacité de ces mesures: arrivaient-elles trop tard? étaient-elles suffisantes?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne ne s’est en revanche ému de l’impact que la diffusion de cette information allait avoir sur le vote. Aurait-on oublié que les Palestiniens sont un peuple occupé? À partir du moment où le principal allié (les États-Unis) de la puissance occupante (Israël) affirmait son soutien au Fatah et reconnaissant dans la presse qu’il finançait sa campagne, qui pouvait être assez naïf pour croire que les occupés allaient voter pour ce parti?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le même temps, les Israéliens faisaient savoir qu’ils interdisaient au Hamas de mener campagne à Jerusalem Est. Évidemment, le Hamas n’avait dès lors plus besoin de mener campagne, l’occupant venant de lui délivrer un «certificat de résistance», tout en certifiant officiellement le statut de «collaborateur» de tous les autres (puisque la puissance occupante faisait savoir que leur candidature était tout à fait acceptable et acceptée).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette affaire, le plus intéressant n’est pas que le Fatah était soutenu et financé par les États-Unis: le plus intéressant est que la presse mondiale l’ait fait savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand, réellement, les États-Unis soutiennent ou corrompent des organisations de résistance ou de contre-résistance, ce financement occulte ne fait jamais la Une des journaux. De l’Amérique centrale à l’Asie centrale, en passant par l'Afrique, l’Europe orientale et le Moyen-Orient, le financement de certaines parties n’est pas quelque chose dont on se vante: l’ingérence étrangère, une fois connue, mine évidemment la légitimité de ces mouvements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question est donc: pourquoi la planète entière a-t-elle été si généreusement informée du soutien étatsunien au Fatah pendant les élections législatives, alors qu’évidemment cette information rendait tout soutien particulièrement contreproductif? Pour s’en est-on vanté avant l’élection pour la Palestine, alors que c’était, au minimum, un secret (certes de Polichinelle) lors des diverses révolutions colorées qui avaient précédé en Europe occidentale?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question me semble d’autant plus importante qu’il ne s’agit pas d’une «fuite» isolée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En avril 2002, le ministre responsable de l’armée d’occupation, Benjamin Ben-Eliezer, explique innocemment devant le Comité de défense et des Affaires étrangères de la Knesset, qu’&lt;a href="http://www.ism-france.org/news/article.php?id=5982&amp;type=analyse&amp;amp;lesujet=R%E9formes"&gt;il a offert la bande de Gaza à Mohammad Dahlan&lt;/a&gt; en échange de menus services.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà une déclaration fort peu discrète de la part d’un homme qui ne doit pourtant pas être totalement incompétent en matière de renseignement. Pourquoi ne pas, tant qu’on y est, carrément livrer à la presse la liste des agents infiltrés dans les organisations palestiniennes?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La semaine dernière, &lt;a href="http://www.nysun.com/article/56622"&gt;le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New York Sun&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; revient sur cet épisode peu glorieux de la lutte Fatah-Hamas: le Hamas prétend avoir saisi des documents de la CIA et des cartes israéliennes au siège des forces de sécurité palestiniennes. Je veux bien admettre que le Fatah est corrompu et collabore avec les troupes d’occupation; encore faut-il admettre qu’il est assez inconscient pour laisser traîner ce genre de documentation dans ses bureaux en plein cœur d’un fief du Hamas. Au cinéma, les traîtres avalent les documents compromettants et ne les entreprosent pas dans leurs bureaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ça n’est pas cela qui m'intéresse aujourd'hui. Le plus intéressant, c’est que cet article du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New York Sun&lt;/span&gt; trouve des responsables américains pour confirmer les affirmations du Hamas. Et pas n’importe lesquels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Robert Baer, ancien barbouze de la CIA, faucon notoire, «confirme» les rencontres, les financements, les accords et les entraînements des forces de sécurité du Fatah par les États-Unis en accord avec les Israéliens. «Low level», dit-il, tout en confirmant évidemment la connexion désastreuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-on croire Robert Baer? Non, jamais, en aucune façon. C’est un spécialiste de la manipulation, toute sa carrière est basée sur les opérations occultes, spéciales, les opérations psychologiques et autres joyeusetés: il faut s’en méfier comme la peste. Même lorsqu'il dit la vérité, c'est pour cacher un plus gros mensonge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois encore, il est intéressant qu’il «dévoile» la compromission du Fatah, minant de ce fait la légitimité du mouvement. Comme Robert Baer en a le talent, il balance la petite phrase apparemment de bon sens qui désamorce la méfiance à son encontre: «Ils vont identifier le Fatah à la CIA. Fatah égale CIA, ça n'est pas très vendeur.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’article cite un second «témoin» (tenez-vous bien, c'est du lourd): Richard Perle. Sa tournure est tout à fait intéressante: il pense que le soutien de la CIA au Fatah était «une erreur». Ce faisant, il valide l'accusation. Comme pour Richard Baer, la confirmation semble arriver incidemment, malencontreusement, au détour de la phrase.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore une source bien informée qui n’a jamais pratiqué la désinformation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La CIA a donc bien l’honneur de vous faire savoir que le Fatah est un groupe compromis par ses propres soins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est pourtant parfaitement illogique de prétendre «soutenir» de Fatah, tout en reconnaissant aussi facilement l’existence de cette collaboration qui, immanquablement, délégitimise absolument le Fatah aux yeux des Palestiniens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Curieusement, ce point ne semble interrogé par personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre épisode. En octobre dernier, &lt;a href="http://www.ism-france.org/news/article.php?id=5596&amp;type=communique&amp;amp;lesujet=R%E9formes"&gt;une dépêche Reuters &lt;/a&gt;nous apprend:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Les États-Unis ont démarré leur campagne estimée à plus de 42 millions de dollars pour soutenir les adversaires politiques du Hamas avant d’éventuelles élections palestiniennes anticipées, selon des responsables du programme.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;Même logique: si le but était de réellement soutenir le Fatah, transmettre complaisamment cette information à la presse est le plus sûr moyen de saper toute chance du Fatah de remporter les élections. En France, si les gros titres de la presse expliquaient que les États-Unis financent massivement la campagne électorale d’un candidat, alors ce candidat n’aurait aucune chance d’être élu. (Si les États-Unis financent un candidat, c'est secret.) Pourtant la France n’est pas un pays occupé par l’allié préféré des États-Unis… Alors imaginez un peu l’impact d’une telle révélation en Palestine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ainsi de suite. Récemment, la presse nous a «révélé» qu’Israël avait autorisé des livraisons d’armes au Fatah. Elle nous révélait aussi que des troupes du Fatah étaient entraînées en Égypte avec l’autorisation d’Israël. Ça vous grandit le statut de résistant, quand l'occupant vous donne l'autorisation de vous armer et de vous entraîner...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne doute pas que l’autorité palestinienne soit largement corrompue (en même temps, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement concernant un mouvement dont l’activité est et a été, largement, clandestine: la clandestinité ne favorise pas la tenue de livres de comptes parfaitement à jour, l’habitude du graissage de patte indispensable à la clandestinité se prend vite…); je ne doute pas qu’elle comporte aussi un bon nombre d’éléments retournés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, ce que je trouve très étonnant, c’est que toutes les «malversations», corruptions, collusions, sont dévoilées dans la presse et confirmées par des «témoins» qui sont tous, par ailleurs, des professionnels du secret et des spécialistes de la manipulation. Et qui sont, notoirement, des ennemis de l’autorité palestinienne (quelle qu’elle soit).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Israël vend des armes à droite ou à gauche, ça ne fait pas la Une des médias. Quand les Étatsuniens subventionnent un parti dans une élection «démocratique», c’est toujours occulte. Quand un reponsable d’un mouvement ennemi est retourné, ça n’est pas annoncé devant la Knesset. Pour le Fatah, c’est ouvertement confirmé et ça fait la Une des médias.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que je suis le seul paranoïaque à trouver cela… troublant?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31260596-5537786553021313722?l=tokborni.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tokborni.blogspot.com/feeds/5537786553021313722/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31260596&amp;postID=5537786553021313722' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5537786553021313722'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31260596/posts/default/5537786553021313722'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tokborni.blogspot.com/2007/06/la-cia-lhonneur-de-vous-faire-savoir.html' title='La CIA a l’honneur de vous faire savoir qu’elle finance le Fatah'/><author><name>Nidal</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31260596.post-402250686683747929</id><published>2007-06-18T18:40:00.000+02:00</published><updated>2007-06-18T19:22:46.698+02:00</updated><title type='text'>La Syrie empêche les Libanais de picoler</title><content type='html'>Allez, encore un petit pour la route. Un copain m'a signalé qu'on trouvait tout de même de l'information dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Orient-Le Jour &lt;/span&gt;en m'indiquant le papier qui suit; je ne peux pas m'empêcher de vous en faire un petit papier rigolard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'y voyez pas plus sérieux de nécessaire. J'écris à côté d'une ch'tite mousse au bistrot du coin, et cet article m'a fait copieusement rigoler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Orient-Le Jour&lt;/span&gt; semble croire qu'on va lui acheter ses archives dès le lendemain (et ferme donc ses archives toutes les 24 heures), voici l'article en question:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Consommation - La vodka nouvelle idole des jeunes, l’arak toujours en chute libre&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Le marché de l’alcool au Liban n’échappe pas aux effets de la crise&lt;/span&gt; L'article de Sahar AL-ATTAR&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a encore un an, l’alcool coulait à flots dans les pubs, les restaurants, les plages et les boîtes de nuit bondées du pays. Depuis, les temps ont bien changé. La récente vague des attentats ambulants a eu raison de l’esprit de la fête légendaire des Libanais. Même si quelques établissements, qui misent sur un environnement ultrasécurisé, tirent leurs épingles du jeu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Globalement, l’activité tourne au ralenti dans les lieux traditionnels de consommation d’alcool, et les distributeurs s’attendent désormais à un rétrécissement du marché en 2007.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourrait pourtant croire que les temps difficiles incitent les consommateurs à multiplier les évasions éthyliques. «Il arrive en effet que les ventes de certains alcools décollent en supermarché en période de stress. C’est notamment le cas du whisky, vendu à près de 92% en supermarché. Mais globalement la consommation d’alcool reste liée à l’esprit de la fête et souffre de la baisse de fréquentation des lieux de festivités», explique Anthony Massoud, responsable de EAM (Ets Antoine Massoud SAL), qui détiennent un grand nombre de marques d’alcool et figurent parmi les cinq premiers distributeurs au Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En février déjà, une étude réalisée par un cabinet basé à Londres, IWSR, prévoyait une baisse de la consommation d’alcool en 2007 de près de 1,75 % à 639 350 caisses de neuf litres par an pour les alcools forts (whisky, vodka, gin, tequila, rhum, liqueurs, arak, eaux-de-vie…). La consommation de vins devrait également baisser de 0,2 %, à 242 550 caisses de 9 litres par an, ainsi que celle de la bière qui devrait reculer de près de 1,27 % à 155 000 hectolitres par an. Ces prévisions avaient toutefois été faites «avec extrême prudence», avec l’hypothèse de la poursuite d’une «paix difficile», et donc sans compter la terreur semée récemment dans les régions libanaises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet éventuel recul est évidemment une mauvaise nouvelle, surtout pour le marché des alcools forts (les spiritueux) en baisse de plus de 13% entre 1997 et 2006. D’autant que cette consommation était en voie de rétablissement depuis 2005, une année marquée par l’assassinat de Rafic Hariri, où les ventes avaient drastiquement chuté. Toujours selon l’étude britannique, en 2006 le marché était en pleine expansion jusqu’en juin, avec une croissance de l’ordre de 20%, avant que la guerre de juillet n’éclate. Finalement, en 2006, la consommation de spiritueux a augmenté de 4,6% par rapport à 2005 et celle des vins a crû de 1,8%, (les importations ne représentant que 18,9% de cette consommation).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bouleversement des habitudes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces tendances générales masquent toutefois des inégalités entre les différents alcools, marquées par le bouleversement des habitudes de consommation depuis 1997.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par exemple, la baisse des droits de douane sur les importations, de 70 à 15% en 2001, a dopé la consommation de whisky, ainsi que la contrebande vers les pays voisins. La hausse de la consommation locale de whisky, aujourd’hui l’alcool le plus bu au Liban, s’est toutefois largement faite aux dépens de celle de l’arak, en chute libre depuis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«La consommation d’arak est en baisse de près de 50 % depuis 97. En 2006, elle a encore reculé de 2,5 %. L’arak souffre un peu de son image, mais il restera toujours la boisson traditionnelle au Liban», estime M. Massoud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vin connaît également de beaux jours, sa consommation est en hausse continue, de plus de 45% depuis 1997, et de 2,3% entre 2005 et 2006.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bière, en revanche, qui a souffert de l’introduction de nouvelles boissons faiblement alcoolisées, à base de rhum ou de vodka, puis de la guerre de juillet, a vu sa consommation pratiquement stagner en dix ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, la boisson à plus fort potentiel de croissance est la vodka, l’alcool le plus vendu au monde. «La tendance mondiale a tardé à arriver au Liban. Mais, en peu de temps, la vodka a largement remplacé le whisky dans les boîtes de nuit, devenant la boisson favorite des jeunes», explique M. Massoud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon lui, la consommation de cet alcool, qui a pour principal avantage sa capacité à être mélangé, a presque doublé en cinq ans. Son marché représente désormais un chiffre d’affaires de près de 5,5 millions de dollars. Les établissements Massoud n’ont d’ailleurs pas tardé à surfer sur la vague, en lançant la « Russian standard vodka », une marque qui mise sur son origine purement russe pour trouver sa place sur le marché. « D’ici à trois ans, nous visons une part de marché de 10 %. Pour moi il ne fait aucun doute, la vodka est l’alcool du futur au Liban », conclut M. Massoud.&lt;/blockquote&gt;Pour ne pas changer, la fainéantise des journalistes libanais est très exactement équivalente à celle des journalistes français: recopie scrupuleuse du dossier de presse remis par les industriels locaux et, pour ajouter un peu de vie, interview d'un des principaux industriels du secteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De fait, l'article regrette visiblement que les jeunes Libanais ne se bourrent pas plus la gueule et ne meurent pas plus dans des accidents de voiture (pourtant un fléau absolu au Liban; je n'ai pas les chiffres, mais d'expérience je sais que c'est déjà un beau massacre).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Liban comme ailleurs, le dimanche, les jeunes libanais se regroupent, impriment des photographies de leur copain mort la veille, pleurent beaucoup. Et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Orient-Le Jour&lt;/span&gt; regrette que les ventes d'alcool baissent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais peut-on en vouloir à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Orient-Le Jour,&lt;/span&gt; alors que l'association libanaise YASA n'a pas grand chose à dire sur le sujet, à part un texte qui parle de l'&lt;a href=
